" Ne défais pas la trame du rêve qu'a tissé l'aube aux doigts de fées..."
Je suis ce qu'on appelle un homme d'affaire. J'ai fait des études d'ingénieur mécanicien;
dès mes études terminées, je suis entré comme vendeur conseil dans une grande entreprise zurichoise.
J'ai parcouru le monde entier en vendant avec succès toutes sortes de machines, de simples pompes à eaux jusqu'aux gigantesques moteurs de navires... Assez rapidement je me suis mis à mon compte. J'ai gagné beaucoup d'argent, à Zurich cela veux dire quelque chose! ...
En deux phrases: j'ai 40 ans, je mesure 185 cm
80 kilos! Je suis considéré comme un beau gosse, j'ai du succès auprès des femmes, ce qui m'a causé beaucoup d'ennuis!
Rien ne me destine à une vie aventurière. Pourtant, j'aime la mer; pendant mes loisirs j'ai passé un brevet de capitaine au long cours avec un
amis dentiste de Zurich le Dr. Willis, qui a un joli bateau à Hambourg où j'ai souvent à faire! Je ne possède même pas un bateau! La plupart de mes voyages se font en avion.
Je vais très volontaire en Angleterre, où j'ai de fidèles amis. J'y suis fréquemment invité, et je ne me fais pas prier pour sauter dans un avion pour
passer un Week-end
et retrouver l'étrange vie anglaise encombrée de rituels et de tabous!
Justement, aujourd'hui, je vais chez mon ami Spencer, il habite le Kent, région que j'aime beaucoup; Spencer y cherche depuis longtemps une maison convenable pour moi, pas trop loin de celle d'une
amie, Erika Marx, éditrice
des poètes Anglais... Spencer pense en avoir trouvé une!
Mes affaires sont bien organisées, j'ai une secrétaire parfaite, un équipement performant, je peux partir au bout du monde tout en restant constamment à jour; ainsi, je peux joindre l'utile à l'agréable; je peux vivre où je veux; aussi longtemps que je veux, sans pour autant négliger mes affaires!
Spencer m'attendait à la descente d'avion, nous avons fait des courses, par une belle journée d'automne... Je taquine Speaker engoncé dans les habits étriqués qu'affectionnent les Anglais... Lui, il déteste
la mode italienne que j'affectionne! Mais à part ça, nous nous entendons très bien! Pour le soir on avait
prévu un repas au Dorchester cette vieille chose! La cuisine y est excellente, Spencer parla en termes vagues, de surprise...
Après un excellent repas,
j'accompagnais Spencer à son club où je connaissais presque tout le monde. Ce soir là, je fis la connaissance d'un personnage célèbre, Lord
Sliding, il affectionnait les énormes farces, du genre qui ne peuvent germer que dans un cerveau anglais! Par exemple un lâcher de moutons juste avant le départ du Derby d'Epson, où faire jouer la Marseillaise pendant une réception officielle en présence de la famille Royale, qui ne s'en était pas aperçus!...
Lord Sliding m'observait attentivement. Il se préparait quelque chose...
Au bout d'un instant, Lord S. s'approcha souriant et jovial:
Mon cher, voulez-vous faire partie d'un Club que j'ai fondé?
"Le Club des réveils surprises"... Comment refuser... J'acceptais cet honneur avec plaisir...
Avant d'en faire partie, ajouta Sliding, vous devrez passer une épreuve... Il s'agit de vous laisser endormir par mon ami le célèbre Professeur Remedy, ci présent, chef de la grande Clinique des Public-Scool!.. La seule clinique où l'on entre en bonne santé et en sort malade!.. Nous y sommes tout passés et vous pouvez le constater nous sommes tous en parfaite santé, En effet, les mines réjouies de l'assistance en faisaient foi."
Vous serez transporté, continua Sliding, dans un endroit imprévu, votre réveil sera étonnant, c'est cela la surprise! Puis vous viendrez nous raconter vos impressions...
