Latérale 2000
Guy Dessauges
. le 9.1.2000
Exemple de texte et son environnement de mes pensées latérales au cours d'une lecture.
Ces pensées latérales n'ont en soit aucune valeur, elle ne représentent que vaguement le niveau culturel d'un lecteur hésitant entre l'éthique et l'esthétique!
Ou bien plus simplement entre la logique masculine et la logique féminine! Pire! l'esprit et la matière!
Je ne sais pas exactement ce que je cherche
Mais il me semble que les pensées latérales qui surgissent au cours d'une lecture peuvent dévoiler certains traits de caractère révélateurs de vérités, ou peut-être des obsessions névrotiques surprenantes.
Pour cela, il doit s'agir de textes qui m'intéressent. Donc pas de littérature distrayante
A l'extrême un texte théologique lu par un athée !
ou un texte intéressant expliquant une théorie qui me semble boiteuse. Ou encore un texte d'histoire de l'art écrit par un pédant enragé d'art d'avant-garde... Aussi les phrases ou textes tendancieux et provoquant de
T. de Chardin par exemple ! (Christianisation de l'univers. sic
) On a vu pire chez les philosophes allemands! Les réactions (pensées latérales) peuvent êtres amusées ou désabusées. Elles peuvent mener à une longue et distraite rêverie
s'égarer très loin du sujet, et finir dans les sables, ou les bras de Morphée
très loin de ses sources
J'espère rester objectif, mais c'est secondaire, car objectives ou pas, les réactions seront toujours révélatrices
Un texte romanesque provoque l'identification avec le héros, là les choses sont relativement simples.
Mais dès qu'il s'agit de thèses ou des théories philosophiques, écrites par des mathématiciens, physiciens, comme Einstein, Broglie, Bohr, Heisenberg, Planck, Weizsäcker, Oppenheimer
ça se complique. Ils ont tous en commun des idées ou des questions philosophiques, sages morales, ou même religieuses!
Peut-être ont-ils peur de leur puissance, et sont¬ils devenus prudents, à cause de la bombe atomique
Cherchent-t-ils à se rassurer et à rassurer leurs lecteurs ?
Ces textes doivent être lus entre les lignes.
En guise d'exemple je cite quelques phrases de Max Planck :
« Comme c'est le cas depuis longtemps en matière de religion et d'art, nous ne trouvons plus guère non plus, de principes, que personne n'ait jamais mis en doute, guère non plus d'absurdités qui ne rencontrent des défenseurs ; à tel point qu'il est permis de se demander s'il existe encore une vérité que l'on puisse considérer comme irréfutable et solide contre les assauts de l'universelle mise en question
La logique tel qu'elle se manifeste sous sa forme la plus pure dans les mathématiques est incapable de nous venir en aide à elle seule. »
Là je reste perplexe
Planck parle de la logique
Or j'ai toujours pensé qu'il existait plusieurs logiques ! La logique mathématique et ses sous-produits
celle de tous les jours qui me semble être la seule logique pratique
La logique enfantine, celle des femmes, et celle des parents ! Peut-être que la logique pure des mathématiques n'est qu'un instrument... Comme un marteau est un outil, pas une construction !... J'ai dû faire une confusion !
Exemple au ras du sol, sur ma façon de voir la logique triviale :
Il me semble logique d'aller à cent mètres de chez moi à pied, acheter des cigarettes
La voiture ne servant, à mon avis, qu'a parcourir de plus grandes distances
Ou il me semble logique de rendre la monnaie de sa pièce à un provocateur
(logique émotive !) La sagesse demanderait que l'on reste de marbre
L'art actuel n'a rien à faire avec une logique quelconque
pourtant il s'est installé tout autour de cet illogisme de l'art, une masse de trucs logiques ayant surtout pour logique de faire le plus de fric possible avec ces déchets
La seule logique qui me passe au dessus des cornes est justement celle qui épate Max Planck
celle des mathématiques !
Je n'y comprends rien ! « L'amour a ses raisons que la raison ne connaît pas
» Cette phrase me paraît logique pour expliquer logiquement les égarements produits par des sentiments forts
Planck continue
Citation :
« La source de tout savoir, et par conséquent l'origine de toute science, réside dans les expériences personnelles. Celles-ci constituent le donné immédiat, le réel le plus vrai que l'on puisse concevoir et le premier point auquel nous pouvons rattacher le système d'induction et de déduction qui forme la science.
En effet, le matériel sur lequel travaille toute science, nous l'appréhendons soit directement par notre perception, sensorielle, soit indirectement par l'enseignement de nos maîtres ou encore grâce à des écris. Le savoir n'a pas d'autres sources. » fin de citation.
