En arrivant dans la chambre N°666 de l'hôpital de district... je n'en crus pas mes yeux!
Le chiffre du diable! Je ne suis pas superstitieux, mais il y a des coïncidences troublantes.
D'après le médecin de service mon infarctus était bénin. Avec mon assurance minimum, je n'avais pas droit à une chambre privée N'étant pas snob, je me résignai facilement à être en compagnie de cinq autres malades. La seule chose que je craignais était les ronflements... L'infirmière promit de me donner des somnifères.
Le seul côté positif et consolateur, dans ma situation, était la beauté de l'infirmière. Comment avait-elle pu se fourvoyer dans ce métier !
Mon lit était près de la porte. Vers la fenêtre une famille entourait le lit d'un malade, j'entendais des paroles en italien, il devait s'agir d'un ouvrier tombé d'un échafaudage. En face de lui, un vieillard lisait une revue, il avait l'air en pleine forme. Je suis comme lui, un vieux bonhomme de plus de quatre-vingts ans! Les autres avaient l'air d'être en vacances!
On m'avait ramassé dans un super-marché... C'était la première fois que je tombais malade. Je pensais que c'était le moment de quitter la scène, à mon âge, c'est le cours naturel d'une longue vie.
J'aurais préféré mourir chez moi, ou pendant une promenade dans la forêt . Au printemps, au pied d'un grand arbre, avec vue sur les champs fleuris. Je commençai immédiatement à faire des plans d'évasion. Dès que je me sentirais un peu mieux. J'avais eu la chance de ne pas avoir eu une attaque cérébrale... Je devrais profiter du moment de la visite des familles... Ayant avalé sans rechigner, les pilules "calmantes" de la belle infirmière, je m'endormis du sommeil du juste.
Je devais avoir dormi profondément... car je me réveillai dans une autre chambre, que je connaissais déjà... Deux de mes amis y étaient morts. Je pensai immédiatement que c'était mon tour. Le médecin m'avait menti!
Je devais rassembler mes forces, pour quitter les lieux le plus vite possible avant que l'on me bourre de médicaments palliatifs pour m'aider à mourir tranquille. Je me levai facilement, et allai vers une armoire pensant y trouver mes habits... L'armoire était pleine de blouses de médecins et de trucs médicaux, cela ressemblait à la panoplie du petit docteur que l'on offre aux enfants sages le jour de Noël pour qu'ils puissent explorer les corps de leurs copines... J'enfilai une blouse et des pantalons épatants, je mis un stéthoscope autour de mon cou. Une coiffe de chirurgien... Il n'y avait pas de miroir mais je me sentais tout à fait médical... J'allai avec aplomb à la chambre 666 pour y récupérer mes affaires. Mon aspect était tellement changé que personne ne fit attention à moi. Je retournai dans la chambre des morts... Je m'habillai rapidement, mon cur battait un peu vite, mais j'étais tellement excité que je me sentais en pleine forme... Pour rire, je modelai une forme humaine sur le lit avec les habits médicaux de l'armoire et je couvris la forme humaine d'un drap, c'était si réaliste que je me crus mort! Dans le corridor il y avait des bouquets de fleurs sur une table, je parsemais mon faux cadavre de fleurs comme un signe d'adieu à un ami très cher! J'appelai un taxi et rentrai chez moi en jubilant...
Je vis seul, mes amis sont tous morts, et mes ennemis aussi! La gentille voisine est partie en vacances. J'allais préparer ma mort en paix, sous mon arbre avec vue sur le pré fleuri de "Dents de lion..." ma fleur préférée...
Pour moi le monde était désert... Je ne quittais rien! Mon jardin était à l'abandon depuis des années... Mais en partant, je me retournai, et le regardai le cur serré par son aspect sauvage et éternel...
Je tournai la voiture en passant encore une fois devant la maison, une vague de nostalgie envahit mon âme, une crise de mal du pays subite comme j'en avais eu une au temps de mes études à Paris, il y a bien longtemps... Une vague d'amertume qui me faisait frissonner...
Impossible d'aller à mon rendez-vous avec la mort fleurie dans cet état... Je voulais ma mort joyeuse et fraîche. Comme un enfant qui s'endort par une nuit tiède de printemps, dans les bras de sa mère...
Je fit demi-tour et me précipitais dans ma maison comme un gosse qui revient de l'école où il a souffert mille mort sur un pensum affreux... Je ricanais en provoquant la mort qui me serrait le cur dans ses griffes... Si je mourais dans mon salon devant un feu de cheminée... ce n'était pas très romantique, mais certainement plus confortable...
En montant l'escalier allant à ma chambre, je remarquais l'usure de la carpette... mourir en laissant "cela" derrière moi! Impossible!... J'allais commander un carpettier demain et que ça saute!
Je m'endormis devant un feu de cheminée sur le divan du salon... Je me réveillai frais et dispos, les rayons du soleil entraient jusqu'au fond de la pièce... je regardai songeur la bouteille de JackDaniel vide... On dit que c'est bon pour le cur!
