Les cahiers de Mystel Von Salbey
1880 A 1965
de Guy Dessauges



La découverte des cahiers de Mystel von Salbey fut pour
moi la suprenante découverte de l'existence d'un psychiatre Viennois, ancien élève de Sigmund Freud en l'an de grâce 1900.
Ces cahiers furent découverts dans une vieille malle,
après la mort de mon cousin Anatole Sans-souci; homme
de bien, hélas ruiné à la suite du crash de 1932.

En voici le texte sans aucune retouche ni censure:
PARIS 1900.

Chaque fois que je relis, avec admiration, l'une des nombreuses analyses de mon cher ami Sigmund Freud, le célèbre psychiatre viennois, je ne sais qu'admirer le plus de son style ou de ses déductions.
Je n'ignore pas que les analyses psychiatriques sont avant tout des exercices de style parsemés de mots ésotériques triés sur le volet et destinés aux seuls initiés. Qu'un vocabulaire si choisi puisse aider un malade à guérir de ses psychoses ou névroses ne m'étonne pas!
La puissance du verbe a bien créé 1e monde, disent les théologiens... Mis à part le fait, que le patient se sent flatté de retenir l'attention d'un praticien si savant, l'analyse est fort coûteuse, ce qui a un effet bénéfique sur le système nerveux... Il est aisé de s'en rendre compte en remplaçant un médicament par un produit absolument identique mais d'un prix dix fois supérieures. Le malade après l'avoir avalé se sentira aussitôt beaucoup mieux.
Après de longues années passées à l'ombre du grand Freud; je découvris la valeur de certains mots clef pour aider un psychiatre a se profiler. Je décidai donc de quitter Vienne et d'aller à Paris pour étudier la libido française.
Je désirai analyser le cas de l'homme heureux, défoulé, joyeux et sans contrainte ayant trouvé un équilibre entre les pressions de la religion et celles du sexe. J'allais, comme disent si joliment les français, vivre les couilles au vent et la bite dans les nuages. Je devrais dire en rase motte... mais passons...
Les cas de bonheur libidineux sont plus fréquents qu'on ne le pense. Je regrettais, la mort de Charcot, (le maître de mon ami Freud) survenue sept ans plutôt, mais je connaissais ses travaux sur l'hystérie.
Il me faudrait découvrir l'objet de mes recherches sans l'aide de personne. En priorité je devais me faire remarquer par les doctes congrès internationaux.
Pour cela il fallait trouver un mot clef! Après avoir beaucoup réfléchis je composais le mot: "Euphotrique" Ce rnot nouveau viens du grec Photrykis, qui bande avec plaisir, et du latin Euforum qui veux dire qui est heureux en public.
Ne pas confondre avec Euphotique" qui signifie: atteint par la lumière solaire. De même que le mot "Euphorique" déjà banalisé. Mais le mot EUPHOTRIQUE" me plaisait. Evitons la logomachie. Les linguistes doivent se retourner dans leurs tombes.
Nantis de ce mot nouveau, je débarquai à Paris, avec dans le secret de mon cœur, l'espoir de révolutionner la psychiatrie. Cette année 1900 qui venait de commencer m'apparaissait comme le début d'une nouvelle aire d'activités dans tous les domaines de la science et des arts. La France me semblait être le pays le mieux fourni en euphotriques, surtout Paris avec ses lupanars bien achalandés. Je choisis un bordel, le plus grand, le plus réputé, et commençai avec prudence les démarches délicates qui me permettraient d'y installer mon cabinet d'études. J'ai la chance de posséder une grande fortune, aussi ne me fut-il pas difficile de convaincre la patronne d'un de ces lieux privilégiés, d'y faire quelques transformations...
Miroirs sans tain, passages secrets d 'un endroit à l'autre etc. J'installai derrière l'une des plus belles chambres, un petit bureau d'observation et d'expériences en quelques sorte...
J'engageai un assistant qui désirait faire un stage pour perfectionner ses connaissances dans le domaine de la lubricité populaire, sujet de son doctorat... Il s'agissait d'un véritable obsédé sexuel qui allait m'être très utile pour suivre avec attention les ébats de mes sujets d'observation.
Il parlait l'Allemand ce qui était assez rare a cette époque. Parallèlement à cette étude sociale... Je poursuivais ma propre analyse et j'envoyais des lettres touffues à Freud à Vienne...
Ses réponses feront l'objet d'un prochain ouvrage. Je m'efforçai de fabriquer des théories sur le rapport de la cuisine au sexe, avec l'interaction du niveau de fortune et de l'importance de la famille, sur la digestion libidineuse!
Je constituais un dossier sur "l'Euphotrique honteux mais très heureux." En peu de temps, je croulais sous les papiers et ressentis les effets du surmenage...
L'un de mes sujet d'étude important était la sagesse des nations. Ces phrases révélatrices et immortelles qui cimentent la société: "La bouffe et le cul gouvernent le monde" et "Là où il y a de la gêne y a pas de plaisir" Même les chansons: "Oui, oui, je sais bien q'tu m' la mise." " Si tu avances quand je recule comment veux-tu que je t'encule." Je découvrais des constantes; des manies. Je notais tout avec soin.
La libido, destinée à la propagation de l'espèce, fourmille de ces dérivations dites érotiques... Après quelques mois d'observations intensives, je sentis le besoin de repos... Un collègue viennois le Dr. Witz, un psychiatre éminent me donna une adresse pour un séjour de repos parfait et édifiant... Il n'en dit pas plus. Piqué par la curiosité je décidai d'y aller malgrés le long voyage...
La Transylvanie pays de Dracula est pleine de mystères, cela valait la peine d'y jeter un coup d'oeil! Marcel mon assistant parût déçu... Il aurait préféré rester dans le nid tiède des turpitudes humaines. Mais, les excès d'amour et de confitures l'avaient pali, il avait grand besoin d'air frais!
Le voyage fut long mais délicieux, nous jouîmes d'un temps idéal; les auberges étaient agréables, on y goûtait avec curiosités les spécialités du pays.
Durant le voyage je réfléchissais à la manière d'aborder en publique la question de la prostitution. Il fallait attirer l'attention des femmes et les mettre de mon côté, sans cela je courrais à ma perte... Je devais présenter la condition des filles de lupanar comme la pire qui puisse exister, tout en sous-entendant que le plaisir n'y était pas absent...
En un mot: haute tenue morale... Il fallait saupoudrer les turpitudes détaillées, d'une pointe de scientisme, le tout emballé dans le robuste papier de la critique sociale, agrémenté d'un ruban rose et de quelques fioritures, ce paquet devait être déballé avec de petits cris ravis et choqué.
Avec un peu de chance, je n'aurais pas assez de place sur ma poitrine, pour plaçer les décorations qu'on donne aux gens méritant, (Ce qui ne coûte pas cher!) Devrais-je faire un peu de gymnastique respiratoire ou pis encore du sport ? Enfin n'exagérons pas...
Marcel qui ne connaissait pas encore les soucis de la renommée, sautait sur tous les jupons de rencontre, il m'en faisait rapport... Je lui donnais assez d'argent pour qu'il ne soit privé de rien.
La vie à la campagne dans le monde est plus dévergondée qu'on ne le croit. L'isolement, et la conservation des propriétés, fait de l'inceste une coutume. Les idiots et les crétins hantaient les contrées que nous traversions.
Dans ces régions reculées, les voyageurs étaient rares, il me fallait beaucoup de volonté pour résister aux offres, carrément lubriques qu'on m'adressait après un bon dîner bien arrosé... Je cédais de temps à autre quand une ravissante fermière venait avec sa fille au milieu de la nuit, me demander quelques conseils éfficaces pour réanimer les forces vacillantes des manants du coin...
Notre réputation nous précédait. Il nous est arrivé d'être recu par des femmes en folies qui montaient l'esca1ier en troussant leurs vastes jupes; djfficile dans ces cas de ne pas être galant...
Les bas noirs et autres babioles dont j'avais un stock servaient de monnaie d'échange.
Je me demandais ce qu'il me serait arrivé si je n 'avais pas eu Marcel et sa bitte insatiable avec moi. Après un mois de voyage nous approchions du but. Le paysage de vastes forêts et de collines rappelait celui de I' Autriche.
Les couvents ressemblaient à des fortifications, sans doute en souvenir des invasions turques. Les villages étaient de moins en moins sûr. On allait de couvent en couvent, où nous étions obligés de partager la maigre pitance et les cantiques pleurnichards de moines tristes et pauvres.
J'espérais que le couvent de Indragosti, le but de notre voyage, serait plus hospitalier; je gardais ma confiance en mon collègue Viennois. Le Dr. Witz; c'était un bon vivant...
La traversée de la Roumanie de création récentes, (1859), fut merveilleuse. Les femmes y sont superbes, elles pratiquent la féllation avec délicatesse.
Nous avons enfin atteint le pays de "l'autre côte de la forêt." "LaTransylvanie" La contrée devenait de plus en plus sauvage, les chemins difficiles.
Marcel aurait voulu retourner en Roumanie; je le comprenais, mais je tenais absolument à voir ce fameux couvent. Je lui promis de tourner bride irnmédiatement si cet endroit était sinistre...
Nous sornmes passé devant la maison de naissance du redoutable Vlad Tepes à Schässburg.
Marcel en avait assez, il restait prostré et je devais faire beaucoup d'efforts pour ne pas retourner dans notre Paris adoré et fatigant. Pour le divertir je lui racontais les histoires de Vlad Tepes à qui il arrivait de faire empaler, par ses tziganes, experts en la matiere, jusqu'a rnille turcs en une fois. Marcel esquissait un pâle sourire et retornbait dans sa torpeur...
J'avais deux cochers, de robustes allemands, qui n'avaient peur de rien... Encore quelques" meilen"et nous allions enfin voir ce fameux couvent de Indragosti, dans ce pays ou la cruauté cotoye la religion, et ou l'on écrit aux morts!
Nous approchions du but après avoir beaucoup folâtré... Décidernent les Euphotriques sont bien repartis sur la planete et je ne manquais pas de sujet d.observation Marcel notait tout, aussi bien ce qui lui semblait anormal que normal. Je classais soigneusement tout par catégories.
Je constatais chez certains peuples une tendance aux services anals, d'autres étaient plutôt oraux... Les francais, étaient universels, comme leur génie d'ailleurs... Chez le nourisson les deux bouts du tract intestinal sont les sources des plaisirs les plus élérnentaires et les plus vifs, au fond l'âge adulte n'y change rien, malgré l'éducation morale...
La position du rnissionnaire est d'ailleurs rare chez les prêtres; en général c'est le service anal qui est le plus prisé, comme dans l'antiquité chez les prêtres du culte de Mytra; la tradition s'est bien conservée.
Ce couvent allait certainement nous apprendre des choses sur les pratiques secrètes de la vie monastique. Marcel étant comme moi exclusivement porté sur les femmes. Nous etions, au fond de notre coeur, un peu inquiet de passer trois mois au milieux de moines frustres et invertis.
Pour notre sauvegarde nous comptions sur les pénitentes, qui comme on le sait sont volontier disposées à pratiquer le péché mignon ne serait-ce que pour avoir quelque chose à confesser... Je me consolais en pensant que mes communications seraient passionnantes. Les meilleurs histoires de cu1, qui se passent dans des pays exotiques lointains sont plus exitantes que dans mon pays... Le derrière des duchesses Autrichiennes est loin d'être aussi intêressant que celui de la sultane en chef du harem d 'Habdu1 Hamidale...
Alors que nous avancions ainsi en devisant, un orage éffrayant avait éclaté, un déluge de fin du monde, les éclairs nous entouraient illuminant le paysage. Nous etions térrifiés. Les chevaux avançaient malgrés tout sur un mauvaischemin inondé.
Soudain Marcel s'ecria: Maitre regardez, là-haut... Dans la lurniere blafarde de la lune, à peine entrevue, devant les nuages dechiquetes, se dressait la silhouette d'un chateau noir, terrible, immense, au sommet d'une colline rocheuse.
L'orage s'éloignait dans un dernier grondement Betowenien. Suivit une éclaircie... On y voyait comme en plein jour. Les gouttes de pluies scintillaient tels des milliers de diamants. Dans le raidillon du chemin, les chevaux peinaient...
Nous attégnîmes finalement le couvent de Jndragosti... Marcel restait silencieux, je savais ce qu'il pensait... Prendre la fuite à peine arrivés... Je lui dit doucement:
= Mon cher Marcel, nous n'allons pas faire de vieux os par ici, je vous le promet.
Marcel repondit par un grognement résigné... On ne nous attendait pas à cette heure de la nuit.
Il nous fallut frapper fort et longuement pour qu'enfin la grande porte cloutée se mette lentement en mouvement dans un grincement affreux.
Deux moines y suffisaient avec peine. Devant nos regards médusés apparut alors une vaste cour, belle comme un décor d'opéra, sous le clair de lune.
Tout au fond, on appercevait une procession de moines encagoulés, se dirigeant en colonne par deux vers une chapelle.
Notre carrosse passa sous la voûte sonore de l'entrée tandis que les deux frères portiers repoussaient les lourds battants avec peine .
Ceci fait ils nous firent signe de descendre de voiture. Nos deux cochers se signèrent et chargés des bagages, nous suivirent vers l'ouverture d'un sombre corridor. Nous étions à peine éclairé par les torches que tenaient nos guides dont les visages étaient dissimulés sous leurs grands capuchons.
C'etait sinistre, mais la présence de nos robustes cochers nous rassuraient un peu. Nous pénétrâmes dans une fortification aux murs d'une grande épaisseur.
