D'un nazi l'autre
Nouvelle de Guy Dessauges




Lorsque l'on met le pied dans une fourmilière, on sème la pagaille... On apprend cela par une pratique, qui pique!
Pendant la dernière guerre, (39-45) j'étudiais aux Beaux-Arts qui se trouvait au musée Arlaud, de Lausanne, tout en faisant de courts stages chez des décorateurs, pour apprendre avec précision, quels sont les qualités dont ils ont le plus besoin ... Je suivais ainsi des cours utiles... Les élèves étaient tous antinazis… La belle vie…
Il n'y avait pas grand chose a faire, à part, attendre, résigné, l'arrivées des Allemands triomphants dans toute l'Europe... L'armée Suisse, héroïquement neutre, enfermée dans le réduit national... Gotthard et compagnie! (Cavernes énormes percées dans le granit des montagnes !) La population, femmes, enfants, vieillards… abandonnée à elle même dans la plaine… A la merci des nazis!
Cette idée „stratégique“ sortait du cerveau branlant du général Guisan (ou peut-être du crâne du général Wille , qui finançait Hitler à ses débuts!) Guisan probablement alcoolique chronique... Espèce courante proliférant dans notre beau pays du bon vin...
On connaissait depuis longtemps les germanophiles notoires du quartier, frémissant d'impatience à l'idée de pavoiser l'entrée des nazis au pas de l'oie, dans leur bled... Le père Machin qui ne savait pas l'allemand, avait même fixé une croix gammée en métal, sur le radiateur de sa voiture...
En compagnie de mes copains, ( chenapans du quartier, âgés de 14 à 18 ans,) détestant les allemands, on rêvait de résistance et de règlements de comptes...
On savait très bien ce qu'il se passait chez les teutons, la Gestapo, les SS , les chambres à gaz, les KZ, et atrocités antisémites... Les nazis ne cachaient rien!
Au contraire, ils semaient volontairement la terreur... laissant les gens comprendre ce qu'ils risquaient en agissant contre l'Europe Nouvelle du Troisième Reich... La même technique que l'église catholique avec la « question » et la terreur dogmatique infernale et biblique…
Le truc classique des tyrans religieux et politique. La peur amoindrit les forces de résistance . Les uniformes effrayant des SS ! Torture et camps de concentrations... Soumission garantie!
Dans les « chaumières » on entendait murmurer: „Ils sont forts quand même ces allemands“ ou bien „Hitler n'est pas un mauvais type, il construit des autoroutes“
Nous détestions les allemands , grandes gueules, cruels, menteurs, soumis, marchant au pas de l'oie… Rien de bon a attendre de cette engeance, avec ou sans Hitler!
Dans le quartier, une famille Autrichienne, les Schneider, habitant une affreuse villa ( Praha) bleue verdâtre de style teutonique... Le garçon ( étudiant en chimie) et la fille, de notre âge, hautains et méprisant, ne nous saluaient jamais...
Cela donnait un avant goût de l'attitude future des nazis en cas d'occupation fraternelle de notre pays... On connaissait d'autres Autrichiens, deux garçons, Emil et Otto Zimmer , ceux-là étaient gentils... et antinazis Nous faisions du sport ensemble. Emil m'apprit le ski autrichien le meilleur style de l'époque !
Un camarade du collège , type sympathique et ouvert, allemand, « type aryen » Scheffer , grand, blond aux yeux bleus avait été mobilisé, à l'âge de 16 ans déjà, dans l'armée allemande. Front russe, grade colonel ! Blessé et soigné par les soviet pendant deux ans !
Dans notre classe du collège de Villamont il y avait beaucoup d'étrangers, on s'entendait bien, à part quelques bagarres avec les italiens fascistes… qui relevaient la tête, grâce à Mussolini, après des années d'humiliation sur les chantiers helvétiques...
Lausanne était cosmopolite ; pour une ville touristique, c'était normal. Les Allemands était insupportable pour nous, avec leur dictateur ridicule et leurs arrogantes menaces de guerres...
En pension, à Villars… j'avais eu une violente altercation avec un jeune allemand (Mario 15 ans,) j'en avais 12 ... Depuis je gardais dans mon esprit une rancune tenace contre tous les allemands, malgré ma superbe revanche... ( Mémoires de GD)
Un allemand du quartier, Kiepel, deux mètres de haut, devait
être le « Gauleiter de la région en cas d'invasion... Un copain
pro-nazi m'avait informé en m'entendant grogner contre ces
« sales boches » Le fils de Kiepel disparu au début de
la guerre, à la grande honte du « Gauleiter » qui aurait (paraît-
il ? ) donné sa main au feu pour le retrouver...