Le tapissier allait venir avec des échantillons de carpette le jour suivant. J'allai me promener en direction de mon arbre mortuaire... il était beau, mon arbre. Un hêtre immence. Je m'assis à son pied gigantesque, devant mes yeux je voyais le champ de pissenlits...
Jaune d'or à perte de vue... Derrière ce champ, il y en avait un autre de colza... qui n'allait pas tarder à fleurir d'un beau jaune citron... Encore une semaine et je pourrais voir ces deux jaunes couvrir tout l'horizon... Parmi ces jaunes les flocons blancs des poiriers en fleurs... A ne pas manquer!
Depuis que mes heures étaient comptées, je faisais des projets à court terme! Je ne prenais plus aucun médicament, ils me donnaient des aigreurs d'estomac... Le soir, je mangeais une côtelette de porc ruisselante de graisse et pour dessert une glace au mocca crème chantilly... Le programme complet pour faire crever un vieillard. Le feu de cheminée fut beau comme un joyeux volcan... La bouteille de vieil Armagnac résista longtemps mais finit par rouler par terre... Je fis des rêves étranges plus lumineux que jamais, en cinémascope et en couleurs...
Le lendemain je reçus un coup de téléphone de mon cardiologue qui voulait m'examiner, ma fuite donnait "paraît-il" de l'inquiétude au service de l'hôpital... Je lui parlai de la chambre 666 et de mon réveil dans la chambre des mourants! Foutu pour foutu, autant rester chez moi...
Il savait, c'était une erreur. Je devrais retourner à l'hôpital où j'aurais une chambre privée, il payait les frais! Très gentil de sa part, mais je lui ris au nez et raccrochai impoliment!
Plus je me conduisais mal, mieux je me sentais. Je n'avais plus envie de mourir. Ni de m'apesantir sur mes bobos! L'attente romantique sous un arbre me semblait une pose de snob... Au lieu d'attendre résigné le coup de grâce, j'irais à sa rencontre, scrogneugneu!
En réfléchissant froidement, je ne voyais aucune raison de mourir uniquement parce que l'on m'avait ramassé dans un super marché et diagnostiqué un infarctus, puis mis au N°666 puis transporté dans la chambre des agonisants!
On me promettait l'enfer, mais je n'ai jamais cru à ces balivernes. Pour moi l'enfer c'était de travailler toute sa vie au fond d'une mine et de crever avant la retraite... Il y en a d'autres, des enfers réservés aux malchanceux... La variété des enfers sur terre est immense!
Les paradis sur terre sont aussi innombrables... A part les paradis fiscaux et les paradis soviétiques, il y a les propriétés sur la côte et ceux des super riches un peu partout... Les paradis "artificiels" et les super marchés... Ces derniers étaient mes préférés...
L'abondance de tout était pour moi un paradis identique à celui promis par les saintes écritures! Dans toutes les religions, les paradis ressemblent énormément aux super marchés... Avec les jolies vendeuses, et la marchandise gratis...
Après avoir réfléchi à tout cela, je sautai dans ma voiture et allais au super-marché " Tout est Bon"... Celui où j'avais tourné de l'il! Je ne crois pas à la fatalité...
Avant ma virée, j'avais chargé un avocat de protéger mes intérêts avant et après ma mort.. C'est à dire que je voulais être soigné chez moi, par une infirmière joyeuse et ravissante, payée par l'organisation Spitex qui vous soigne au nom de l'état et du progrès social, le mieux possible.
Après ma mort, mon corps serait exposé sur le toit de ma maison, mon seul bien! Pour y être dévoré par tous les carnivores de la région qui avaient enchanté ma vie... Bon appétit aux renards, aux rats, aux corbeaux, aux souris, aux rapaces... Le reste serait incinéré et les cendres dispersées aux pieds des trois rosiers au bord de la route...
En arrivant au super marché, je remarquai qu'il était en train de s'agrandir... Je regardai les dessins sur un panneau immense, en couleurs naturelles... Je découvris qu'il y aurait pour tous les paradisiaques, un salon "Des Mille et Une Nuits" ciel étoilé électronique, garanti pur! Avec 25 Hôtesses de joyeusetés... Une piscine pour nudistes et tous les services possibles pour se faire dorloter sans scrupules... Services offerts par les sponsors des Banques Gauner & çie! Qui investissent dans le tiers-monde écologique où l'on fait pousser des arbres chers par des gens bon marché... Le rêve...
Je ne pouvais pas mourir avant d'avoir vu ça! Mais sait-on jamais... Peut-être ne bénéficiais-je que d'un sursis?
En rentrant à la maison, je constatai dans un méchant miroir que je faisais bien mon âge?... Le lendemain je me fis teindre les cheveux et la moustache aussi. En me regardant dans un miroir plus méchant et sournois que les autres, j'avais rajeuni de trente ans...
