Le mystère du lac Mongier
de Guillaume Grandjean



1.

L'incroyable histoire d'Alice


Madame Prilout vient d'accoucher à l'hôpital Sainte Marguerite de Lons-Le&Mac246;Saunier. L'enfant s'appelle Alice.

Ernest et Julienne Prilout sortent de l'hôpital, l'enfant dans leurs bras, et le sourire jusqu'aux oreilles. Ernest prit la voiture pour aller annoncer la naissance d'Alice à la mairie. Un malheur terrible allait s'abattre sur la famille. Ernest encore ému de la naissance d'un enfant de sa femme, passa au rouge à un feu. Or une voiture (tout à fait dans son droit) arrivait de la droite. Les deux voitures s'emplafonnèrent. Affolé, Ernest réussi à extirper Alice et sa femme de la voiture. Mais l'autre conducteur, ne sortait pas. Ernest se précipita vers sa voiture, et poussa un hurlement de stupeur : le conducteur était maculé de sang, et ne respirait plus. Une foule commençait à s'agglutiner autour des lieux de l'accident. Heureusement des gens avaient appelés les urgences. Ernest appela à l'aide pour enlever le conducteur de la voiture. Quelques hommes forts se précipitèrent vers lui et tirèrent de toutes leurs forces, …en vain. D'un autre côté, s'était formé un groupe de personnes autour d'Alice et de Julienne. Alice criait et pleurait de toutes ses forces. Julienne, elle, était inconsciente (ce qu'Ernest n'avait pas remarqué) et était allongée sur l'asphalte tiède.

Les urgences arrivèrent et se précipitèrent sur la blessée. D'autres arrivèrent avec des scies pour scier la portière du conducteur. Au bout de quelques secondes d'efforts, on y parvint enfin. Il fut immédiatement transporté vers l'hôpital le plus proche (où était également Julienne). Ernest, choqué, demanda avec inquiétude où était sa femme. Un vieil homme lui répondit qu'elle était à l'hôpital. Ernest réagit très mal à cette nouvelle :

— Ce n'est pas possible, elle n'était pas blessée !

Le vieil homme lui répondit :

— Mon bon monsieur, vous ne vous en êtes peut être pas rendu compte, mais votre femme était totalement inconsciente.

Ernest décida d'aller à l'hôpital où étaient Julienne et le conducteur (l'hôpital Sainte Marguerite qu'ils venaient de quitter). Il demanda à un habitant de la rue de l'y emmener. Le premier était trop pressé, mais le deuxième accepta.

Ils arrivèrent deux minutes plus tard, et Ernest remercia énormément le chauffeur de la voiture qui l'avait amené.

Une infirmière lui dit qu'Alice était dans la même chambre. Elle l'emmena alors à la chambre du conducteur, et elle dit :

— Celui-là n'a aucune chance de s'en tirer : il est dans un comma très profond, il a un traumatisme crânien, et il a la colonne vertébrale à moitié brisée.

— Et ma femme, réussi-t-il à dire difficilement

— Pour elle, ce n'est pas moi qui m'en occupe. C'est l'infirmière qui est au bout du couloir. Et pour en revenir à ce monsieur, est-ce que sa famille a été prévenue ?

— Oui, elle devrait arriver d'un moment à l'autre. Je vais vous laisser, je vais aller voir l'état de ma femme. Elle avait accouché une demi-heure avant.

— C'était elle ! fit l'infirmière étonnée. Que c'est-il passé ?

— Je suis désolé de ne pas pouvoir vous répondre, mais je vais voir ma femme.

Il pressa le pas et arriva près d'une autre infirmière qui regardait Julienne.

— Qu'a-t-elle, demanda Ernest très inquiet ?

Laure (son nom) sursauta, et répondit :

— On ne sait pas encore, mais cela s'avère d'être quand même assez grave. Elle est quand même dans le comma, mais elle devrait en sortir d'ici peu.

Juste au moment où elle finissait sa phrase, Julienne commença bouger un peu puis de plus en plus. Laure lui dit :

— Rentrez dans sa chambre et surtout tenez vous près d'elle quant elle ouvrira les yeux.

Ernest rentra et se posta près du lit de sa femme qui continuait de bouger un peu. Tout d'un coup, elle ouvrit les yeux et dit avec une voix faible :

— Mais où suis-je ?

-Tu es à l'hôpital, à cause d'un accident de voiture. Alice va bien, elle a juste une égratignure sur la jambe.

— Ah bon ! J'ai envie de m'en aller de là, mais j'ai l'impression d'être si fatiguée. Tu crois que je pourrais sortir rapidement d'ici ?

— Je n'en sais rien. Attends, je vais faire venir l'infirmière et elle nous le dira.

Ernest fit un signe de la main pour faire venir Laure. L'interpellée entra aussi tôt dans la chambre :

— Comment ça va madame Prilout ?

— Assez bien, mais je me sens extrêmement fatiguée.

— Ce n'est pas très grave, mais vous devrez quand même passer la nuit à l'hôpital.

— Oh non, c'est pas vrai, je viens d'avoir un enfant, il faut que je rentre chez moi ce soir. S'il vous plait, je me sens déjà beaucoup mieux.

— Comme vous voulez madame Prilout, dit Laure en soupirant. Comme vous voulez.

— Merci beaucoup Laure, dit Ernest avec de la joie dans le c&Mac254;ur de pouvoir passer la nuit avec sa femme et sa fille.

Ernest prit la voiture, et cette fois fit bien attention à la route. Julienne avait Alice sur ces genoux, qui était tout à fait silencieuse. La nuit était tombée, et Ernest se disait :

« Je ne suis toujours pas allé à la mairie pour annoncer la naissance d'Alice. Il me reste encore une journée, mais il faudrait que je le fasse ce soir. Non, je suis bête, la mairie est fermée à cette heure. Tant pis, je le ferai demain. Je suis content que Julienne s'en soit sortie ce soir. »

Il arriva devant le portail de la maison qu'il ouvrit grâce à un bouton placé dans la voiture. Ils entrèrent et Julienne sortit avec Alice dans ses bras. Ernest, lui, alla ranger la voiture au garage.

Pour arriver à la porte d'entrée, il fallait monter une dizaine de marches. Julienne les avait déjà montées, et elle attendait Ernest qui avait les clefs de la maison. Il monta, et demanda à Julienne :

— Pourquoi n'ouvres-tu pas ?

-Parce que c'est toi qui es censé avoir les clefs, tout simplement !

— Zut, je les ai oubliées dans la voiture. J'y retourne en vitesse.

— Attends, je dépose Alice et je t'accompagne.

— Comme tu veux, viens.

Julienne prit le bras d'Ernest pour descendre les marches. Malheureusement celui-ci glissa sur une marche et tomba. Julienne, elle, tomba en avant et se fracassa la tête sur la dernière marche. Ernest se secoua la tête et aperçu Julienne en bas, la tête en sang. Il se précipita alors vers la voiture, prit les clefs, monta à la maison, et appela sans tarder le Samu. Le Samu arriva, mais c'était trop tard. Julienne était morte, elle avait perdu trop de sang. Alice avait été mise au lit par son père, et dormait comme « un bébé », sans se douter de rien. Ce mercredi vingt-huit novembre mille neuf cent quatre vingt dix en avait vu se passer des choses, plus ou moins bonnes. L'enterrement eut lieu deux jours après, en la présence d'Alice, qui on va dire tant mieux pour elle, ne comprenait pas bien se qui se passait.

Quelques années passent. Alice à dix ans. Ernest a maintenant un métier d'affaires où il a beaucoup d'amis, et beaucoup d'ennemis. D'ailleurs, ce jour là, il était en affaires à Nantes. Ce métier l'a énormément enrichie, du coup il s'est acheté un château, avec une servante qui s'occupe d'Alice quand il était absent. Mais tous les soirs, il repense à Julienne.

Nous arrivons au vingt quatre décembre deux mille. Ernest décide d'aller chercher du bois dehors pour faire du feu. Au bout d'une demi-heure, Alice s'inquiète de ne pas le voir revenir, et demande à la servante d'aller voir avec elle se qu'il faisait. Elles arrivèrent à l'abri bois, mais Ernest n'y était pas. Alice se retourna et poussa un cri de terreur : son père était pendu à un arbre.

— Il a été assassiné, hurla Alice, vite, il faut appeler la police.

La servante se précipita à l'intérieur, en entraînant Alice du bras. Les policiers arrivèrent une vingtaine de minutes plus tard, avec une équipe de spécialistes. Celle-ci approuva au commissaire principal que c'était un suicide. Mais Alice ne pouvait l'admettre, elle pensait qu'il avait été sauvagement assassiné. Le commissaire s'entêta à le lui faire comprendre, en vain.

Alice n'avait plus de grands parents, elle n'avait qu'un oncle et une tante du côté de son père qu'elle détestait totalement. Malheureusement pour elle, elle devait absolument aller chez eux, car c'était le seul lien de famille qui lui restait.

Or, ceux-ci étaient loin d'être gentils avec elle : elle devait effectuer toute les tâches ménagères en rentrant de l'école, elle ne possédait aucun jeu, on ne faisait que lui crier dessus, elle n'avait aucune aide pour faire ses devoirs, aucun moment de distraction, toujours une corvée à faire.

A l'école, rien ne marchait pour elle. Elle redoubla le CM2. Après beaucoup d'efforts, elle réussi à passer en 6ème, puis en 5ème.

Mais pendant l'après midi du seize septembre deux mille deux, son oncle Simon eut un très grave accident de moto et mourut. Sa tante Karine devint alors encore plus exécrable : en plus de tout ce qu'elle faisait déjà endurer à Alice, elle s'était mise à la battre sans aucune raison. Alice ne pouvait plus supporter une vie pareille. Un jour qui pour elle est tout à fait normal, le vingt huit novembre deux mille deux elle entreprit de fuguer.

Trois jours après, elle décida de s'en aller en pleine nuit, au moment où Karine ne ferait pas attention à elle. De toute façons, elle ne fait pas souvent attention à Alice. Ainsi, elle partit avec un baluchon sur l'épaule. Elle avait emporté le strict nécessaire. Elle passa le reste de la nuit allongée dans un champ. Dès le lendemain les recherches commencèrent. Alice paraissait très douée pour déjouer les plans de la police. Mais après une semaine de cavale, elle fut retrouvée dans un entrepôt abandonné à quelques kilomètres de chez Karine. Les policiers n'aperçurent pas les blessures d'Alice dues au fouet de Karine.

En rentrant « chez elle », elle se fit battre plus que jamais, et Karine lui dit :

— Ni la vaisselle, ni le ménage, ni les courses n'ont été faits. Tu te rends compte ce que j'aurais dû me coltiner. Si tu recommences à fuguer, je serais presque prête à te tuer, et lui donna un énième coup de fouet. Alice ne pouvait plus tenir à cette vie. Elle décida de fuguer une nouvelle fois, et si les policiers la retrouvaient, elle leurs expliquera tout. Elle décida de le faire le dix-huit décembre.

Mais cette nuit là, elle ne trouva pas les clefs de la maison sur la porte. Elle décida alors de passer par la fenêtre. Elle se dépêcha de s'éloigner de la maison, avec le but de rejoindre Gap, où habitait une cousine à elle qui avait vingt neuf ans. Mais le chemin entre Lons-Le-Saunier et Gap était encore bien long. Le lendemain matin, elle ne chercha pas à s'imaginer la colère de Karine. Elle s'était réfugiée dans un petit village à une dizaine de kilomètre de Lons-Le &Mac246;Saunier. Mais là, personne ne réussi à la retrouver. Elle avait bel et bien réussit son coup. Mais le chemin était encore bien long et parsemé de tas d'embûches tous genres.



2.

Les premières rencontres


Alice regarda d'un côté, puis de l'autre de la route, pas de voiture donc elle pouvait traverser en toute sécurité. Voilà qu'elle arrivait dans un petit village. Elle fronça les sourcils pour réussir à lire le nom du village dans lequel elle venait de pénétrer, "Mongier", c'était le nom. La nuit noire ne la facilitait pas dans la lecture de la pancarte. Elle avança un peu, puis s'arrêta. Le silence total régnait dans le village. Elle se remit en marche en écoutant le bruit de ses pas qui résonnaient. Elle marcha environ deux minutes, toujours dans le même silence avant d'apercevoir le premier carrefour. A droite, elle pouvait aller à la gare, à gauche, aller vers le terrain de foot et vers le lac de Mongier, et tout droit, elle continuait vers Gap. Ces pancartes là, étaient éclairées par un réverbère. Son regard se porta alors sur une voiture qui arrivait lentement derrière elle. Elle lui fit signe de s'arrêter. Le chauffeur ouvrit sa fenêtre et Alice lui demanda :

— Je vous pris de m'excuser de vous déranger si tardivement, mais j'aimerais savoir l'heure et si le lac est loin d'ici.

— Il est vingt deux heures trente, et pour le lac j'y habite, et je peux t'y emmener si tu veux.

— Aucun problème, je monte avec vous."

Alice monta dans la voiture. Dès qu'elle fut montée, le chauffeur se présenta :

— Mon nom est Bruno Bouin, Trente-huit ans, et je travaille dans la médecine, j'aime bien peindre également, et vous ? Que faite-tu à traîner dans les rues à cette heure ?

— Je m'appelle Alice Prilout.

Ahi, elle avait dit son nom, quelle idiote elle était, il était sortit tout seul !

— Enchanté, répondit Bruno.

Ouf, son nom ne disait rien à cet homme, et heureusement. De toute façon, il ne l'aurait peut-être pas emmenée au commissariat.

