Chapitre 1
Juillet 1864. Arizona. Probablement un des mois le plus chaud de ce siècle. Cest du moins ce que pense ce cavalier, galopant seul en plein désert, chevauchant un cheval bai recouvert de poussière rougeâtre, caractéristique du désert dArizona.
Le cheval était chargé de deux gros sacs en toile, un de chaque côté de sa croupe, et qui accompagnaient les mouvements du cheval, tel un bateau naviguant en pleine mer.
Lhomme, après plusieurs jours de chevauchée dans le désert, était complètement déshydraté, tout comme son cheval. Sils ne trouvaient pas rapidement une ville, leur carcasse ferait bientôt le bonheur des vautours qui tournoyaient autour deux depuis quelques jours, et qui les suivaient comme leur ombre, attendant le moment opportun pour fondre sur eux. Cet homme savait quil était insensé de traverser le désert sans réserves suffisantes deau, mais à sa décharge il faut dire quil navait pas vraiment eu le temps de faire le plein deau : il avait dû fuir vite après avoir attaqué la banque de Quiet City.
Heureusement pour lui, une ville apparut au loin quelques minutes plus tard. Tout en espérant que ce nétait pas une de ces villes fantômes comme il y en avait tant en Arizona depuis la dernière ruée vers lor, il fit accélérer son cheval en lencourageant : « Vas y Tornado, on y est presque. Je te promets que dé que nous serons arrivés tu auras autant deau et de fourrages que tu voudras. Je demanderais au maréchal ferrant de te pomponner pour que tu sois le plus beau cheval à louest du Mississipi. » Il rajouta, en tapotant un des sacs « Avec tout ce quil y a là dedans, il y a largement de quoi satisfaire tout tes désirs
même les plus fou »
Quelques minutes plus tard, le cavalier aperçut avec plaisir des gens vaquer à leurs occupations quotidiennes. Il approcha dun panneau et lut : Nugget Gulch, son or, son croque mort, son cimetière. Notre mystérieux cavalier pensa « Bien, qui dit or dit banque pleine a craquer. Je pense que je vais adorer cette ville » Il pénétra dans la rue principale et jeta un regard moqueur aux vautours, qui déçu de voir quil était sauvé, firent demi tour et se mirent a la recherche dune nouvelle proie. Notre cavalier se dirigeait vers le saloon, surmonté dune énorme pancarte vert pomme où était inscrit « A la pépite, bière, whisky,
», en regardant dun air suspicieux tous les gens qui lobservaient, tout en gardant une main sur son colt au cas où un curieux serait tenté de sen prendre a ses sacs, lorsquil aperçut une palissade recouverte daffiche. Il se dirigea vers celle-ci et aperçut son portrait sur lune des affiches. Il descendit de son cheval et lobserva de plus près : Bill Murray, recherché pour attaques de banques, meurtres, prises dotages,
50 000 $ de récompense Mort ou vif (mort de préférence). Il se dit que cétait bizarre que personne ne lait reconnu ; et se dit que cétait sûrement à cause de sa barbe qui avait eu tout le temps de pousser durant la traversée du désert. Il arracha laffiche, afin déviter tout problème ultérieur et la glissa dans la poche de sa veste en peau de bison.
Ceci fait, il pensa quil ferait mieux de cacher son argent afin déviter toute convoitise. Il se mit donc à la recherche dun hôtel. Il trouva son bonheur quelques dizaines de mètres plus loin dans un hôtel qui proposait justement des coffres forts dans certaines de ses chambres, ça tombe bien se dit Bill. Il attacha Tornado et entra. Un vieux binoclard était assis à la réception, plongé dans le Nugget Gulch Trompet du jour, où un article annonçait en une que de lor avait été trouvé a 5 km de la ville.
Bill Murray, tapota sur la sonnette qui était posée sur le comptoir. Le vieux sursauta et fut surpris de voir Bill. « Désolé, dit-il, jétais en train de lire un article très intéressant.