Maintenant il me semblait qu'à "cinquante ans" j'avais à nouveau de l'avenir... Je n'avais pas fait beaucoup de bêtises dans ma longue vie, j'étais trop méfiant. Il me semblait que c'était le moment ou jamais! J'ai oublié de dire que j'étais un beau gosse dans ma jeunesse et qu'il en était resté quelque chose...
J'étais en train de me bricoler une figure de Faust sur mesure sans les âneries chrétiennes et littéraires de cette attardé de Goethe qui traînait sa foi comme un boulet derrière lui... Bon débarras!
Allégé d'une tonne, j'allai chez un "voyager" pour acheter un aller et retour sur Banckok les nanas!
Les femmes sont plus dociles dans ces pays, elles ne demandent pas le divorce le lendemain de la nuit de noces, avec des dommages et intérêts à dix mille francs la minute d'ébats folichons... Plus la maison et la guimbarde en location-vente! Aux USA c'est pire!
Pauvre de nous, les hommes! L'émancipation pilulaire nous coûte la peau des fesses. Heureusement que l'Asie est là pour rétablir la justice! On peut choisir parmi dix millions de jolies femmes... On doit parfois accepter leurs familles aussi, cela peut causer des surprises... Les surprises chez nous, ne sont pas mal non plus, avec les belle-mères avides et hargneuses, mais parfois bonnes cuisinières...
En volant pendant douze heures sur la moitié de la planète, on a le temps de réfléchir. Je me demandais qui m'attendait au bout de la route! Je n'avais pas choisi l'âme sur sur catalogue comme la plupart des voyageurs. Je préférais aller à l'aventure.
Sur le siège à côté, mon voisin était petit et laid, il courrait sa dernière chance, il avait tout essayé, sans résultat! Il avait une dizaine de photos d'agence en couleurs, de toutes sortes de femmes... prisent avec un Polaroïd. Il hésitait, car il ne savait pas laquelle choisir... Une belle infidèle, une moins belle fidèle...
Il me demanda timidement de l'accompagner pour sa première entrevue... au "Le Dragon Qui Rit", un hôtel cinq étoiles. L'agence Fockyou était sérieuse paraît-il! Quand il apprit mon âge, il fut très surpris... Je me rengorgeai, je faisais bonne l'impression, avec mes cheveux teint!
Mon programme était simple et modeste je voulais trouver une infirmière qui vive à mes côtés le temps qui me reste! Ma pension ne me permettait pas de faire des folies, mais pour ces pays j'étais un homme riche... Je projetais de lui laisser ma petite maison, si elle la méritait! Malgré mon air fringant je sentais le poids des années comme on dit! Mon infarctus était un avertissement, j'en tenais compte.
J'étais assis côté fenêtre, et il me semblai tout à coup que nous volions très bas, probablement pour nous montrer les atolls dans la mer turquoise enchantée, comme dans les prospectus!
Mon compagnon s'agitait, il avait voyagé plus souvent que moi et il pensait que le pilote devrait nous parler, le silence l'inquiétait!
Au moment où nous étions à cent mètres au dessus de la mer, on entendis un crachotement, la voix du pilote étranglée par l'angoisse nous avertit du crach, Pas une hôtesse à l'horizon... elles devaient être tellement choquées qu'elles ne nous avaient pas dit de boucler nos ceintures, comme on le voit au cinéma!
Je bouclai la mienne, mon compagnon fit de même. L'avion se cabra et se cassa en deux, sous nos yeux effarés! Nous fûmes projetés en avant, vissés sur nos sièges. Nous étions assis dans l'eau claire d'un lagon, (dans un mètre d'eau), on avait pied, très loin devant nous, l'avion se décomposait en pièces détachées, j'attendais terrifié l'explosion du kérozène... Rien ne se passa, les réservoirs étaient vides...
On se regardait stupéfaits... J'éclatai de rire, un rire nerveux impossible à maîtriser... Mon compagnon Alfred se mit à rire aussi, nous étions au centre d'une catastrophe aérienne, les deux seuls survivants. En effet l'avion avait dépassé la barrière de corail et s'était englouti plus loin dans la mer profonde et abyssale... Des débris de toutes sortes étaient éparpillés autour de nous comme des objets inutiles et incongrus! Sur la gauche, un rivage lointain bordé de cocotiers Il me semblait apercevoir des silhouettes humaines qui s'agitaient sur une bande claire, du sable clair, pourvu que ce ne soit pas des cannibales dis-je en riant...
Alfred souriait hébété, il paraissait ravi... il se mit à nager en direction du rivage sans dire un mot. Je fis de même et au bout d'un temps interminable nous sommes arrivés devant un groupe d'insulaires tout heureux de nous voir sains et saufs...!