— J'ai quatorze ans, ma mère est morte. A l'âge de dix ans, mon père s'est suicidé en se pendant à un arbre du jardin. Je n'ai jamais cru en son suicide, les policiers ont tentés de m'expliquer que c'était à cause d'une affaire qui marchait mal en ce moment. Mes grands-parents maternels étaient morts. Mes grands-parents paternels étant mort tous les deux, je me suis donc retrouvée chez une tante. Pendant les trois ans où je suis restée chez elle, ils m'ont maltraitée. A l'âge de douze ans, j'ai fuguée. J'ai réussi à survivre pendant une semaine dans la nature avant qu'on me retrouve. Je ne suis pas restée longtemps chez elle avant de fuguer une nouvelle fois. Depuis je tente de rejoindre Gap où j'ai une cousine qui pourrait m'aider à recommencer à zéro.

— C'est une sacrée vie que tu mènes. Demain je pense qu'il faudrait que tu ailles au commissariat du village voisin pour que dises que est toujours en vie. Je ne sais pas si tu sais, mais plein de recherches sont en cours à ton sujet.

— Pour retourner chez mes oncles et tantes, alors ça jamais.

— Non, pour que tu puisses aller chez ta cousine à Gap. Et au fait, où as-tu habité avant de fuguer ?

— J'ai toujours habité à Lons-Le-Saunier, c'est très beau par là. Et pour aller au commissariat demain, je suis d'accord, tu m'y emmèneras ?

— Aller avec toi ? Certainement pas, je n'ai pas envie. J'ai horreur des flics.

— Alors je n'irai pas au commissariat

— Comme tu veux. Mais si alors quelqu'un te découvre, ne dit pas que tu m'as rencontré.

— Moi, je n'aime pas les policiers, je les trouve idiots. La preuve, un jour, dans Lons-Le-Saunier, un policier m'a interpellé, et m'a demandé : « N'aurais-tu pas vu une fille de ton âge, et qui a à peu près le même cheveux que toi… » En fait, c'était moi qu'il cherchait ce pauvre idiot.

Bruno dû s'arrêter sur le bord de la route, tellement il riait. Après quelques minutes de fou rire, ils réussirent à repartir. Ils arrivèrent enfin au lac. Il devait y avoir à peu près cinq kilomètres entre « Mongier » et le lac. En sortant de la voiture, Alice jeta un coup d'&Mac254;il vers le lac, elle ne l'apercevait pas bien, mais elle réussit à déceler le tour du lac d'environ un kilomètre cinq.

Elle allongea le pas, et rejoint Bruno. Celui-ci tourna les clés dans la serrure, et rentra dans sa maison. Il proposa à Alice :

— Tu dois avoir faim, je vais te donner une tranche de jambon et un verre d'eau, si tu veux bien.

— Je ne cracherai pas dessus, ça fait à peu près deux jours que je n'ai pas mangé, mais par contre, il y a beaucoup de rivières pas ici, ce n'est pas ce qui manque. Elle est plutôt bonne d'ailleurs. Merci pour le jambon. Et… pourrais-je dormir chez toi ce soir ?

— Mais j'attends des amis, dit Bruno mal à l'aise.

— Ce n'est pas grave, j'irai demander aux autres habitants du lac, ou je dormirai dans un champ, j'ai l'habitude, mais je préfère quand même dormir dans un lit.

— Moi, je ne pourrais pas vivre deux jours sans manger, au bout d'une journée je suis déjà mort, reprit Bruno en priant pour qu'Alice ne revienne pas à la charge.

— Ne dis pas ça, tu ne l'as jamais vécu, donc tu ne peux pas savoir si tu résisterais bien ou mal à ces circonstances.

— Tu as raison, mais ce que tu as fait ne me viendrait jamais à l'idée. Je trouve ça risqué. Mais maintenant ça ne servira plus à rien de le faire car je ne suis plus chez mes parents.

— Oui, mais moi c'était pour la bonne cause, vu ce que ma tante me faisait endurer, c'était insupportable, et je ne pense pas que tu ais eut une enfance pareille à la mienne.

— Oui, elle est entièrement différente, et contrairement à toi, j'ai encore mon père et ma mère, bien qu'ils soient malades. Et que comptes-tu faire dans les prochains jours ?

— Je pense que je repartirais du lac dans deux jours, il a l'air assez sympa, je pense qu'il va me plaire, bien que je ne l'ai pas encore vu, juste le contour, et vaguement. Puis comme nous sommes en été, je pourrais m'y baigner.

— Bien sûr, c'est un avantage, mais pour toi, je pense pas que ce sois le meilleur, le lac est très convoité par les baigneurs pendant la matinée, et la fin de l'après-midi, par contre, à la tombée de la nuit, il n'y a absolument personne. Moi je me baignais en matinée, mais maintenant, il y a beaucoup trop de monde à mon goût.

— Mais tu ne parleras pas de moi à tes parents, ou à tes amis, hein ?

— Si, mais seulement dans très longtemps, je te le promets. Mais si tu venais à être tuée, je témoignerais.

— Et bien dis donc, tu es gentil. Tu me vois mourir, je pense que j'ai encore la vie devant moi.

— Non, je plaisantais bien entendu. Si tu veux quelque chose d'autre, dis le moi, je pourrais peu être te le donner.

— Oui, j'aime bien les livres, et je n'ai pas souvent l'occasion d'en lire. Et j'aime plus particulièrement ceux qui sont policiers, et ceux d'aventures.

— J'en ai quelques-uns, je te les prêterais.

Bruno se servit du jus d'orange, et attendit qu'Alice eut fini son verre d'eau, pour lui en servir un également. Dès qu'il eut fini, Alice lui fit remarquer avec un ton moqueur :

— Dis donc, ils en mettent du temps à arriver tes amis !

— Euh…oui, ils sont en retard sûrement, oui, en retard !

— Bon, comme je vois que je dérange, je m'en vais, peut être à un de ces jours, ou peut être à demain.

Alice sourit et s'en alla. Elle se demandait bien pourquoi il avait menti en lui disant qu'il attendait des amis. Enfin c'était sa vie qu'elle était venue perturber. Il était déjà gentil de lui avoir donné à manger. Elle s'assit sur une pierre et regarda une nouvelle fois le contour du lac bien que cela soit encore plus difficile de le déceler. Elle ne voyait qu'à dix mètres grâce aux lampadaires. Elle se remit en marche, décida d'aller sonner à la première maison. Elle sonna sans avoir réussi à lire le nom qui figurait sur la porte. Un monsieur ouvra :

— Vous n'allez pas bien de sonner aux portes des gens à cette heure ?

— Euh…je vous prie de m'excuser, mais mes parents m'ont virée de leur maison, et cette nuit je me retrouve dehors, sans maison, et pour toute la nuit.

— Allez voir les policiers, eux ils sauront quoi faire de vous.

Et il claqua la porte au nez d'Alice.

« Quel vieux croûton celui-là, si ils sont tous comme ça, je vais directement dans le champ le plus proche, et je m'en vais demain à l'aube. »

Elle se remit en route en faisant traîner ses pieds par terre. De toutes façons, il faisait si bon dehors, qu'on pouvait y rester. Elle retourna devant la porte du « vieux croûton », car elle tenait à savoir son nom. Elle dû s'arracher les yeux pendant plusieurs secondes avant de réussir à lire : « René Méchant ». Alice faillit tomber sur ses fesses, elle réessaya de lire le nom, mais non, c'état bien « Méchant ». En voilà un qui portait vraiment bien son nom ! Elle alla donc sonner à la seconde maison.

Idiot, complètement idiot, volets fermés, et en plus de ça, elle trébucha sur une pancarte : « Maison à vendre, téléphonez au… ». Bon, il fallait passer à la maison suivante.

Elle s'assit sur un monticule de terre, et se dit :

« Quel métier pourrais-je bien faire plus tard, quand je serais à Gap, et que j'aurais finis toutes mes études ? Commissaire. Dans la police criminelle, oui, exactement ce que je cherchais, mais j'ai encore le temps. »

Elle leva la tête, et tendit l'oreille tout en regardant les alentours :

« Ce n'est pas là que j'aurais d'affaires à résoudre quand je serais commissaire, c'est bien trop calme »

Elle se releva en s'aidant de ces deux mains, mais se remit à marcher en direction de la prochaine maison. Elle n'eut aucun mal à lire le nom de la personne qui y habitait, car un lampadaire éclairait la porte d'entrée. Avant de sonner, elle se recula, regarda à l'étage pour voire s'il y avait encore quelqu'un qui n'était pas couché, mais malheureusement la maison paraissait excessivement calme, et il n'u avait aucune lumière dans la maison, elle décida donc de ne pas déranger ces gens, et d'aller sonner à la maison suivante, qui était l'avant dernière. Là, le hall était allumé. Elle sonna sans avoir prit le soin de regarder le nom du propriétaire de la maison. Un homme d'une soixantaine d'années lui ouvrit :

— Pourrais-je savoir pourquoi me rendez-vous visite à une heure aussi tardive d'autant plus que je ne vous connaît même pas.

— Je vous prit de m'excuser, mais je n'ai plus de logement, mes parents m'ont battue, et chassée de chez eux, et je suis toute seul et toute la nuit.

— Entre me raconter cette histoire, et je verrais ce que je peut faire pour toi.

Tout d'un coup, elle se demanda si c'était d'aller chez cet homme qu'elle ne connaissait même pas, mais elle se dit qu'elle en avait tellement vécu de ce genre d'aventures, depuis l'année dernière, qu'elle emboîta le pas de l'homme avant de la rejoindre dans son très vaste salon. Elle fût incroyablement surprise de la beauté de cette maison. De dehors, on ne s'en apercevait pas car il faisait nuit, toutes les salles sont toutes aussi grandes les unes que les autres. Alice en était presque bouche bée. Elle n'avait jamais vu dans sa vie une maison pareille.

La télé était allumée, et c'était le dernier journal. Le monsieur s'installa et montra un autre fauteuil à Alice qui serait restée toute sa vie dans un fauteuil de cette douceur. Son visage se raidit soudain à la vue d'un attentat qui c'était produit à Gap. Elle prêta l'oreille, sa cousine Caroline habitait quartier du Moulin. Le journaliste commentait en disant l'endroit ou avait eut lieu l'attentat : dans le nord de la ville. Ouf… Caroline habite au sud. Elle respira un grand coup et regarda le sujet du prochain reportage. Le président de la république était en visite au Maroc. Alice pensa alors :

« Moi, je fais comme lui, mais je le fais uniquement en France »

Elle était contente d'elle, elle se prenait dans certain sens pour une présidente de la république. Le monsieur se tourna vers Alice et lui dit :

— Tu m'expliquera tout ça demain, en attendant, vas te coucher dans la grange, tu vas voir, la paille est à bonne température, ça ira ?

— Ah très bien, je ne pouvais pas tomber mieux.

— Si, sur un lit bien douillet comme chez toi, si il est douillet

— Bien sûr, répondit un peu dérangée.

Le monsieur lui indiqua la direction de la grange. Alice voulu alors pousser la porte, mais celle-ci lui résista, elle appela alors le monsieur. Il poussa d'un coup sec et lui dit :

— Au fait, je ne me suis pas présenté : Charles Poilant retraité d'électricien.

Alice le remercia, et partit s'allonger sur la paille, elle posa sa tête sur ses mains, elle avait des questions à se poser, comme : Pourquoi aucun de ces hommes n'ont de femmes, oui, bizarre. Sans savoir pourquoi, elle ne se sentait pas en sécurité. Pourquoi cet homme l'a fait rentrer dans une grange, c'est pour les animaux, non ? Et pourquoi cet ancien « électricien » est-il si riche. La retraite d'un métier d'électricien n'est pas suffisante pour pouvoir avoir des objets de richesse. Et puis, il lui avait dit, avant qu'elle n'entre :

« -Entre me raconter cette histoire, et je verrais ce que je peux faire pour toi. »

Mais il ne lui avait adressé la parole que pour lui dire d'aller se coucher dans la grange. Dans cette grange où Alice n'arrive même pas à ouvrir la porte. Elle sentit un frisson lui parcourir le dos : cet homme ne lui inspirait vraiment rien qui n'aille. En tout cas, il n'était pas du même registre que le « vieux croûton », mais elle aurait quand préféré être chez Bruno pour passer la nuit. Elle ne pouvait rien dire, elle n'avait quasiment pas parlé avec ce Charles Poilant. Elle se leva doucement, et tenta d'ouvrir la porte de la grange, qui ne lui résista pas, étonnant, non, elle avait prit la mauvaise porte, elle n'avait pas prit la porte qui communiquait avec la maison, mais celle qui communiquait dehors. Elle rentra, et en tâtonnant, elle arriva à l'autre porte. Elle tenta de faire comme Charles : tirer un coup sec. Cela marcha, du premier coup, et en plus de ça, cela ne fit absolument aucun bruit. Toujours dans le silence, elle pénétra dans le salon. Charles était dans le hall d'entée, et n'avait pas aperçu Alice. Lui non plus ne faisait pas de bruit, que faisait-il ? Alice s'en mordait les doigts. Elle se cacha derrière le canapé le plus grand, et tendit l'oreille en tentant de percevoir le moindre bruit.



3.