Le fiston avait , pendant toute la guerre, fini ses études de médecine en suisse allemande recueilli et caché par d'horribles antinazis. ( Je n'en crois pas un mot)
Lausanne grouillait d'allemands nazis pur sang qui infiltraient tous les milieux de cette ville de paysans... Pensant m'impressionner… mon fasciste de père m'informait, sur les traquenards des nazis ! Il avait épousé en seconde noce, Dierie, une riche Hollandaise. Ils possédaient une Pakard avec un téléphone ! Conduite par un chauffeur Italien ardent fasciste...
Dierie avait pris, le chemin des USA... (en 1938 , juste avant la guerre) A New-York , elle se faisait passer pour une comtesse...
On peut dire sans exagérer que presque tous les cantons Romands étaient assez favorable à une Europe « nouvelle » débarrassée de ses juifs , de ses tziganes et autres bolchevistes... Durée de vie du règne cadavérique hitlérien prévue par les grandes gueules nazies : mille ans! Avenir brillant…
Les paysans, les chrétiens , fondamentalement antisémites, sont toujours favorables à l'extrême droite... Ils ont horreurs des ouvriers de l'industrie, qui sont syndiqués, communistes et sans Dieu ! Les paysans se prenaient pour les vrais Dieux nourriciers avec leurs vaches subventionnées folkloriques et leur musique autrichienne... Encore actuellement!
Entouré par des forces négatives bien visibles, notre impuissance nous enrageait. Nous nagions en pleine utopie...
Un copain, Mimi, s'était trahit en prônant naïvement le rattachement du canton de Vaud à la Savoie et le tout à l'Italie! Beau programme politique !
Le démantèlement de la confédération, en cas de victoire allemande, théorie délirante des milieux fascistes!
J'ose raconter cette histoire, parce que tous les protagonistes sont mort. Le décor est planté…
Les jeunes, sont doué pour les grandes conneries! Vous allez le constater!
Enfin, 1945 … Sur tous les fronts la défaite Allemande... Les russes à Berlin… La Suisse (Industries et Banques) ayant travaillé vaillamment pour l'Allemagne nazie, n'avait pas été envahie!
A la grande joie du Général Fourchette, ( Surnom populaire et rassurant de Guisan !) qui sortant d'un banquet, dit en rajustant son pantalon: On peut être content d'avoir gagné cette guerre! (Sic : la Julie)
Phrase historique... Prouvant dans quel délabrement peut se trouver un cerveau militaire neutre imbibé de vin du pays... On avait échappé de justesse à la désastreuse stratégie alpine de l'armée dans le réduit national, et du bon peuple réduit en esclavage chez les nazis... la Grèce Antique revue et corrigée pas les teutons ! On sais ce que cela veut dire...
Côté bancaires, tout allait bien, à part la « faillite » de la Banque Fédérale... Les Banques avaient en dépôt de l'or volé par les nazis dans toute l'Europe, à ne plus savoir qu'en faire... Des alchimistes sanctifiait l'or arraché dans la bouche des victimes du nazisme, pour en faire des Vreneli ou des Napoléon… Au grand bonheur des spéculateurs !

Après ces préambules décrivant sommairement l'époque et le décor ! On arrive enfin au sujet de cette histoire. « L'or » Le nerf de la guerre.
Comment ai-je trouvé cette idée infantile et stupide, moi, petit bourgeois tranquille qui a vécu cette horrible guerre, pendant les meilleures années de sa vie... Par la radio, les journaux, et les très mauvais films d'actualités français… pur propagande menteuse allemande…
L'après-guerre… L'immonde vérité surgissait des atrocités allemande… J'avait lu un article sur un célèbre criminel nazi, vivant à Zurich sans être inquiété...
On avait bu un coup en compagnie de mon copain Albert Heinard devenu jardinier, lorsque j'eus l'idée d'une mystification, pour intriguer un postier du quartier, nazi convaincu, qui nous avait menacé de représailles pendant toute la guerre... Y compris la «drôle» française! Chaque fois qu'on le rencontrait, on lui criait Heil Stalin!