Des Maorïs sans doute. Deux grosses femmes habillées de paréos de toutes les couleurs et trois jeunes hommes qui tenaient des arc et des flèches pour pêcher dans le lagon... Ils parlaient une langue inconnue, on s'est retournés... au large... rien que la mer et la brise, la barre blanche des brisants, qui bordaient le récif de corail... Rien qui ressemblait à une catastrophe quelconque... Un mirage!
Nous étions tombés du ciel pour nos hôtes, qui n'avaient pas vu l'avion s'engloutire, car ils étaient en train de faire la sieste sous les palmiers. Tout s'était passé si vite, comme une pierre qui tombe à l'eau! Nous étions vêtus de chemises et de pantalons, nous n'avions plus rien. Au fond de ma poche, un couteau suisse, je le tendis au plus âgé des hommes, il cachait mal sa joie, je lui montrai comment l'ouvrir... J'avais, sans le savoir, fait le bon geste. A partir de cet instant, nous fûmes les hôtes sacrés venus de la mer par miracle... Des dieux arrivés de nulle part. Alfred sortit de sa poche les photos d'agence des dix femmes, les polaroïds sont en plastique, ils ne se mouillent pas... Le chef regardait les photos. Emerveillé, il pensait visiblement qu'il s'agissait des femmes d'Alfred... Impossible d'expliquer la vérité. La vie continuait son chemin dans la méprise, comme un train aveugle et sourd, cela ne dérangeait personne...
La vitesse avec laquelle nous avions changé de situation, le passage d'un siège confortable dans un appareil représentant le sommet de la technologie mondiale...
A notre situation de va nu pieds sur une plage de corail, où un canif avait une grande valeur, entouré d'indigènes bienveillants, cela ressemblait à un rêve incohérent. Je m'attendais à me réveiller d'un instant à l'autre!
Les hommes partaient tout excités sur une petite embarcation vers le bord du récif où nous avions amérris. Ils avaient découvert, avec leurs yeux perçants des objets qui flottaient au loin...
L'avion avait atterrit sur le réçif, la soute s'était éventrée et les bagages s'étaient éparpillés... puis, sur la lançée, l'avion avait continué jusqu'au bout du réçif au dessus de l'abîme où il s'était engloutit...
En quelques heures la plage ressemblait à un marché arabe! Il y en avait pour tout le monde, de toutes les couleurs, de toutes les tailles! Des indigènes venant du village, étaient arrivés, avertis par une des femmes, les enfants poussaient des cris de joie... Chacun se déguisait à sa façon...
Celui qui paraissait le chef avait des pantalon blancs et comme chemise, une robe du soir noire couverte de paillettes... Il avait fière allure, en brandissant une canne de golf... Ainsi attifé, il renforçait visiblement son autorité! Un des hommes avait revétu un complet-veston rose bonbon. Coiffé d'un panama avec un ruban noir... Il avait l'air d'un berlingot...
En un clin d'oeil, chacun avait trouvé son déguisement... Ils nous adoraient, ils pensaient que nous avions apporté ces cadeaux pour eux, ils débordaient de reconnaissance...
Ils préparaient une fête avec des tambours et des flûtes. Autour d'un feu, où rôtissait un cochon, ils dansaient comme des fous...
Alfred et moi étions assis près du chef en robe du soir... des jeunes femmes se serraient contre nous amoureusement... Que demander de plus! Epuisés nous nous sommes endormis aux rythmes des tam-tams... dans la nuit tropicale...
A l'aube, la fraîcheur du matin me réveilla... Alfred enlaçé par une jolie fille dormait à poings fermés il avait enfin trouvé la femme de ses rêves... Et moi, j'étais bien vivant, mon infarctus ne donnait plus signe de mort...
Je me promenai sur le sable, suivi par une charmante fille et ses deux enfants... Ils m'avaient adopté... Je ne regrettait pas Bangock... J'avais trouvé une famille et j'allais être bien soigné...
Etant près de la mort, je ne pensais plus aux malheureux voyageurs disparus dans la catastrophe... comme un mirage! Je me demandais seulement s'il y aurait des secours. Le pilote avait sûrement lancé un SOS... Mais il était possible, en cas de panne électronique que la radio ne fonctionne plus...
J'espérais n'être pas secouru! Je voyais déjà, les hélicoptères, les bateaux remplis de journalistes, la TV et tout ce brutal remue-ménage des médias sur cette île épargnée par la civilisation... Je jouissais du moment présent, rescapé encore vivant mais si près de la fin...
Je m'assis au pied d'un palmier, en pensant à mon arbre de l'autre côté de la terre... Quelle drôle d'idée de brûler mes dernières cartouches en allant au bout du monde finir mes jours dans une île des tropiques... Alfred paraissait parfaitement heureux, il jouissait enfin de la vie. Et moi, enfant gâté, je n'arrêtais pas de me poser des questions sur le sens de tout ça! Comme un vieillard qui ne veut pas dévisser...