Après avoir gravis des esca1iers sans fin, les frères toujours silencieux ouvrirent une porte au bout d'un couloir interminable et nous découvrîmes une assez grande cellule trés bien meublée, une seconde cellule plus petite y attenait. Pour Marcel décidais-je.
Impossible d'échanger un mot avec les deux moines, ils avaient sans doute fait voeux de silence. Nos deux cochers furent entrainés plus loin. Marcel et moi nous nous trouvions soudain complètement seuls.
Par la fenêtre les rayons de la lune éclairairaient toute la pièce, c'etait très romantique, un sentiment de calme et de soulagement nous envahit.
Tandis que j'allumais les bougies de magnifiques candélabres, Marcel trouva du bois et fit un feu dans la grande cheminée, ce qui nous réchauffa jusqu'au coeur.
Nous étions affamés et assoiffés. Heureusement mon cher Marcel avait dans ses bagages une bouteille de bon Cognac.
Le ventre vide et le Cognac nous donnèrent le courage de sortir de notre logement pour aller à la recherche de quelques nourriture.
Il était tard, plus de minuit, mais nous étions dévorés par la faim et la curiosité.
Armé d'une lanterne nous partîmes en exploration à la recherche des cuisines qui cornme on le sait, sont toujours situées dans le bas des bâtiments.
A l'extrémité d'un long couloir nous trouvâmes un escalier... Marcel notait sur son callepin les tours et détours de notre périple.
Au bas de cinquante marches, un corridor plus large nous conduisit à une porte derriere laquelle on entendait chanter des moines.
Je la poussai et découvris une chapelle, moins grande que celle de la cour; des moines encagoulés, chantaient dans les aigus, des cantiques, Grégoriens sans doute! Je ne suis pas un expert de ce genre de choses. Mes préocupations sont toutes autres comme on s'en doute. Debout à coté de l'entrée, un moine nous fit signe de le suivre.
Traversant la chapelle, puis un office, nous découvrîme un trés grand réfectoire dont les longues tables supportaient une riche vaisselle, trés surprenante dans ce lieu austère... Ce couvent devait être trés riche...
Nous nagions en plein mystère. Je m'enquis auprés de notre guide pour savoir quand je pourais rencontrer le maître des lieux, mais il secoua la tête en signe de dénégation, nous imposant le silence, il nous installa à une table devant une fenêtre qui donnait sur un jardin noyé dans un merveilleux clair de 1une... Nous étions
seuls à cette heure tardive...
Un instant plus tard un autre moine nous aporta un assortirnent de fromages sur une planche de bois scupté, ainsi qu'un pain fort bon et un exellent vin.
Marce1 retrouvait le sourire, je me sentais aussi mieux. Nous ferions connaissance du maître des lieux plus tard. Pour l'instant nous étions assommés de fatigue et de bon vin...
Guidés par un moine nous regagnâmes nos quartiers... Après un court sommeil réparateur, nous fûmes réveillés à quatre heures du matin...
De la fenêtre, sous nos yeux éblouis, se déroulait un paysage ondulé, rose sous l'aube naissante, une étrange sensualité se dégageait de cette vision. L'idylle des Carpates, valait bien le voyage...
Le Doktor Witz qui m'avait recommandé cet endroit était un spécialiste de la sexualité enfantine et prénatale... Il avait beaucoup d'esprit et m'avait afirmé que le séjour dans ce couvent lui avait remis les idées et le reste en place. Je me demandais par cette radieuse matinée, ce que signifiait cette phrase sibylline.
Marcel ne tenant plus en place, nous retrouvâmes facilement le chemin du réfectoire. Traversant la chapelle, nous vîmes les moines encapuchonnés chantant de plus belle. Puis comme nous pénétrions dans la grande salle, des moines quittaient déjà les lieux. On se lève tôt ici...
Un moine encapuchonné nous fit signe de nous asseoir à la même table que la nuit précédente. Devant nous s'étalait une abondance de fromages, de beurre, et de confitures. Nous restâmes sans voix, décidément la gourmandise était vraiment un péché mignon ici.
Marcel rayonnait de bonheur. J'eu l'impression que nous allions séjourner un bon moment dans ce lieu prometteur.
Je tentais en vain d'engager la conversation avec mon voisin de table, le silence était toujours de rigueur. Une fois rassasiés, un moine nous fit signe de le suivre... Au fond du réfectoire, il ouvrit une porte donnant sur une immense cuisine où s'affairaient de nombreux Frères cuisiniers. De délicieuses effluves se dégageaient des poêles et marmites fumantes.
= Quel beau spectacle, et quelles jolies mains... murmura Marcel.
En effet, je fus surpris de la finesses des mains de ces cuisiniers, des mains soignées, féminines... Marcel chuchota:
= J'aimerais voir un visage!..
J'étais aussi intrigué que lui, le guide nous précédait en roulant les hanches d'une manière bien étrange..."Tous pédés.." dit Marcel
d'un ton definitif.
Après les cuisines une nouvelle porte donnait sur un large corridor trés bien meublé, au fond duquel s'ouvrait une porte sculptée.
Devant nos yeux étonnés une grande bibliothèque se présentait avec ses rayons chargés de livres jusqu'au plafond. Celui-ci était décoré de fresques baroques assez frivoles...
Je m'aprochai d'un rayon, pris machinallement un livre précieux et restai figé de stupéfaction, il s'agissait d'un ouvrage sur la sexualité des princesses Egyptiennes sous la troisième dynastie. Une rareté. Je le tendis à Marcel qui fut aussi surpris que moi...
= Un ouvrage en grec sur ce sujet, les moines ne savent pas le grec c'est évident. dit Marcel en riant. ..
= Vous sous-estimez les pensionnaires de ce couvent...
Surpris d'entendre cette voix harmonieuse un peu sourde, je me retournai d'un bloc. La voix venait du fond de la pièce, une silhouette encapuchonnée avançait vers nous...
= Pardonnez-moi, depuis notre arrivée nous allons
de surprises en surprises. Répondis-je sous le charme.
= Le Doktor Witz m'a informé de votre arrivée et je
suis très heureuse de vous recevoir à Indragosti. Tout d 'abord je ne réagis pas. "Heureuse?" ..
= Serions-nous dans un couvent de femmes? dis-je d'une voix mal assurée...
= Vous ne le saviez pas?
= Non, mon ami le Dr. Witz ne m'en a pas avertis, j'ai
crus qu'il s'agissait d'un couvent d'homme...
= Seriez-vous déçu?
= Bien au contraire s'écria Marcel. La silhouette se rapprocha, la glace était rompue. Nous vîmes alors deux mains ravissantes soulever la cagoule pour découvrir à nos yeux stupéfaits, un visage d'une perfection, extraordinaire. Des yeux verts, des cheveux noirs, une bouche sensuelle, un teint nacre qui ne semblait pas avoir souffert des macérations et prières en usage dans les couvents...
= Je suis la superieur de cette institution, mon nom est Dolna X, Le X est le signe d'un groupe... Il y a autant de groupe que de lettre de l'alphabet. Dans mon groupe i1 y a pour l'instant dix pénitentes... pour le reste je ne vous en dit pas plus! Vous aurez des surprises.
Sœur Dolna recouvrit son visage de sa cagoule et se glissa dans l'entrebaillement d'une porte. Nous restions silencieux sous le charme.
= Ce couvent sent un peu le souffre" dit Marcel d'un air gourmand. .
= Quod dicarn reperio! * Je ne sais que dire.dis-je songeur. Je pense que nous allons au devant de nouvelles aventures...
= Allons visiter le jardin proposa Marcel.
En quelques pas nous y fumes. Un endroit merveilleux. soigne dans
les regles de l'art.On y respirait un doux air de péché parfaitement en accord avec nos reveries...
Une nonne arrosait des fleurs; on ne pouvait savoir s'il s'agissait d'un hornrne ou d'une femrne, mais la grace des mouvements contredisait le deguisement sévère. La jardiniere portait un capuchon; nous nous sommes approchés d'elle et j'ai pus entrevoir un ravissant minois, (certainement plus à l'aise dans un boudoir que dans un couvent)...
= Je suis émerveillé par votre jardin murmurais-je. ..
= Tibi grates ago, * Je vous remercie. fut la réponse. Je restais sans voix.
= Je parle aussi le français et l'italien dit la jolie voix. .
= Est-il permis de parler aujourd'hui ?demandais-je.
= Oui. mais seulement deux jours par semaine, le reste du temps le silence est de rigeur, le chant est autorisé. Je suis soeur Mariana du groupe A nous sommes sept dans ce groupe, nous nous occupons du jardin et des cuisines.
Je me présentai, et pris aussitôt congé afin de poursuivre la visite des jardins. Je retrouvai Marcel en compagnie d'une autre soeur qui coupait des salades. Elle riait aux plaisanteries de Marcel fort émoustillé par la nouvelle situation.
Il me rejoignit:
= Le déjeuner est à midi, au son de la cloche on doit se rendre au réfectoire sans tarder dit-il. Je sentis mon estomac se réjouir...
= Nous allons enfin pouvoir faire la conversation avec ces darnes, ce qui sera du plus haut intérêt.
Quand nous entrâmes dans le réfectoire, il était encore désert, à part les soeurs de service qui finissaient de mettre le couvert. Une vaisselle luxueuse pour 1'endroit. Les boissons étaient sur les tables, du thé, de l'eau, du sirop. Le pain etait encore chaud... Le style pensionnat de jeunes filles de bonne famille. J'étais convaincu que
nous allions vivre des événements extraordinaires... La grande porte s'ouvrit! En procession, les nonnes entraient en chantant et s'installaient aux longues tables de chêne. Ces bancs garnis de tant de jolis minois me donnaient des idees en rapport avec nos recherches, Marcel avait peine à dissimuler son excitation ,
= *Esurisme? * As-tu fairn? dit une petite voix à mon côté.
= *Farne premor, famem ambulado absonavi. Nu um a jentaculo cibum sumpsi! -* J'ai grand faim, j'ai fait provision d'appetit en me promenant. Je n'ai rien pris depuis mon petit dejeuner répondis-je étonné.
= *Fernern exple. Sitimextigue * Apaisez votre faim. Etanchez votre soif...répondit la jolie voix.
Je ne vais pas continuer dans cette belle langue latine, car il s'agit de tout autre chose que d'épater la galerie avec mon latin de cuisine. Marcel avait à son côté l'une des jardinieres, je le surveillai un peu, je craignais qu'i1 ne devienne trop entreprenant. Mais i1 était trop intrigué pour risquer un faux pas.
Le repas fut simple et délicieux; des légumes, des oeufs, puis des fruits comme dessert. La gentille soeur s'appelait Zmeurä, (Framboise en français!) du groupe B.
Elle m'apprit une chose étrange pour une nonne, elle était puericultrice! Après tout pourquoi pas, elle avait sans doute apprit ce metier avant son entrée en religion. A la fin du repas les nonnes se retirèrent en chantant. Une novice s'approchait:
= La prieure se rendra dans la bibliothèque, ce soir après le diner; dit-elle d'une voix douce et caressante. Les voix de ces nonnes sont divines pensais-je.
Marcel ne désirait pas faire la sieste, il vou1ait explorer l'immense couvent. Je me rendis dans ma cellule et y fit de beaux rêves... Je me réveillai deux heures plus tard... bien reposé. Je partis aussitôt à la recherche de Marcel.
Dans une des ailes du couvent, qui, je l'ai dit, avait l'aspect d'une forteresse; je découvris une grande salle, jonchée de magnifiques tapis d'orient d'une valeur inestimables.
Sur l'un des côtés, se succédaient une rangées de portes toutes fermees à clef. Cette grande pièce de trente mètres sur trente était certainement destinée à d'autres usages qu'à des mortifications religieuses... Il y régnait une atmosphère aristocratique, décadente et frivole. Cela cachait quelque rnystère...
J'imaginai que ce monastere avait dût être un palais transformé progressivement aux cours des siècles en couvent. Une partie du mobilier y était encore, témoins des fastes du temps passé! Pas trace de Marcel. Je finis mon exploration par la grande chapelle à l'intérieur de la vaste cour.
L 'intérieur en était simple, mis à part l'autel richement décoré. Je me demandai quel sorte de prêtre y servait la messe. Sans doute le curé du village proche au bas de la colline.
Je rencontrai mes cochers qui avaient leurs quartiers de l'autre côté des bâtiments. vers les écuries. Ils étaient contents, ils avaient deux gentilles nonnettes un peu rustique pour les servir, et ils ne manquaient de rien.
L 'heure du diner approchant, je me dirigeai vers le jardin ou donnaient les fenêtres du refectoire et m'assis sur un banc de pierre agréablement chauffé par le soleil couchant. Marcel surgit...
= Dernum nunc venis. Sero venisti. Unde advenis? Te voilà enfin, tu viens tard, d'où viens tu? dis-je en latin tant j'étais heureux de le revoir... Marcel
avait l'air d'un chat qui viens de manger une souris...
~ = Alors? demandais-je impatiarnment. Marcel murmura
d'un air mystérieux:
= Ce couvent n'est pas exacternent un couvent. Je ne peux rien en dire de plus. dit-il.
= J'ai rendez-vous ce soir avec la prieurc dans la bibliothèque lui repondis-je doucement.
= Si c'est ce que je pense, tu vas en apprendre de belles ajouta mon ami en souriant d'un petit air machiavelique.