La villa des autrichiens, abandonnée, en ruine, depuis la fin de la guerre, était fréquentée par les amoureux de passage, qui venaient tirer des coups debout parmi les débris des vitres cassées...
Le copain Marcel travaillait dans les assurances à Zurich. Sachant bien l'allemand, il écrivit une lettre en langage SS sur mesure, à l'adresse de la maison abandonnée. La lettre disait tout simplement: ““ les dix tonnes d'or sont en lieu sûr, la guerre n'est pas finie, Gott mit Uns. On va remettre ça! Heil Hitler““ Signé par le célèbre nazi (impuni) de Zurich !
Une plaisanterie d'alcoolique, stupide et sans lendemain... On riait en imaginant la tête du facteur pro-nazi, lisant l'adresse caduc… Une si grande quantité d'or... Il allait en baver d'envie. Une gaminerie sans conséquences, pensions-nous.
« Si tout va bien, c'est que l'on a oublié quelque chose » dirait Murphy! Un samedi, comme chaque semaine, notre copain de Zurich vint à Lausanne jouer traditionnellement aux cartes avec nous.
L'air inquiet et triomphant. Il sorti un journal de sa poche, et nous montra un petit article annonçant simplement la mort d'un ponte nazi qui avait été cruellement torturé et exécuté... On supposait un règlement de compte! Il s'agissait bien du célèbre nazi qui avait soi-disant signé la fausse lettre...
On se regardait stupéfait... Une seule chose paru évidente, le facteur avait communiqué le nom du nazi à des anciens du parti et ceux-ci avaient torturé le type pour qu'il avoue où il avait caché l'or... Le type n'en savait rien et pour cause!
On savait que le facteur était nazi, mais qu'il soit actif en contacte avec des revanchards, nous étonnait...
Nous avons immédiatement retourné notre farce dans tous les sens , pour savoir où nous avions fait une faute... Si nous étions repérés, nous étions en danger... Ces gens sont mille fois plus dangereux que la mafia... On pris le parti de ne plus bouger... Nous n'avons pas trouvé de faille dans notre histoire idiote... On espérait que les choses allaient se tasser...
Vœux de crétins ! Autant un cierge à l'église ! On ne bougeais plus, mais les autres bougeaient ,eux ! Dix jours sans histoires ; on redressait la tête… On se trompais…
Gros titre des journaux… Un postier découpé a la tronçonneuse dans une petite poste de quartier, le pauvre était connu pour sa ponctualité et sa discipline, il était à un an d'une retraite bien méritée… les platitudes habituelles… Nous étions terrifiés… Notre naïf postier nazi en mille morceaux…
On avait réveillé le dragon…Des forces maléfiques rodaient tout autour de nous. L'avidité des SS était connue, ils ne lâcheraient pas facilement, ils adoraient mettre les gens en pièces ; une tradition dans la corporation… Apparemment on n'était pas repéré. Notre réputation étant plutôt à gauche !
J'eus une idée stratégique, dériver les recherches désordonnées des tueurs nazis vers une autre direction, vers un lointain nazi, créant ainsi un heureux effet domino renversant les nazis célèbres l'un après l'autre ! Une théorie digne des pieds Nikelés !
Il ne manquait pas de sympathisant nazi dans notre petit pays sans histoire…Battus à plate couture, ils paradaient encore, bêtes et vaniteux comme toujours… Ils pensaient comme J.F. Kennedy que Monsieur Hitler, grand homme, entrait dans l'histoire comme Napoléon ! Insulter 22 millions de morts !
Le copain de Zurich avait une liste considérable de ces minables crétins, dans ses dossiers d'assurances… Il avait une victime idéale, un officier suisse qui l'avait emmerdé pendant plus de 8 mois… sa période de mobilisation ; le germanophile borné, à abattre, œil pour œil dent pour dent… Notre copain, avec ses 185 cm, ses cheveux blond et ses yeux bleu, faisait des ravages parmi les nostalgiques aryens Zurichois, mal foutus, moches, tarés, malades mentaux, primitifs, comme leurs idoles Hitler, Göring, Himmler, Goebbels, Schirach… On comptait sur lui pour nous sortir de cette mauvaise passe ! Il y avait jusque là un seul adversaire contre un autre virtuel, inexistant comme les tonnes d'or fantôme!