Dans la masse de bagages échoués il y avait un petit canot gonflable que j'adoptai... Je me laissais dériver sur les récifs de corail au gré des courants. Quand j'étais trop loin, je faisais des signes avec mon chapeau et un jeune homme venait me chercher avec sa petite barque qu'il maniait avec une grande habileté...
Un jour, je repérai au fond d'un trou une caisse en aluminium qui brillait mystérieusement, entourée d'une multitude de petits poissons curieux...
Je fis les signes et lorsque le jeune homme vit la caisse, il plongea et ouvrit sans peine le couvercle qui était cassé... A l'intérieur il y avait quelque chose qui me fit frémir! Des lingots d'or! Il prit un lingot de vingt kilos et le jeta dans sa barque qui fallit chavirer... Je remarquai qu'il ne savait pas ce que c'était... Je savait que cette découverte pouvait être une malédiction...
Mais comment expliquer cela à nos hôtes sans connaître leur langue ni leurs croyances... Je fis des gestes dégoûté et lui proposai de le rejeter à la mer, ce qu'il fit sans hésiter, car je lui inspirais le plus grand respect, j'étais vieux et un dieu-cadeau! Je pris l'air indifférent... je me laissai remorquer jusqu'à la plage...
Cet or était à quelqu'un, il y en avait beaucoup, cela voulait dire que ce quelqu'un allait le chercher, obstinément et sans relâche... Une vague d'inquiétude envahit mon âme...
Les propriétaires devaient être riches, ils devaient avoir les moyens de passer au peigne fin tous les atolls sur des milliers de kilomètres carré... Cela sans relâche!
Si nous étions découverts, ce serait par ces gens, non par la compagnie aérienne... Je m'imaginais tous les scénarios possibles... Finie la quiétude... L'île où nous étions était entourée par des centaines d'autres îlots et les indigènes y avaient toutes sortes d'usages. Un vrai labyrinthe marin...
Ils allaient régulièrement d'une île à l'autre et Alfred et moi ne savions rien sur ces allées et venues. On restait discrets. On attendait d'être initiés.
Je décidai de laisser l'or où il était... bien visible. On prendrait l'air surpris lorsque les chercheurs le trouveraient... En espérant qu'ensuite on nous ficherait la paix... En attendant je ne pipai mots sur mes soucis.
Alfred avait choisi, il restait avec "sa femme" et les deux enfants... Il s'était fait à l'idée que la fidélité n'existait pas dans ces régions et lorsque sa belle disparaissait quelques jours, il recevait dans la pénombre des visites compensatrices et consolatrices... Tout le monde vivait en harmonie.
Mon âge m'interdisait ce genre d'exercices, des gentilles femmes aux yeux bridés s'occupaient de moi... j'étais entouré d'attentions, et de massages à l'huile de coco... Je désirais rester là, et y mourir tranquille. Les jours s'écoulaient heureux et semblables. J'avais trouvé un carnet ayant appartenu à une victime, je l'utilisais comme carnet de bord. Je notais tous les jours "rien à signaler" .
Nous étions "arrivés" en juin, il était déjà octobre, sans que la température ait varié d'un degré... Les jours heureux s'écoulaient semblables à des grains de sable dans un sablier...
Le contenu des nombreux bagages était installé dans une case et les valises avaient été réparties entre tous les habitants. Il y avait des radios endommagées par l'eau de mer, des montres inutiles, des ustensiles de toilettes, des bijoux... un fatras superficiel...
Alfred avait trouvé une carte de l'Asie, et il s'amusait à chercher l'endroit où nous avions atterri... Peine perdue, nous n'avions aucun repère... Pour faire le point, il faut un outillage complexe et précis... La teinture de mes cheveux avait disparu, mes cheveux blancs ajoutaient à ma dignité...Les indigènes bruns et luisants étaient imberbes. Je laissais ma barbe et mes cheveux pousser, ainsi je ressemblais à Jupiter...
Un beau matin Alfred et moi fûmes invités à suivre un groupe d'indigènes qui allait en direction du nord de l'ìle, pour y chercher quelque chose de bon d'après leurs gestes de ravissement... La brousse n'était pas très dense et nous avancions assez rapidement. Le soir, nous sommes arrivés au bord de la mer du nord de l'île devant nous on apercevait une autre île et plus loin encore une autre... Subitement je fus en alerte: un bruit de moteur se faisait entendre... Un petit hélicoptère appararut, il volait bas et bientôt il disparut au-dessus de la brousse d'où nous venions, étant abrités sous les palmiers, on passait innaperçus...
Je pensai immédiatement à nos compagnons de l'autre côté de l'île... Ils étaient bien visibles, eux! Nos guides n'avaient pas l'air très étonnés, ils se chargèrent de diverses noix qui ne poussaient qu'à cet endroit et après avoir passé la nuit blottis dans des creux de sable chaud, nous avons pris le chemin du retour...