Alice et Charles découvrent


Alice attendait depuis à peu près deux minutes, quand Charles fit quelque chose : il prit le téléphone. Alice se leva, et prêta l'oreille :

— Allô, Simon, c'est Charles, tu ne devineras jamais ce qui m'ais arrivé ce soir…

Alice bondit sur ses pieds, et se précipita dans le hall avant que Charles dévoile ce qui ne faut surtout pas dévoiler. Il sursauta et dit à Simon :

— Euh… Excuse-moi, je te rappelle demain matin.

Il raccrocha. Alice se sentait soulagée. Charles lui dit alors :

— Je téléphonais à un ami, qui un ancien policier pour qu'il vienne t'aider. Et puis, si tu es près de moi sans que je m'en rende compte, préviens-moi au lieu de me faire peur.

Alice répondit à Charles :

— Ce n'est pas la peine de le déranger, nous parlerons que tous les deux, et seulement demain.

— Tu as peut être raison, répondit Charles, tout en fixant Alice depuis ces grosses lunettes rondes.

Alice était mal à l'aise, cet homme lui faisait limite peur, avait-elle raison.

Soudain, il lui vint une petite idée, pour vérifier tous ses doutes sur lui : elle allait fouiller une partie de la maison de Charles, pendant qu'il dormirait.

Elle retourna dans la grange, elle tira un coup sec sur la porte, et entra. Charles la regardait.

« Vraiment bizarre cette homme, ce dit-elle alors »

Elle s'allongea sur la paille, et tenta de regarder le plafond, mais impossible, il n'y avait pas assez de lumière dans la grange. Il lui vint alors d'aller faire un tour dehors en attendant que Charles aille se coucher. Seul le bruit des criquets régnait dehors. Alice tourna autour de la maison jusqu'à arriver devant la grande baie vitrée du salon. Elle fixa son &Mac254;il contre la vitre, et observa. Charles sortait de la pièce. Elle ne pu pas observer longtemps car en sortant de la pièce, car il éteignit la lumière. Alice vit alors une autre pièce s'allumer, elle se plaça alors devant la fenêtre, c'était la chambre. Charles allait donc se coucher. Elle retourna dans la grange, et s'allongea sur la paille, qui n'était guère chaude malgré la chaleur actuelle de l'atmosphère.

Environ une demi-heure plus tard, Alice décida d'agir. Elle ouvrit la porte, qui ne fit absolument aucun bruit. Sur la pointe des pieds, elle avança vers la porte de la chambre de Charles : fermée, et probablement éteinte, puisque Alice ne percevait aucune lumière sous la porte. Elle commença par regarder un peu toutes les pièces de la maison : salle de bains, chambre ! Pourquoi n'avait-il pas voulu qu'elle couche ici ? Un bureau, oui, elle allait commencer par là. Elle pénétra dans la pièce, et alluma une petite lumière, et ouvrit un premier tiroir… Alice frissonna, Charles possédait un revolver. Elle vérifia également s'il était chargé, et en effet, il était chargé. Charles se sentait-il en danger ? Où alors aimait-il la chasse ? Non, les chasseurs n'ont pas de revolvers, mais des fusils. Où alors fait-il un stage de tir ? Peut être, … Ah, voilà le permis de port d'arme. Alice le parcourut rapidement des yeux, et voilà la réponse à sa question, Alice n'en crut pas ses yeux, Charles portait une arme pour : « protection ». L'arme n'était cependant pas chargée. La police avait surveillée sa maison pendant une semaine, et c'est à la suite de jets de pierres sur des carreaux de sa maison, qu'on lui avait donné une autorisation de port d'arme. Il se sentait donc en danger, mais qui pourrait lui en vouloir ? Seul lui, ou à la limite son ami Simon pouvaient le savoir, mais comment pouvait-elle le découvrir elle ?

Mais Alice ne se contentait pas de cette découverte, qui ne lui apprenait qu'un petit élément. Le gros étant bien sûr de savoir qui est le fauteur de trouble dans l'histoire. Ce de quoi elle était sûre, c'est que personne ne le savait, encore moins Charles.

Elle se rendit donc dans une autre pièce. Tiens, elle ne l'avait encore jamais vue. Elle alluma la lumière, et là, elle resta pantoise : une véritable exposition de tableau magnifiques. Ou cet homme est millionnaire, voir milliardaire, ou alors, c'est un vrai artiste.

« Je pencherais plutôt vers le millionnaire, se dit alors Alice. »

Elle examina un à un les tableaux, ce qui lui prit une bonne heure, vu le nombre de tableaux présents dans la pièce. Elle était fascinée devant la beauté de chaque tableau. Son préféré &Mac246; sur lequel elle resta une dizaine de minutes &Mac246; représentait le lac Mongier (à première vue) avec le soleil se couchant près d'une petite plage de sable.

Alice sortit de la pièce, retourna dans la grange, s'allongea sur la paille, puis elle se mit à réfléchir :

« Cet homme qui se sent en danger, qui m'accepte chez lui, pourquoi ? Il ne me pense pas dangereuse, mais, j'espère qu'il ne s'imagine pas que je puisse le protéger ! Ce serait la pire des choses pour lui si quelqu'un venait à découvrir que je suis chez lui, moi qui suis une fille ayant fugué depuis un an. De toutes façons, personne ne peux le savoir, sauf… son ami Simon. Admettons qu'il se soit disputé avec Charles, et qu'il veuille se venger, se serait la meilleure des façons. Il pourrait fournir de faux éléments à la police, ce qui pourrait au pire envoyer Charles en prison. Mais il y a très peu de chances pour qu'ils se soient disputés, car Charles a téléphoné à Simon. Et puis, c'est complètement impossible que Simon soit le fauteur de troubles. »

Alice se rendit alors au grand salon, et regarda l'heure : trois heures trente du matin, elle en avait assez vu pour ce soir, il fallait qu'elle aille se coucher, d'autant plus que demain, elle ne devrait pas se lever tard. Il fallait qu'elle trouve un mensonge assez crédible pour sortir à Charles qui allait très certainement l'interroger le lendemain, c'était pour ça qu'elle était chez lui, et elle ne pouvait pas y couper.

La température de la paille était finalement correcte. Epuisée, Alice s'endormie immédiatement, mais son sommeil n'était pas lourd du tout, plutôt le contraire, parce que quand on parcourt le pays sans vouloir se faire prendre par qui que se soit, il faut ne faut dormir que d'une oreille, ce qu'Alice à apprit à faire.

Le lendemain, il était encore tôt quand elle se réveilla. Elle entra dans la maison pour aller voir l'heure. Elle regarda la grande pendule en bois &Mac246; qui devait dater du… XIV siècle &Mac246; indiquait six heures et demi du matin. Encore fatiguée, Alice retourna dormir une bonne heure dans la grange. Son léger sommeil fut perturbé par le lever quelque peu bruyant de Charles. Elle sauta sur ses pieds et se précipita dans la maison. Charles sursauta une seconde fois, par la brutale arrivée d'Alice. Furieux, il lui lança :

— Deux fois, non mais ça ne va pas, deux fois en deux jours, la prochaine fois je te jette dehors.

— Je suis désolée, je n'ai pas fait exprès.

Alice n'aurait pas été mécontente que Charles la jette dehors. Parce qu'elle s'est quand même fourrée dans un sacré truc. Charles l'appela depuis la cuisine :

— Viens prendre un petit déjeuner, ça te ferra du bien, tu me raconteras ton histoire pendant le petit déjeuner. Et dis-moi, tu connais un peu les informations du moment ?

Alice entra dans la cuisine méfiante de la question que venait de poser Charles.

— Non, pas du tout, à vrai dire, je ne m'y intéresse pour le moins du monde.

— Moi, reprit Charles, je suis particulièrement touché par le premier anniversaire de la disparition d'une fillette à Lons-Le-Saunier. Et toi, qu'en penses-tu ?

— O… Oui, ça me… me touche.

Alice était complètement déstabilisé par la question de Charles.

— Quelque chose ne va pas ? demanda immédiatement celui-ci.

— Si, si, répondit Alice.

Ils avalèrent un bol de chocolat chaud, et des tartines de beurre, et de confiture. Alice ne pouvait plus s'arrêter de manger.

— Attends, j'allume la télé, juste pour voir les titres. Ils parleront sûrement de la petite.

— Oui, euh, je vais aux toilettes. Au fait, où se trouvent-ils ?

— Il y en a trois : les premiers dans le hall, les seconds, ils sont juste à droite de ma chambre, et les derniers sont dans la salle de bain la plus proche de ma chambre, maintenant choisis.

— Je vais aller dans ceux de la salle de bain, comme ça, je pourrais me laver les mains en même temps, pour ne pas salir votre maison.

— Tu sais, ce n'est pas grave si tu salis un peu, je pourrais toujours nettoyer.

Alice se rendit donc à la salle de bain, et de dit, tout en se lavant les mains :

« Ce n'est pas vrai, j'avais complètement oublié la date. Et c'est juste à ce moment là que j'arrive ici. Qu'est-ce que je peut bien répondre si il découvre ma vrai identité. Il ne m'inspire rien qui vaille, lui &Mac246; pas comme Bruno &Mac246; serait capable d'aller prévenir la police. Et si Bruno aussi m'avait trahi, il faut que je parte en toute légalité, ce qui ne va pas être facile, vu le mensonge que je lui ai raconté. Dois-je tout lui raconter, ou tout inventer dans le risque qu'il n'avale pas tout ce que je lui raconte. Bon, je prendrai ce qui viendra. Si ça se trouve, il ne découvrira rien du tout, et je m'en sortirai. »

— Que fais-tu ? Lança Charles depuis le salon. Il me semble que ça fait presque dix minutes que tu es aux toilettes.

— J'arrive, j'arrive, j'ai terminé, répliqua Alice en priant que sa photo ne passe pas à la télé.

Elle s'installa dans un fauteuil assez éloigné de celui de Charles, et prêta l'oreille aux informations. (Charles n'avait pas regardé que les titres, car ils ne durent pas plus de dix minutes) Vous ne devinerez jamais quelle était l'information principale. Eh bien si, c'est bien le sujet d'Alice.

— Mais au fait, comment t'appelles-tu ?

— Alice, lâcha-t-elle d'un coup.

— C'est bizarre, comme la fille qui a fuguée à Lons-Le Saunier.

— Oui, très bizarre, répondit Alice en fixant l'écran.

Voilà, le reportage était en route. NON, sa photo venait de passer, accompagnée de cette phrase :

« Si vous avez vu cette jeune fille, surtout, n'hésitez pas à contacter le 03 94… »

Charles bondit de son de son fauteuil, et demanda anxieusement à Alice :

— Et… ton nom de famille, c'est comment ?

— Devinez, répliqua-t-elle, en enfouissant sa tête le plus possible dans son pull.

— C'est toi Alice… Prilout ? demanda-t-il en s'impatientant.

Alice se contenta se répondre avec un signe de tête affirmatif.

— Et toute cette histoire que tu m'as racontée hier soir, n'était que de pure invention.

Alice répondit à nouveau avec un signe de tête, mais de plus, elle devint rouge comme une tomate.

— Bon, reprit-il, je suppose que tu veux garder le secret. Ce soir, j'irai faire une course en ville. Bien entendu, je ne divulguerai pas le secret au commerçant, mais en revenant, je passerai au commissariat pour avertir qu'on t'a retrouvée.

— Non, supplia Alice, ne faites pas ça.

— Tu as jusqu'à la fin de la journée pour trouver une bonne excuse, pour que je n'aille pas au commissariat.

Alice se précipita dans la grange pour s'allonger dans la paille. Que faire, elle savait qu'elle ne devait pas lui faire confiance, mais elle ne pouvait en vouloir qu'a elle-même. Il fallait trouver quelque chose de valable, pour l'en empêcher. Sans quoi, elle était foutue.

Charles ouvrait la porte de la grange. Que venait-il encore faire celui-là. Il dit :

— Crois-tu que si je te ramène, je toucherai une prime ?

Quoi ! Il l'avait déjà trahi, en plus, il venait la provoquer, en prenant l'air d'avoir entre ses mains un otage.

— Non, répliqua méchamment Alice, vous n'aurez rien du tout.

— Au fait, pourquoi es-tu venue sonner à ma porte, tu n'étais dons pas bien dehors ?

C'est vrai ça, pourquoi, elle était bien dehors, ou alors chez Bruno. Ah, oui, voilà, elle savait pourquoi :

— C'est parce que… et au fait, pourquoi vous le dirais-je, ça ne vous regarde pas.

— Si, car tu es chez moi.

— Et alors. C'est vrai, que chez vous c'est beau, vous avez hérité ?

— No… Mais ça ne te regarde pas.

Enfin, elle avait une raison valable pour que Charles n'aille pas au commissariat.



4.

Très mauvaise surprise


Alice ne se rappelait plus de sa « petite fouille » de la nuit. Ce qui était un bon argument.

— Au fait, reprit Alice, vous savez très bien peindre. Je ne sais pas si ces tableaux sont de vous, mais en tout cas, ils sont rudement jolis.

— Mais… mais comment sais-tu que je fais de la peinture ?

Alice continua son discours, en faisant semblant de ne pas avoir entendu la question :

— A mon avis, votre arme ne sers plus à rien, plus personne n'osera vous attaquer.

Charles faillit en tomber raide.

— Je commence à comprendre, dit-il, cette nuit, tu as fouillé la maison, et dans mon bureau, tu es tombée sur mon arme. Et dans le même temps, tu as lu le certificat de port d'arme. Et bien sur, tu ne t'es pas gênée pour le lire, après, tu es tombée sur la salle d'expositions, et tu as regardé les tableaux. Tu t'es posé la question de savoir si je les avais achetés, si je les avais peints, ou si je les avais volés n'est-ce pas ?