Qu'en dites-vous?
Une idée comme celle là ne pouvait naître qu'en Angleterre... j'étais ravis... je ne me doutais pas que j'allais être entraîné dans l'aventure la plus ahurissante de ma vie!...
La soirée terminée, nous sommes allés au pied à terre de Speaker où le Dr. Remedy me fit une piqûre... Je sombrais immédiatement dans le plus profond sommeil...
L'impression de me réveiller dès la piqûre faite! Avec le sentiment d'être agréablement bercé... En regardant le plafond je compris aussitôt que j'étais sur un navire; un grand navire a en juger par le ronflement lointain
des machines... Encore un peu groggy; je me demandais comment on avait pu me transporter sur ce bateau!
Je regardais par le hublot, m'attendant a voir les rives paisibles de la Tamise... Rien que de l'eau; à perte de vue...Nous étions certainement en pleine mer!...
Pour revenir raconter mes aventures au Club je devais nager! J'examinais la cabine, simple mais vaste, Au pied de la couchette, mes habits soigneusement pliés, en ordre...
Si tôt habillé, j'ouvris la porte et butais contre un petit bonhomme en uniforme de capitaine...
Vous êtes réveillé, je vois, dit-il en mauvais anglais, je suis le capitaine Sarkis, vous êtes vraiment robuste, dit-il en me poussant dans la cabine... après la cuite que vous avez prise hier soir!...
Je ne me souviens pas de ma cuite d'hier soir capitaine répliquais-je interloqué...
Allons boire un café ca vous remettra les idées en place... Nous voilà partis le long des coursives... c'est un très gros navire?...
Un pétrolier de 250 mètres de long, dit Sarkis toujours souriant, nous allons en Amérique du sud chercher du brut...
Je ne sais plus que répondre, je n'allais pas faire un voyage pareil juste pour raconter mes aventures à un farceur!
Connaissez-vous Lord Sliding
demandais-je d'une voix mal assurée... Sarkis ne répondit pas... Nous sommes arrivés dans le carré; on s'installe à une table. Sarkis pose une feuille de papier devant moi.
Savez- vous ce que vous avez signé hier soir?
Non, pas la moindre idée!...
Bon voyez vous-même...
Je comprends en un clin d'oeil, j'ai incontestablement signé un contrat, engagé comme second sur un tanker de 70.000 tonnes pavillon Liberia armé à Nassau Bahamas...
Je reconnais ma signature, évidement! Je trouvais le jeu
amusant...
Vous étiez avec un gentleman qui m'a raconté que vous avez un brevet de capitaine, que vous êtes ingénieur Suisse,
que vous aimez les
aventures, et que vous avez fait plusieurs fois
le tour du monde! Votre compagnon est parti, vous laissant complètement saoul,
mon second ayant pris le large, je me suis permis de vous engager; que voulez-vous, c'est un cas de force majeur!
Cette fois je me réveillais tout à fait...
Je me demandais si cette histoire était encore dans le programme!...
Connaissez-vous Lord Sliding ?
Non, pas du tout.
Je racontais tout à Sarkis... Il avait l'air étonné... les jeux de la haute société anglaise lui paraissaient très stupide!.. Finalement, je lui expliquais pourquoi j'avais fait un brevet de capitaine, seulement pour m'amuser, qu'il n'était pas valable, car je n'avais jamais navigué, et que je serais enchanté de retourner à Londres! Please!...
Je suis Grec, brevet valable ou pas,
je ne suis pas plus qualifié que vous; j'ai acheté le miens au Libéria pour 1000 dollars!
Allons prendre un bon petit déjeuner, nous aviseront ensuite...
OK.?
En allant à la cambuse, je constatais que le navire n'était pas très soigné... En tous cas, il est très grand, il y a de la place...
