Je ne vais pas faire l'historique de l'eugénique et de son rapport avec la bioéthique.
Mais il faut expliquer le sens ou le non-sens de certaines "sciences" ou théories morales... Rien n'est simple en psychologie, encore plus compliquée est la recherche scientifique!
On abat les animaux malades incurables, même si on les aime beaucoup, surtout pour leur éviter des souffrances inutiles. On laisse en vie des êtres humains au bout du rouleau, pire... On les maintient en vie contre leur grés!
J'ai vu un jour dans un hôpital, une vieille femme de 94 ans aux soins intensifs. Des tuyauxlui sortaient de tous les orifices... L'acharnement médical dans toute son horreur...
Un ami médecin, aussi sous perfusion, dans la même salle, était révolté...
Jusqu'en 1972, aux USA, existait une loi eugénique, prescrivant la stérilisation des fous, des idiots, des alcooliques et des déments de toutes sortes. Y comprisles délinquants récidivistes, comme ceux qui ne payaient leurs impôts! ( sic! )!
Il ne s'agissait pas de théories racistes, mais simplement de santé publique, et des frais énormes que les soins que la descendance des couples génétiquement tarés peut coûter à la société. Personne n'était choqué, si ce n'est une ligue de "sentimentalistes," qui pensaitpensant que l'être humain étant fait à l'image de Dieu. Même s'il avait une sale gueule! Il ne fallait pas y toucher... La sacralisation de l'homme, créature divine.
Cette ligue aà obtenu la suppression de cette loi eugénique, car elle a prouvé que les noirs surtout étaient les victimes de cette sélection! ...
Maintenant des hôpitaux spécialisés, sont remplis de monstres sacrés, dorlotés par des soigneurs au cur solide.
Mais jJe trouve que cette ligue a bien fait de supprimer cette loi.
Après les génocides des nazis, on ne peut plus continuer à "améliorer" la race humaine, sans avoir un arrière goût amer dans la bouche.
Je trouve ces massacres préventifs absolument révoltants. C'est du scientisme indécent. Peut importe ce que coûte à la société la survie des anormaux!
Je suis médecin généraliste, dans un quartier de gens bien portants et je n'ai vu que rarement des cas extrême. Il y a des sociétés privilégiées... et aussi des médecins. On ne peut pas dire que je suis borné et ignorant, mais peut-être un peu vieux jeu! Je respecte le serment d'Hippocrate... Mais je ne proplongeraisprolongerais certainement pas la vie d'un vieillard de 95 ans, ayant complètement perdu ses fonction cérébrales,. oOu s'il souffre de manière inhumaine.
Je sais que partout où il y a de la matière en vie, il y a un système mécanique qui régit les fonctions du mouvement et de la survie. Des bactéries aux défenses immunitaires... La vie est un sytèmesystème fonctionelfonctionnel, dans la plus intime partie des molléculesmollécules qui la composent et qui la décomposent. Les lois de la nature sont mécaniques, chimiques, électroniques, étroitement adaptées à l'environnement matériel. Je dirais que même la pensée, la créativité, et la métaphysique, sont des systèmes électromécaniques. En un mot, nous sommes des robots! Des robots compliqués, certes... Mais Mmalgré les théories théologiques, nous restons des robots.
Nous ne pouvons pas faire concurrencer lesaux lois de la nature,. nNi entrer en conflit avec elle... Nous en faisons étroitement partie, physiquement et mentalement. Qu'il existe des malformations c'est évident, mais elles ne font pas la loi. La nature est conformiste. Elle ne change pas de direction en suivant la mode. Elle évolue lentement, suivant des besoins fondamentaux que nous ignorons.
Le non conforme doit disparaître, ce n'est pas une loi "morale," mais simplement une loi naturelle. Un chrétien dirait que l'on ne doit pas concurrencer Dieu.
Ma tâche de médecin, n'est pas de corriger la nature, mais de la respecter, c'est plus modeste. Il ne s'agit pas de croire ou non en la destinée. Pour moi, chaque individu est responsable de sa vie et de sa mort par son libre-arbitre. Ce qui ne m'empêche pas, si j'en suis capable, de donner un coup de pouce pour remettre un rouage en place en cas de panne.
Malgré mon horreur de l'eugénisme, je ne mettrais jamais en branle toute la médecine moderne et ses gadgets, pour aider des êtres humains à vivre deux ou trois cents ans...
Lorsque je rencontrais mon collègue Friedrich Sarge, à un congrès de médecins à Monaco, Je fus tout d'abord enchanté d'échanger des souvenirs de nos études communes à l'école de médecine de Lausanne... Dès le deuxième jour, il me posa des questions sur ce que je pensais de l'eugénisme... Je constatais rapidement qu'il cherchait à m'enrôler dans je ne sais quel groupe d'eugénistes ressemblant fortement aux groupes nazis dirigés par le Dr. Rosenberg de triste réputation... (Il avait créé les lois racistes pour Hitler avant la guerre!
...)