= Multa inter nos communicare licebit post coenam,
nunc tempus monet ut accumbarnun... Nous pourrons causer plus longuement après le dîner, maintenant l'heure nous averti de nous mettre à table! Dis-je en me
levant. Nous nous dirigeâmes vers la porte du refectoire, la cloche venant de sonner. Qu'allait-il se passer ce soir dans la bibliothèque?
Pendant le repas. les chants me parurent plus joyeux, plus profanes un air de fête regnait dans cette salle.
Marcel dévorait avec l'appetit de la jeunesse le délicieux repas qui nous était servi. On nous avait place à une autre table en compagnie de nonnes plus agées, mais aussi plantureuses que des fruits mures; elles ne parlaient que le roumain, aussi la conversation fut-elle remplacée par locutions latines et des sourires aimables.
Mais qu'avait donc fait Marcel pour montrer un tel appétit. D'habitude il dévorait ainsi après avoir butiné quelque belle... Je le soupconnais
d'avoir trouvé chaussure à son pied! Avec lui tout était possible!
Plus il y a de femmes dans un endroit, plus les robes sont défaillantes disait ST. Thérése d'Avilla... Après le dîner ne tenant plus en place, je montai faire ma toilette dans la pièce attenante à notre cellule. J'y trouvai de l'eau chaude. (On devinait le moindre de
mes desi rs) des savons parfumés... Pourtant l'hygiene et la religion ne font pas bon ménage habituellement...
Ces savons parfumés, ce luxe, ce calme... I1 ne manquait que la volupté! En attendant je pataugeais dans ma seille de bois de chêne, en pensant à mon rendez-vous du soir avec Dolna. Marcel avait de nouveau disparu, il y avait anguille sous roche...
L'heure de ma rencontre avec la belle prieure approchait, je m'en rejouissais comme un collègien... J'étai sur mon 31, je trouvai facilement la bibliothéque.
Dès l'entrée je fus surpris d'y trouver, éparpillés avec art une quantité de coussins de toutes grandeurs et couleurs, ainsi que des coupes de fruits et de fleurs.
Un parfum d.encens flottait dans l'air... Sous la douce lumière des bougies, on se serait cru dans un palais romain avant une orgie...
= Je suis ici... Une voix troublante sortait de la pénombre. Doyna m'apparût vétue d'une longue tunique de soie blanche transparente dont les plis glissaient le long des rondeurs voluptueuses de son corps... il n'y avait plus aucun signe d'austérité sur elle.
= Venez pres de moi, j'ai des révélations à vous faire... J'optempérai et m'installais confortablement dans un nid de coussins en pensant que cette soirée s'annonçait sous d'heureux auspices.
= Comme vous l'avez peut-être deviné, ce cloître n'est pas un couvent ordinaire. Notre ordre est très ancien, c'est un des ordres dionysiaques d'Ariane la Sainte femme notre patronne, ainsi que de St. Marie Madeleine à qui il fut beaucoup pardonné... Me comprenez-vous?
Je demeurais a la fois fasciné et ravi, aussi avançais-je d'un coussin en direction du plus bel objet de ce culte...
= Cette nuit, vous allez assister a une soirée rituelle; vous verrez, l'ombre et la lumiere; les punitions... Elle sourit: et les récompenses.
A ces rnots elle frappa des mains, une porte s'ouvrit.
= Les pénitentes d'abord ordona DoYna d'une voix impérieuse. Une dizaine de jeunes nonnes (puis-je encore les nommer ainsi?) entrèrent vétues de courtes chemises blanches, elles étaient précédées d'une grande femrne habillée en écuyère, tout en cuir, un fouet à la main, un chat à neuf queues qu'elle brandissait d'un air terrible. Les jeunes filles l'air contrites se mirent en rang devant une montagne de coussins multicolores.
= A quatre pattes le cul a nu! Ordona Doina brandissant aussi un fouet. Les jeunes fi11es obéirent docilement découvrant sans honte une rangées des plus jolis culs du monde. A peine à genoux, la punition commenca. Je dois avouer que je bandai irnmédiatement comme un ane. Je n'osais enlever mon pantalon sans en être prié, j'avais de la peine à trouver de la place pour mon membre plutôt volumineux.
Fina1ement j'ouvris ma braguette discrétement et m'installai à plat ventre sur de gros coussins. Je ne perdais pas une miette du spectacle. J'avais oublie Marcel. Je me demandais comment en finir avec cette érection prodigieuse.
Je n'avais pas eu l'occasion de pratiquer depuis plus de trois semaines, ce qui est long pour un spécialiste de mon calibre, mais je ne perdais rien pour attendre!
La "punition" dura longtemps, et je me demandais sérieusement si c'en était une. Les gémissements de douleur ressemblaient étrangement à des gémissements de plaisir. Tout a coup Dolna se tourna vers moi!
= Venez ici, c'est votre tour de punir ces pénitentes. Je me levai sans fausse honte, mon instrument en l'air, triomphant, raide comme un marteau de forge.
Tandis que la belle prieure contrôlait de sa main libre ma prestance, une pulpeuse nonne vêtue de sa seule grâce, s'étant saisie d'un pot de porcelaine de Saxe, plongeait deux doigts experts enduit de beurre dans les rnignons orifices ronds et roses offerts par les gentilles pénitentes...
Je dois avouer sans fausse modestie que je me tirai d'affaire tout à mon honneur, sous les regards admiratifs de Doina et de sa compagne à la cravache.
Mais il ne me fallut pas longtemps pour m'apercevoir que j'avais présumé de mes forces. A la sixieme pénitente je me demandai cornment j'allais continuer à remplir les devoirs de ma charge sans décharger...
Le fouet de Doina battait mes fesses de plus en plus ardemment; je priais le ciel que Marcel vint a mon aide! Il y a un Dieu pour les ivrognes, qui est le même pour les débauchés! Au moment ou je criais grâce, Marcel entrat dans la pièce encadré de deux jeunes filles encapuchonnées, mais entierement nues.
Il comprit immédiatement mon problème! Dès cet instant il y eut à mes côtés une queue de trois bons centimètres de plus que la mienne, qui punissait en mesure les jeunes pêcheresses, lesquelles supportaient leur martyr en gémissant comme des baleines...
Doina qui avait depuis longtemps laisse tomber sa tunique blanche, fouettait de grand cœur les jolis petits culs de ses victimes, ainsi que le mien par la même occasion, tout en jouissant des caresses et coups de langue d'une adorable novice pleine d'imagination...
Enfin, fatiguée sans doute d'une telle dépense d'énergie, notre belle prieure ordonna une pause en se laissant tomber sur les coussins prés de moi. S'adressant à nous avec son sourire ensorceleur :
= Vous avez sans doute saisit le sens pédagogique de cet exercice. Mes petites élèves découvrent combien la souffrance est voisine de la volupté.
Tout en parlant, elle tenait d'une main ferme mon membre endoloris lui communiquant par la grâce de Dieu, une force nouvelle...
Sous mes yeux, une adorable noiraude à l'abondante chevelure bouclée, à la bouche charnue et au corps souple et ambré, se tordait comme un serpent sous les attaques de Marcel.
Quant à moi, toujours la queue en bonnes mains, je m'efforçai d'en savoir plus sur l'organisation de cette institution paradionisiaque!... Peine perdue pour toute réponse Doina me stimulais d'une main experte en souriant mystérieusement.
Elle se contenta de m'en citer quelques particularités... Quel étrange endroit! Les hommes du village pouvaient utiliser tous les "services" du couvent en respectant les règles sous le sceau du secret absolu sous peine de mort. Il m'était difficile en la circonstance de prendre des notes... heureusement je jouis d'une mémoire remarquable.
Doina relâchant son étreinte, je crus de mon devoir de galant homme de l'entreprendre aussitôt plus sérieusement, mais à ma grande surprise, elle me pria de calmer momentanément mes ardeurs, car un programme plus important nous attendais.
Il s'agissait de satisfaire une princesse de sang en visite au couvent!... Celle-ci venait une fois par an faire "pénitence" dans ces murs. Il fallait absolument la rendre heureuse car sa contribution financière en dépendait. Je me sentais de nouveau parfaitement en forme!... Quant à Marcel, il émergeait hilare d'un gracieux fouillis de corps emmêlés. Je l'appelai donc à la rescousse, car la princesse était parait-il très exigeante, presque insatiable! Mes études de médecine allaient m'êtres utiles, en effet je savais trouver exactement les trois points déclanchant les orgasmes les plus delirants...
Il s'agissait sans doute d'une fureur utérine banale, assez courante chez les mères de familles frustrées. Nous devions être nus et masqués ainsi que l'heureuse victime... Ce qui devait facilliter l'usage de certaines pratiques...
Suivant Doina et son fouet nous nous sommes dirigés vers l'une des mystérieuses portes fermées. Elle s'ouvrait sur un cabinet spacieux et luxueusement rneublé.
Dès notre entrée, le spectacle nous ravis. La princesse avait un corps admirable; une vraie blonde à la carnation nacrée, les épau1es tendres. Les seins fermes et pâles faisaient ressortir le carmin des tétons. Un ventre soyeux, de longues cuisses qui encerclaient la rose à peine ombragée de sa chatte entrouverte.
Elle était en train de masser vigoureusement une novice avec un godmichet tandis qu'une autre novice s'activait sous sa compagne d'une langue experte.
Aussitôt, et sans préambules, Doina nous plaçat, moi, façe au fort beau cu1 de la princesse, et Marcel en pleine érection devant le visage de la dame. La bouche de celle-ci était grande et bien ourlée, elle engloutit l'instrument de Marcel avec un gérnissement de plaisir!...
Je débutai donc par une approche très lente et exploratoire. Il me fallait découvrir le point sensible. Je ne négligeais aucun emplacement, me glissant d'un mamelon rose à un vallon intime, les grandes et petites lèvres rougissaient de plaisir sous ma main experte. Soudain je découvris le point sensible. Un peu en travers à gauche... L'orgasme fut si violent, que je tombais a la renverse!... La princesse mit avec mon aide deux bonnes minutes pour parfaire son orgasme.
Le sourire de Doina me fit comprendre que c'était gagné, elle me finis à l'aide de sa langue fureteuse en hotesse attentive!... La princesse se leva débarassant d'un charmant coup de rein ses serviteurs enchantés en disant:

= C'était merveilleux aucun de mes palfreniers ne m'a donné si vive jouissance. Dolna toute souriante, embrassa longuement la princesse.
= Le prochain orgasme est pour moi, dit-elle en enfilant ses doigts entre les longues jarnbes de sa noble invitée.
= Restez debout, cela est en bonne voie!... Je soutenais la
belle solidement. En effet un second orgasme plus court, mais plus violent encore secoua tout le groupe. Nous nous écroulâmes dans les coussins en riant.
Je ne savais qu'adrnirer le plus, de la beauté du tableau ou de la parfaite organisation. A fin de poursuivre les festivites, Doina nous invita à la suivre. Elle ouvrit l'une des mystérieuses portes, et nous pénétrâmes dans un petit salon au milieu duquel se dressait une table ronde roya1ement servie de mets delicieux et de vins couleur de rubis dans des carafes de cristal étincelantes de mil1e feux...
De trés jeunes novices, uniquement vêtues de petits tabliers de dentelle blanche et de ravissants bonnets nous attendaient debout derriere les chaises, prêtes à nous servir de toutes manieres.
Le charme francais ici au fond des bois!... Un moyen de parfaire leur éducation nous expliqua Doina qui nous invita à prendre place...
Nos activités précédentes nous avaient affamés, tandis que nous faisions honneur aux mets exquis, l'une des filles, s'étant glissé sous la table, le jeux consistait à deviner auprès de qui elle s'activait. Nous retenions nos fous-rires, nous faisions des paris!...
Ceux qui perdaient devaient donner un gage. par exemple Marcel qui avait perdu le premier, devait être fouétté par une novice tout en lèchant le trou du cul de Doina qui se faisait un point d'honneur de continuer à tartiner des toast de caviar, sans manifester aucun signe
de plaisir. Nous avions atteint un parfait état de grâce...
Mais l'aube approchait et certaines cérémonies nous attendaient avant le lever du soleil.
Cette nuit devait appartenir à la princesse. Aussi le charmant groupe des novices se hâtaient-il sous la direction de Dolna, d 'installer une "table de plaisir" Joli nom pour définir cette piece montée.
Profitant de ces préparatifs Marcel et moi faisions un somme; dans des coussins, entourés de nonnes qui se finissaient sans se gèner!...
Je m'endorrnis dans une mer de fesses roses ondulante sous des vagues de soupirs discrets. Quand, je me rêveillais frais et dispos, je cornpris que c'était dû pour une bonne part aux rnystérieux ingrédiens de Doina. Marcel aussi. se sentait en forme comme en debut de soiree!...
La table basse etait maintenant couverte d'un amas de coussins et de jeunes filles nues... Un lit de novices dodues et fraiches. Etendues sur ce frérnissement rose la princesse et Doina enlacées en 69 se pourlèchaient avec un plaisir extrème!
Avec l'aide de Marcel, je me fit un devoir de bousculer gentiment les deux femmes dans un tourbillon de position variées et parfois douloureuses, ( qui rime avec heureuses! ) Cette nuit d'initiation était une sérieuse affaire...
Que le lecteur superficiel n'aille pas s'imaginer que toutes ces orgies ne sont que prétextes à s'envoyer en l'air.
Le culte dionysiaque célèbre dans l'antiquité (le culte des mystères d'Eleusis?) symbolise l'effort que l'être humain doit accomplir pour atteindre la spiritualité, qui est la fleur des enlacements amoureux.