Je mis Alfred au courant de la caisse d'or... Et du danger d'être découverts avec tous les oripeaux des vacanciers répandus dans la nature... il comprit vite. Il fallait que nos amis apprennent à marcher silencieusement, qu'il y avait un risque. Avec force mouvements et grimaces nous avons réussi à leur faire comprendre qu'il fallait avancer sans bruit et nous dissimuler en arrivant comme si l'on voulait faire une surprise...
Enfin, à la fin de la journée, nous avons entendu de la musique, les chercheur d'or étaient là... Dissimulés derrière les buissons nous avons assisté à une scène horrible... Il y avait quatre types à gueules de bandits qui avaient attaché un jeune indigène à un tronc d'arbre, ils le rouaient de coups... Le pauvre diable ne comprenait rien et les bandits encore moins...
Ils avaient compris que c'était le lieu du crash, ils pensaient dans leurs mini-cervelles que tout le monde savait où était l'or! Ils étaient déjà ivres-morts et cela n'allait pas durer longtemps, ils tomberaient comme des mouches pour cuver leur alcool... Deux mitraillettes étaient posées contre un palmier... les canons luisaient dans la pénombre...
Alfred connaissait ces armes, il avait fait son service dans le renseignement... On se mit d'accord pour ne rien tenter, dans quelques minutes les bandits s'écrouleraient ivres à en crever. On interviendrait à ce moment. En effet nos prévisions étaient exactes, les quatres bandits tombèrent dans le sable et se mirent à ronfler comme des moteurs d'avions... En prenant les armes dans la pénombre nous avons découvert une de nos femmes qui gémissait tout doucement dans un buisson, elle avait été battue jusqu'au sang...
Alfred arma une mitraillette, d'un bond il fut devant les quatre dormeurs; sans hésiter, il lâcha une rafale qui les réduisit en passoire... Les autre indigènes arrivaient doucement, ils avaient pris la fuite lorsque les bandit étaient arrivés avec leur zodiac...
Leurs mines patibulaires les avaient avertis qu'il ne s'agissait pas de "blancs cadeaux!" Nous n'avons pas fait de feu cette nuit-là. Il y avait certainement d'autres bandits sur un bateau qui croisait dans les parages...
Afred trouva deux autre mitraillettes. la munition, et deux téléphones portables.. Nous étions maintenant obligés d'agir si non nous serions les prochaines victimes...
Nous avons nettoyé la plage, camouflé le zodiac sous des feuilles de palmiers et nous avons attendu toute la nuit sous couvert, le reste des événements... Le matin le soleil se leva d'un bond...
Au loin un super yacht était à l'ancre... Il roulait terriblement dans la houle qui est sans pardon sous ces latitudes... A l'arrière un petit hélicoptère était arrimé. Des silhouettes s'agitaient sur le pont... Les téléphones grésillaient sans arrêt. Alfred décida de les démolir... Il fallait laisser les autres dans le doute. Alfred me dit d'un ton solennel que "si ce n'était pas eux c'était nous," il cligna de l'oeil ce qui voulait dire que nous devions les tuer tous. "Ce genre de meute ne lâche jamais prise" dit-il d'un air féroce... Ce petit Alfred avait totalement changé, il avait quelque chose à défendre... Etant au bord de la tombe, avec mes 80 ans, ma peau ne valait plus grand-chose, je n'avais peur de rien... Alfred pensait que nous devions attendre sans bouger et les recevoir à l'arrivée. Ce qui n'allait pas tarder... Ensuite on irait couler le yacht... Tout est bien qui finit bien! Dans les parages, des pirates arrivent à faire disparaître des cargos de dix mille tonnes, sans laisser de traces... On voyait au loin deux types qui démarraient sur un autre Zodiac, plus petit que le premier... Alfred projetait de tirer quand ils étaient encore dans le Zodiac, pour que cette opération reste groupée, sans cela ils pourraient se séparer et cela deviendrait risquant! En effet le Zodiac approchait lentement du tas de feuilles de palmier, ils pensaient avec raison qu'il pouvait cacher le gros Zodiac... Pour créer une divergence, Alfred demanda à deux de nos hôtes d'aller tout au bout de la plage pour faire des gestes et pousser des cris attirant leur attention, pendant que nous les metterions en pièces... Alfred se révélait un tacticien redoutable... Il y avait environ trentes mètres des buissons où nous étions cachés et le Zodiac camouflé... Même moi, la vieille ruine respectable, je ne manquerais pas ma cible!
Les choses se précipitèrent, les bandits étaient en train de ralentir, comme prévu leur attention fut attirée par les gesticulations et les cris de nos amis tout au bout de la plage... Pendant qu'ils regardaient nous avons ouvert le feu, ils s'écroulèrent coupés en deux sans un mot comme des héros de l'ombre!
Depuis le yacht on ne pouvait pas nous voir... c'était beaucoup trop loin, et avec les vagues, les autres devaient vomir tous leurs boyaux! Nous avons débarassé les corps... Dans le canot il y avait un bazooka et quatre fusées! Ma parole... ils allaient à la guerre! Il n'y avait pas de temps à perdre on approchait maintenant du bord du récif... Là où la houle se brise en faisant un bruit de train express...