Pendant la semaine que je passais avec lui comme compagnon inséparable, je jouais la comédie de celui qui hésite avant de se décider... presque convaincu que ce serait rendre un grand service à l'humanité que de pratiquer l'euthanasie sur les débiles, les mal foutus, les vieillards légumes, et même ceux qui étaient trop petits et fragiles...
Notre cercle s'était agrandis et je constatais avec étonnement qu'un congrès parallèle s'était formés sans que personne ne s'en aperçoive. Nous allions ensemble en ville et nous faisions des rencontres pas du tout innocentes avec des juristes tondus, plus nazis que jamais!...
Impossible de déceler lesquelles étaient sincères, des autres, qui, comme moi, allaientt à la pêèche aux renseignements... Les arguments étaient toujours les mêmes: l'altruisme à tous les niveaux!... Nous étions les sauveurs de l'humanité, les responsables de l'avenir de nos enfants... et surtout dles immenses économies que nous pourrions faire à l'état en réduisant les coûts de la santé.
Plus les choses allaient leur train plus je sentais une haine difficile à dissimuler, se développer en moi. Au bout de huit jours, j'étais devenu un autre homme. Le programme eugénique, stupide et primitif, était si bien ficelé, que les autres médecins en étaient baba d'admiration. Je vivais la montée du nazisme 50 ans après la guerre!
Cela s'était passé ainsi, progressivement et sournoisement comme le lavage de cerveau dans les sectes... "L'histoire se répète" a dit un homme politique dans un court moment de lucidité. Je m'en doutais, mais j'en avais la preuve maintenant. Il fallait agir, mais comment? Je ne pouvais pas me confier, c'était trop dangereux. Un homme seul contre tous?
Situation inextricable. Il y avait bien une solution, celle des êtres faible... la sauce aux champignons!... C'était l'automne, je connaissais les champignons, j'allais en récolter. Les très vénéneux dans un sac à part... Jedonnais les bons au cuisinier nazi du restaurant où nous allions à nos "réunions eugéniques." J'invitais mes collègues pour un dîner d'adieu. Ce qu'ils ont acceptéavec empressement.
Je préparais la mixture empoisonnée, sur une lampe à alcool, dans ma chambre d'hôtel. Cela sentait délicieusement bon. Je devrais bien sûr en consommer aussi, mais très peu, juste pour me faire vomir. J'étais dans un état second. Je ne pensais pas aux conséquences. Je n'avais qu'un seul but , débarrasser la planète d'un virus mortel, un point c'est tout. Le virus Ebola était inoffensif à côté de l'eugénisme nazi. Ce n'était ni des raisons morales ou religieuses qui me faisaient agir.
C'était une tentative de détourner la "marche historique" avant que l'inéluctable ne prenne racine dans la société. Je gardais devant les yeux, l'image des meutes allemandes acclamant Hitler sans restriction. Si ces gens avaient tué plus de vingt millions d'êtres humains au 20ème20e siècle, sans l'ombre d'une hésitation,. lLe même scénario pouvait se reproduire demain.
Donc pas d'hésitations ni de remords prématurés! J'étais étonné de ma nouvelle vocation de tueur historique. Une révélation. Je n'avais suivi que d'une oreille distraite des cours de psychologie. JJ'ignoraise ne savais donc pas que l'être humain déborde de ressources cachées. Souvent contradictoires.
Mais comme J.C. l'avait dit: "que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite..." Je me donnais une absolution schizophrénique, en mettant la fiole de poison dans mala poche gauche avec ma main droite, avec lma main droite. J'allais d'un pas ferme à la cuisine du restaurant soit-disant pour goûter mon velouté de champignons. Le cuisinier s'était surpassé... C'était délicieux. Je l'ai facilement convaincu de me laisser le servire moi-même...
Nous étions treize à table, un chiffre porte bonheur, dit-on. Mais pour qui? J'allais l'apprendre illico! Le moment était venu, je versais sans trembler la fiole de poison dans la soupière.( avec ma main gauche!) Je transportais gracieusement la soupière, souriant de la façon la plus hypocrite possible.
Arrivé dans la salle à manger, au milieu des applaudissements, je glissais et m'étalais sur le tapis en aspergeant une partie des invités... Et moi-même par- dessus le marché. C'était Mmon pied qui avait ignoré ce que faisaient mes deux mains! Devant la compagnie, navrée, le cuisinier criaât jovialement:
- Tant pis... Mais Jje peux vous affirmer que ce velouté était délicieux, j'en ai mangé une bonne assiette!
- Je faillis m'évanouir, car s'il mourrait, le pot aux roses serait découvert! Il avait heureusement goûté la soupe avant que je ne l'aie empoisonnée... Il y a un Dieu pour les ivrognes et certainement un autrepour les imbéciles... Au cours du repas,; nous sommes tombés d'accord sur le fait que l'eugénisme était pour nous autres médecins, absolument inacceptable. Je m'étais laissé prendre au piège des théories et du verbalisme... Comme un philosophe borné. Je l'avais échappé belle... Je me promis de ne plus me mêler de retenir la marche historique, d'où qu'elle vienne et où qu'elle aille!
FIN