La révélation par la jouissance sans la honte destructrice. Car nous n'avons pas à censurer le Dieu qui nous a donné les sens pour nous aider dans la préhension du monde matériel, qui conduit au monde spirituel. Il s'agit avant tout de se surpasser et ceci est plus douloureux qu'on ne le crois.
J'en faisais l'expérience, avec mon membre dur comme du fer. Pourtant les fonctions vitales de la vie, manger, déféquer et forniquer, sont toutes à l'origine des plus vives jouissances... S.Freud n'était pas seul à l'avoir découvert!
Les drogues mystérieuses de Doina étaient redoutables. Marcel commencait à faire la grimace, mais il lui était impossible de se retirer au propre et au figuré!
Heureusement l'aube aux doigts de fée vint à notre secours. Les premiers rayons du soleil carressaient la scène nous invitant à d'autres jeux... Doina interrompit les ébats, et nous conseilla d'aller nous rafraîchir. Elle proposat de nous retrouver un peu plus tard pour prendre un solide petit déjeuner.
La princesse Sylla était visiblement ravie et épuisée!... Nous avions battus un record, car même à Paris, centre du monde civilisé, nous n'avions pas vécus des instants aussi intenses et d'une telle qualité. Marcel était fatigué et soulagé...
Sa crise de priapisme était passée! Nous regagnâmes donc nos celules avec le sentiment du devoir accomplis... Il me fut impossible de trouver le sornmeil.
Quant à Marcel, je l'entendais ronfler dans sa seille d'eau chaude
tandis qu'une novices lui massait le corps avec une éponge.
Pour ne rien laisser derriere moi, papier, notes, etc... Je notais certaines dates pour les mémoriser, puis je les jetais au feu. Une heure est vite écou1ée, je devais aller à mon rendez-vous. Je laissai Marcel se dissoudre dans l'eau tiede.
En arrivant au réfectoire, tout était en place comme avant; les nonnes invisibles sous leurs capuchons... Avais-je révé? Doina le visage découvert me fit un certain sourire, je retombais sur terre!. ..
= Le moment est venu pour vous de découvrir certaines de nos particularités, dit-elle doucement en francais: Le couvent vit en partie du courrier des morts. En effet les pélerins et les gens des environs nous donnent une certaine somme d'argent pour que nous écrivions à leurs morts. C'est l'une des importantes activités des nonnes. A part cela les dotations sont énormes; nous possèdons dans toutes les capitales du monde des rues entières, même des maison de rendez-vous... Comme vous êtes Viennois je vous donnerai une adresse où vous serez toujours le bienvenu...Vous pourrez y assister au ébats sacrés s'il vous en prend l'envie. Le tissus de nos relations est très solide, des personnages de la plus haute importance nous donnent leur soutient sans restriction. Nous sommes plus puissantes que toutes les societes secrètes que nous avons d'ailleurs noyautées depuis leur naissance. J'entendis ces révélations avec stupéfaction. Comme tous les hommes j'avais sous-estimé les femmes...
= Tout le voisinage est au courant de ce qui se passe ici, continua Doina. Lors des nuits d 'équinoxe, nous ouvrons nos portes au peuple et vous pourriez difficilement imaginer ce qui se déchaine en nos murs.
Une ancienne tradition survit encore dans certaines regions de France au temps de Carnaval, on la nomme "Pourlechage" hommes et femmes se font joyeusement des langues fourrées, puis dans la plus vaste grange du village, la nuit tombée, toute la population profitant de l'obscurité complète, dans la plus grande confusion, jeunes et vieux au signa1 de " Attrape qui tu peux." s'accouple à qui mieux rnieux...
Ainsi la sagesse popu1aire évite les unions consanguines destinées à éviter les divisions des domaines; les fruits de ces amours anonymes appartiennent aux femrnes.
Pas un prince de l'église n'ose intervenir contre ces habitudes car elles sont plus fortes et mieux enracinées que les coutumes religieuses, entachées de superstitions et de croyances infantiles. Les longues périodes de chasteté préparent aux orgies les plus déchainées...
Aprés ces révélations, je pouvais plier bagages avec mes euphotriques et leurs minables subconcients... J'en parlai à Doina qui s'en amusa beaucoup. Elle m'encouragea vivement à continuer mon exploration dans les sous-terrains de l'esprit, car , dit-elle avec sagesse, il faudra bien comprendre un jour d'ou vient la violence et
le crime afin de les chasser du monde une fois pour toute!... Je lui demandai encore, si je pouvais prendre des notes et me construire une documentation. Avec raison elle m'y autorisa, disant en riant que de toute facon personne ne me croirait et que je me ferais assommer par les bien-pensants. Doina étais d'une sagesse et d'une cu1ture impressionnante pour une aussi jeune femrne. Elle m'emmena dans la bibliothèque ou elle me montra des exemplaires uniques de la litterature erotique. Un manuscript ètonnant, un carnet intime d.une des filles de Noé, une preuve de l'inceste sacré, de quoi clouer le bec des bigots qui rêvent d'un monde asexué, triste et sans
joie.
=Ces livres sont des cadeaux qui nous viennent des quatres coins du monde, me dit-elle. Ils servent à parfaire l'education de nos jeunes filles, qui, aussi complètement informées sont en mesure de s'asservir n'importe quel homme. Elle s'amusait de mon étonnement.
= Attendez mon ami, vous n'avez pas encore tout vu...Votre théorie des Satisphotriques et sa pratique... Elle ouvrit alors une porte dissimu1ée par une tapisserie ancienne, et nous entrâmes dans une sorte de chambre boisée.
Celle-ci était traversée en son centre par un long banc au siège bien rembouré tel un prie-dieu confortable. Le dossier était interrompu régulierement par de larges ouvertures rondes, et, un grand rideau dissimulait ce qui pouvait se passer de l'autre coté.
= Voici l'endroit ou les hommes de passage peuvent libérer leurs instincts sexuels. Les nonnes qui le désirent s'instalent ici le cu1 offert annonimement, et le passant peut se satisfaire, sans savoir avec qui il fornique. Le local est gardé par de redoutables matrones armées. Le "client" est examiné par l'une d'entre elles qui lui lave prestement le membre et le prépare d'une lègère branlette à accomplir son assaut. Ensuite, il doit payer une obole qui reviendra à la nonne lorsqu'elle quitera le couvent.
Ainsi plus d'une jeune fille se fait une jolie dot en quelques années; jamais nous n'avons eu de problèmes, de maladies ou de quoique ce soit... Il peut arriver que des nonnes soit enceintes. Elles peuvent accoucher ici. Elles sont dotées et peuvent faire ce qu'elles veulent de leur enfant, l'emporter... ou bien le laisser ici, où i1 recevra une excellente éducation. Les jardinieres et les gardiennes sont des enfants de nonnes!... Passant de surprise en surprise, je me demandais si je ne rèvais pas...
Je priai donc mon guide de me permettre d'assister discrèternent à une séance. A ce moment une novice entra accompagnée de deux robustes gardiennes. "Les mères terribles" dirait mon condisciple C.G. Jung. Doina souleva le capuchon de la jeune fille; un adorable minois de 16 ans à peine se découvrit à mes yeux: une blonde aux yeux bleus, timide, un peu gauche.
= Elle est un peu jeune pour un début, déclara Doina,
la novice fit une rnoue déçue. "Bon pour cette fois-ci
al1ons-y"
Les matrones placèrent la mignonne sur son banc, un ravissant cul blond et rose apparut dans les plis du rideau... La porte fut ouverte, i deux hommes attendaient. L'une des matrones fit entrer le plus âgé
le lava avec soin et le tenant par son membre préalablement huilé, le plaça derriere la fille. Elle aida l'introduction; le coït commença lenternent, gentiment.
L'adolescente dont je voyais le visage montrait tous les signes du plaisir le plus intense... Cela commencait à m'exciter... En peu de temps le vieux fut satisfait, suivit un lavage soigneux. L'autre homme entra il était plus membré que l'autre... L'acte se déroula plus vigoureusement, mais aussi rapidement.
Encore un gamin! La matrone le masturba si bien qu'en une minute l'affaire était faite...
= Cela suffit pour une débutante! Deux autres nonnes étaient prêtes, le cu1 offert aux assauts des clients de plus en plus nombreux. La matrone me voyant dans tous mes états me proposa de me calmer elle m'offrit le joli cul de la débutante qui rougit de plaisir. Je ne trainai pas, surtout que la matrone me faisait de délicieuses choses par derrière. Les affaires marchaient bien, les deux gardiennes étaient enchantées. L'assiette aux oboles était pleine, j'y déposai la mienne, une pièce d'or, qui fit très bon effet, à tel point que j'eu droit à un finissage dans la bouche de la débutante, qui me prouva qu'elle n'en était plus une. Doina avait depuis longtemps quitté les lieux.
Je rejoignis ma cellule le cerveau en ébullition. Je retrouvai Marcel dans la seille avec la novice. Ils dormaient tous deux comme des anges... Je rn'étendis sur ma couche et m'endormis profondement.
Douze heures plus tard, je me réveillai frais et dispos. Marcel était sorti de sa seille, mais sa nonne était encore là, en train de mettre de l'ordre dans la cellule. Pour ca1mer l'érection du revei1 dignement je convainquis la belle de rne pratiquer une fellation avec sa bouche purpurine.
Aprés ce petit intermède je sentis le besoin de m'activer, je voulais explorer les environs. J'étais avide d'air frais, de paysages doux comme les fesses de ma belle.
Je fis donc atteler. Mes cochers étaient rayonnants ils étaient enchantés du logis, de la cuisine, et du service des novices qui ne connaissaient aucun interdit...
Après tous ces excès, je me demandais si le moment n'était pas venu de prendre quelques vacances. Tant d'organisation, dans tant de désordres. Je me perdais dans un labyrinthe d'interrogations philosophiques et métaphysique.
Surtout pourquoi? Pourquoi personne au monde n'avait encore osé parler ouvertement de cette force sexuelle souterraine basique qui semblait dominer la société tout entière?
Après tout me dis-je prosaïquement, il est des tyrannies plus cruelles que celles du sexe. Si l'équilibre du monde en dépendait, il valait mieux me taire...
Je pourrais faire carrière avec de nouvelles théories sans mentionner l'existence de ce couvent! Je fis part de mes pensées à Marcel qui se disait aussi que la plus élémentaire prudence nous commandait la discrétion!
Avec la permission de Doina j'avais tout noté, ces notes resteraient secrètes. Elles pourraient servir plus tard, pour essayer de deviner la source de certaines complicités et alliances dans la grande politique internationale. Le genre d'information qui sert à savoir où l'on met les pieds!
Le moment était venu de retrouver Vienne, ensuite mon cher Paris, ville femelle, où je désirais compléter mes études sur les Euphotriques. J'étais impatient de rencontrer le bon Doktor Witz qui m'avait si aimablement recommandé ce couvent, il aurait sûrement pas mal de choses à me dire...
Lorsque je fis part à Marcel de ma décision, i1 eut de la peine à l'accepter, mais il dû se rendre à l'évidence que nous avions a faire encore pas ma1 d'études sur le
comportement des humains et leurs tabous...
J'avais l'intention d'aller visiter les Indes, où se trouve paraît-i1, des temples dont les prêtresses se prostituent pour plaire à leurs Dieux. Je pensais écrire un traité du sacré dans le sexe, et du sexe dans le sacré, afin de prendre place parmi les grands psychiatres.
Mais avant tout il fallait reprendre notre souffle et mettre de l'ordre dans nos notes... On ne peut tout avoir... Peut-être dans deux ou trois ans nous serat-i1 possible de revenir nous détendre chez Soeur Doina en "pratiquant" les futures maîtresses du monde, et lui communiquer nos découvertes, quoique je doute fort qu'i1 existe des mystères pour elle dans ce domaine particulier des sciences de la vie.
Munis de quelques adresses de personalités Viennoise qui nous introduiraient dans certains cercles trés utiles, nous reprîmes le chemin du retour par une belle journee d'automne. La route a travers les forêts fut un enchantement. Les couleurs du paysage, la gentillesse des paysans, les nuits pleines de surprises dans les auberges, firent de ce voyage une partie de plaisir...
A Vienne, je fis ma visite de courtoisie à mon maitre Sigmund Freud qui fut enchanté de mes découvertes. Il avoua qu'il rêvait ces derniers temps de saletés... d'excréments, qu'i1 appelait avec humour, sa Dreckologie...
Freud était avant tout un homme de cabinet, un scientifique, il ne traînait pas ses savattes dans le monde entier comme C.G.Jung.
Son sujet de recherche principal était avant tout lui-même. Quand il faisait une analyse c'était lui qu'il analysait. Moi je restai tourné vers le monde extérieur sans trop oser en tirer des conséquences universelles. Je n'étais qu'un modeste arriviste.
Je partageais le dégout de Freud pour le spiritisme et tous les cultes cadaveriques, qui intérressaient C.G.Jung.
L'amitié entre Freud et Jung commençait se lézarder, mais j'avais fort à faire avec mes recherches, pour me soucier de cela. Je trouvais C.G.Jung et ses Zurichois plutôt lourdauds.
Je pris mes quartiers dans ma maison familliale en dehors de la ville. Ma famille était heureuse de me revoir après tant d'années d'absence... Marcel s'occupait à mettre de l'ordre dans mes notes. I1 ne suffit pas de remplir des cahiers de reflexions intelligentes, il faut savoir qu'en faire!
J'avais le résultat d'une masse d 'expériences, mais il me restait a en tirer une ou même plusieurs théories bien fondées. Freud quand à lui, prenait ses distances, je savais que mes récits le préocupaient fort, mais il ne voulait pas m'aider, il attendait.