Que puis-je pour vous ? » « Une chambre pour 2 nuits, dit Bill » « Certainement, vue sur la rue ou vue sur le jardin ? » « Peu mimporte du moment quil y a un coffre fort », dit Bill en montrant ces sacs « Ah nous avons justement une chambre avec coffre fort qui vient de se libérer
vue sur rue. Cest une magnifique chambre qui
» « Ca va !! dit Bill que le vieux commençait a énerver avec tout son blabla. Je la prends», ajouta-t-il plus calmement
Lhôtelier, offusqué quun jeune gringalet lui aie parlé sur ce ton dit simplement, dun ton renfrogné « Une chambre pour 2 nuits avec coffre fort vue sur la rue : 45 $.
50 $ si vous voulez quon fasse le ménage » « Non ca ira », répondit Bill. Il prit la clé que lui tendait lhôtelier et monta mettre son argent en sûreté dans le coffre de sa chambre. Il prit 200 $ dans un des sacs et redescendit. Il alla au saloon, en prenant soin de déposer Tornado chez le maréchal ferrant au passage, et se commanda une bière. Il but cul sec et sen recommanda une deuxième. Après 5 bières, il paya en laissant un gros pourboire, ce qui lui valut une courbette et un merci révérencieux de la part du barman, et sortit.
Après toutes ces aventures, il avait bien besoin de sommeil, il rentra donc à lhôtel et seffondra dans son lit où il sendormit rapidement.
Chapitre 2
Lorsque Bill se réveilla le lendemain matin, il était déjà tard. Il descendit à la réception, demanda au vieux binoclard, qui dorénavant le regardait presque méchamment, quil monte une baignoire et de leau a la chambre 213 et sortit déjeuner.
Lorsquil rentra un peu plus tard, le réceptionniste était en train de trier le courrier. Bill ne lui demanda pas le sien car il savait quil nen avait pas, personne ne sachant quil était là. Il monta prendre son bain et redescendit 15 minutes plus tard, propre comme un sou neuf.
Il était temps de se mettre au travail, se dit Bill. Il prit la direction de la banque, qui se trouvait au bout de la rue principale et récupéra Tornado, qui était tout propre et avait des nouveaux fers aux pieds, au passage. La banque de Nugget Gulch ressemblait à toutes les autres banques du far west : faite de planche, elle était munie de barreau aux fenêtres, un peu comme une prison.
Bill entra et cria a ladresse des quelques clients présent de se coucher a terre. « Ceci est un holdup up, le premier qui bouge je le descends, faites tout ce que je vous dis et tout ce passera bien, ajouta-t-il, toi le guichetier rempli ça »; il sortit un sac de sa poche et le tendit au guichetier qui obtempéra sans broncher, tandis que Bill surveillait les clients allongés au sol.
John Smith, le sheriff, nétait plus qua un mois de la retraite, comme son ami Jake Byron, le banquier. Ils avaient lhabitude de se retrouver tous les jours au restaurant « Le prospecteur ventru » durant le temps de midi afin de jouer au poker, tout en dégustant lexcellent ragoût de Martha Kisambobo, la cuisinière qui était encore lesclave dun riche éleveur de la région il y a 3 ans. Après avoir été affranchie, elle avait acheté ce restaurant avec largent que son maître lui avait donné. Cela fait 20 minutes que Jake aurait du être là. John se dit que ce nétait pas le genre de Jake de rater une partie de poker, surtout sans le prévenir. Il demanda donc à Martha de garder leur repas au chaud et se dirigea vers la banque, qui était a peine à quelques mètres du restaurant.
John ouvrit la porte et dit « Alors, Jake, tu as peur de
». Cest a ce moment quil aperçut Bill, il essaya de dégainer son colt, mais il nen eut pas le temps, Bill fut le plus rapide et tira une balle dans la tête du sheriff, ce qui provoqua des cris parmi les clients et le jaillissement dun mélange de sang et de cervelle qui vint éclabousser le mur derrière John, qui sécroula comme une masse. Le banquier resta interdit quelques secondes, jusquau moment où Bill lui dit de continuer si il ne voulait pas quil lui arrive la même chose. Le banquier lui tendit le sac et Bill prit la fuite, en prenant garde à bien enjamber la mare de sang qui entourait John et en tirant des coups de feu en lair afin de décourager les éventuels héros. Il enjamba Tornado et partit au galop vers le Mexique qui nétait qua un jour de cheval, deux en traînant. Avant que les recherches ne sorganisent, il serait déjà loin
Fin ?