Devant nous le Yacht, à cent mètres, beau comme une cible d'exercice, avec le bazooka un seul coup suffira! Alfred et moi à plat ventre sur le grand Zodiac... le bazooka posé sur le bord... Impossible de viser juste avec les vagues et le courant... Le yacht retirait son ancre! Il vira et s'éloigna lentement vers le large...
Alfred pensait qu'il allait chercher un golfe tranquille où s'amarrer... Combien restait-il de bandits à bord? Là était la question... Les jeunes indigènes étaient terrifiés par nos actions meurtrières, mais ils nous faisaient confiance. Ils savaient où était le danger. Comment surveiller l'île de tous les côtés? Heureusement que les indigènes comprenaient le problème. Ils communiquaient avec leurs tambours et dès que l'un d'entre eux verrait le yacht aborder, on serait immédiatement avertis...
Il existait deux endroits où il était possible de traverser la barre. On irait surveiller l'un des deux passages... L'autre serait surveillé par des indigènes, soigneusement camouflés. Un endroit tranquille, un golfe, serait idéal pour couler le bateau et éliminer les bandits.
Deux jours plus tard le yacht arrivait dans la passe, et jetait l'ancre dans un golfe assez vaste... Nous étions en bordure de la brousse, bien cachés dans les buissons. Une silhouette fit son apparition sur le pont avant... une femme seule... Huit fois veuve!
Elle ne se dissimulait pas et fit des signes dans notre direction... Alfred s'aprocha de la rive et cria en anglais: "êtes-vous seule?" Elle répondit affirmativement.
Les indigènes qui nous acompagnaient mirent une barque à l'eau et pagayèrent lentement vers le bateau... La femme sauta agilement dans la barque puis ils revinrent tranquillement vers le rivage où nous attendions, crevant de curiosité...
Elle était grande, blonde, jeune et jolie, pas le genre de fiançée à gangster comme on en voit au cinéma! Elle parlait l'anglais avec un accent américain. Alfred restait très méfiant, il ne quittait pas le yacht des yeux, la mitraillette en position de tir...
Elle nous observait avec de la crainte dans ses grands yeux bleus, elle se demandait qui avait pu faire disparaître huit bandits armé jusqu'aux dents sans se casser un ongle... Notre aspect petit bourgeois ne payait pas de mine! Pas trace de "terminateur" dans les environs, à part quelques indigènes d'apparence inoffensive... Mes cheveux blancs et ma barbe hirsute ne prêchaient pas en ma faveur... Alfred, court sur pattes, à moitié chauve, avec son air de fonctionnaire appliqué, ne faisait pas vraiment bonne impression... Pendant qui nous discutions sur la plage à l'ombre d'un palmier géant, les jeunes indigènes visitaient le yacht. Ils avaient l'air enchantés par leurs découvertes. Surtout par les casseroles! L'américaine qui se nommait Syris leur fit cadeau d'une partie des casseroles, Après le premier moment d'excitation, les indigènes retombèrent dans leur indifférence... Ils renonçaient à nous comprendre, nous étions mystérieux et cruels, ils restaient sur une défensive craintive. Syris aussi restait sur la défensive elle ne comprenait pas comment nous avions si facilement remporté une victoire sur ses compagnons. Elle prétendait ne rien savoir sur le but de l'expédition. Nous n'avons pas pipé mot sur l'or englouti dans le récif...
Toutes nos victimes étaient d'origine italienne, une famille de truands américains discrète et puissante. Syris pensait que le reste de la famille allait certainement organiser une expédition. Ces gens savaient où se trouvait le yacht! Avant de partir... Les quatre derniers bandits avaient communiqué par téléphone avec la famille américaine... Pour exprimer leur inquiétude au sujet de la disparition des trois premiers bandits...
Alfred qui connaissait vraiment tous les trucs demanda à Syris de téléphoner en Amérique... Pas un simple coup de téléphone, un appel au secours d'un yacht en perdition dans un typhon, comme il y en a souvent dans ces régions.
Alfred allait donner ce coup de téléphone lui-même, en bouffant les syllabes au milieu d'un orage magnétique grésillant comme à Hoolywood!
Pour rendre cette comédie vraisemblable. On allait surveiller la météo sur le système du yacht, lorsque l'on trouverait le bon typhon, on commencerait le téléphone truqué... Syris lui donna le code secret pour le coup de téléphone. On s'était établis sur le yacht et pour dire vrai on était assez contents de retrouver un peu de confort et de civilisation... Syris avait l'air heureuse d'être encore en vie après ce massacre. Elle était prête à faire toutes les concessions.