Je me décidai à tenter un essais sur l'inconcient collectif, et j'arrivai aux mêmes conclusions que lui. La violence et la mort! Inutile de fignoler une théorie semblable à celle de mon Maître; je devais trouver autre chose.
Les archétypes et le Dragon... C.G. Jung avait découvert quelque chose, je revisais bien vite mon jugement sur lui. J'aurais aimé écrire sur l'uti1isation du sexe comme : instrument politique et de domination; mais sur le fil du rasoir je risquais ma vie. Doina ne me l'eut jamais pardonné.
J'avais beaucoup appris et je devais garder le silence. Prudence et circonspection. En attendant j'envoyais des exposés aux revues psychiatriques, sur le sexe et les tabous re1igieux et autres balivernes.
J'avais du succès. car je ne dérangeais pas!. Un collègue Viennois apres avoir pub1ie un article sur l'uti1isation du sexe en po1itique fut retrouvé sauvagement assassine!. Un avertissement en quelque sorte.
Une de mes thèses: " Le masochisme dans les religions" fut très controversée... surtout chez les chretiens. Le christianisme est par exellence,une religion qui a débuté dans le sang, son rituel basé sur un rite canibale venant de Mésopotamie et sa tendance aux mortifications en font une religion parfaitement masochiste. Après cela on me donna une reputation de libre penseur, une vague odeur de scandale me suivait partout dans les sa1ons... J'attirais l'attention des femmes, dont dependent tous les succés... Un soir lors d'une réception, je fus presente à une duchesse trés belle et influente. Elle me fis des compliments et à travers l'une de ses phrases je devinai
qu'elle savait que je savais... Soeur Doina certainement. La belle aristocrate avait dû entendre parler de mes prouesses) car je fus rapidement mis en demeure de m'exécuter. L'opération eut 1ieu dans un petit salon discret... Durant l'approfondissement de nos relations, je fus atteint de priapisme... Heureusement non
douloureux!.. Ainsi, aprés deux heures d'exercices conquis-je la Duchesse qui finit par demander grâce! Embarrassé, je ne débandais toujours pas, mais je lisais dans ses beaux yeux bleus une admiration reconnaissante... Elle fini par aller chercher un autre baronne ancienne éléve de Doina, qui finit par dégonfler la chose...
Dix jours plus tard, je reçus le poste de chargé de recherches psychiatriques à l'Université; une planque qui me permettais de ne rien faire... et d'avoir par dessus le marché un assistant, ( pardon une assistante. ..) bien éduqute, amie intime de ma Duchesse et elle même Duchesse!... Une fois par semaine mon bureau, à l'Université était transformt en atelier de travaux pratiques; c'était délicieusement fatiguant. Il nous arrivaient parfois "d'experimenter" dans un bordel. Les belles Duchesses parfaitement masquées se faisaient un point d'honneur de se soumettre aux fantaisies les plus
délirantes des clients de la maison qui ne se doutaient de rien. Pour ménager mes forçes je laissais mon assistante "soigner" certains clients de son choix, thérapie toujours couronnée de succès...
M'éttant si bien introduit dans les familles influentes de Vienne, ma carriere s'annonçait brillante! La tuerie de 14-18 qui se déroulait très loin de Vienne au delà du Rhin avait eu la conséquence de ruiner une partie de la noblesse autrichienne. Dieu merci un de mes cousin, expert en questions financieres, avait sut préserver notre fortune famillia1e des banquiers kleptocrates. Elle était formée en grande partie par des actions petrolieres. Je n 'avais aucun souçis d'argent, ce qui me permettai de mener grand train... C'était le début des années folles, les voitures devenaient magiques, je parcourais l'Europe en tout sens accompagné de belles fernmes riches, prêtes atout, mais très coûteuses. Marcel m'accompagnait parfois dans mes voyages Euphotriciens; mon chauffeur etait une splendide jeune femme passionnée de mécanique qui nous accompagnait dans nos expeditions, elle était notre fidèle complice, et n'avait peur de rien! Je ne puis oublier sa coiffure à la. garçonne, sa silhouette mince, dans sa combinaison de. cuir épousant ses fesses en forme de pomrnes, ses seins d'albâtre mis en valeur par l'échancrure généreuse de sa veste. Le casque de cuir et les grosses lunettes lui donnaient l'aspect d'un insecte érotique.
Quand à mes Duchesses, les années passant, les rendaient plus mures et plus appétissantes; elles étaient toujours prêtes à de nouvelles expériences. Un jour alors que nous étions en pleine action, à quatre dans le vaste lit ancestral de ma bienfaitrice, j'entendis des rires étouffés et des chuchotements qui venaient de derriere une grande tenture juste à côté du lit, je m'approchai doucement. J'ouvris brusquement le rideau!. Devant mes yeux
étonnés je decouvris deux fillettes en bas blancs et chemisette.Je reconnus les filles de mes amies, l'effet de surprise fut tel qu'elles n'eurent pas le temps de cacher leurs charmes très bien développés pour leur âge. Roses de plaisir, les petites effrontees me firent un sourire ambigu et une révérence, puis elles bondirent gracieusement dans le lit défait par la tempête précédente. Aux éclats de rires de mes amies, je compris aussitôt que l'affaire était preméditée!
= Comme vous pouvez le constater, ces deux petites femmes sont mûres pour une initiation en règle, un spécialiste de votre niveau n'est pas de trop pour cette tâche délicate! Tout est permis sauf la défloration! Dans ce monde un pucelage est la promesse d'un grand mariage!
Dans ce cas, il reste pas mal d'endroits ou chercher le plaisir. Avant d'embrocher ces délicieuses poulettes, nous les baptisâmes "Belzacroquer" puis Marcel et moi aprés les ayant bien huilées, les enculâmes en douceur selon le rite des couvents mixtes du moyen-
âge. Aprés avoir tourné et retourné les Belzacroquer qui étaient insatiables comme leurs mères, nous fîmes un mémorable déjeuner au Charnpagne. Puis selon les voeux de nos Duchesses, nous avont pris l'engagement d'ernmener les jeunes filles au couvent de Doina pour un stage de dressage étape importante avant de les lâche dans le vaste monde pour la plus grande joie des Euphotriques. En attendant, les petites élèves furent bouclées dans leurs appartements jusqu'au départ. Je pense que les Duchesses étaient enchantées de se
débarasser de leurs filles, qui devenaient un peu trop encombrantes.
Marcel et moi allions apprendre à nos dépends que ce n'est pas une sinécure que l'éducation de deux jeunes filles sur-douées! Le contraste entre leur mentalité encore enfantine et leur aspect physique était saisissant. La traversée de la Roumanie dans ma Delahaye, accompagné des deux Belzacroquer ne fut pas de tout repos, aussi fûmes nous soulagés en appercevant enfin sur une colline la silhouette , majestueuse et sévère du couvent d'lndragosti. L 'habit ne fait pas le moime. Nos deux "apprenties" allaient y sejourner plusieurs mois pour un dressage complet...
Nous nous interrogions sérieusement Marcel et moi sur son utilité,
aprés ce qu'il s'était passé lors de notre étape à l'hôtel Gellert de Budapest...
Le soir au diner, sur la grande terrasse face au Danube, discrètement éclairee par des flambeaux, nous attendions nos compagnes, pour un dîner au Champagne. Elles se faisaient attendre, comme il se doit, Marcel attira mon attention sur l'étrange comportement de deux messieurs d'un âge certain, assis à une table voisine. Ils grimacaient comme s'ils étaient en train d'éjaculer. Je devinais immédiatement la cause de leurs mines satisfaites. D'autant plus que les Belzacroquer, trés à l'aise, sortaient de dessous la table en s'essuyant la bouche avec la nappe! Les deux Gentlemens se levèrent courtoisement les braguettes largements ouvertes, pour
baiser avec reconnaissance les douces mains de nos filettes.
Elles vinrent s'assoir à notre table sans même songer à essuyer la constellation de perles qui scintillait sur leur décoletés... J'en ai vu de toutes les couleurs, mais cette fois j'étais estomaqué... Qu'elles se servent de la soubrette d'étage pour toutes sortes de jeux erotiques, passe encore, nous finissions la partie ensemble. Mais encore un coup de ce genre et nous perdions le contrôle. C'est avec un grand soulagement nous avons passés la grande voute d'entrée du couvent. Mais nous nous étions rejouit trop tôt!
Aprés les démonstrations de joie des retrouvailles, les Belzacroquer furent confiées à Doina qui savait à qui elle avait à faire! La premiere séance de dressage se déroula au "Service publique". Marcel et moi avions finis par déflorer ces folles.. .Elles étaient certainement atteintes de cette hystérie de la fixation sexuelle demontrée par le Père Unbändig grand maître aux couvents de femmes de Croatie. Ayant assisté aux débuts de nos mignonnes
dans un "Service" bondé, nous reprîrnes le chemin deVienne...
Trois mois plus tard, je recus une nouvelle dramatique! Nos Belzacroquer avaient été enlevées par des clients de passage, sans doute enthousiasmés par leur performances...
I1 fallait agir rapidement sinon nous risquions de perdre leur traces à tout jamais. Elles-pouvaient être envoyées dans Dieu sait quelle harem, oû elles seraient trés appreciées par les satrapes d'Orient.
Nous sommes repartis Marcel et moi pour le couvent. Une course digne d'un rallye, sans pannes! Le ciel était avec nous...
A peine arrivés, nous apprimes que les Belzacroquer étaient probablement en Hongrie dans un bordel tres connu. Ayant levé des troupes dans le village, ce qui fut faci1e; nous sommes repartis sur les routes, avec la fougue et l'énergie des néophytes. Nous avons passé la frontiere sans problèmes. Nous arrivâmes le soir.
L'un de nous se présenta comme un client avide de chair fraiche. Au bout d'une heure nous étions fixés, elles étaient bien là. Il y avait quelques types à la mine patibullaire qui gardaient l'endroit. Ils étaient tellernent alcoolisés que ce serait un jeu d'enfant de les neutraliser.. Pour corser un peu cette expédition nous avons décidé de démolir cet endroit au ras du sol, après avoir libéré toutes les filles qui y souffraient.
Ainsi fut fait!.. Notre petite armée aprés avoir bien mangé et trés peu bu, passat aux actes! J'assistai éffaré au premier massacre de
ma vie. En dix minutes tout fut fini. Tous les souteneurs baignaient dans leur sang. égorgés, comme dans les histoires classiques et exemplaires!
Les filles furent ramenées sur les camions à la grande joie de nos mercenaires. Les retrouvailles avec nos héroïnes furent digne des contes de mon enfance, on pleurait, on riait. Pendant le retour nous nous sommes souvent arrêtés pour jouir de nos récompenses, je ne vou1ais plus les lâcher; nous sommes rentrés directement à Vienne.
Nos Belzacroquer étaient ravies de leur aventure elles n'avaient pas doutés une seconde que nous volerions leur secours. Tout est bien qui finit bien!
J'étais toujours installé à Vienne ou je poursuivais mes recherches. J'avais élargis mes études. J'observais la societé d'un autre point de vue que celui de l'Euphotricité. Mais je ne publiait que des cornmunications flatteuses pour le "grand monde" qui faisait ma reputation! Marcel était retourné à Paris pour y ouvrire un cabinet de psychiatrie. réservé cornme la tradition l'exige, aux gens riches qui peuvent se payer ce genre de traitement! J'étais si bien entouré et gâté par mes Duchesses que je restais malgré tout très étroitement en contacte avec les joies du sexe. Les miennes et celles des autres! Les Be1zacroquers ne s'étaient pas calmées pour autant, au ba1 des débutantes elles avaient montrés leurs splendides culs à tout le monde!
Il est vrais qu'il y a plus de culottes sous les kilts des Ecossais que sous les robes des jeunes filles au ba1 des débutantes! Les temps changeaient; cela n'avait même pas fait scandale; d'autres jeunes femmes pensant que c'était une nouvelle mode, ne se genaient pas pour éga1ement montrer leurs culs, avec la permission de toucher, en guise de prix pour l'innévitable tombola! Un prélat célèbre ayant abusé de vin de messe avait gagné un attouchement... Il déflorat par inadvertance une jeune Marquise de son doigt fureteur! Hélas il s'ensuivit une interdiction générale de ce genre de recompense! Le prélat en question devint le confesseur de la jeune Marquise, dont j'étais le psychiatre! elle etait bien encadrée. entre deux confesseurs! Ainsi j'en appris de bien belles sur 1es les specialites des pères de l'Eglise. I1 n'y a pas que des homosexuels dans ce milieu...La jeune Marquise s'etait specialisée dans le cunilingus. Elle passait des heures entieres dans les églises ou elle etait absoute sans réticence apres avoir prouve sa docilité et sa parfaite technique... Mes jeunes Duchesses utilisaient la Marquise pour se préparer à des choses plus sérieuses. La bonne societe était au courant de ces mignonneries, elle en profittait sans scrupule, tout le monde baisait avec tout le monde. La pédophilie était à la mode cornme dans l'antiquite; les moeurs de 1a Grece antique s'etaient parfaitement adaptées a notre societé. J'avoue que j'étais dépassé par les événements; i1 y avait bien sur des protestations, d'ailleurs vite étouffées.