— Tiens, fit Alice, je n'avais pas pensé à ce que vous puissiez les voler.

— Finalement, reprit Charles, je vais aller prévenir la police tout de suite, sinon on va m'accuser de ne pas l'avoir prévenue.

Alice l'avait bien cherché, elle n'avait pas à se plaindre, il fallait vite trouver une idée.

Charles tenta d'ouvrir la porte, sans y arriver. Elle lui résistait. Bonne affaire pour Alice.

Cela faisait maintenant plus de deux heures que Charles tentait d'ouvrir la porte.

Alice riait dans son coin, car Charles ne semblait plus se rappeler qu'il y avait une autre porte, mais qui allait dehors.

Cinq heures du soir, quand Charles demanda à Alice d'un ton des plus énervés :

— Mais vas-tu me dire pourquoi tu ris, c'est loin d'être drôle, nous sommes enfermés dans cette grange.

— Bien sur que non, il y a un moyen très simple pour sortir.

— Ah oui, et lequel ?

— Ben… c'est que…

— Aller, dis-moi tout de suite comment on peut faire pour sortir de ce trou.

Alice éclata de rire, avant de dire :

— Il y en a même deux.

Charles se mit à secouer Alice en disant :

— Dis le moi, ou je t'étripe.

Alice répondit avec un ton ironique :

— Si vous m'étripiez, vous ne trouverez pas comment sortir.

Excédé, Charles lâcha Alice dans la paille.

— Il y a, fit celle-ci, une seconde porte, de l'autre côté de la grange, et pour ouvrir cette porte, il suffit de tourner la clé dans la serrure. Et cette clé, vous l'avez dans votre poche de pantalon.

Alice n'en pouvait plus tellement elle riait. Charles ouvrit donc la porte, et mit directement son manteau. Il allait sans doute au commissariat, puis aller faire sa course. En effet, car Alice entendit Charles dire :

— Prépares-toi, je vais au commissariat, dans moins de dix minutes, tous les policiers vont débarquer.

Charles sortit donc de la maison, il fallait qu'Alice trouve un moyen de fuir. Charles n'était pas idiot, il avait fermé la maison à clé, et les fenêtre était toutes &Mac246; même en montant sur une chaise &Mac246; trop hautes pour elle. Il fallait trouver quelque chose.

Oui, quand les policiers allaient arriver, elle allait tout expliquer, et avec une chance, elle pourrait aller chez sa cousine.

Elle s'assit donc dans un fauteuil, et attendit l'arrivée des policiers. Une demi-heure plus tard, Charles n'était toujours pas revenu. Alice commença alors à se demander ce qu'il faisait. Normalement, on ne met pas une demi-heure pour aller faire une course &Mac246; à moins qu'il y ait vraiment énormément de monde &Mac246; et pour aller voir les policiers. La nuit était tombée, et l'air s'était légèrement rafraîchi.

LA GRANGE ! Charles avait oublié de fermer la porte de la grange. Alice s'y précipita, et sorte à toute vitesse de la grange. Alice ne voyait &Mac246; à nouveau &Mac246; absolument rien.

Quelques minutes plus tard, ses yeux s'étant habitués au noir de la nuit, Alice décida de se cacher quelque part autour du lac, mais de manière à pouvoir voir qui entrerait dans la maison de Charles. Elle se mit donc en route, elle ferrait le tour, pour observer un peut les alentours. Elle remarqua qu'il y avait sept maison autour du lac : celle de Bruno, celle de René Méchant, une en vente, une autre, où, apparemment, les occupants sont partis en vacances, ou quelque part d'autre, et puis deux autres &Mac246; qu'elle n'était toujours pas allée voir, c'était d'ailleurs sans intérêt &Mac246; succédant la maison de Charles, qui était de loin la plus belle de toutes, &Mac246; même de l'extérieur &Mac246; et également la plus grande.

Ah, des rochers. Ils étaient assez espacés pour pouvoir laisser se faufiler à l'intérieur, une maigre petite fille. Il fallait quand même faire attention, car les rochers étaient très proche de l'eau.

Mal positionnées, Alice se recula &Mac246; vers l'eau &Mac246; légèrement. Et là, elle buta sur quelque chose, comme une chose d'échouée. Elle se retourna, et poussa un cri horrible de frayeur.

Là, ballotté par l'eau, une masse. Mais cette masse n'était non pas une branche, ou une caisse, mais bien le cadavre d'un homme.

Alice ne prit pas le temps d'essayer de découvrir qui était le malheureux, mais s'enfuit monter dans un arbre, à une dizaine de mètres des rochers.

— De là, cela venait de là, s'écriait René Méchant en sortant de sa maison, ça venait des rochers.

D'autres personnes étaient sorties de chez elle, et se précipitaient vers les rochers.

— AAAAH, hurla à nouveau René.

— Que se passe-t-il, questionna une dénommée Nadine, qui était sortie de la première des deux maisons qu'Alice n'avait pas eut l'occasion de visiter.

Alice pensa alors :

« C'est bizarre, Bruno n'est pas venu s'inquiéter de la situation. Réflexion, il n'est peut être pas chez lui, mais elle l'avait vu tout à l'heure.»

— Il y a un cadavre, hurlèrent Jean &Mac246; mari de Nadine &Mac246; et les deux habitants de la dernière maison, nommés Bousta, et Caroline.

— Non, soupira René, c'est, il me semble que c'est votre voisin, Nadine, qui, si je me souvient bien, euh Charles, Charles… Bon, Charles je ne sais plus comment.

— Ce n'est pas vrai, pleurnicha Nadine, en effet, c'est Charles Poilant.

Alice manqua de tomber de l'arbre où elle était grimpée, et surtout, d'hurler une nouvelle fois.

— Il faut, suggéra Bousta, appeler la police et qu'elle vienne avec un spécialiste.

— Bonne idée, mais bougez-vous Caroline, nous n'avons pas la nuit, répliqua désagréablement René, qui tournait en rond depuis plusieurs minutes.

Alice, de son côté, réfléchissait, toujours bien cachée dans l'arbre touffu qu'elle avait choisi :

« Je suis persuadée que Charles a été attiré dans un guetta pan, puis il a été tué, et les vagues l'ont apporté derrière le rocher où on l'a retrouvé. Les policiers vont-ils comprendre le piège tendu par le ou les tueurs. Et puis pourquoi l'avoir tué, au moment où je passais chez lui ? Pourquoi ? »

Toutes ces questions que se posait Alice restaient sans réponses.

Vite, il fallait foncer chez Charles, pour voir s'il n'y avait rien d'intéressant à prendre. C'était le bon moment, car tout le monde était rentré chez lui pour attendre l'arrivée de la police. Alice glissa alors le long de son arbre, et fonça en direction de chez Charles. Mais Alice n'avait pas été bête, en mettant des gants avant de rentrer chez Charles, comme ça, elle ne laisserait aucune trace. Elle entra, et commença à fouiller rapidement un coffre, rien que des paperasses, elle s'intéressa alors à une malle près d'un buffet. Voilà des choses plus intéressantes : des vêtements. Mais elle s'arrêta sur une tenue de femme, et si elle la revêtait, et qu'elle menait sa petite enquête. Bonne idée. Aussitôt dit, aussitôt fait, la tenue était sur Alice. Elle lui allait à merveille, on dirait une jeune femme, d'un peu plus de vingt cinq ans, quand même un peu courte en taille, mais ça, personne n'y ferait attention. Dans cette tenue, Alice était méconnaissable.

Ce n'était pas tout d'être « camouflée », il fallait aussi, qu'elle ait de l'argent. Heureusement, Charles avait deux porte-monnaie, un sur lui, et un autre dans le tiroir d'une armoire dans le hall d'entrée, ça, Alice l'avait repéré lors de sa visite de nuit. Elle le prit, et sortit en courant, en fermant la maison avec une deuxième clé de la maison qui était d'ailleurs avec le porte-monnaie. Elle balança la clé dans le lac, de manière à ce que personne ne la retrouve.

Il fallait maintenant dormir à la belle étoile, mais assez loin de l'endroit du crime, car si les policiers venaient à fouiller les environs, elle ne serait très certainement pas traitée comme une innocente.

Elle s'allongea alors dans l'herbe. Elle regarda les étoiles, et se dit :

« Et dire qu'elles, les étoiles, savent tout, elle ont tout vu, et tout entendu, elle savent qui est le criminel, mais elle n'ont pas le droit de parole, et c'est bien dommage, l'enquête ne s'annonce pas très facile. »

Alice qui ne voulait rester que très peu de temps ici, y restera finalement beaucoup plus de temps, elle voudrait savoir l'avis des policiers sur la mort de Charles, mais ne serais-ce pas trop dangereux de les approcher ? Mais déguisée, ils n'ont absolument aucune chance de la reconnaître. Elle verrait tout ça demain, il fallait également trouver un moyen de rencontrer, et de parler aux habitants des deux maisons dans lesquelles elle n'est pas rentrée. Mais pour le moment, il fallait dormir. La journée de demain s'annonçait chargée. Pour Alice qui voulait s'initier au métier de policier, elle avait un bon exemple pour faire ses preuves.

Alice, tout doucement, commençait à se réveiller. Le soleil, et sa douce lueur, apparaissait au loin. En guise de déjeuner, Alice mangea les fruits d'un arbuste, dont elle ne savait pas le nom. Tout en mangeant, elle réfléchissait à un moyen d'enquêter. Elle se leva, et se *dirigea vers l'endroit du crime. Des policiers s'agitaient. Mais, bien sûr, elle allait inventer qu'elle était détective privé. Comme ça, elle pourrait se tenir au courant de l'enquête. Elle s'approcha alors de l'endroit. Plus personne n'était là. Il fallait absolument qu'elle sache l'avis des policiers. Elle pouvait aussi agir comme policière d'un village voisin. Il fallait opté pour une des deux solutions.

Elle marchait maintenant le long de la route, en faisant du stop. Les voitures ne s'arrêtaient pas, et Alice commençait à se mettre en colère. Cinq cent mètres après être partie, elle aperçut un panneau indiquant : Mongier 2,7 kilomètres. Ah non, elle n'allait se taper presque trois kilomètres à marcher pour savoir l'avis des poulets.

Bon, une autre voiture passait. Alice décida de se mettre en travers de la route, la voiture obligée de s'arrêter, sinon elle écrasait Alice. Voilà la voiture qui s'arrêtait, le chauffeur tapait sur son volant. Alice, se dirigea vers la portière, mais juste à ce moment là, la voiture redémarra en trombe. Alice eut juste le temps de reconnaître son chauffeur, elle le connaissait bien, car c'était tout simplement René Méchant. Pourquoi ce plouc n'avait-il pas voulu lui parler, elle n'était pas méchante, elle n'allait quand même pas le bouffer.

Bon, il fallait arrêter une autre voiture, en voilà une qui arrivait justement, Alice se remit au milieu de la route, et quand la voiture s'arrêta, elle alla voir le chauffeur. Heureusement pour elle, le chauffeur ne démarra pas quand la voie fût dégagée, mais ouvrit aimablement sa vitre à Alice :

— Bonjour madame, ou mademoiselle, je ne sais pas.

— Mademoiselle, bonjour, pardonnez-moi de vous arrêter, mais…

— Ce n'est rien, je ne suis pas pressé

— Oui, donc, j'aimerais, que si vous le pouviez, vous m'emmeniez à Mongier, car étant sans voiture, j'ai pas mal de route à faire, et a faire deux fois par jour ne me réjouit en aucun point.

— Je vous comprends, et c'est pour ça, que je vais vous emmener à Mongier. Et où, exactement à Mongier, tout simplement sur la place de l'église, ou bien autre part ?

— Si vous voulez bien, j'aimerais être déposée devant le commissariat.

— Très bien, c'est sur mon chemin, donc il n'y a aucun problème.

— Merci beaucoup monsieur, c'est très aimable à vous, si tous les gens étaient comme vous, le monde serait calme.

— Vous savez, c'est la moindre des choses d'aider une femme dans votre situation.

La voiture avait redémarrée, et Alice et monsieur continuaient à bavarder, de choses et d'autres, jusqu'au moment où ils arrivèrent sur la place du commissariat :

— Un grand merci à vous, …

— Jacques, et, de rien, j'étais ravis de faire votre connaissance. Puis j'espère que vous trouverez quelqu'un d'assez aimable pour vous ramener au lac. Au revoir.

— Au revoir, lui répondit-elle.

« Voilà enfin quelqu'un de très gentil, aimable, très courtois, nous n'en voyons vraiment plus beaucoup de comme ça actuellement. »

La voilà maintenant qui se dirigeait vers le commissariat. Elle espérait de tout son c&Mac254;ur, que les policiers ne la reconnaissent pas. Ce serait très embêtant de devoir fuir de cet endroit, alors qu'elle était entrain de mener une enquête.

Il fallait trouver un moyen de pénétrer dans le commissariat, de chiper les renseignement sur le meurtre de Charles, et de repartir avec, sans se faire remarquer par qui que se soit. Mais, la voilà donc bête, dans son « déguisement », personne ne pouvait se douter que c'était une jeune fille, mineure. Elle entra donc dans le commissariat, et se présenta au comptoir de l'accueil. Un jeune homme vint à sa rencontre, et lui dit :

— Bonjour madame

— Bonjour, je suis détective privée, une famille m'a engagé pour élucider un meurtre, qui a et lieu cette nuit, au lac de Mongier. Cette famille m'a également prévenue que vous avez récupéré le corps.