Grâce aux cartes de navigation du yacht nous savions où nous étions... Pas très loin de C........... Mais dans un dédale formé de 2000 îles dont une grande partie non encore explorée... La nuit même nous avions un typhon sur mesure non loin de C..... Nous serions épargnés, mais on aurait de belles vagues dans 24 heures! Le formidable barrage de corail entourant l'île nous protégera avec efficacité. Au moment où Alfred commençait son coup de téléphone vers minuit, cela grésillait d'une manière horrible et toute naturelle... Après un coup de téléphone pareil, Alfred pouvait être engagé dans un studio de trucage de son!
Il expliqua que la dernière position était fausse... Il donna celle du typhon, cela dura une minute et le yacht coulait corps et biens dans un formidable bouillonnement de vagues enragées et sifflantes...
D'après Syris cela s'était très bien passé... Alfred lança un SOS sur la ligne internationale en donnant comme position du bateau le centre du cyclone, que dieu sauve nos âmes!
Pour camoufler le yacht, on le recouvrit de palmiers, sous ces branchages nous serions invisible vue d'avion...
Nous étions comme des coqs en pâte. Syris prétendait qu'elle n'avait aucune envie de revenir à la civilisation. Elle se prêtait sans rechigner aux coutumes de l'île: ne jamais dire non aux propositions d'unions librement consenties...
Les indigènes l'aimaient beaucoup, ces coutumes lui plaisaient beaucoup, elle resta une semaine absente, pour faire connaissance avec tout le monde... Elle revint épuisée après avoir fait les quatre cents coups sans se défiler. Je ne sais pas s'il y en avait quatre cents, mais ce n'était pas loin...
Etant hors jeu avec mes huitante ans, je faisais la cuisine et servais de confident à tout le monde. Je donnais l'absolution sans rechigner. La quantité incroyable de péchés mignons que je devais écouter me déprimait... Connaissant les frustrations des vieillards, Syris, me massait le dos, pour me remonter le moral! C'est mieux que rien... disait ironiquement Alfred, qui restait fidèle à sa compagne. A bord, nous avions la radio, et la télévision par satellite. Les programmes étaient si terribles et stupides que cela renforçait notre désir de ne plus retourner à la civilisation... Je n'avais plus envie de Super marchés, et de palais de l'abondance... Parfois une légère vague de nostalgie effleurait mon âme, pour l'hiver et la neige et ma petite maison sur la colline, Elle allait tomber en ruine, personne ne s'en soucierait.
Dans son voisinage il y en avait plusieurs, abandonnées depuis toujours, même le maire ne s'en souciait pas. On attendait des nouvelles, rien ne venait. Les propriétaires avaient oublié ces ruines, ils vivaient ailleurs très loin à l'étranger...
Alfred avait calculé qu'il restait juste assez de diesel dans les réservoirs du yacht pour atteindre la ville de C.... par calme plat... On vota à l'unanimité pour ne pas y aller!
Dans le coffre du yacht, il y avait beaucoup d'argent, cela pourrait servir en cas de coup dur... Les gangsters n'ont jamais de cartes bancaires... Sauf en Suisse!
A la place de mon arbre au pied duquel je voulais mourir, j'avais à disposition une tribu de gentils indigènes, mon ami Alfred et Syris qui avait un tempérament extraordinaire... Un matin en rentrant après avoir rendu service à la communauté pendant deux jours et deux nuits, elle amena avec elle une très jolie fille qui promettait... disait-elle avec un air connaisseur! Il y en a d'autres, mais celle-là était super-douée...
Ady était uniquement intéressée par le sexe. Syris et elle restaient enlacées des heures sans se lasser, et cela ne les gênait pas que je reste à les regarder s'ébattre, dans la joie dionysiaque rayonnée par l'environnement... Pourquoi n'avais-je pas fait naufrage trente ans plus tôt!
Alfred préférait vivre dans la case de sa belle, il aimait les deux enfants de celle-ci... Cet aventurier avait un tempérament de père de famille. Je ne supportais pas le balancement lent du yacht, je n'ai pas le pied marin, je m'installai dans une belle case construite dans les brousailles du bord du lagon... Mes deux gentille compagnes et leurs enfants me tenaient compagnie... Ady et Syris restaient sur le yacht... Un matin je constatai que le yacht avait disparu. Une lettre était épinglée à ma case, Syris m'expliquait qu'elle allait à C.... Où elle vendrait le yacht à un trafiquant. Avec son inséparable Ady, elle voulait faire fortune en utilisant leurs talents naturels... Elle nous souhaitait une belle vie tranquille, à Alfred et moi, et peut-être à bientôt, au hasard des événements!
Il ne faisait aucun doute que ces deux femmes allaient faire fortune. Je savais que je ne les reverreais jamais.
Mon coeur donnait des signes de fatigue extrème. J'allais quitter ce monde dans les meilleures conditions possibles. Pourquoi traîner derrière soi des regrets et des souvenirs. Je déchirai la lettre de Syris en petits morceaux, et allai manger mon petit déjeuner en compagnie de ma famille attentionnée et aimante...
FIN