On va faire escale à Dakar dit
Sarkis, on a un chargement pour l'Etat du Sénégal..." Je ne demande pas de quoi il s'agit... Je connais à Dakar un ingénieur à qui j'ai vendu des pompes il y à quelques années.. dès que l'on aborde je prends le premier avion et
rentre à Londres! Je me sens subitement soulagé...
Le
réfectoire est très grand, self service; il n'y a pas grand monde.
Sarkis me présente, il y a de tout... Un mécanicien ancien réparateur de vélo en Sicile! Le radio, Perrez, Mexicain, fils de bonne famille qui fait une fugue! Un cuistot, Chilien, Un géant noir,
pilote, un Français officier de marine... Les autres sont quelque part dans le navire... L'ambiance est sympathique, Sarkis n'est pas du genre à chicaner son monde... Après le café on va sur la passerelle,
on pourrait y jouer au tennis... Devant nous, deux cents mètres de navire, le pont couvert de tuyaux.
C'est impressionnant, c'est la première fois que je suis sur un tanker!
Je remarque qu'on navigue à vue, le radar n'est pas branché!...
Vous naviguez à vue par ce temps brumeux?..
Je ne peux cacher mon étonnement...
Cette saloperie de radar ne marche pas, me répond le pilote avec un sourire éclatant...
Il n'y a pas d'électricien à bord ? demandais-je!
Il est parti en vacances, ce cochon; dit Sarkis avec un air gêné...Par chance je connais ce genre de radar, j'ouvre la boîte aux fusibles! Un fusible est posé sur un rebord! Je le remets en place...
Il s'est foutut de vous votre électricien, c'est une farce!
Un salaud, oui, dit Sarkis visiblement soulagé; vous voyez vous êtes plus qualifié que moi, Pour un Suisse vous avez le pied marin!
Vous qui avez une formation technique, ce serait bien si vous alliez expliquer comment
fonctionnent les machines au voleur de bicyclette Sicilien, c'est un gars intelligent comme tous les Italiens...
Je descends aux machines et découvre que ce sont des moteurs que j'ai vendu
dans le monde entier; je connais ce genre de moteurs comme si je les avaient fait; l'Italien ,
Pico ne sait pas un mot d'anglais, toutes les explications sont en Anglais! Je vais lui traduire tout ça en Italien, je suis heureusement polyglotte, je peux me débrouiller en huit langues...
Finalement j'apprend que ce navire
n'a que la moitié de l'équipage qui est de rigueur sur ce type de bateau... Je me réjouis de voir Dakar.
Je remonte sur la passerelle, le radar est éteint!
Encore une panne ?
Non, Sarkis n'aime pas cet appareil... On navigue trop prés des côtes, Je me demande si je verrais Dakar un jour, je ne dis plus rien...
En cas de coup dur, il faut 15 kilomètres pour arrêter ce Tanker!
Quel est cette cargaison spéciale pour Dakar?
Armes et munitions répond Sarkis les dents serrées.
Légal tout ça?
J'ai plein de papiers, mais j'ai des doutes! Venez voir ça, Sarkis a l'air soucieux... Cette fois, c'est clair et nette, pas a s'y tromper, je suis embarqué dans une aventure de la série noire... C'est pire que je le pensait, les papiers sont en Anglais, il n'y a pas une faille. Dans ces affaires de gouvernement à gouvernement; on ne peut pas parler d'affaires de tout repos! On navigue sur lest, de quoi faire une guerre de trois mois
sans se priver de rien!
On verras ça à Dakar, dis-je laconique.
Monsieur le Zurichois, je vous fait confiance dit Sarkis ironiquement.
Vous m'avez engagé pour jouer un rôle, j'espère que vous n'êtes pas déçu ?
Nous sommes de bonne humeur, Sarkis me propose de boire un coup... Je n'arrive pas a prendre ce voyage au sérieux... Il existe deux livres de bord, l'un est écrit au crayon, l'autre à l'encre, c'est illégale... Sarkis reste évasif à ce sujet. Je n'insiste pas, on verra à Dakar.