— De qui cette famille tient cette information, à moins qu'elle habite au lac.

— Ils tiennent cette information des habitants des maisons qu'il y a autour du lac, qui ont été les premiers sur les lieux.

Ce qui était faux, c'était-elle qui avait découvert le corps de Charles.

— Bon admettons, reprit le policier, que voulez-vous à propos du corps de cet homme.

— Je souhaiterais le voir, ou bien obtenir un rapport d'autopsie.

— Veuillez attendre un peu, je vais appeler mon supérieur pour qu'il vous renseigne, car moi, je suis juste au courant que quelqu'un est mort cette nuit, donc, je ne peux pas vous aider.

Le voilà qui partait chercher son supérieur. Elle ne se débrouillait pas si mal que ça. Mais il fallait quand même faire attention à ce qu'elle disait, bien que les policiers soit bêtes, ils pouvaient se douter de quelques petites choses embêtantes, comme qu'elle n'est pas si âgée qu'elle ne le laisse voir, où qu'elle ne dit pas que la stricte vérité.



5.

Alice s'organise


— Bonjour madame, fait le supérieur, en s'asseyant sur la chaise du jeune policier.

— Oui bonjour, je souhaiterais pouvoir voir le corps de Charles Poilant, mort cette nuit. Je suis détectiv…

— Oui, Valentin m'a expliqué, donc, bien sûr vous pouvez voir le corps de cet homme, mais vous devrez aller le voir à la morgue de Carteaux, à une trentaine de kilomètres d'ici, en tirant vers Gap.

— Bien, je vous remercie du renseignement.

— Une seconde, cela vous dérangerait-il que je vienne avec vous ?

— Aucun problème, mais alors nous prenons une de vos voitures et c'est vous qui conduisez, comme j'ai un peu mal au bras, j'évite de conduire.

Quel mensonge ! Alice l'avait dit pour ne pas conduire, pour la simple et bonne raison qu'elle ne savait pas conduire !

— D'accord, allons y tout de suite, nous mangerons là haut.

Ils partirent donc en direction de Carteaux, sans le vouloir, Alice se rapprochait de Gap. Mais combien de kilomètres encore ?

Le commissaire Blondasse, ne conduisait vraiment pas vite.

En plus qu'il ne conduisait pas vite, le commissaire Blondasse n'avait pas l'air vraiment bavard, ce qu'Alice regrettait, elle aurait bien voulu en apprendre un peu plus sur Charles.

— Avez-vous des enfants, demanda enfin le commissaire en regardant Alice.

— Non et vous, répondit-elle, sans ne savoir quoi dire d'autre.

— Oui, j'en ai quatre, le plus jeune a quatorze ans, et le plus âgé, à trente et un ans.

Alice fit rapidement le calcul, cet homme, avait la cinquantaine un peu passée. Il ne les faisait pas, on aurait dit qu'il avait quarante ans, à peine.

— Et, ça fait longtemps que vous êtes policier ? Demanda Alice pour confirmer son hypothèse.

— Hum… Pas loin de trente ans, pourquoi ?

— Juste comme ça, pour savoir, et vous travaillez sur quel genre d'affaires en général ?

— Sur des affaires psychologiques, j'ai travailler sur environ soixante dix affaires différentes de ce type là, mais depuis quelques temps, l'on ma confié des affaires de crimes, et de suicides, et voyant que je ne me débrouillais pas si mal que ça, on m'a laissé ce style d'affaires, et maintenant, on me donne tout et n'importe quoi, mais, je ne pense pas tarder à prendre ma retraite. Contrairement à ce que vous croyez, ce n'est pas parce que j'en ai l'âge, quoique presque, mais parce que je me suis fais un grand nombre d'ennemi, surtout que certains ont été relâchés de l'hôpital psychiatrique de Carteaux, et que dans la mesure où il y en a que j'ai renvoyé à l'hôpital, il m'en veulent énormément. Je pense que je vais finir le restant de mes jours au soleil, avec ma famille.

— Vous pensez avoir assez d'argent pour vous offrir ce luxe ? Demanda jalousement Alice, qui rêverai de ne passer ne serais-ce qu'un jour au soleil.

— Oui, j'en ai largement assez pour ça, répondit Blondasse, le sourire sur les lèvres.

— Pourtant, reprit Alice, il ne me semble pas que le métier que vous exercez soit aussi bien payé que ça, parce que…

— Oh, ce n'est pas mon métier, qui me permettrait de m'offrir ça, mais plutôt ma passion.

— Et quelle est votre passion ?

— La même que tous les autres habitants de Mongier.

— Pardonnez-moi de mon ignorance, mais quelle est-elle ?

— Voyons, vous devez très certainement le savoir, c'est la peinture, il y a plusieurs clubs pour ça à Mongier, et les 95% de Mongier pratiquent cette activité.

— Eh bien, comment cela ce fait-il, que cette activité soit autant pratiquée dans un assez petit village ? Si vous me permettez de dire assez petit.

— Je vous l'accorde, Mongier n'est pas un gros village, mais il ne fait pas loin de quatre mille habitants. Bien sûr, vous allez trouver ça relativement petit, ou gros, ça dépend d'où vous venez. D'ailleurs d'où venez-vous ?

Ahi, Alice n'avait pas pensé à s'imaginer une ville de logement.

— Lons-Le-Saunier, dit-elle, bien que ce soit un mensonge.

— Lons, c'est une très belle ville, et tous les gens y sont sympas.

Tu parles, ça dépend de qui on parle, parce que Karine n'était pas une femme qu'on pouvait appeler sympa.

— Et depuis combien de temps y habitez-vous ? Reprend le commissaire.

Ola ! L'affaire commençait vraiment à se compliquer.

— Tiens, il me semble que nous arrivons à Carteaux, &Mac246; ce qui était vrai &Mac246; je vous répondrais après.

Alice devait de toute urgence détourner la conversation, car Blondasse commençait à poser des questions embêtantes à Alice, que si bien que si ça continuait, Alice ne se souviendrait plus des mensonges qu'elle avait fait avant.

Blondasse avait ralenti, et suivait les indications des pancartes, pour aller trouver le médecin légiste. Alice était exaspérée, sur la nationale, il avait roulé à 50 km/h, et maintenant en ville, il roule à 30 km/h, en voilà un qui ne risque pas de faire d'infractions. Alice fit remarquer à Blondasse, Igor de son petit nom, que ce n'était pas tout droit, mais à gauche qu'il fallait prendre. Igor, remercia Alice d'un grand sourire, de l'air de dire : « Je vais où je veux ».

Enfin, Igor tourna à droite, s'engagea sur une petite route, bordée d'arbres magnifiquement colorés. Une petite minute plus tard, il vira à droite, et franchit le portail. Sur une pancarte accrochée au portail, était inscrit : « Mitch Sangsue, médecin légiste ».

« Sangsue, pensa Alice, drôle de nom »

Igor se gara sur la seule place de parking libre, et fit signe à Alice qu'elle pouvait sortir de la voiture. Aussitôt dit, aussitôt fait, enfin de l'air, pendant 45 minutes, dans la voiture de ce « pro de la conduite », c'était trop pour elle. Igor sortit de la voiture, et alla rejoindre Alice qui l'attendait devant la porte d'entrée :

— Je n'ai pas prit rendez-vous avec lui, dit-il, mais il savait qu'il devrait me recevoir dans la semaine.

— Donc, nous pouvons y aller, il ne nous dira rien ? Demanda prudemment Alice, de peur d'être rejetée de chez le médecin légiste.

— Tout à fait, répliqua Igor, en poussant la porte d'entrée de manière à faire passer Alice avant lui.

Ils se rendirent au secrétariat, où Igor demanda à voir Mitch Sangsue, de la part d'Igor Blondasse. La secrétaire prit le téléphone, et appela Mitch. Elle parla une trentaine de seconde, et raccrocha :

— Monsieur Sangsue n'est pas apte à vous recevoir, il vous dit de repasser dans une petite demi-heure. Merci de bien vouloir patienter. En fonction de l'heure, il m'a dit également de vous dire qu'il vous offrira peut être le repas.

Alice regarda sa montre, et aperçut : 11h45, ce serait avec plaisir qu'elle accepterait un repas de la part de Mitch. Elle sortit du bâtiment (en compagnie d'Igor). Igor lui demanda :

— Pensez-vous à un crime, ou à un accident ?

— Je pense à un crime, cela ne me fait aucun doute.

— Ce n'est pas sûr, imaginez que cet homme ne savait pas nager, il qu'il s'amuser à sauter de rocher en rocher, ceux qui sont à moitié dans le lac, vous voyez ?

— Oui, répondit Alice, et ?

— Et imaginez qu'il ait glissé sur un rocher glissant, et qu'en tombant, il se soit fracasser la tête. C'est plausible. Ou, imaginez qu'il ait voulu se suicider, il n'y a pas meilleur endroit, tenez, voyez-vous l'arbre qui est au-dessus des rochers où se pauvre homme a trouvé la mort ?

Alice acquiesça, elle voyait très bien, c'était dans cet arbre qu'elle s'était cachée.

— Et bien imaginez, qu'il saute de cet arbre, au mieux, il tombe dans l'eau, et se noie, au pire, il arrive sur les rochers, et se fracasse la tête.

Ils continuèrent à parler de la même chose, Alice ne réussissant pas à convaincre Igor que Charles avait été tué.

Une demi-heure avait passé, et Alice le fit remarquer à Igor qui aurait continué à parler encore un bon moment sans se soucier une minute de l'heure qu'il pouvait bien être. Ils rentrèrent donc dans le bâtiment, où la secrétaire fût bien surprise les voir débouler, pile une demi-heure après leur avoir dit de revenir dans une demi-heure. En les voyant, elle appela Mitch Sangsue au téléphone :

— Monsieur Sangsue, c'est Jeannine, les deux personne de toute à l'heure sont là, elles vous attendent.

— Très bien, vous pouvez leur dire que je leurs offrirai le repas.

— Dois-je leur dire de monter vous retrouver dans votre laboratoire ?

— Non, dites-leur que je vais descendre, et que nous allons aller dîner au restaurant.

Mitch raccrocha avant sa secrétaire qui fût surprise de l'empressement qui envahissait Mitch. Elle raccrocha à son tour. Une petite minute plus tard, Mitch était dans le hall :

— Oh, Igor, ça fait combien de temps que l'on ne s'est pas vu.

Ils se serrèrent la main, et Igor répondit :

— Bien un an, alors que deviens-tu.

Mitch serra la main d'Alice, tout en continuant à parler à Igor :

— Tu le vois, je continue mon petit bonhomme de chemin, dans sept ans, je pars à la retraite.

Enfin, Mitch adressa la parole à Alice en tournant vers

— Bonjour mademoiselle. Dois-je dire Madame, ou bien Mademoiselle ?

— Mademoiselle.

Puis il se tourna à nouveau vers Igor :

— Tu as une nouvelle collaboratrice ?

Alice répondit à la place d'Igor :

— Non, je suis simplement le détective privé de la famille Poilant.



6.

L'institut médico-légal


— Comment vous appelez-vous ?

Vite, il fallait trouver un prénom et un nom dont elle pouvait se rappeler.

— Pardon, fit Alice qui avait très bien entendu, elle cherchait tout simplement du temps pour réfléchir.

Mitch répéta sa question. Alice répondit :

— Jeanne Gap.

Elle avait choisi Jeanne, car c'était le nom de sa cousine, et Gap, car elle habitait à Gap.

— Je ne me rappelais pas que vous m'ayez dit votre nom, remarqua Igor.

— Vous l'avait tout simplement oublié, mentit Alice, ce n'est pas grave.

— Bon, fit Mitch, je vous propose d'aller manger au « Simpson », un restaurant très réputé à Carteaux. Il est à même pas cinq minutes d'ici. Puis ensuite, nous reviendrons ici, pour examiner le corps de notre cher Charles Poilant.

— Vous le connaissez ? Interrogea Alice, intriguée par la phrase employée par Mitch.

— Bien sûr, répondit celui-ci, j'étais à l'école avec lui quand j'étais tout petit. On s'est perdu de vus au lycée quand j'ai redoublé ma première et ma terminale. On ne s'était plus revu jusqu'à il y a quinze ans, quand il est arrivé à Carteaux, où j'étais venu habiter après le passage de mon bac.

— Savez-vous quelque chose d'autre sur Charles Poilant, interrogea Alice avec un ton plein d'espoir.

— Oui, bien entendu.

— Je vous écoute.