P.L : Cette phrase me fait rêver... A qui se fier ? A nos sens ? A nos maîtres ou pire encore à des écrits !... Si Planck a raison, alors je pense que la science repose sur des bases bien fragiles... Même superficielles ! Les spiritualistes penserons certainement à la naissance spontanée du savoir, comme une révélation divine !... Pour les psychologues... à la révélation surgissant des profondeurs de l'inconscient !...
Pour les utopistes... à la révélation résurgente de débris héréditaires ataviques... preuve d'une science infuse... purement théorique
héréditaire
installée dans nos gènes?
Je commence à rêver, et Max Planck ce génie des mathématiques et de la philosophie numérique, disparaît de mon esprit... victime de mes pensées latérales... On y est !... Le doute s'installe dans mon esprit et ne me lâche plus ! Ou est la vérité (relative) ou est ma vérité. Celle du doute ? Ou j'accepte les vérités à disposition, sur le marché du bon sens, soigneusement conservées dans les bibliothèques universitaires, ou je dois inventer les miennes... Haletant, je commence à lire mon texte intérieur, et celui de Max Planck devient flou ! Même la physique n'est pas certaine de sa vérité !
*L'épistémologie* Etudes critiques des sciences. sème le doute partout, dès qu'un problème trouve une solution apparemment « satisfaisante » on remet tout en question.
Je découvre avec étonnement que deux demi vérités ne forment pas nécessairement une vérité entière et définitive. Peut-être que la solution serait de ne tenir compte que de la beauté de l'exercice! Mais là aussi on n'arrive pas à définir la beauté. Celle des minimalistes n'est pas celle des maximalistes !
Je cite à nouveau Planck :
« Le positivisme s'occupe de toutes les questions auxquelles l'observation peut fournir une réponse, et inversement. Toute question qu'il juge sensée peut trouver une réponse dans l'observation. Il n'existe donc pas pour le positivisme, d'énigmes fondamentales, pas de questions obscures : Pour lui tout se manifeste dans une évidente lumière. »
Pour moi qui découvre à chaque question plusieurs réponses, tout est obscur même en plein soleil ! Pourtant, Planck explique encore mieux que moi ce que je ressens :
« Il n'est pas facile toutefois, de rester fidèle à cette attitude dans tous les cas particuliers. Les mots que nous employons chaque jour nous en éloignent déjà. Quand nous parlons d'un objet, d'une table, par exemple, nous entendons par-là quelque chose qui se distingue du contenu de nos observations en matière de table. Nous pouvons voir la table, la toucher, éprouver sa solidité sa dureté, nous sentons de la douleur en nous heurtant contre elle, etc
Là je pense à ce qu'est une table pour un aveugle !
"Mais de la chose qui, en dehors de ces perceptions ou au-delà d'elles, poursuit une vie indépendante nous ignorons tout.
C'est pourquoi la table n'est rien d'autre, à la lumière du positivisme, que la somme des perceptions que nous relions entre elles par le mot table. Supprimons-les toutes, il ne nous restera plus rien."
Si l'on supprime toutes les perceptions de la table, il reste la fenêtre ! Pardonnez-moi, cette remarque est idiote.
Dans cette optique, la question de savoir ce qu'est une table « en réalité » ne représente aucun sens. Il en va ainsi de toutes les notions physiques. L'ensemble du monde qui nous entoure ne constitue rien d'autre que la totalité des expériences que nous en avons. Sans elles le monde extérieur n'a aucune signification. Toute questions se rapportant au monde extérieur qui ne se fonde pas en quelque manières sur une expérience, une observation est déclarée absurde et rejetée comme telle. C'est pourquoi le positivisme ne laisse aucune place à la métaphysique. »
P.L. Il s'agit de ne considérer que le monde trivial sans résonance aucune ! Sans entrer dans les méandres de la pensée métaphysique, je pense que le positivisme peut avoir raison dans un monde sans art ni poésie. On peut rester tout près de la réalité sans préoccupations métaphysiques !
L'objet en tant que sujet de méditation, d'admiration et d'amour, symbole de la table de la cuisine, au chaud chez maman
se place bien au dessus de la vision positiviste. Il existe deux tables, l'une positiviste et l'autre mathématique
Dès que l'on a à faire à plusieurs objets, par exemple des chaises autour de la table positiviste, on ne sais plus que faire de la vision positiviste. On est placé dans la subjectivité, sans imagination, ni rêverie, l'esprit est appauvri. Même si on a mis des chaises
On peut rêver subjectivement et poétiquement, sans pour autant perdre de vue la réalité objective. Un marteau et un clou n'ont pas besoin de la métaphysique ! Que ce soir les hommes ou Dieu le père, qui les aient créés on ne le saura jamais. Mais la question devient métaphysique, si vous insultez Dieu jurant comme un charretier, en vous tapant sur un doigt !