On avance lentement. Je dois prendre la barre, je remet le radar en marche, c'est la nuit je suis seul a piloter ce colosse; parfois je croise d'autres pétroliers... Je m'imagine ce que ce serait, une collision avec ces navires! J'ai envie de télégraphier à mon ami Spencer pour lui expliquer la situation, mais j'y renonce; cette croisière est amusante,
je vais jouer le jeu,
je quitterais le navire à Dakar...
Nous longeons la côte africaine; il fait chaud, je découvre que les canots de sauvetages sont inutilisable!
En cas de coup dur, il vaut mieux sauter à l'eau ; hauteur dix étages!
Nous arrivons enfin à Dakar!
Le tanker reste au large, on transborde sur un autre bateau, il y en a pour quatre jours! Je demande innocemment à Sarkis, si je peux aller visiter la ville... Juste au moment ou je saute sur le canot automobile, Sarkis me crie: N'oubliez pas que vous avez signé un contrat... Je lui répond: "je n'oublie rien sacré farceur"!
A peine à terre, je fonce vers la première Banque Suisse pour demander un crédit! En deux télex j'ai ce qu'il me faut, je téléphone à mon client Duparc, heureusement, il est à son bureau.
Il est très surpris de me voir là... Je lui raconte ma rocambolesque histoire, il est épaté! Sacrés anglais... On va faire un bon repas, ensuite je prendrai le premier avion pour l'Espagne... ( c'est tout ce que j'ai trouvé!..)
L'histoire de ces armes ne semble pas très clair à Duparc, il pense que j'ai raison de me tirer de là! Il m'accompagne à l'aérodrome, je suis enfin dans l'avion; c'était marrant cette croisière... J'ouvre un journal, quand une main se pose sur mon épaule...
Monsieur, voulez-vous me suivre, police! Je ne peux que le suivre, c'est sûrement un malentendu, les moteurs de l'avion ronflent déjà...
Vous prendrez le suivant, dit le policier en souriant... Je ne répond pas, je me demande si je ne me suis pas conduit légèrement... Dans le bureau de la police, assis dans un fauteuil Sarkis me fait un sourire crispé...
Vous avez signé un contrat, vous devez venir en Amérique avec moi, je ne peux pas trouver un second
suffisamment qualifié à Dakar. Vous vous en doutez bien!...
Je suis coincé, cette fois, je ne m'en sortirai pas si facilement: je maudis ces farces de millionnaires; je me suis laissé emmener en bateau, au propre et au figuré!...
C'est en ordre?
demande le policier en souriant... Sarkis me prend par le bras, nous sortons.
Ne faites pas une tête pareille, vous pourrez rentrer dans votre beau pays dans 15 jours, C'est vite passé... En effet, je fais une drôle de tête!
Encore 15 jours d'aventures, pourquoi pas... J'aurais quelque chose à raconter
au Club ! Je désire téléphoner à Zurich pour expliquer la situation à ma secrétaire,
Sarkis est d'accord, il me demande ma parole de respecter mon contrat...
Je la donne, je peux rester en ville,
maintenant que je suis un vrais marin, je me doit de tirer une bordée... Je prend une chambre dans le meilleurs hôtel du coin. J'achète quelques vêtements
convenables pour
ce climat, je me douche, et à peine sec, je vais tout droit au bar;
c'est là que je vais commencer ma bordée... J'ai bien choisi, la barmaid est ravissante; une Française rousse comme toutes les Françaises, évidement!... En sirotant mon Scotch, je n'y vais pas par quatre chemins... Elle sourit:
Vous êtes entreprenant;
je pourrais vous envoyer dans le quartier réservé, mais vous êtes trop bien pour ça... Dans un instant une de mes amies va venir; elle est très belle, je crois que vous lui plairez!...