— Environ un an après son arrivée à Carteaux, je sais que sa femme est décédée dans un accident de voiture, c'est un chauffeur de camion ivre qui est venue la percuter, et l'envoyer dans un ravin de plus de cinquante mètres de profondeur. La même année, ou celle d'après, je ne me souviens plus bien, son fils Tom est parti vivre en Australie avec sa femme. Charles qui ne travaillait plus, devait absolument retravailler, ou trouver un moyen de s'enrichir. Il a donc décidé de se mettre à la peinture. Au début, ses tableaux étaient minables, mais après presque un mois de travail intensif, ses tableaux sont devenus réalistes, gais, parfois touchants. Il a réussi à en vendre quelques-uns. Puis pendant un moment, il a décidé de peindre un grand nombre de tableaux, dans le but d'organiser une vente aux enchères. Moi, j'ai trouvé son action un peu culottée, dans la mesure où il ne s'était mis à peindre que depuis trois mois. Il m'a répondu que dans la mesure où quelques-uns de ses tableaux avaient déjà eus du succès, ceux qu'il était en train de peindre, pouvaient avoir le même succès. Du moins, c'est ce qu'il espérait. De mon côté, j'était plutôt pessimiste, alors que lui était vraiment optimiste. Environ un an après, il a organisé sa vente aux enchères dans une salle polyvalente de Carteaux. Il avait une cinquantaine de tableaux à vendre. Je lui ai dis que je ne pourrais assister qu'au début de la vente aux enchères. Moi, je n'avais vu aucun de la cinquantaine de tableaux qui étaient mis aux enchères. A ma grande surprise, la salle polyvalente de Carteaux était exceptionnellement remplie, grâce, (d'après les réponse de quelques personnes, à qui j'avais posé la question) à des dizaines d'affiches annonçant cet évènement placardées dans tout le département. Quand la vente aux enchères commença, les prix étaient assez bas (je m'y attendais). Je m'apprêtais à m'en aller, après la vente du dixième tableau, quand le onzième se vendit à un prix extrêmement élevé à mon goût, près de 10000 euros. Je décidais donc de rester un peu plus, et les tableaux suivants se vendirent à environ 7000, 8000 euros de moyenne. Je décidais donc de rester jusqu'à la fin pour pouvoir lui parler ensuite. Les deniers tableaux se vendirent à 4000, 5000 euros. Charles, venait de faire fortune avec la peinture. Je l'avoue, il avait un don pour cet art. Par contre, je me demandais pourquoi les premiers tableaux ne se sont pas vendus si bien que les derniers, que je trouvais aussi beaux. Je me suis donc décidé à aller le rejoindre pour aller lui parler. Avant que je ne puisse prononcer le moindre mot, il me sauta au coup, en me disant « Tu te rends compte, Mitch, je viens de gagner presque 250000 euros, c'est incroyable ». Il m'alors fait part de ses intentions, après cette vente aux enchères, que je me permets de qualifier de incroyable.

— Quand est-ce que la vente aux enchères s'est-elle déroulée ? Demanda Alice, qui était restée attentive tout au long du discours, qui lui paraissait très intéressant.

— D'ici cinq à six ans, reprit Mitch &Mac246; visiblement très bavard &Mac246; d'un ton neutre. Donc, il voulait se racheter une nouvelle maison, et bien sûr, il voulait continuer à peindre, pour devenir célèbre, et surtout pour devenir riche. Je pensais &Mac246; avant la vente aux enchères &Mac246; qu'il n'avait aucune chance de devenir célèbre. Je pensais même qu'il devrais changer de région tellement il serais honteux après la vente aux enchères que je pensais qui aller rater. Au contraire, à la fin de la vente aux enchères, après que j'ai réussi à lui glisser quelques mots, des dizaines et des dizaines de personnes faisaient une queue derrière moi, soit pour demander des autographes à « la nouvelle star de la peinture », soit pour lui poser des questions du genre : « Allez-vous continuer la peinture ? », ou « Quand sera la prochaine vente aux enchères ? »… De mon côté, je me demandais comment mon cher ami Charles, avait-il pu avoir le culot d'entreprendre une telle démarche. Cela était certainement une partie de sa personnalité que j'ignorais totalement. Après cet évènement, je me posai la question de savoir si il accepterait encore de me côtoyer, moi qui n'était que médecin légiste, et dont mon métier ne rapportait rien par rapport à son loisir, car la peinture n'était pas un métier, mais un loisir…

Là, Alice commençait à fatiguer, car Mitch parlait de plus en plus et de plus en plus lentement, ce qui était extrêmement fatiguant. Elle décida de l'interrompre…

— Et après cette vente aux enchères, avez-vous continué à voir Charles ?

Car en faite, ce n'était pas cette partie ancienne de la vie de Charles, mais la nouvelle qui l'intéressait dans son enquête.

— Comme je vous le disais, justement, je me posai la question de savoir…

Et le voilà reparti dans son incroyable discours. Il suffisait d'attendre le moment qui l'intéressait et d'écouter juste ce moment…

Ah…

— Après la vente aux enchères, donc, je le voyais beaucoup moins, à cause de ces occupations, mais également car il avait déménagé, pour aller se faire construire une superbe maison dans le village de Mongier, il me semble d'ailleurs que c'est de là que vous venez…

— Tout à fait, intervint Igor, d'une voix semblable à celle d'une personne qui vient de se réveiller.

— Et, interrogea Alice, à quand remonte la dernière fois que vous avez rencontré Charles ?

Mitch réfléchi un petit bout de temps, comme pour se rappeler exactement du jour, ou comme si cela remontais à longtemps.

— Cela remonte à douze jours.

C'était la première solution. Mitch avait l'air très précis dans ce qu'il faisait et dans ce qu'il entreprenait.

— Voici les menus, intervint le garçon, dont Alice n'avait pas remarqué a présence.

— Merci, dit Alice, nous vous appellerons dès que nous aurons choisi notre menu.

Alice venait de remarquer que Mitch parlait à voix basse à Igor. Mais Alice parvenait quand même à entendre ce qu'ils se disaient :

— Dis-moi Igor, chuchotai Mitch, elle m'a l'air bien jeune cette Jeanne.

— C'est vrai, elle n'a pas l'air vielle.

Ahi ! L'affaire se compliquait, maintenant, on doutait de son âge, mais pourquoi s'était-elle fourrée là-dedans, maintenant, elle avait des risques de se faire repérer.

— Quel âge tu lui donnes, demanda Mitch toujours à voix basse, mais toujours d'une voix assez haute pour qu'Alice puisse entendre.

Mon dieu, voilà un moment grave, très grave, qu'allait répondre Igor. Alice faisait semblant de regarder la décoration de restaurant, mais son oreille restait très attentive à la conversation entre les deux hommes. Alice espérait que les deux hommes n'avaient pas remarqué qu'elle les écoute.

— Je lui donnerai…

Alice fermait maintenant les yeux…

— … 26 ans, et toi

— Moi je lui donnerai plutôt 27, ou 28 ans.

Ouf, Alice respirait, elle qui avait 15 ans, elle en faisait plus de 25 !

— On a qu'à lui demander, dit Mitch.

Qu'allait-elle répondre…26 ans, cela lui paraissait raisonnable.

— Quelle âge avez-vous, demanda Igor ?

Alice fit semblant de sortir d'un rêve, puis répondit :

— Moi, j'ai 26 ans, pourquoi ?

— Oh juste comme ça, répondit Mitch.

— Excusez-moi, mais il faudrait choisir les menus, dit Alice, dont son estomac commençait à souffrir.

En disant cela, Alice se rendit compte, qu'un nouveau problème se posait à elle, comme ferait-elle pour payer ! Comme par hasard, et juste à ce moment là, Mitch intervint :

— Je paye pour tout le monde.

Alice souffla et décida de son menu : elle prendrait, une salade, de la blanquette de veau, du riz, et une pomme. Cela ne reviendrais pas trop cher à Mitch.

Alice donna son menu au garçon, &Mac246; qu'elle venait d'appeler &Mac246; les deux hommes la suivirent. Alice observa que leurs menus étaient beaucoup plus copieux que le sien, surtout sur le point de vue dessert.

Les plats arrivèrent quelques minutes plus tard, et Alice dévora sa salade à une vitesse impressionnante.

— Vous ne devriez pas mangez votre salade à cette vitesse, conseilla Igor vous verrez, quand vous l'aurez finie, vous aurez encore faim comme si vous n'avez rien mangé.

A la faim de sa salade, Alice comprit ce que voulut dire Igor, et mangea sa blanquette de veau, presque trois fois moins vite que sa salade, mais surtout car sa blanquette était très chaude, contrairement à sa salade.

— Charles était un très bon ami, dit Mitch, la boucha à moitié pleine…

Oh non, le voilà reparti dans un incroyable discours. Bon, il fallait essayer d'écouter Mitch, peut-être qu'elle y découvrira quelque chose d'intéressant.

— … Je ne comprend pas pourquoi il s'est suicidé, son métier lui rapportait beaucoup, il avait tout ce qu'il voulait.

— Pardon, intervint Alice, il s'est suicidé, comment le savez-vous ?

— J'ai déjà vaguement observé le corps de Charles, Le choc a été très violent, et tout à l'heure, Igor m'a fait par de son hypothèse. Elle est toute à fait plausible…

— Elle est plausible, mais rien ne vous dit que se soit de cette façon que Charles soit mort, tenez, imaginez que l'on ait voulu le tuer, il n'y avait pas de meilleure façon. On lui demande de venir voir quelque chose d'apeurant entre les rocher &Mac246; alors qu'il n'y a rien bien entendu &Mac246; et à ce moment là, on le pousse très violemment dans les rochers, il se fracasse la tête, et meurt sur le coup. En même temps, on croit à un suicide, qui est une hypothèse qui ne peut pas être avancée alors que Charles devient richissime et qu'il s'est trouvé un talent qui est agréable, et qui permet de gagner de l'argent sans se fatiguer. Dans une situation sociale telle, il n'y a aucune raison de se suicider, à moins d'être complètement fou.

Allons bon, voilà qu'elle se mettait à parler sans pouvoir s'arrêter, comme Mitch, sur qui elle ne voulait surtout pas prendre exemple.

— Qui vous dit qu'il n'était pas fou ? Personne ne peut le savoir.

Mais que disait-il, le voilà qui disait l'exact contraire de ce qu'il avait deux minutes plus tôt, c'est-à-dire, qu'il n'avait aucune raison de ce suicider, vu sa situation fiscale.

— Mais vous justement, dit Alice en haussant la voix, signe d'énervement.

— En ce moment, justement, répondit Mitch, d'une voix légèrement plus forte que celle d'Alice, je le trouvais très bizarre en ce moment.

Alice remarqua que Mitch était un homme qui n'aimait pas être dominé, surtout par une femme, ou plutôt un gamine, mais cela, il ne le savait pas.

D'autre part, elle ne pouvait quasiment rien répondre à Mitch, car premièrement, elle n'était pas censée avoir rencontré Charles, et deuxièmement, elle avait remarqué, elle aussi que Charles était un peu bizarre, mais elle avait un morceau de réponse, en tous cas, elle le croyait. Charles possédait une arme avec un certificat de port d'arme, plutôt bizarre.

— De là, à le croire fou, interrogea finalement Alice ?

— Je ne sais pas.

— Et même si il état fou, d'après votre diagnostic, il aurait pu aller au point de se suicider ?

— Je ne sais pas vous dis-je.

Visiblement, Mitch était un homme qui s'énervait vite, tout comme Charles.

— Bon, décréta Igor, qui n'avait pas parlé depuis n bon bout de temps, comme je vois que tout le monde, je propose se partir.

— Garçon, appela Mitch, la note de la table 7, s'il vous plaît.

— Voilà, voilà, j'arrive.

Mitch paya et les trois personnes sortirent du restaurant.

Ils retournèrent dans les voitures, Mitch dans le sienne, et Alice et Igor, dans celle du commissariat de Mongier. Direction, l'institut médico-légal de Carteaux, pour cette fois, l'examen du corps de Charles.

Alice n'appréciait guère Mitch Sangsue, mais il ne fallait pas lui montrer sa « joie » de rester avec lui, car l'examen du corps de Charles était très important.

— Une enquête sera-t-elle ouverte ? Interrogea Alice.

— Certainement pas, répondit Igor, dans la mesure où Charles s'est suicidé, il n'y a absolument aucune raison qu'une enquête soit ouverte, vous me comprenez ?

— Bien sûr, c'est logique, mais on n'est pas surs que Charles se soit suicidé. Dans un cas de doute, qu'allez-vous faire ?

— C'est très simple, nous optons pour le cas qui semble le plus probable.

— Et sur la mort de Charles, quel est le cas le plus probable ?

— Le suicide bien évidemment, tous les éléments que nous possédons nous confortent dans la thèse du suicide.

— Et si je suis contre, répliqua Alice, que faîtes-vous ?

— C'est votre décision, vous êtes détective privé, vous pouvez si vous le voulez, mener une enquête de votre côté, et vous verrez que tous les éléments que vous allez récolter, vous ramèneront à lé thèse du suicide.

C'est vrai, elle avait oublié qu'elle était détective privé.

— D'accord, et même si l'observation du corps de Charles vous contredisait, vous n'ouvrirez d'enquête ?

— Si, bien sûr, mais cela serait très étonnant d'après ce que nous a dit Mitch !

Tant pis, elle mènerait son enquête toute seule. Sauf, si l'autopsie contredisait Mitch.

Tiens, voilà qu'on arrivait à l'institut. Les trois personnes sortirent des voitures, et se dirigèrent vers l'entrée. Ils rentrèrent, et commencèrent à monter un escalier en bois grinçant qui menait très certainement vers la salle d'autopsie. Soudain Mitch s'arrêta, se retourna et dit :

— Jaqueline &Mac246; cela devait être la secrétaire &Mac246; quelqu'un a-t-il téléphoné ?

— Non monsieur, personne depuis votre départ, et personne non plus n'a demandé à vous voir.

— A, merci.

Il se retourna de nouveau, et recommença à monter.

Attendait-il quelqu'un ? Lui aussi avait-il eut des menaces, comme Charles ? Pourquoi avait-il l'air inquiet à la réponse de la secrétaire ? Etait-il impliqué d'une certaine façon dans la mort de Charles ? Toutes ces questions restaient sans réponses. Pour le moment.

— Nous y sommes, fit Mitch, en poussa une grande porte de couleur blanche, voilà ma salle d'autopsie, je suppose, que tu ne l'as jamais vu Igor ?

— Non, et j'espère ne pas la revoir souvent.