La montée du Nazisme, pas seulement en A1lemagne, le faschisme en Italie, le Franquisme en Espagne. les campagnes anti-sémite. l'Eglise silencieuse, comp1ice peut-être?.. La danse sur le volcan!... Le nazisme allait changer tout cela? Sous toutes les tyranies les bigots pudibons et moralistes s'installent au pouvoir! La civilisation des branleurs et des criminels arrivait au pas de l'oie. On remplaçait le plaisir par la "Joie"... S'installait le culte de la force et du corps...Le sexe devenait "utile, famil1e et patrie! Un mot douteux: 'Treue" (fidélité) fit son apparition... Il n'y a pas de mots innocents!... Ce fut la devise des SS (SchutzStaffel) de sinistre mémoire! J'étais étonné par l'indifference de S.Freud, je le pressait de quitter Vienne ou i1 était surveillé par la police. Entouré par les loups!
Le Dr. Max Schur, son medecin privé, insistait aussi pour que Freud quitte l'Autriche. Je présentais une catastrophe. L'infection venait d'Allemagne, et gagnait l'Autriche! Il me semblait que rien ne pourrait l'arrêter. Je prenais Hitler au sérieux, non pas à cause de sa personnalité, mais parcequ'il semait sur un terrain favorable. Je connaissais l'hypocrisie allemande sous laquelle se cachait un anti-
semitisme sournois qui alait éclater au grand jour. J'étais aussi étonné par la betise de l'intelligentia Juive. Ceux-ci en tant qu'allemand se croyaient intouchables. On a vu ce qu'il est arrivés!... Parcourant l'Europe en tout sens, je remarquais des choses qui échappaient certainement à la plupart des gens. Une tendance à la cruauté, un développement des pratiques sado-masochistes, une augmentation de la pédérastie, de plus en plus de crimes horribles commis sur des femmes. J'en parlais à Freud, il rne prenai pour un aimable plaisantin, pourtant il explorait l'âme humaine, il savait bien ce qui s'y cachait!... J'avais écrit un article sur une renaissance possible de l'inquisition, une nouvelle sorte d'inquisition politico-religieuse, la main mise de l'Etat sur l'esprit des citoyens, etc... La rédaction ne m'adressait plus la parole, je recus des lettres de menaces. Je décidais de quitter Vienne pour Paris, avant qu'un fou ne me coupe la gorge! Au fond de mon coeur je gardais un grand amour pour la France, qui rne semblait le seul pays civilisé d'Europe.
Je m'installai a Paris!...Marcel fut enchanté par cette décision, il avait un cabinet de psychologie dans un quartier chic, et vivait entouré par une cour de charmantes femrnes du monde qui se disputaient ses faveurs. Il partageait mes souçis sur les menaces de guerre en Europe, mais il pensait qu'une guerre était impossible sur le vieux continent imprégné de toute les cultures du monde... Qu'elle illusion... Je ne demandai pas mieux que d'être rassuré...
Je continuais mes études sur les Euphotriques, qui heureusement, existaient toujours, maintenant haut, le flambeau du plaisir! La prostitution s'était démocratisée, il y avait des bordels pour les bourses modestes, pardon pour ce jeu de mot! L 'un de ces endroits se nommait "Le Sphinx" c'était un endroit affreux, de rninuscules
chambres, mal isolées, sales et tristes, même en Orient c'était rnieux! Les anciens établissements étaient heureusement toujours là avec de nouveau décors, de nouvelles filles, les manières étaient les mêmes!
Mon Hôtel particulier était trop grand. J'avais en permanence, les plus appétissantes de mes éléves qui annimaient le vaste immeuble de leurs cris de joies et de leurs courses effrenees à travers les nombreuses pieces lesquelles avaient chacune leur style particulier Le tout-Paris y partousait, masqué ou à visage découvert. Marcel se
demandait si c'etait le bon chemin pour faire des recherches sérieuses. J'élargissait le domaine de mes études, je me transformais en moraliste. Par chance je découvris le texte suivant qui m'ouvrit les yeux.
Citation: " Plus une cornmunauté est nombreuse, plus la sommation des facteurs collectifs, qui est inhérente à la masse, se trouve accentuée au détriment de l'individu par le jeu des préjugés conservateurs; plus aussi l'individu se sent moralement et spirituellement anéanti, ce qui tarit ainsi la seule source possible du progrés mora1 et spirituel d'une société. Dès lors, naturellernent, seuls prospéreront la societé et ce qu'i1 y a de collectif dans l'individu. Tout ce qu'i1 y a d'individuel en lui est condamné a sombrer, c'est-a-dire à être refoulé. De ce fait tous les facteurs individuels deviendront inconscients, tornberont dans l'inconscient; i1s y végéteront et s'y transforrneront selon une loi implacable en une manière de négativité systématique, de malignité principielle, qui se manifestent en impulsions destructrices et en cornporternents anarchiques.
Ces tendances deviendront agissantes sur le plan socia1, chez l'individu tout d'abord... certain sujets a tempérament prophétique deviennent l'instrument de crimes à sensation (Meurtre de roi,etc.) mais elles se font sentir chez tous de façon indirecte, à l'arrière plan, par une décadence rnorale inévitable de la société.
C'est un fait évident que la moralité d'une société, prise dans sa tota1ite, est inversement proportionelle à sa masse, car plus grand est le nombres des individus qui se rassemblent, plus les facteurs individuels sont éffacés et, du même coup, aussi la moralité, qui repose entièrernent sur le sentiment ethique de chacun et, par le fait rnême, sur la liberté de l'individu, indispensable a son exercice.
C'est pourquoi tout individu, en tant que membre d'une société, est inconsciemment plus rnauvais. dans un certain sens, qu'i1 ne l'est lorsqu'i1 agit en tant qu'unité pleinement responsable.Car, fondu dans la société, il est en une certaine rnesure libéré de sa responsabilité individuelle.
Ceci explique qu'un groupe important qui ne serait cornpose que d 'hommes exellents équivaudrait en tout points, pour ce qui est de la rnoralité et de l'intelligence, à une espèce de gros monstre, balourd, obtus, et sans discernernent.
Plus une organisation est monumentale et plus son immoralité et sa bêtise aveugle sont inévitables (Senatus bestia, senatores boni viri: les sénateurs sont des hornmes bons et le sénat est une bête cruel).La société en favorisant dans tout ses membres individuels automatiquernent les qualités collectives, laisse le champ libre, par le fait rnême, à toutes les rnédiocrités, cultivant à bon marché tout ce qui est en passe de végéter de façon irresponsable: dès lors l'oppressions des facteurs individuels est inéluctable. Ce processus cornmence dès l'école, continue au cours de la vie universitaire et imprime son sceau à tout ce qui, de prés ou de loin, concerne l'Etat. Plus un corps socia1 est petit, plus est garantie l'individualité de ses membres... plus sont grandes leurs libertés relatives et les possibilités d'une responsabilité consciemment assumée. Hors de la
liberté, point de moralité.
Notre admiration pour les organisations colossales s'arnenuise dès que nous entrevoyons l'envers de la médaille, qui est fait d'une accurnulation et d'une mise en relief monstrueuse de tout ce qu'il y a de primitif dans l'être humain , et d'une destruction inéluctable de l'individualité en faveur de l'hydre qu'est une fois pour toutes et décidement n'importe quelle grande organisation.
Le coeur d'un homme d'aujourd'hui, faconné sur l'ideal collectif rnoral rêgnant, s'est transformé en une "caverne de brigants", ce que l'analyse de son inconscient revêle de facon frappante, même si cet homme n 'est pas troublé le moins du monde.
Et dans la mesure ou il est normalement adapté à son entourage, les plus grandes folies, oui, les plus grandes infâmies commises par son groupe ne l'incornmoderont pas et ne troubleront pas, en apparence, la quiètude de son âme, pourvu que la majorité de ses concitoyens et de ses semblables croie à la haute moraité de l'organisation sociale rêgnante..." Fin de citation
Ce texte est de Carl Gustave Jung, un ami de Sigmund Freud! Je
compris immédiatement, qu'il était trop tard pour arrêter la machine infernale, i1 fallait tout abandonner le plus vite possible.
Je rentrais à Vienne, pour essayer de sauver mes amies et convaincre S.Freud de partir pour l'Angleterre où il avait de l'argent et des amis!...
Mes Duchesses ne risquaient rien pour le moment mais pour Freud, il fallait le sortir d'Autriche!
Heureusement il se passa quelque chose d'extraordinaire! Après L'Anschluss, chaque entreprise en Autriche, eut son "Nazi-Kommisar" c'était souvent un ancien employé ou quelqu'un qui connaissait bien l'affaire ou l'industrie en question.
Le fait que Sauerwald docteur en chimie soit devenu le commissaire du "Psychoanalytischer Verlag" est une de ces malices du destin... Il était expert en explosif... Au début
il se conduisit comme la vraie brute qu'il était censé être; il était plein de haine et de mépris. Il critiquait sévèrement les Drs. Hartmann et Sterba ( qui n'étaient pourtant pas juifs!) de s'être mêlés à des " Jüdische Schweinereien." Mais petit à petit les choses
changèrent. Comme son travail l'ennuyait, il se mit à lire les oeuvres de Freud, par curiosité d'abord, puis par intérêt pour des travaux qui 1'impressionnaient.
Ce fut ensuite la personnalité même de Freud qui le frappa. Il devint extrêmement utile. Il usa de l'influence considérable qu'i1 avait auprès des nazis pour faciliter l'immigration de Freud, de sa famille et son entourage immédiat. I1 agit en collaboration constante avec le Dr Indra, l'avocat "nazi" de Freud (qui n'était nazis que de nom...)
Vers la fin, nous ( les amis de Freud ) apprîmes que Sauerwald risquant sa propre sécurité, avait effectivement découvert le document prouvant que Freud avait de l'argent à l'étranger, mais qu'il l'avait caché au risque de sa vie.
Plus tard, il surveilla personnellement l'emballage des affaires de Freud, notamment de ses livres et de sa collection d'objets d'art. (achetée par Marie Bonaparte aux dirigeants SS)
Après le départ de Freud, le 4 juin 1938. Sauerwald, s'occupa des sœurs âgées de Freud et leur rendit souvent visite. Elles ne voulaient absolument pas quitter Vienne. Ce n'est qu'après que Sauerwald eut été incorporé dans l'armée allemande que les vieilles dames furent envoyées dans des camps d'exterminations.
Etonnante histoire! Je savais par ma Duchesse que Marcel et rnoi étions surveillés par la Gestapo. Heureusement, nous étions sous la très efficace protection de nos Duchesses. Pourtant, un jour après une séance particulièrement réussie dans mon bureau.
Ma Duchesse, dont je tais le nom pour des raisons évidentes, m'annonça que nous allions partir en vacances, l'air étant devenu irrespirable à Vienne. Par un beau jour d'été. Nous nous sommes embarqués à bord de L'Hispano-Swiza de ma bienfaitrice. Marcel, mon assistante, et les deux filles de nos Duchesses qui promettaient de devenir aussi dévouées à la cause de l'euphotricité que leurs mères.
La Duchesse, abandonnant son chauffeur nazi, conduisait à tombeau ouvert, nous passâmes la frontière sans même nous arrêter! La Duchesse avait graissé la patte d'un ponte SS. Ces gens aiment
l'argent autant que la guerre...
Direction Capri, ou mon amie avait un Pied-à-terre de 18 pièces avec vue sur la mer... Notre voyage en Italie fut sans histoire. Deux
fanions à croix gammées flottaient au vent sur les gardes boues avant de la limousine nous ouvrait le passage mieux qu'une escorte armée. L'Hispano en avait des nausées.
Qui se serait douté que ce beau pays se préparait à la guerre. Mon assistante la main de Marcel sous sa jupe, se réjouissait de pouvoir s'envoyer des beaux militaires Italiens!
La Duchesse ne disait mot, mais l'éclat de ses yeux présageait' de belles nuits. La villa était grande et luxueuse, et elle jouissait d'une
réputation internationale.
Tout y était grand... Les réceptions, la qualité des invités et de la cuisine. Pendant le voyage la Duchesse me mettait au courant des potins du coin...
Assez coquine la vie des puissants de ce monde en perdition! Elle ne craignait qu'une chose les fascistes homosexuels qui adoraient torturer les femmes, i1 courrait à leur sujet d'horribles histoires de jeunes femmes dont on ne retrouvait que les débris a moitiés dévorés par les chiens des SS allemands qui encadraient pendant leur permissions les fascistes névrosés... Les choses allaient mal en Italie, à donner froid dans le dos.
Dès notre arrivée nous nous lançâmes dans l'organisation de la maison. Apres trois jours, la meilleure amie de la Duchesse, proche des Gangi; ouvrit les hostilités par une premiere réception. Il nous fallait compter nos amis, même les innocents italiens ne faisaient pas le poids en face des fascistes et des nazis.
En voici la liste: ( chez les Gangi.) Je la donne sans scrupule, tout ces monstres sont tombés dans la poubelle de l'histoire.
Il y avait: Sorentino un journaliste fasciste. La Baronin Storer, la femme de l'ambassadeur d'Allemagne en Espagne, une ancienne du couvent! La Baronne von Sturnin, sœur de Bismarck. Paul Ruegger ministre de Suisse en Italie. Spisani, agent de la Petacci, ( amie de Mussolini ) maître de danse de troisième ordre, pour ne pas dire maquereau. Carlo Goldoni qui était sorti de son tombeau pour écrire une sinistre farce sur cette société si mélangée... Et le troupeau de lécheurs. Un régiment de souteneurs et de putes pour décorer les fonds et la terrasse avec vue panoramique sur la mer. La Petacci amie de Benito ne put venir mais son bâilleur de fonds Buffarini était là.
Tout ce beau monde ne se sentait plus d'orgueil et de prétention on se serait cru sous la terreur du directoire de la Révolution française avec la nouvelle Noblesse d'Empire malfamée qui était pire que l'autre.