Il fallait rendre le virtuel réel… La lettre informait l'officier que l'or était dans des caisses au fond boueux du lac de Constance… Celui-ci stupide comme un militaire allait montrer la lettre aux copains SS et ceux-ci allaient l'empaler sans hésitation. Cela déplacerait le théâtre des opérations à l'autre bout de la Suisse.! On espérais que ces crétins allaient se noyer !
Nous étions bien naïfs… prendre nos rêves pour la réalité, la messe et le cantique suisse on partais dans le tunnel avec une bougie. Dieu avec nous ! Amen… Au moment où nous allions envoyer la fausse lettre à un nazi bien connu de Zürich, la providence nous vint en aide…
A Zürich, un bain de sang dans une villa de la Goldkuste ; (une réduction des rives du lac Léman…) Enfin, on avais des adversaires pour nos crétins nazis, une guerre inter-gang commençait… Zürich est loin ! Hors de notre territoire…On reprenais notre souffle… pauvres idiots.
Les SS complètement dingues, ne risquaient rien. La
police n'allait pas se risquer a se mêler d'histoires de nazis.
Premier commandement : ne jamais se mêler des affaires de règlement
de comptes et joyeuse élimination naturelle de la racaille.
Mais le postier était suisse… Le copain de Zurich me donna un coup de téléphone qui me remis l'esprit en place. Il avait rencontré Mimi qui était inspecteur de police à Lausanne. Il enquêtait à Zurich auprès des assurances, cherchant des relations entre les événements de Zurich et la mort du postier roman, les méthodes se ressemblaient fortement ?…
Deux des victimes zurichoises étaient agent d'assurances, d'origine allemande. Logique! La pierre d'achoppement était le postier, pourquoi celui-là, à la Rosiaz. Nous sentions déjà son regard inquisiteur percer nos gamineries. Nous serons dans sa ligne de mire tôt ou tard !
Au fond, il nous soupçonnait dès le départ de son enquête, calmement, sans acrimonie. Il attendait que l'un de nous craque .
Dans la vie il n'y a pas de hasard… En compagnie de mon copain de Zurich je rencontrais le copain le flic dans la rue :
= Comment vas-tu ?
= Et toile à matelas ?
Notre salut du vieux temps… il n'y alla pas par quatre chemins !
= Tu connaissais le vieux postier qui a été assassiné, c'est curieux cette histoire, tu ne trouve pas ? Il regardait le copain de Zurich dans les yeux…
= En effet… Je répondais laconique on ne sait jamais…
= Il avait des opinions assez extrême droite… Même nazies…
= Plutôt grande gueule, il semblait inoffensif… Je dis cela pour montrer mon indifférence.
= On s'en fou de ces histoires entre nazis… Ce n'est pas nos oignions ! dit le copain zurichois…
La gaffe !
= Comment sais-tu qu'ils s'agit de nazis ? Dit le flic subitement sérieux… On ne tue pas un vieux postier, s'il est si inoffensif que ça, ne croyez-vous pas ?…
En effet on ne croyais pas… On s'empêtraient sous le regard ironique du flic… Il continuait :
= Je pense que toutes ces histoires partent de ce quartier… Cette phrase nous donna un frisson. Les nazis devaient sans doute penser la même chose… Souriant ironiquement , le flic nous voyait changer d'expression… Il prit congé :
= A la revoyure, probablement bientôt… On restais là comme des idiots.
Je me demandais s'il fallait tout lui dire ? Notre ancien copain était un flic, il ne nous lâcherait pas. Il soupçonnait quelque chose. Nous avions fait une petite erreur, si non il nous laisserais tranquille… Mon imagination courrait… Un détail, notre lettre avait été tapée sur la machine de notre copain à Zurich. Si la police avait contrôlé les caractères, nous étions coincé… chaque machine a son type de frappe.
Mes deux copains avaient l'air moins contractés que moi. Ils pensaient que l'on s'en sortirait... comme ça, par miracle… Je pensais que le postier assassiné avait certainement des collègues, qui devaient « savoir des choses » comme on dit chez nous ! On cause toujours dans les petits bureaux de poste…
J'apprit, par hasard, que le postier avait eu une femme de ménage, elle devait savoir quelque chose au sujet de la lettre peut-être aussi des tueurs. Si elle existait, il fallait la voir. Elle n'avait pas assisté au meurtre, par chance, elle faisait son marché. Elle habitait un village au bord du lac. Un village apparemment inoffensif. Pendant la guerre, des quantité de médicaments et de pansements (cadeaux de la pharmacie St.François) partaient de ce bled pour la France des maquisard. C'est à dire, des résistants venaient en prendre livraison les nuits sans lune, au milieu du lac.