La logique mathématique est un domaine réservé aux seuls spécialistes... La logique de tout le monde est pour le péquin ordinaire
Il existe donc au moins deux logiques ! Ne parlons pas de la logique religieuse ! J'ai l'impression que si l'on secoue encore longtemps l'arbre de la logique il n'en restera pas grand chose
Si l'on accepte l'idée que la logique mathématique irréfutable, n'est qu'une création de l'homme et ne se trouve pas vraiment dans la nature comme un minerai une plante ou l'être humain lui-même
Les mathématiques sont sorties du cerveau de l'homme pour pallier l'insuffisance du langage ordinaire. Mais je ne crois pas que la nature en ait besoin, c'est une béquille pour la pensée humaine assoiffée de logique et d'explications adéquates. Tous les langages sont logiques, mais entachés d'émotion. D'immenses civilisations se sont passées de logique, la superstition et la magie leur suffisaient, pour expliquer le monde. Mais pour construire leurs monuments, ils ont utilisé la logique du constructeur, qui est la même que celle de la femme au foyer.
Supprimons la bêtise des superstitions, la magie cruelle, la stupidité de leur histoire remplie de faits militaires
Il reste l'Art ! Pas besoin d'explication logique pour les chef-d'uvres. La logique des uvres d'art est la beauté
peut importe les fables que les ont fait naîtres
Lorsque je regarde en Egypte le bas relief représentant un pharaon chassant des lions, je ne tiens aucun compte du texte stupide expliquant que celui-ci a tué 24 lions avant son petit déjeuner
(Traduction de Champollion!)Les flatteurs ont racontés n'importe quoi pour plaire à leurs maîtres. Ceux-ci n'étaient pas très difficiles, la pire des flagornerie leur faisait plaisir. Malheureusement Champollion a déchiffré les hiéroglyphes, et maintenant l'on sait à quel point leur signification était inepte. Les hiéroglyphes sont superbes ne regardons que cela. Toutes ces pensées latérale sont parties du mot métaphysique !
Il faut peu de choses pour mettre le feu aux poudres
Sans savoir quel mot va me faire sursauter
Je cite un autre texte de Max Plank :
"En ce qui le concerne également, le positivisme exige une séparation radicale entre nos propres sensations et celles d'autrui ; car ce que nous ressentons nous même est seul réel, et nous n'inférons qu'indirectement ce que ressentent d'autres hommes. Leurs perceptions nous sont, par essence, étrangères et doivent par conséquent se ranger elles aussi, au nombre des « inventions utiles » Aussi sûrement que nous pouvons soutenir une telle conception sans crainte d'être démenti par la logique, il n'est pas moins vrai qu'elle conduirait la physique à un résultat désastreux. Car si cette science ne se fixe pas d'autre but qu'une description aussi simple que possible des perceptions sensorielles, elle ne peut avoir pour objet stricto sensu que notre propre expérience qui constitue seule une donnée immédiate. Or il va de soi que l'on ne peut édifier toute une science sur une base aussi étroite fût-on l'homme le plus ouvert. On se trouve ainsi devant une alternative : soit renoncer à une science englobant l'ensemble des phénomènes -¬-- dont même le positiviste le plus résolu aurait peine à se contenter ---- soit au contraire ménager un compromis et fonder la science également sur les expériences faites par d'autres."
J'arrête, car je butte sur une phrase qui me fait rêver ! « Une science qui englobe l'ensemble des phénomènes » Mon imagination s'envole
Si l'on accepte cette hypothèse, l'on se dirige vers une hiérarchie des phénomènes, par exemple de l'infiniment petit à l'infiniment grand
On risque de tomber dans les ergoteries de la théologie ! Alors autant rester ignorant !
Je reprends la citation :
« On abandonne ainsi à proprement parler, le principe initial du positivisme qui ne voulait retenir que le donné immédiat, toute expérience étrangère n'étant connue qu'indirectement par l'intermédiaire de communications. Ici entre un nouveau facteur dans la définition de la science : la véracité et la crédibilité des rapports écrits ou oraux, ce qui représente une entorse à l'axiome du positivisme réclamant l'expérience directe du matériel scientifique.
Mais si nous ne nous arrêtons pas à cette difficulté, si nous supposons que tous les écrits consacrés à des expérience de physique sont dignes de foi ou que nous sommes en mesure d'éliminer ceux qui ne méritent pas notre créance, il va de soi que les expériences de tous les physiciens contemporains et passés, doivent retenir notre attention. »
Cela ne va pas sans vérification. (épistémologie) Je continue la citation :
« Le fondement que le positivisme fournit à la physique est assurément solide. Mais il est trop étroit et demande à être élargi, complété, de manière à éliminer de la science, dans la mesure du possible, les éléments hasardeux introduit par l'esprit humain.