Les Inc/oyable et les Mév/eilleuses (Sans la lettre R...) Pitoyables pantins...
Uniquement préoccupé par mes recherches sur le bon côté des humains cette nouvelle société me terrifiait. Je détestais la cruauté, et je voyais sous mes yeux effarés monter au pouvoir le monde le plus cruel de l'histoire!
Je me promis si je m'en sortais de raconter toute la vérité... Mais revenons à nos nouveaux riches... Passons sur la réception qui fut comme l'on dit, réussie! La préoccupation de la Duchesse était de savoir si nous allions avoir la guerre ou non. On était en 1939 et l'Europe croyait encore aux inepties de Chamberlain, disant
"Il n'y aura pas de guerre " après avoir donné le continent aux nazis...
Je préparais donc mon départ... Première destination l'Angleterre, Londres... où mon ami S.Freud était enfin arrivé, il était paraît-il au plus mal. Je désirais le voir encore une fois, avant mon départ pour les USA, où j'avais transféré ma fortune depuis des années. Marcel viendrait avec moi. Mes quatre Duchesses désiraient aller en Sicile ou elles avaient un palais et une plantation d'oranges! Je crois qu'elles ne prenaient pas mes avertissements au sérieux, elles avaient cette confiance inébranlable en leur bonne étoile. Moi j'étais plus fragile, je devais m'échapper!
C'est à ce moment qu'à Salzburg, se signait l'alliance entre l'Allemagne et une Italie réticente. La guerre était déjà là! J'appris par la sœur de Ciano, gendre de Benito que celui-ci avait demande à Ribbentrop dans le jardin de Fuschl:
= Alors Ribbentrop, que voulez-vous? Le corridor ou Danzig ?
= Trop tard; dit Ribbentrop avec son regard glacé, maintenant, nous voulons la guerre!
Les Italiens allaient être traités comme des valets, esclaves du futur grand Reich.
Un Yacht appartenant à Lord Bigtail nous prit à bord, Marcel et moi. Ultime et mélancolique souvenir de Capri: j'appercevais en m'éloignant de la rive; les blondes chevelures de nos Duchesses; nos adorables compagnes qui agitaient leurs mouchoirs jusqu'à ce que la brume légère qui couvrait la côte efface ce tendre adieu. Pour la première fois je vis des larmes dans les yeux de Marcel.
Quant à moi, n'en parlons pas! J'étais bouleversé. Nous apprîmes l'invasion de la Pologne sur le bateau. II faisait beau, un temps de vacances et de joie de vivre! Je me rongeais les sangs en pensant à tout ce que je laissais derrière moi.
Les ponts étaient coupés. Lord Bigtai1 qui m'avait pris si gentiment à bord était certain que l'Angleterre allait déclarer la guerre à l'Allemagne, il ajouta que ce serait un désastre terrible et sanglant! L 'avenir devait lui donner hélas raison.
Précédant notre arrivée à Londres, l'Angleterre et la France avaient déclaré la guerre à l'Allemagne! Tout ce que nous avions craint était donc arrivé. Je me remémorais sans cesse cette dernière image: les silhouettes de mes Duchesses se fondant dans la brume, comme un mirage des temps heureux, j'en étais obsédé. Je me foutais bien de la politique. Ce qui comptait pour moi c'était ma famille et mes amis à Vienne; je pus téléphoner, j'eus des nouvelles rassurantes sur leur sort, puis ce fut le silence.
Malgré cette situation historique; je décidais de séjourner un certain temps en Angleterre, pays que je ne connaissait pas. Il me vint aussitôt le désir de faire une étude sur le comportement sexuel des Anglais en état de guerre.
J'entrais en contact avec le Dr. Behaviure inventeur du Behaviurisme grâce à mon ami et maître S.Freud, qui allait au devant d'une nouvelle opération. Le pauvre avec sa prothèse de mâchoire répandait une telle odeur que même son chien le fuyait
Son médecin et ami le Dr. Schur qui veillait sur lui, avait bien du
courage. Freud fumait des cigares soi-disant inoffensifs. Il lui était impossible de s'arrêter de fumer. Il préférait en crever!...
Marcel, se sentais bien seul, il parlait très mal l'Anglais. D'ailleurs dès que nous disions quelques mots de français nous étions entourés de visages méfiant l'espionite régnait en maître...
Lord Bigtai1 m'avait obtenu un papier qui me faisait " Invité de l'Académie des Sciences Royale" évidement.
Je vivais dans un hôtel convenable avec Marcel qui ne quittait guère sa chambre, il mettait de l'ordre dans mes innombrables papiers...
Les notes et les analyses... de quoi publier au moins trois bouquins sur la question!
Freud m'avait surnommé le gentil plaisantin, il avait de l'humour et aimait bien mon terme d'Euphotrique. Bon; je restais en surface, je le savais, lui allai en profondeur.
Il découvrait dans le marécage de l'âme humaine d'horribles choses qui n'on pas étés publiés, heureusement, car les vérités à ce niveau sont insupportables! Il m'arriva un jour de lancer une boutade qui horrifia mon maître: Comme il se plaignait des faibles progrès de ses patients, je lui fis remarquer qu'il les traitait par une
lente découverte de la vérité; ors celle-ci n'étant pas acceptée sans réticence, il ferait mieux de les soigner par la magie... Freud eu l'air stupéfait. Il murmura "le transfert " c'est ça la magie. Je le sais depuis longtemps, oublions voulez-vous!...
En tant qu'invité de l'Académie des sciences et protégé par le Dr. Beaviur j'étais reçut dans l'un des clubs les plus huppés et les plus ennuyeux de la capitale.
Un soir la discussion prit une direction politique thème toujours soigneusement évité par ces parfaits gentlemen... Je ne sais qui aborda le drame des démocraties leur effondrement.
Je perdis patience et expliquai à la docte assemblée que ce mot de démocratie était vide de sens; dans le monde il n'y en n'a jamais eu, à Athènes moins qu'ailleurs, où 40% de la popu1ation était réduite en esclavage 20.000 citoyens et 20.000 esclaves! Et les femmes avaient moins de valeur que des chèvres.
Que notre sacrée civilisation capitaliste n'était qu'une plutocratie déguisée en démocratie et qu'un pays qui "possédait" des colonies ne pouvait être une démocratie..
J'ajoutai pour m'enfoncer davantage, que le monde Arabe ( très à la mode) avait hérité de la Grèce Antique sans en avoir ni la culture ni l'intelligence!
Marcel étonné se demandait quelle rnouche m'avait piqué. Après cette tirade je ne fus plus invite dans ce club de momies sous-produit des écoles anglaises qui sont complètement surfaites.
Ces gens n'ont que des diplômes... et rien dans la tête, si ce n'est un fatras d'idées toutes faites. La créativité est écrasée par la "Tradition" une tradition qui ressemble assez aux coutumes des tribus nègres ou au carnaval de Rio, sans parler des cérémonies infantiles des Boy-scouts!
Après cette soirée je pensais en avoir fini avec les Anglais. Mais point du tout. Je devins la coqueluche de ce qui restait de mondanités permises en ces temps troublés!
Le masochisme des classes supérieures sans doute! En tout cas, la chair y était maigre ; La cuisine anglaise aggravée par les restrictions!
Je ne donnais pas cher d'un pays qui se nourrit si mal! Hitler allait les mettre en pièces... Marcel toujours chanceux avait réussit à séduire une riche baronne, un peu rustique, veuve, pleine de vitalité.
Les méthodes "épicées" dont usait mon assistant à son égard, avait fait merveille dans le lit à baldaquin de la dame. Ce lit ou des dizaines d'ancêtres à la mine patibulaires sûr de leurs droits et privilèges, avaient rendu leurs âmes au diable, avec leur éternel nez en trompette et leur moue dédaigneuse. Ayant découvert que la chère baronne possèdait de vastes terres et un château à l'architecture cauchemardesque Anglaise, invivable et inchauffable hanté par toutes les frustrations vénéneuses cultivée par l'honnorabilité à tout prix, nous nous fîmes immédiatement inviter en faisant miroiter la bonne cuisine érotique française... La Baronne qui n'en demandai pas tant, accepta avec joie...
Il ne restait que quelques chasseurs âgés et rhumatisants dans les environs, ce qui avait pour conséqence de faire sauter le gibier dans les casseroles de Marcel, qui était un cuisinier ors pair.
Un soir attiré par l'odeur d'un civet divin un voisin vint timidement en demander la recette, or cétait le Baron de Deephole, famille ennemie jurée depuis 600 ans, qui pour avoir une invitation à dîner enterra la hache de guerre sans scrupu1e... Marcel avait réconcilié les familles. La Baronne en avait un oeil humide d'émotion. Le Baron Deephole bafrait sans un mot ce qui chez ces gens est le signe indubitable d'une certaine émotion...
Malgrés tout ces agréments je ne perdais pas de vue mon projet de rejoindre les USA. En effet les chances de l'Angleterre me semblaient très minces! Les opérations tournaient mal en France, la débacle... En peu de temps toute l'Europe fut aux mains des Allemands; comme je les connaissait, je savais que l'Europe serait reduite en esclavage, la situation me paraissait sans espoir!...
Du point de vue de mes recherches, rien à me mettre sous la dent. Mes notes et papiers étaient en ordre, je les mis dans le coffre de la Baronne; et cherchai le moyen de quitter I'Angleterre ce qui n'était guère facile.
Ma bonne étoile me fit trouver une cabine sur un navire marchand. Je m'embarquai donc en compagnie d'une bande de jeunes pilotes Anglais qui allaienit se perfectionner aux USA.
Le voyage fut joyeux, la cuisine parfaite. grâce à un maître coq francais. Enfin, un matin à l'aube, m'apparurent les silhouettes de la statue de la Liberté et des grattes-ciels de Mannhattan.
Je dus patienter très longtemps, tandis que de soupconneux fonctionnaires vérifaient si je n'étais pas un espion nazi.
Enfn, grâce à l'amabilité de deux professeurs d'université qui apposèrent leurs signatures sur une décharge, comme pour un colis comprornettant, je fus rendu à la liberte!
Le nouveau monde m'ouvrait les bras, j'étais loin de la guerre, un immense terrain de recherches m'attendait... Les Euphotriques Américains. Je regrettais Marcel qui était resté avec la Baronne. Il allait étudier l'évolution des moeurs Anglaises durant cette guerre. Il aurait fort à faire, en effet la révolution sexuelle allait éclater, non pas en Europe, mais aux USA.
Je compris vite que j'aurais de la peine à m'habituer à la vie Américaine. New York me fit horreur, il y manquait la " Gemütlichkeit" dont j'avais besoin. la vie y était brutale sous le sacro-saint prétexte de la libre concurence. Je n'y restais que peu de temps car l'un des deux professeurs qui m'avaient accueillis, voyant dans quel état j'étais, me suggéra de visiter la côte Ouest. Il me fournis les adresses de psychiâtres célèbres qui m'ouvriraient les portes de tous les riches névrosés de la côte, en commencant par Hollywood, où se concentrent toutes les névroses de l'ancien continent et celles rnoins cruelles des naïfs Americains. Aprés un voyage enchanteur en train, j'arrivais à Los Angeles. L'Europe était sans intérêt pour les Américains. Le pays sortait d'une grave crise éconnomique et la seule chose qui comptais était la fourniture d'armes pour l'Angleterre. Je renoncai à parler de la guerre et me concentrai sur les humanoides americains m'efforçant de comprendre leur cornportement.
Je constatai que sous le mince verni de la pruderie
Anglo-Saxone se cachait un féroce appetit de sexe, réprirmé par quelques premiers colons puritains sans doutes, en ces temps heroique les chevaux et les femrnes étaient sacrés. Hollywood vivait de ces vieux tabous, leurs films fabriqués sur un même schéma avaient un succès prodigieux.L'argent coulait à flot. J'allais en profiter en fouillant sans scrupules dans leurs cerveaux et leurs
porte-feuil1es. Je me mis en quête d'un endroit privilégié pour observer les us et coutumes de ces déracinés venus de tout les horizons.
Je donnai des conférences sur l'Euphotricité et j'obtins à ma grande surprise un certain succès. Surtout auprés des femmes. Dans ce pays c'est vital. Un soir aprés ma conférence, dans le brouhaha d'un cocktail, je rencontrai une trés belle femme, épouse d'un milliardaire Texan. Elle me chuchota à l'oreille:
= J'ai fais mes études dans un couvent en Roumanie. je connais bien l'Europe et la dite haute société.. Je la connais aussi par ce que vous nommez l'Euphotricité... Mon sang ne fis qu'un tour!... Je murmurais à son oreille belle comme un coquillage d'amour:
= Connaissez vous Doina ?
= Comme une soeur, mon cher, j'ai deviné que vous saviez quelque chose, je suis votre complice, demandez-moi tout ce que vous voudrez!
Ma chance m'avait fait rencontrer une élève de Doina, riche et influente. Je sentis par un chatouillement au bas des reins que je venais de gagner le gros lot.
J'allais cornmencer une exploration de l'âme Américaine comme personne n'en avait eu l'occasion. La psychiatrie avait beaucoup plus de succès aux USA qu'en Europe; évidement en Europe on avait autre chose à faire qu'a se raconter sur des sofas! De gigantesques massacres etaient en train de s'organiser. Un pays
moderne comme I' Allemagne, sornbrait dans la barbarie comme jamais dans l'histoire des horreures de l'humanité... Aucune psychiatrie n'était en mesure d'expliquer ce phénomène. L'Europe était malade et elle adorait sa maladie. Je pensais que ces massacres avaient pour cause profonde un complexe de domination, élémentaire, primitif, lié à la volonté de puissance qui s'harmonisait avec des intérêts politico-financiers.