Il y avait un trafic intense , échange de poissons français contre des cigarettes et autres provisions… Le troc avait la priorité, l'argent n'ayant aucune valeur. Les occupants allemands regardaient ailleurs après avoir pris leur part…Un brave suisse qui avait tenté de livrer ses colis lui-même, avait disparu corps et bien… Il était arrivé dans un mauvais coin… La guerre finie, le troc continuait de plus belle, les différences de changes, et de taxes !
Récapitulons : Notre lettre est lue par le postier… Il entre en
communication avec le premier nazis à Zurich qui a prétendument écrit cette lettre… Celui-ci ne comprend pas qui a signé cette lettre de son nom, il alerte un ancien du partis Nazis qui habite dans les environs, celui-ci sent le coup fourré. Il alerte probablement des complices en Allemagne. Ceux-ci arrivent et tuent le premier sous la torture, sans résultats. Puis ils tuent le second, ensuite, ils tuent le postier. Cela commence mal et cela finira mal !
Ce n'est que le début, car ces gens veulent trouver les hypothétiques dix tonnes d'or, peu importe le prix… Ils y croient mordicus ! Ces gens ont tué des millions de gens pour moins que ça ! Tous les moyens sont bons au rendez-vous des voleurs. Jusqu'à que ces criminels comprennent qu'il n y a rien derrière cette affaire, ils transformerons le quartier en cimetière !
Notre théorie des dominos paraissait juste… A condition de ne pas être dans le jeu !
La femme de ménage n'ayant pas le téléphone… nous sommes arrivé chez elle sans crier gare… dans le joli village, où habitait Madame Chapon. Elle était en train de cueillir des raisinés , des groseilles et du cassis dans son jardin.
Curieusement, elle ne paru pas surprise en nous voyant. elle nous connaissait sans doute de vue. Nous étions du même quartier. Sous l'avant toit de la petite ferme, une table sur laquelle des verres et une cruche de limonade attendaient visiblement des visiteurs ? La brave femme nous reçu gentiment, je lui expliquais le pourquoi de notre visite…
= Êtes-vous au courant d'une lettre en allemand qui a du surprendre le postier?
= Oui, en effet, il était surpris de cette lettre expédiée de Zurich, adressée à une maison en ruine, dont les habitants avaient disparu depuis longtemps…
= Il n'a rien dit de plus ?
= Non répondit-elle…
= Savez-vous où est cette lettre, à qui il l'a montrée ?
= Pas la moindre idée !
A cet instant, la porte derrière elle s'ouvrit, et notre copain Mimi le flic apparut triomphant… Nous étions fait comme des rats !
= Alors mes gaillards, comment avez-vous entendu parler d'une lettre en allemand…
Nous étions déconfit comme les pieds Nikelés ayant raté un coup fumant !
= Allons ne faites pas une tête pareil… Mimi souriait… On protège Madame Chapon depuis la mort du vieux postier… Les tueurs vont finir par la trouver pour lui arracher des informations … Je dis « arracher » vous savez ce que cela veux dire ! Vous devez m'expliquer maintenant et en détails ce que vous avez tripatouillé dans cette sale histoire…
On s'assit à la table. Dégonflé, je racontais notre stupide farce. En trois minutes le copain flic savait tout , il n'avait pas envie de rire. Nous non plus ! « Six morts, ce n'est pas de la rigolade » dit-il pensivement. Il nous regardai étonné par cette ridicule histoire…
= Jamais je n'aurais pensé que vous étiez si retardé, c'est tellement idiot, que personne ne vous croirait, s'il n'y avait pas eu ces morts !
Mimi, flic navré, secouait la tête devant tant de sottise… Nous n'étions pas fiers… Madame Chapon, femme simple, souriait béatement sans comprendre qu'elle était en danger. En cas de coup dur… les deux policiers qui la protégeait ne feraient pas le poids… Mimi nous soupesait d'un œil critique, puis il lâchât :
= Vous allez m'aider pour en finir avec cette histoire sanguinaire dont vous êtes responsable..
