Glose du pédagogue
de Guy Dessauges



Il existe pas mal de moyens d'écraser l'âme ou l'esprit des enfants Cela commence assez tôt. Avant tout le petit doit être propre. Je trouve cela normal, les petits puent d'un manière horrible pire que les latrines d'un régiment… Dés qu'il a satisfait sa curiosité scatologique, on le fait taire. Tout en lui apprenant à parler…Puis on le force a dormir , quand il a envie de jouer avec des stupides objets en plastique d'une laideur disneyenne.
On le bouscule pour qu'il fasse risette . On le bourre pour qu'il devienne un gros BB on sait que les gros BB font de beaux soldats fierté de la nation. Si le dodu malmené désire apprendre a lire, on l'en empêche car il doit jouer pour profiter de ces quelques années de jeunesse dressage y compris à l'âge de sept ans il est presque idiot, comme ses copains d'école , il anone l'alphabet.
La famille, qui ne respecte que leurs semblables, sais que le petit sera comme tout le monde… Tout le monde, c'est eux ! Les chers téléspectateurs… Le petit ne sait pas lire, mais il connaît par la TV, le maniement des armes , il a visité Buchenwalt et Auswitz qui font partie du catéchisme moderne : « Ne crains rien mon petit ce ne sont que des juifs , tu sais les vilains qui ont tué le petit Jésus »
Il apprend aussi des rudiments de morale ; ne pas se toucher les parties ni surtout celles des petites filles. Dieu n'aime pas ça ! Les animaux font ça pour jouer…La morale est en bas, entre la ceinture et les godasses… Les pornos de papa, c'est pour jouer au chat-chat et au chien-chien, Dieu n'a rien contre…
On va manger ton gentil lapin dimanche , ne pleure pas tu en aura un autre… Avec en prime un petit frère apporté par une cigogne … De quoi cette oiseau ridicule se mêle ? Pour Noël tout ça !
Le gamin sue d'angoisse. Et pour cause, il regarde son petit frère qui tète sa mère goulûment… Il se sent rejeté. Il est engagé dans une voie définitive. Grandire à tout prix. Ne pas déranger papa qui rentre du boulot fatigué. Le monde devient glacé. Comme lui tout au fond.
Un jour, il a une chance, il a une bonne note en calcul, il est envahis d'une sensation de bonheur inconnue qui lui réchauffe le cœur . Le papier de la maîtresse serré dans sa main, où c'est écrit : « note 10 en calcul » Il sort, devant la porte de la maison il fait froid, l'hiver le plus froid depuis cent ans… Il est sortit en pyjama, son père rentre tard. Il est minuit, la maison dort. Le gosse ne sent rien il est si heureux de montrer sa note à son père… dont il entend les pas qui font crisser la neige… Le père titube, il a trop bu… Le petit a dix ans, il tend sa main avec le papier, le père ne vois pas le billet, il caresse la tête de son fils en disant : « Rentre fiston, il fait très froid » Le billet échappe au petit emporté par une bourrasque, le gosse voit la porte de la maison se fermer sous son nez , il reste là dehors avec un sentiment de chaleur étrange, le froid glacial qui va le délivrer, lui réchauffe l'âme…
Il s'endort debout dans un sentiment de bonheur parfait en pensant à la mort de froid du vieil harpiste de « Sans famille » Appuyé contre la porte vitrée , il regarde son père qui ronfle , cuvant son vin. , effondré sur un canapé . Cette nuit , il fit trente degrés en dessous. Le facteur trouva l'enfant ; si dur, qu'îl fallut le dégeler pendant des heures, avant de le mettre dans son cercueil. Ainsi le gamin échappait à une existence de cauchemar réglée comme celle des honnêtes gens, pédagogiquement parfaite.
FIN…………………………………………………………………...





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