Alice riait dans sa tête, bien fait pour Mitch. Celui-ci n'avait d'ailleurs pas compris la réponse d'Igor, car il demanda :

— Pourquoi, elle ne te plaît pas ?

— Si, répondit l'interrogé, elle est très jolie, seulement, se sont les circonstances dans lesquelles j'y viens. Observer un corps ce n'est pas très gai.

— C'est sur, répondit Mitch d'un air rassuré, je te comprend, moi je m'y suis fait, au début, ce n'était pas facile, mais maintenant ça va.

Alice se demandait maintenant si elle allait tenir, une nouvelle fois devant le cadavre de Charles. Oui, ça ne devrait pas poser de problèmes, elle commençait à avoir l'habitude des cadavres, celui de Charles, de son pèr… Oh là, il ne fallait pas penser à des choses comme ça.

— Jeanne, interrogea Mitch…

C'est vrai qu'elle s'était donnée ce nom, il ne fallait surtout pas l'oublier.

— … Tenez-vous à rester là ? Pensez-vous que vous tiendrez ?

— Oui, j'ai l'habitude, mentit-elle.

— Et toi Igor, tiens-tu à rester ici ?

— Oui, je pense que je tiendrais, et toi Mitch ?

— Très drôle Igor, répondit Mitch. Bon, fini de rigoler, on y va.

Mitch passa dans une autre salle en précisant à Alice et Igor de rester dans celle qu'il venait de quitter. A son retour, il tirait un chariot avec un drap sur une bosse.

Alice comprit que le corps de Charles se trouvait sous le drap.

— Le voilà, annonça Mitch.

Celui-ci souleva le drap jusqu'aux épaules. Alice avala sa salive avec difficultés.

— Alors, commença Mitch, qui paraissait très alaise, la victime, possède un très gros hématome sur le haut du front, le crâne est transpercé, c'est un choc très violent qui a provoqué cette blessure, très profonde, mais qui est également à l'origine de la mort de Charles.

Alice commençait à se faire à la vue du corps, quand soudain, Mitch ajouta très naturellement :

— Le choc très violent a été provoqué par un rocher, car on a retrouvé des petits morceaux de rocher dans le crâne de la victime, et des morceaux de crâne sur le rocher.

— Tu ne pourrais pas utiliser d'autres termes que ceux que tu utilise, tu genre « des morceaux de crâne ».

— Cela te dérange tant que ça, bon de toute façon j'ai terminé pour la partie concernant sa mort.

— Il y a autre chose ? Demanda Alice en espérant que quelque chose pourrait la conforter.

— Oui, je viens de remarquer que ses ongles sont cassés

— Cela signifie qu'il y a eut une bagarre ? Interrogea Alice.

— Pas forcément, répliqua Igor, il aurait très bien pu se les casser en grimpant dans l'arbre, sauter de l'arbre, et mourir.

— Mais pourquoi vous faîtes tout pour que le mort de Charles soit un suicide ? S'exclama Alice d'un air tout à fait effaré.

— Pardon, lâcha Mitch, visiblement choqué par la phrase d'Alice, nous ne faisons que dire se qui s'est réellement passé. Nous faisons une reconstitution.

— Mais, remarqua Alice, vous n'êtes pas f… policiers, que je sache ?

Alice avait manqué de peu de dire « flic », à la place de « policier »

— Modérez vos propos, je vous prie, répliqua immédiatement Mitch, en haussant la voie.

— Veuillez m'excuser, soupira Alice, je suis énervée, mais je suis persuadée que Charles a été tué.

— Je comprends, c'est la famille de Charles qui fait pression sur vous pour que vous démontriez que Charles a été tué, reprit Mitch d'un voix plus calme.

— On non, détrompez-vous, ce n'est pas cela du tout.

— Ah, répondit Mitch visiblement gêné, croyant que son hypothèse était juste.

— Voilà, dit Igor, qui assistait à la conversation, je crois qu'il est temps d'y aller.

— Tu as raison Igor, rentrez à Mongier, et à plus, je vous raccompagne ?

— Non, ce n'est pas la peine, répondit Alice.

Igor, et Alice, sortirent de la salle s'autopsie, descendirent l'escalier en bois grinçant, et se retrouvèrent dans le hall. Le regard d'Alice se porta alors sur un tableau, représentant une très jolie jeune fille.

— Excusez-moi, demanda Alice à l'intention de la secrétaire, la sortant par la même occasion de ses mots-croisés, de qui est ce tableau ?

— Celui-ci, fit-elle d'un air important, il est de Mitch Sangsue.

— Le médecin légiste, bredouilla Alice ?

— Lui-même mademoiselle.

Alice en était étonné, elle ne pouvait se douter que Mitch peignait aussi bien.

— Merci, au revoir.

La secrétaire ne répondit pas, elle n'avait pas l'air très polie.

« Peut-être que Mitch veut faire la même carrière que Charles, en tous cas, c'est bien parti pour lui, avec ce tableau ! »

— Vous venez, appela Igor depuis la voiture bleue de la gendarmerie de Mongier.

— Une seconde, fit Alice, qui regardait toujours le tableau, je regarde un tableau de Mitch, que je trouve très joli.

Elle sortit du bâtiment, accéda à la voiture, ouvrit la portière avant de la voiture, et monta, puis referma la portière en la claquant.

— Saviez-vous que Mitch peignait ?

— Non. Pourquoi ?

— Juste comme ça.

— Bon, il y en a pour une petite demi-heure, pour rejoindre Mongier. Voulez-vous que je mette un peu de musique ?

— Je veux bien, Merci.



7.

Chez Caroline et Bousta


La musique était relaxante, et personne ne parlait, cela allait à Alice, qui préférait parler le moins possible, pour dire le moins possible de bêtises, logique !

— Alors, qu'allez-vous faire ? Demanda enfin Igor, qui visiblement avait envie de parler.

— Pardon, fit poliment Alice qui n'avait réellement pas compris.

Igor prit la peine de répéter, doucement et distinctement, de façon à ce qu'Alice puisse comprendre et entendre ce qu'il avait dit.

— Je vais mener une enquête, puisque vous ne vouliez rien comprendre, affirma-t-elle.

— Je vous en prie, ne recommencez pas avec ça.

— Quand même, admettez que Mitch ait tué Charles, il peut vous faire croire n'importe quoi, dans la mesure où il est médecin légiste, ce qui est logique.

— C'est un exemple idiot que vous prenez là, Mitch est un homme honnête.

— Bien sûr, je vous crois, mais c'était un exemple.

— Et à quoi servait-il cet exemple ?

— A vous montrer que tout le monde peut se faire manipuler pas n'importe qui et de n'importe quelle manière.

— Et pourquoi vouliez-vous me démontrer ceci ?

— Tout simplement, reprit Alice, visiblement lassée des questions d'Igor, que c'est très facile de transformer un meurtre en suicide.

— Vous en revenez toujours au même point, c'est incroyable.

Alice était très contente de ces réponses. Igor s'apprêtait à commencer une nouvelle phrase, mais Alice le coupa net, en imposant sa phrase :

— Et vous, qu'allez-vous faire ?

— Oh, ça, j'ai le choix, une affaire de personnes qui détourneraient l'eau du canal pour arroser leur jardin, une vieille dame nous a appelé ce matin, pour nous avertir que dans un bar de Mongier, elle avait malencontreusement entendu une petite conversation qui préméditait un cambriolage, ou encore une histoire de vols de chiens, qui commence à sérieusement embêter les habitants de Mongier. Donc vous voyez, se ne sont pas les affaires qui manquent dans notre petit village.

Alice fut étonnée de savoir le nombre de choses à faire dans un petit village comme celui de Mongier.

— Combien êtes-vous, demanda-t-elle, à tous hasards.

— Pourquoi demandez-vous cela ?

— C'est une simple question.

— Donc, euh… nous sommes environs 6, plus notre assistant, cela fait 7.

— Et,… c'est une question qui n'a aucun rapport, mais à combien de kilomètres, sommes-nous de la ville de Gap ?

— Ce n'est pas très loin, il y a environ 150 kilomètres.

Pas très loin, cela dépend de comment on voit les choses.

— Je me sens fatiguée, dit Alice, qui en réalité, voulait s'épargner une longue discussion avec Igor Blondasse, cela ne vous dérange pas que je dorme un peu ?

— Pas le moins du monde, nous arriverons dans une demi-heure, je vous réveillerais si vous serez encore endormie.

Ouf, elle aurait plusieurs dizaines de minutes de répit. Elle ferma les yeux, puis fit semblant de dormir.

— Jeanne, Jeanne …

Quelqu'un la secouait. Elle ouvrait un &Mac254;il, puis le deuxième. Voilà qu'elle comprenait, sans le vouloir, elle s'était endormie, ce qui d'ailleurs, lui avait fait du bien, maintenant, elle se sentait en pleine forme.

— Vous avez bien dormi, dîtes-moi, dit Igor.

— J'en ai bien l'impression, répondit Alice, en se détachant et en ouvrant sa portière.

— Je vous laisse ici, ou bien voulez-vous que je vous ramène chez vous.

— Non, ce n'est pas la peine, laissez-moi ici.

— Oh, mais cela ne dérange pas du tout, je peux vous ramener si vous voulez.

— Non, merci à vous, mais je vais rentrer à pied, cela me fera du bien, mentit Alice qui ne voulait surtout pas qu'il sache qu'elle n'habitait nulle part. Au revoir, et peut être à bientôt, je vous contacterais quand je saurais qui est le criminel, dit-elle en s'éloignant.

Elle s'aperçut qu'Igor rigolait, mais elle n'y fit pas attention. Quand elle se retourna à nouveau, Igor, avait rangé la voiture, et rentrait dans le commissariat.

— Faîtes un peu attention où vous marchez, s'énerva un voix devant-elle.

Elle venait de rentrer dans quelqu'un, car elle ne regardais pas devant-elle.

— Excusez-moi, répondit Alice en s'éloignant.

Elle prit la direction de Mongier, et à chaque voiture qui passait, se décida à faire du stop.

Une petite demi-heure plus tard, elle marchait toujours le long de la route, cette fois-ci d'un pas plus décidé, car elle s'était résigné à faire du stop, en voyant que personne ne s'arrêtait. Un panneau, indiquait maintenant le lac, à 1,5 kilomètres.

A ce moment là, une voiture s'arrêta à ces côtés, la fenêtre s'ouvrit, et une personne dit :

— Voulez-vous que je vous ramène au lac ?

Alice se retourna et reconnu le prénommé Jacques qui l'avait gentiment amenée à Mongier.

— Oh, mais très volontiers.

— Mais montez, le lac est sur ma route.

Alice monta à l'avant de la voiture, puis referma sa portière. Jacques redémarra, et Alice demanda :

— Si cela n'est pas trop indiscret, où allez-vous ?

— Mais cela ne me dérange pas de vous le dire, je rentre chez moi, à Carcabane, un très petit village, qui se trouve à environ 15 kilomètres du lac.

— Ah, fit Alice en guise de réponse.

— Oh, mais dîtes-moi, vous ressemblez beaucoup à Alice Prilout, vous voyez qui c'est ?

— Oui, bien sûr, que je vois qui c'est, et vous n'êtes pas le premier à me dire, dit Alice, qui se dit que maintenant, elle devrait se passer des services de cette sympathique personne, par prudence, et par peur d'être découverte.

La voiture de Jacques, arrivait au niveau du lac, celui-ci lui demanda, si l'endroit où il s'était arrêté convenait, et Alice répondit :

— Tout à fait monsieur, je vous remercie, au revoir

— Au revoir.

Alice referma la portière, et se dirigea vers le lac, où pourrait-elle bien aller ? A qui pourrait-elle poser quelques questions ? René Méchant ? Non, elle préférait garder le pire pou la fin. Caroline et Bousta ? Oui, pourquoi pas. Oui, elle opterait pour cette solution.

Elle passa devant la maison de Bruno, tiens, elle irait lui rendre une petite visite après être allée chez Caroline et Bousta. Puis elle passa devant la maison de René Méchant. Devant celle qui était à vendre, et enfin devant celle de Charles, pour s'arrêter sur le palier de la maison de Caroline et Bousta, et sonna. Ce fut Bousta qui ouvrit la porte :

— Bonjour madame, c'est pour… ?

— Bonjour, répondit Alice, mon nom est Jeanne, détective privée de la famille Poilant, et j'enquête sur la mort étrange de Charles Poilant.

— Ah, rentrez, je vous en prie.

— Merci, ce ne sera pas long, je n'ai que quelques questions à vous poser.

Alice pénétra dans la maison. Elle était beaucoup moins luxueuse que celle de Charles, mais était quand même assez grande pour deux personnes. Alice attendit son guide dans le hall, pendant que celui-ci refermait la porte. Le hall était très petit, à la droite d'Alice, il y avait une armoire à chaussure, et gauche, il y avait un portemanteau. Devant elle, il y avait une porte qui était tirée, mis pas fermée.

— Par ici, lui indiqua Bousta, en ouvrant la porte qui était devant Alice.

Ils rentrèrent dans une salle qui s'étendait sur la gauche. Cela devait être le salon, devant elle il y avait encore une porte, mais ils restèrent dans cette pièce.

— Qui est-ce ? Interrogea une femme depuis un grand canapé

Alice se retourna, et aperçut Caroline, qui sirotait une tisane.

— Bonjour madame, je m'appelle Jeanne Gap, je suis détective privé, j'enquête sur la mort de Charles Poilant votre voisin, et j'aurais quelques questions à vous poser.