Nous étions prêt à tout ! Intérieurement au garde à vous au service de notre vieux copain le flic… Qui, cela ne faisait aucun doute… allait tout arranger, ! Cette guerre que nous n'avions pas eue… pays neutre et armé, scrogneugneu… On allait arranger ça ! On nous attaquais traîtreusement. Cela sentait le champs de bataille , l'honneur, et la gelée de cassis pacifique, que filtrait Madame Chapon au bout de la table… Nous étions aussi idiots qu'avant, mais patriotiquement, ce qui fait toute la différence. Il manquait plus que des uniformes… Avec un peu de chance nous aurions un cimetière militaire , un monument aux morts, et des décorations comme les Russes, objets manquant cruellement à notre pays. Médiocrité et modestie.
Nous sentions naître des auréoles sur nos têtes, chevaliers du bien, détruisant la tranchante Excalibur… bochie criminelle, qui nous avait tant fait peur, pendant les quatre ans interminables de la der des der…
Le plan de Mimi le flic était machiavélique ! La petite chèvre comme appas. Cette petite chèvre c'était moi ! Il m'arrêta en annonçant aux feuilles de choux de la région que le personnage en savait plus qu'il, le disait sur cette affaire du postier assassiné… mais que faute de preuves on le relâchait en gardant l'œil dessus, non d'une pipe ! Je savais ce que je risquais mais Mimi me garantissais une protection policière maximum nuits et jour, parole de flic… je restais cloîtré chez moi dans le grand salon de la maison en compagnie de quatre tireurs d'élites prêt a en découdre au moindre craquement… Le risque pour moi n'était pas si important, les SS devaient me prendre vivant me tuer ne leur servait rien, ils voulaient avant tout savoir où était l'or… puis me mettre en pièce ensuite , histoire de ne pas perdre la main !
Il y avait deux variantes, je les recevait l'air con et la vue basse l'aspect fragile et innocent, résigné, les larmes aux yeux… je leur avouais immédiatement où était caché l'or, je sortais en leur compagnie pour soi disant leur montrer la cachette, dans la villa Praha, verdâtre et abandonnée , c'est à ce moment que les gendarmes les arrêteraient sans coup férir! Une troupe de boy scout n'aurait pas pondu une meilleure stratégie…
L'autre plan était de rester dans le salon laissant les quatre policiers les arrêter dès leur apparition. Tant pis pour l'ameublement Louis Philippe flambant neuf , (de l'époque !) Moi j'avais un plan secret me permettant de disparaître sous leurs nez le moment venu…
La villa était au fond d'une impasse pour repartir il fallait faire demi tour… Un endroit idéal pour servir de traquenard… Mimi pouvait intervenir devant et aussi derrière, les SS n'avaient aucune chance disait-il ! Tous les assassinats avaient eu lieu la nuit … On avait pensé à tout comme de braves suisse neutres et armés… À peine installé, à la nuit tombante, le déclenchement des hostilités démarra sans crier garde… On entent le bruit d'une voiture ,elle s'arrête devant la villa sous le lumière lugubre d'un lampadaire classe économique.
Deux types en sortent lentement… les yeux fixés sur la porte, ils se tournes surpris par l'arrivée d'une autre voiture, à peine le temps d'un éclair, le crépitement d'une mitraillette démontra que ce n'était pas des copains…
Le deux types couchés sur la routes tiraient aussi à la mitraillette . en moins d'une minute le silence régnait… Les phares allumées des deux voitures éclairaient le spectacle d'un carnage comme un film d'horreur…
Pas un survivants, tous bons tireurs sans cervelle… Et nous, sans avoir tiré un coup de fusil nous l'avions échappé belle… Les policiers on vite découvert que la seconde voiture était occupée par des russes, ils avait eu vent de l'affaire, et l'appât du magot leur avait tourné la tête… Personne n'a rien su de cette histoire. Cela, pour éviter de nouveaux massacres on a parlé vaguement de règlements politiques, entre nazis et communistes, ce qui paraissait le plus vraisemblable…
Notre secret, l'or virtuel, est parti rejoindre les songes cruels de la dernière guerre … ne sait quand reviendra ! Nous, les helvètes, étions comme toujours hors du coup… nos antiques fusils rangés dans l'armoire aux balais… Tant mieux, on est vivant, dans le plus beau pays de la terre…

FIN………………………………………………………………..



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