Et cela se produit par un saut dans la métaphysique, saut qui n'est pas recommandé par la logique formelle mais par la raison, à savoir par l'hypothèse que nos perceptions ne constituent pas en elles-mêmes le monde de la physique, mais qu'elles nous renseignent seulement sur un autre monde, qui se tient derrière et s'en distingue, bref par l'hypothèse qu'il existe un monde extérieur réel. »
P:L:On se demande en voyant cette masse gélatineuse qu'est un cerveau humain comment celui-ci peut imaginer la réalité du monde extérieur. Les Indous ont peut-être raison de penser le monde extérieur comme une illusion, une maya , un rêve
Mais ce rêve contiendrait la physique la logique et les mathématiques
Chacun son rêve pré-installé dans son cerveau
Ils se ressemblent, mais sont tous personnalisés
Alors on se demande pourquoi il faut un cerveau d'une telle complexité pour cultiver un rêve
Un rêve ayant conscience d'être un rêve devrait se suffire à lui-même. L'étude de l'anatomie devrait suffire à éliminer l'idée farfelue de la maya !
Un monde réel existe, il a peut-être un autre aspect que celui dont nous avons conscience
On sait que les couleurs sont des longueurs d'ondes
Que nous sommes construits d'atomes plus ou moins agglomérés, ainsi que toute les matières de l'univers.
Nous sommes à la recherche de la vision juste, ou exacte de ce monde matériel en dehors de nous. On a deux chemins pour cela ; la science et le rêve métaphysique. A qui se fier ?
Citation :
« Les deux propositions : « Il existe un monde réel indépendant de nous » et « Le monde extérieur n'est pas connaissable directement » forment la pierre angulaire de la physique tout entière. »
P:L: Cela me rappelle le problème du réalisme en peinture, un tableau ne représente pas la réalité, cela y ressemble au sens trivial du terme mais il ne s'agit que d'un tableau
De même la perspective ne représente pas la réalité c'est une illusion d'optique, irremplaçable, mais illusion quand même
Un monde sans perspective est inimaginable ! On se trouverait toujours le nez sur la fin des choses
Citation :
« Elles s'opposent cependant, dans une certaine mesure, et font apparaître l'élément irrationnel dont la physique est tributaire aussi bien que toute autre science, élément qui se manifeste dans l'impossibilité où se trouve toute science d'accomplir intégralement sa tâche. »
Je pense que Planck n'est pas tout à fait sincère ! Un peu de fausse modestie? Où peut être du bon sens !
Citation: « La science apparaît donc comme la poursuite incessante d'un but qui ne sera jamais atteint et, par principe ne pourra jamais l'être. Car ce but est d'essence métaphysique et se tient au delà de toute expérience. »
P:L:Je pense que la métaphysique n'est en un mot, que la question. « Pourquoi ? »... à cette question on n'a aucune réponse ! On répond modestement à « Comment », c'est déjà quelque chose
Et ce timide Comment s'accompagne de certaines réserves, (dans l'état actuel de nos connaissances)
est la phrase type du savant à l'âme pleine de doutes
Citation :
« Ce n'est pas la possession de la vérité, mais les résultats qu'il obtient dans sa recherche qui constitue le bonheur et la récompense du savant. Le but idéal du physicien est la connaissance du monde extérieur réel ; cependant, ses seuls moyens d'investigation, ses mesures ne lui apprennent jamais rien sur le monde réel lui-même : elles ne sont pour lui que des messages plus ou moins incertains ou, pour reprendre le terme de Helmholtz, (sémiotique) des signes que lui communique le monde réel, et dont il cherche ensuite les conclusions, de la même manière que le philologue qui s'efforce de déchiffrer un document, vestige d'une civilisation inconnue. »
PL: A mesure que la science avance, la métaphysique recule! Cela n'a pas de sens d'explorer l'infiniment petit, on doit rencontrer le rien au bout de la course. On doit définir le rien pour le rencontrer. Ce qui prouve que la définition est l'image d'une réalité qui nous échappe. si l'on est en présence du rien on ne s'en apercevra pas. Je ne suis pas étonné que Planck arrive aux mêmes conclusions que les artistes
C'est le chemin qui compte pas le but
On va nulle part, mais on y va avec joie !
FIN Provisoire
Notes de Viviane:
D'après Kant, si j'ai bonne mémoire, le monde
que nous percevons est construit en partie par
notre cerveau... c'est le monde des noumènes.
( réalité sensible)
L'objet en lui-même, indépendamment de nos
perceptions, appartient au monde des
phénomènes.
(réalité partiellement inexplicable)
Les problèmes de définitions sont difficiles... Lorsque l'on ne comprend rien du tout, on peut s'en sortir avec l'utilisation des symboles! La phraséologie religieuse ne fait pas autrement... FIN