— Très bien, asseyez-vous, voudrais-vous boire quelque chose, une tisane, du café... ?

— Je veux bien une tisane, répondit Alice en s'asseyant dans le fauteuil que lui avait indiqué Caroline, e qui avait l'air bien moelleux.

Caroline se leva, et alla préparer une tisane. Bousta s'assit, et Alice commença à poser ses questions :

— Connaissiez-vous bien votre voisin ?

— Comme-ci comme ça, répondit l'interrogé, des fois il nous invite… enfin invitait à boire l'apéritif, et nous faisions de même. En général, on se voyait toutes les deux semaines.

— Quelles relations entreteniez-vous avec lui ? Que pensez-vous de lui ?

— Il était très sympathique, fit Caroline, en faisant éruption de la cuisine, qui se trouvait derrière Alice. Du moins, c'est mon avis, il était toujours aimable, toujours souriant, jamais boudeur, pas comme d'autres, si vous voyez ce que je veux dire.

Elle lança un regard vers Bousta, puis se retourna vers Alice :

— Vous ne l'avez peut être pas encore rencontré après tout. Il y a un homme, d'ailleurs il porte bien son nom, qui s'appelle…

— René Méchant, coupa Alice en regardant Caroline.

— Vous l'avez rencontré…

— Non, coupa une nouvelle fois Alice, j'ai lu son nom sur sa boîte au lettre, et j'ai l'occasion de le croiser, mais je ne vais pas tarder à le rencontrer.

— Bon revenons à nos moutons, dit Bousta, vous disiez ?

— Que pensez-vous de lui ?

— Ah oui, répondit Bousta, Caroline, que pensais-tu de lui ?

— Il était très sympathique, serviable, et je ne comprends pas pourquoi il s'est suicidé, je ne vois pas quelle raison il pouvait avoir, mais enfin…

Caroline soupira, et Bousta reprit :

— Vraiment, c'était un homme bien, cela me désole.

— Pensez-vous la même chose que votre femme ? Interrogea Alice.

— C'est-à-dire ? Demanda Bousta intrigué.

— A un suicide de Charles Poilant.

— Bien sûr, quelle question, que voulez-vous que ce soit d'autre.

— Un meurtre, répondit Alice.

Bousta et Caroline, ne répondirent rien et restèrent un moment sans rien dire, en regardant Alice.

— Mais,… mais, la police nous a dit que… que Charles s'était suicidé, bredouilla Caroline.

— Bien sûr que la police dit cela, et elle a ses raisons.

— Quelles sont-elles ? Interrogea Bousta, visiblement très intéressé.

Alice le regarda dans le blanc des yeux, et reprit :

— C'est très simple, premièrement, c'est la chose la plus évidente, ce qui aide, deuxièmement, c'est plus apeurant pour vous que cela soit un meurtre. Et vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi l'on vous avait si rapidement affirmé que Charles Poilant s'était suicidé ?

Alice venait de prendre un énorme risque, et si la police ne leur avait rien dit, et que s'étaient eux qui s'étaient redus à la gendarmerie.

— Vous avez raison, reprit Caroline ce que vous dites est probablement juste.

— Alors vous pensez à un meurtre ? Interrogea Bousta.

— Moi oui, et je suis bien la seule. Les policiers sont assurés que cela soit un suicide.

— Il faudrait vous procurer le rapport d'autopsie, il me semble que l'examen du corps s'est fait aujourd'hui, dit Caroline.

— Comment le savez-vous ? Interrogea Alice.

— J'ai entendu ça hier soir, lorsque les policiers parlaient entre eux.

— Oui, donc, pour revenir à l'examen du corps de Charles, en effet, il s'est produit aujourd'hui, j'y étais présente.

— Ah, et alors ? Interrogea Bousta, quelle théorie se dégage ?

— J'y suis allée avec monsieur Igor Blondasse…

— Le chef de la police de Mongier. Nous l'avons aperçu parfois.

Alice fit un signe de tête qui justifiait Caroline.

— Donc, reprit Alice, nous sommes allés à Carteaux, et l'examen du corps, à d'après monsieur Blondasse, confirmé la thèse du suicide.

— Y avait-il des traces bizarres sur le corps de coup ou je ne sais quoi ?

— Il y avait répondit Alice, étonnée de la curiosité de Bousta et Caroline, des traces d'écorces, sur les avant-bras de la victime. Le médecin légiste et monsieur Blondasse pensent que Charles est monté dans un arbre, avant de sauter dans les rochers.

— Ah bon, et cela ne vous parait pas logique ? Demanda Bousta.

— Non, mais vous me posez des tas de questions, mais que pensez-vous ?

— Moi, dit Bousta, je pense à un suicide, mais ce que vous me dites là me fait tergiverser, je ne sais plus trop quoi penser.

— Et vous, interrogea Alice en parlant à Caroline qui s'était remise à boire sa tisane.

— Je ne sais pas, comme dit Bousta je pensais à un suicide avant votre intervention, mais maintenant, je ne sais plus.

— Changeons de question, intervint Alice, avez-vous entendu quelque chose hier soir ?

— Non, moi je n'ai rien entendu, et toi Bousta ?

— Pas plus que toi, c'était exactement comme tous les autres soirs, c'est-à-dire très calme.

— Et comment avez-vous découvert le…

Alice s'interrompit, elle savait la réponse. Mais c'était trop tard, il fallait qu'elle termine de poser sa question.

— Vous allez bien ? S'inquiéta Caroline.

— Oui, merci. Je disais donc : comment avez-vous découvert le corps de la victime ?

— Là aussi, c'est un mystère, répondit Bousta, vers sept heures, nous avons entendu un cri épouvantable venant de dehors. Or, cela ne pouvait pas être celui de Charles, car c'était celui d'une femme.

— La femme a-t-elle été retrouvée ? Demanda Alice le plus naturellement possible.

— Je ne pense pas, et je ne comprend pas pourquoi elle s'est enfuit.

— Aucune idée, peut être avait-elle quelque chose à se reprocher.

— Peut être, mais se serait intéressant de la retrouver, elle a peut être vu la scène de loin, ou de près, allez savoir.

— J'y pensais, par contre, ce ne sera pas facile de la retrouver, mentit Alice.

Alice pensa alors qu'il fallait qu'elle termine de poser ses questions, si elle voulait passer chez Bruno, sans que cela ne soit trop impoli.

— Et pour terminer, fait-elle, Charles avait-il changé depuis quelques temps ?

— Non, pas le moins du monde, on continuait à s'inviter assez régulièrement.

— Saviez-vous qu'il possédait une arme ?

— Non, mais il nous avait parlé qu'il se sentait menacé depuis quelques temps. Il ne nous en avait pas dit plus.

— Voilà une raison qui pourrait faire croire à un meurtre.

Voilà, Alice avait terminé de poser ses questions, il fallait s'en aller.

— Voilà, fait-elle, je vous remercie de vos réponses à toutes mes questions, et je vais vous quitter.

— Je vous raccompagne, dit Caroline.



8.

L'enquête


La porte venait de se refermer derrière Alice. La nuit était en train de tomber. Vite, il fallait qu'elle se dépêche, sinon elle ne pourrait pas faire tout ce qu'elle avait envisagé, c'est-à-dire : aller chez Bruno, puis chez Jean et Nadine.

La voilà parterre. En courant, elle avait glissé sur une pierre, et été tombée. D'ailleurs, elle aurait pu se faire très mal. Avec quelques difficultés, elle se releva, et se remit en marche, mais cette fois en matchant et non en courant.

Elle passait devant la maison de René, puis elle arriva devant chez Bruno. Elle sonna, et attendit. Puis la porte s'ouvrit :

— Alice….

— CHUT… Tu ne veux pas crier encore plus fort, que tout le monde sache qui je suis.

— Excuse-moi, mais tu peux comprendre que cela m'étonnes que tu soit là.

— Non, je ne comprends pas, mais,… puis-je entrer ?

— Oui, bien sûr, vas-y.

Alice rentra, et attendit que Bruno referme la porte pour parler :

— J'aimerais t'interroger ?

— Pardon, dit Bruno, visiblement étonné.

— Je t'explique : je voudrais t'interroger à propos de la mort de Charles Poilant.

— Charles Poilant… Charles… Poilant…. Ah oui, il habitait le lac, c'est ça ?

— Oui, et je suppose qu'il a été tué.

— Mais c'est idiot, les policiers ont affirmé qu'il s'était suicidé.

— Oui, la police, mais moi, je ne suis pas la police, et je pense ce que je veux.

— Bien sûr, et pourquoi voulais-tu m'interroger ?

— Tu le fais exprès, ou bien tu te fiches de moi, je voudrais découvrir qui a tué Charles Poilant, tu comprends, maintenant ?

— Attends, si je comprends bien, tu est en train de m'accuser d'avoir tué un homme qui s'est suicidé, tu détraques là.

— Toi, tu penses qu'il s'est suicidé, mais pas moi, alors laisses-moi mener mon enquête.

— Mais dis-moi, tu as à peine quinze ans, et tu joues les policiers.

— Et toi, pourrais-tu me dire pourquoi tu refuses que je te pose des questions, tu aurais peut-être quelque chose à te reprocher, cria Alice plus en colère que jamais.

Bruno ne répondit rien, et s'effondra dans un fauteuil. Alice reprit d'un ton beaucoup plus calme :

— Je ne t'accuse en rien d'avoir tué Charles Poilant, je voudrais seulement savoir ce qui s'est passé le soir de la mort de Charles.

— Alors explique-moi, ce que mon seul témoignage pourrait faire avancer ton enquête.

— Mais tu ne comprends rien !

— Et comment veux-tu que je comprenne. Je ne t'ai pas suivie pendant toute cette journée.

— Tu as raison, tu ne sais rien de ce que j'ai fait.

— Et donc, qu'est-ce que tu as fait ?

— Une seconde, j'ai fait tellement de choses. Alors, je suis allé chez le médecin légiste, j'ai rencontré le chef de la police de Mongier, puis je suis allé chez Caroline et Bousta.

— Mais pourquoi tout ces gens t'ont accepté ?

— C'est mon petit secret, je ne peux pas te le dire. En effet, Bruno ne pouvait pas le savoir, dans la mesure où elle s'était changée juste avant de venir chez Bruno.

— Si tu veux, alors, tes questions…

— Ah oui, alors : quelles relations entretenais-tu avec Charles ?

— Je ne le rencontrais jamais, juste une fois tous les deux mois. En fait, je ne cherchais jamais à le rencontrer.

— Et pourquoi ?

— Je ne sais pas, mais je préfère être seul.

— Comment sais-tu que Charles a été tué ?

— Tout le monde le sait, quand tu vas dans un bar ou dans un café à Mongier, tout le monde parle du suicide de Charles.

— Sais-tu où le corps a-t-il été découvert, et qui l'a découvert ?

— Oui, c'est près de chez lui qu'il a été tué, dans les rochers, et c'est René Méchant, Jean, Nadine, Caroline et Bousta qui l'ont découvert.

— Et pourquoi tout ce monde là a découvert le corps ?

— Il parait que quelqu'un a crié avant de s'enfuir.

Bruno savait tout de ce qui s'était passé sans y être allé. C'est fou, quand même, ce que l'on raconte dans les cafés

— Et, est-ce que tu sais qui a crié ?

— Non, pourquoi, tu le sais toi ?

— Secret défense.

— N'importe quoi, s'exclama Bruno en allumant l a télé, tu fais vraiment n'importe quoi. Si tu veux que je te donne un bon, conseil, dégage de la région et vite, avant que les flics te trouvent.

— Non, je terminerais ce que je fais.

— Et sinon, tu as finis ?

— Oui, d'ailleurs, je vais par…

— Quoi ?demanda Bruno.

Sur la télé, il y avait un journaliste qui disait :

— …Et Alice Prilout reste introuvable, selon certaines sources, et cette information est exclusive, elle se trouverait dans la région Champagne-Ardenne, cette information reste tout de même à confirmer.

— Ils sont complètement à côté de la plaque, dit Bruno, tant mieux pour toi.

— Bon, dit Alice, j'ai encore une maison à visiter avant la nuit.

— Et laquelle ?

— Secret défense.

— Non mais, ce que tu peux m'agacer parfois. Et juste comme ça, il est 21h30, et ce n'est pas très poli d'aller visiter des personnes à cette heure là.

— Merci du conseil, fait Alice ironiquement.

— Et, au fait, connais-tu le médecin légiste, Mitch Sangsue ?

— Non, pas du tout.

Alice était maintenant dehors. En y repensant, elle plaignait Bruno, avec ce qu'elle lui faisait endurer !

En même temps, il avait raison, il état trop tard, il valait mieux dormir dans des buissons, et réfléchir à l'affaire.

Elle décida de se cacher, bien comme il faut, et s'allongea. Le ciel était maintenant tout noir. Rien ne l'éclairait, il était donc couvert.

« Alors, pensa Alice, si je faisais une reconstitution : Charles sort de chez lui, ce soir là. Il s'avance dans la nuit. L'assassin, caché derrière un arbre l'aborde par derrière, en lui mettant la main sur la bouche, se dirige avec la victime vers les rochers, et l'y jette violemment. Charles meure sur le coup, et le criminel s'enfuit, ni vu, ni connu. Si le crime s'est passé comme ça, il faudrait trouver la raison pour laquelle le criminel a décidé de passer à l'acte. Les raisons devaient être multiples. Il fallait trouver les plus logiques :… Le certificat de port d'arme ! Bien sûr, il faut absolument savoir pourquo