Par manque de science et de culture on recourait, à la guerre, moyen facile de résoudre un problème, en le supprimant!
La religion de par ses fondements: "autorité par la force" était prédestinée à participer à l'élimination des "obstacles" par tous les moyens, pressions, menaces, chantages, croisades et guerre sans pitié...
Se boucher les oreilles et se fermer les yeux ne servirait à rien on doit accepter qu'une casserole explose sous la pression de la vapeur
s'il n'existe pas de soupape!... Je voyais la soupape sous la forme d'une plus grande liberté sexuelle. L'assouvissement étant la soupape qui empêcherait l'explosion. Théorie à laquelle je ne croyais pas vraiment!
D'autres éléments faisaient encore le fond de mes conférences. J'avais du succès, mais ce n'étais pas suffisant pour faire entrer les USA dans la guerre!
Les Americains avaient leurs souçis; aprés le crach et la crise, la guerre en Europe était la bien venue, on parlerait des complexes plus tard.
Mes Euphotriques, amusaient les gens, malgrés les tabous sexuels! Tous les gens aisés se faisaient analyser, la mode était a l'étalage de ses complexes. Il y avait un marché énorme dans l'exploration du subconscient et la fabrication des armes. Le sexe et la mort! Freud avait raison!
Dans le tréfonds de l'âme humaine s'agittaient des monstres. Souvenirs marécageux des sauriens que nous étions, il n 'y a pas si longtemps. Tous les refoulements que la religion croyait avoir maîtrisés faisaient à nouveau surface... Balayant des siècles de fausses civilisations décoratives, pour installer une morale d'Etat instigatrice de l'anéantissement de peuplades entières au nom de la loi du plus fort.
Ma charmante milliardaire savait tout cela et aussi pas ma1 d'autres choses encore! Son mari était une brute, joviale, totalement inculte; mais il était tres généreux.
Quand je proposai de fonder un institut Psychiatrique Mondial, il sorti son carnet de cheque sans dire un mot, Quand je vis le chiffre, je faillis tomber a la renverse; je suis riche, mais un pareil chèque ne m'était jamais tombé sous les yeux! Je fis a mon tour un chèque plus modeste. Et comme par enchantement deux mois plus tard, j'avais sur ma table une maquette du futur institut, situé sur la côte avec vue sur la mer, à quelques pas de Hoolywood, système William Reycht anti-tremblements de terre! On allais pouvoir étudier le psychisme humain, pas seu1ement l'Euphotricite, département qui m'étais réservé.
J'aurais aime avoir Marcel auprés de moi, mais il restait avec un certain général de Gaule rescappé de la cuisante défaite Francaise. La France avait fait ce qu'elle avait pu mais avec les formidables crétins qui la dirigeaient, il n'y avait aucun espoir!
A mon côté j'avais ma nouvelle amie Gyp, étrange nom venant du fond des âges. Elle dirigeait le département des Satisphotriques engageant sans restriction tous les partouseurs de la côte West à venir se défouler dans nos laboratoires splendidement équipés par les meilleurs decorateurs d'Hoolywood!
On étudiait l'influence du décor sur les performances sexuelles, c'était variable, le décor "cuisine familliale" avait un franc succès, de même " la voisine de palier" en passant par la classe enfantine, la fête de Noël, le Metro, le bureau, le bordel du Far West... J'en passe et des meilleurs!. Le truc important, le bidule moteur stimulant, était, comme dans la haute antiquité... le changement!
Mais dans ce pays de sectes et de bigots, on devrait attendre encore longtemps pour voir les choses en face. Sous divers prétextes nous montrions des films très scabreux aux millieux scientifiques, qui ne tarissaient pas d'éloges pour nos recherches. Evidement, il y avait parfois des dérapages, surtout dans les famille pressées de pratiquer l'amour libre. Nous devions nous défendre contre nos prosélytes, car ils nous mettaient en danger, face aux lois très strictes des USA...
Pendant longtemps, je n'ai eu aucune nouvelles de mes Duchesses... Elles étaient sans doute toujours en Italie... Je chargeai un agent Italien trés éfficace recommandé par Gyp, de les retrouver, et de les ramener à tout prix.. .
L'agent me donnait une impression favorable, je lui dit encore pour le motiver qu'i1 n'aurait plus jamais de soucis financiers de sa vie en cas de réussite. Donner des garanties de ce genre à un fasciste était assez risqué mais les fascistes étaient très puissant en Amerique...
L'argent est le moteur du monde, plus encore que le sexe. L 'argent serait déposé dans une banque suisse qui comme toutes les banques n'avait pour morale que quelques misérables commissions.
Grâce à cette pluie d'or, je fus vite informé. Mes Duchesses etaient toujours à Capri, elles s'apprêtaient à s'embarquer accompagnées d'une escorte de po1iciers corrompus.
Première escale Alexandrie; où elles trouveraient un navire pour l'Angleterre. Ensuite, pas de problèmes pour venir enfin me rejoindre. J'étais malade d'impatience. Gyp, ma milliardaire se réjouissait aussi de faire leur connaissance. Elles n'avaient pas été ensembles chez Doina! L'idée de butiner deux ravissantes Duchesses Autrichiennes et leur filles lui donnait la fièvre.
Malgrés mes lettres à Freud pour le faire venir, je n'avais aucun succès, i1 avait été aux USA en 1909 et il détestait ce pays, je ne sais pas trés bien pourquoi.
Je crois qu'il n'aimait pas la farnilliarité des Americains. Personnellement je m'y suis habitué avec le temps. Il est possible de faire l'analyse d'un Américainn dans un ascensseur, car ils sont prêt à se raconter à tout le monde, et dans tous les details. Ma chère Gyp. me racontait les potins mondains. J'avais ma ration de meurtres, de viols, d'incestes... La societé tout entière était malade; mais pas si gravement qu'en Europe, ou tout finissait dans un bain de sang!...
Le comité qui présidait aux destinées de mon Institut était un ramassi de voleurs et d'assassins cornme on en voit au cinema; assez pitoresques dans l'ensemble. Pas grand chose à tirer de gens insensibles et frustes. J'avais rnis au point une méthode pour déceler les déséquilibrés; il y en a beaucoup dans le coin; j'avais établis un barême. Si un patient pouvait ecouter le quintète de Schubert "La truite" plus de deux fois... il s'agissait d'un débile léger; plus de trois fois un vrais débile, plus encore: un débile grave; dégats irréparables!... Sans parler des interprètes...
Ma méthode faisait fureur, cela permettait d'élliminer au départ les incurables et les fanatiques du Bolero de Ravel. Je ne traitais que les gens fortunés et inocupés, ce sont ceux qui payent le mieux; en général quand nous avions par hasard un patient arrivant à la fin de ses moyens financiers, fait rarissime, il était declare guèri.
Ceux qui souffraient vraiment de troubles névrotiques graves, je les mettais dans un groupe d'Euphotriques pendant quelques jours!... Après avoir baisé une fille aux gros seins en l'appelant maman; et s'être fait torturé par une masochiste bien bâtie et lesbienne; mon patient se sentait beaucoup mieux et prenait un abonnement pour une année!... Quand aux incurables pères de famille autoritaires, je les dirigeais vers une secte military-masochiste, les USA en sont le terrain de prédilection!
Je caressais l'idée de créer un couvent dans le genre de celui de Dorna; mais pour cela il eut fallut du génie! Je dois reconnaître que cette qualité me manque totalement... L'américain n'est n'est pas amateur de dévergondées de haut niveau, la moindre des salope lui suffit. Un stage dans un "Bordel-Traveler-Car" par exemple suffisait largement à une fille ambitieuse pour apprendre les trucs
minables qui plaisaient aux americains. Ici on n'était pas exigeant.
Dans les "Partys" je rencontrais beaucoup de ces demi-mondaines. sans niveaux, vulgaires et stupides qui avaient mis dans leurs sacs à mains des multiples millionnaires aussi bornés qu'elles. Dans l'ensemble hélas la rnédiocrité régnait. Mais il faut avouer que je préférais cette médiocrité à la civilisation du crime qui s 'installait en Europe!
Je ne sais comment je me suis retrouvé embrigadé dans un système gouvernemental consacré à "La guerre psychologique"
Un gadjet, comme ils disent! Impossible de refuser; il y avait ma naturalisation à la clef!
J'étais sensé former des individus capable de convaincre des gens pas du tout convaincus, de faire n 'importe quelle imbécilité, et ceci à volonté, et dans la durée... Un programme naïf s'i1 en est. N'importe quel soldat se trouve à la merci de ses suppérieurs et fait n'importe quelle stupidité au nom de la discipline et de l'honneur.
Je me mis au travail sur des gens pas trop dociles, j'inventais le soi-disant lavage de cerveau en usage dans la psychiatrie avec quelques termes pseudo-scientifique pour emballer le tout!
J'avais une théorie fumeuse exellente pour les militaires, qui on le sait, aiment les raisonnements simples, pour ne pas dire simplistes...
Malgré tout, je tentais d'expliquer que les deux qualités américaines qui ont fait sa puissance, sont tout a fait suffisantes, c'est à dire le chantage et la violence.
Peine perdue, les crédits étant votés il fallait aller jusqu'au bout
même si ce n 'était qu'un cu1 de sac.
Leur argument était qu'il était plus rentable de convaincre les gens, car une fois convaincus, ils marchaient tout seuls et même gratuitement. Que répondre à cela?
Le programme à incruster dans le plus de cerveaux possible, tenait en quelques phrases: La patrie, la religion, le capitalisme, puis ensuite tout ce qui n'est pas Americain, est de la merde!
Difficile de répondre à cela. Quand on voyait ce qui se passait en Europe. L 'épiphénomène de ces recherches, j'ai découvert que le système peut être utilisé dans les grands magasins pour activer les ventes. Je ne me doutais pas du succès de cette découverte. Sinon je
n'en aurais pas parlé; je pensais naïvement que la vente
stimulée est un instrument comme un autre pour augmenter le chiffre d'affaire; aux USA ce genre d'idées permet de faire fortune, mon petit manuel de pression psychologique fit ma fortune j'étais devenu le donneur de conseils des entreprises de vente de toutes sortes du dés à coudre au camions de cinquante tonnes. J'étais devenu l'oracle du Business! J'échappais de justesse au prix Nobel, qui était en panne pour cause de guerre heureusement...
J'étais une Star... Malgré cela j'avais l 'impression de perdre mon temps. Je n'avait qu'une idee en tête, revoir mes Duchesses et jouir du luxe, du calme et de la volupté que j'avais bien mérité... En attendant j'aménageais leur habitation... Pas du tout modeste, j'avais les moyens de construire un palais, j'avais achete un studio de fi1m comrne ça en passant, aussi utilisais-je les talents des décorateurs pour construire un palais dans le style Italien qu'aimaient mes
Duchesses. I1 y avait une piscine devant la mer entourée de scuptures, un jardin secret, des pavillons voluptueux. Enfin tout le décor nécessaire aux gens cultivés et sensuels.
Fina1ement je reçus deux bonnes nouvelles: mes Duchesses arrivaient, elles naviguaient sur un cargo venant d' Angleterre. Et grâce aux chers Japonais les USA entraient enfin en guerre...
Je reprenais espoir. Cette fois c'était la fin pour les nazis; une question de temps; les nazis americains subventionnés par Henri Ford étaient muselés, le danger s'écartait. Et comble de chance j'etais devenu Américain, je ne risquai plus d'être interné à cause de
mon origine Autrichienne. Les laponais jouaient de malheur, ils étaient entassés dans des camps comme des pestiférés. Même s'ils étaient Américains depuis des générations.
Enfin, mes hautes relations et une poignee de dollars avaient porté leurs fruits. Mes Belzacroquer débarquaient reçues à l'Americaine avec fanfares et fleurs comme des vedettes. Gyp avait arrangé une réception avec la presse au grand complet "deux heroInes échappées de l'enfer nazis", même la police n'a put les approcher ...
Sur le pont du navire, l'équipage au grand complet saluait les larmes aux yeux ces merveilleuses femrnes qui avaient enchantés leurs nuits. Elles avaient fait du bon travail, mes chéries! Le capitaine m'avoua qu'i1 n'avait pas été à pareille fête même dans les meilleurs bordels Italien. Il pleurait d'émotion. Je l'invitais ainsi que son équipage à visiter mon institut, ils seraient bien recu comme on doit recevoir d'héroIques marins américains, aux couilles pleines...
Les Belzacroquer avaient convertis les infirmières du service sanitaire que ce n'était pas un péché mortel que de masser et sucer ces vigoureux jeunes gens ceci dans l'intérêt national. Elle on fini la guerre couverte de décorations et on fait de riches et solides mariages car elles avaient aquis une expérience et une éfficacité prodigieuse pendant leurs années de "service".
Les Duchesses ravies, enfin installées dans leur magnifique demeure commencèrent a nous raconter leur aventureuse existance depuis que je les avait quitées à Capris! Gyp et moi écoutions, engoncés dans l'immence canapé, ayant appartenu à Greta Garbo dernier glaçon brûlant de Hoolywood...
En voici le recit fait en a1ternance par les jeunes duchesses:
= Mon cher Myste1. je ne sais par où commencer... lmaginez la situation de créatures ravissantes, seules dans leur villa de Capris!. Entourées d'une armee de fascistes primitifs, completement obséd