Hum... j'aurais aussi bien été dans le quartier réservé, mais je ne dis rien... Je sens une présence parfumée à mon côté... Elle est vraiment belle... J'ai de la chance, visiblement je lui plaît. Je
propose d'aller faire un gentil dîner au Splendide où la cuisine est renommée d'après la barmaid... Ma blonde Gaby secoue sa chevelure flamboyante en riant, c'est parti !
Je suis accroché!
Dans le taxi,
elle se serre contre moi, je suis aux anges!...
Si vous n'avez pas trop faim, dit-elle doucement, on peut aller chez moi; il y a de quoi faire la dînette... Je n'ai faim que d'une chose, elle le sait bien... J'accepte avec enthousiasme!
Elle habite dans un quartier résidentiel, un beau bâtiment, jardin, vue sur la mer, entrée en marbre... Gaby est stuardesse, elle gagne
bien sa vie apparemment...
Je ne regrette plus d'être resté à Dakar!.. Cette fois les jeux sont fait, très bien fait... L'appartement est luxueux, un peu trop pour une hôtesse de l'air... Gaby me traite de petit curieux, elle ne répond à aucune de mes questions...
Tu parts
demain, peu importe les détails... dit-elle en disparaissant dans la cuisine, d'où elle revient poussant un servire-boy chargé de la "dînette"... Du Champagne, du poulet en gelée, du caviar petit gris d'Iran... du pain noir, c'est trop beau pour être vrais. J'ai surtout envie d'elle, plus que
tout autre chose, Je deviens pressant, elle est terriblement provocante, nous roulons sur le tapis... Elle n'enlève pas sa robe, légère... comme apéritif c'est parfait, nous sommes plus calme pour déguster la dînette...
Derrière elle, en panorama, la mer d'un bleu intense; tout en mangeant on joue a cache-cache, avec nos yeux pleins de désirs, je sens que le prochain assaut sera indécent; le divan blanc, les longs chevaux blonds, le voile de sa robe a peine froissé... L'odeur du caviar , mélangé à la sienne, je lui saute dessus... Elle se tourne vers la mer, on ne peut être plus clair, c'est ma position préférée; elle ne gémit pas, son
silence est terriblement érotique...
Je ne savais pas que j'avais
des ressources pareilles, je suis mordu! Rien que l'idée de la quitter me coupe ma belle humeur... Je serre les dents,
pour ne pas lui faire une
stupide déclaration d'amour; qui risque de fiche en l'air la magie de l'instant...
Je lui raconte mon aventure; je vois
qu'elle ne me crois pas... Elle viendra me rendre visite à Zurich, c'est promis!
Après bien des excès l'on sendors dans les bras l'un de l'autre... Le matin est tout près de nous...
Je rêve qu'il y a un tremblement de terre, je me réveil en sursaut! Devant moi, au pied du lit... le policier de ce matin toujours souriant, aimablement il se penche.
Je vous prie de m'excuser de vous déranger de nouveau, mais cette fois c'est sérieux! Je reste coi... J'entends Gaby s'ébrouer dans la salle de bain.
C'est de nouveau Sarkis ? dis-je en souriant.
En effet, Sarkis a été assassiné il y a une heure!
Vous étiez ici, évidement. Je suis stupéfait, je reprends rapidement mes esprits.
Gaby peut en témoigner...
En effet, elle m'a dit que vous êtes resté là sans interruption, de ce côté c'est en ordre, je suis là pour autre chose, vous devez partir avec le navire ce soir, si non nous serons obligé de le mettre sous séquestre... Cette fois je suis bien réveillé!
Je me fiche de ce bateau, je rentre à Zurich, je laisse tout tomber, Sarkis est mort, je ne sais même pas qui est l'armateur de ce tanker, je n'ai rien a foutre avec cette stupide plaisanterie... Je suis debout à poil, en train de chercher mes vêtements, sans remarquer le ridicule de ma situation, je n'ai qu'une envie c'est de déguerpir
en vitesse!
Gaby apparaît, elle est habillée de pied en cap, je trouve enfin mon slip que j'enfile tout en appréciant le sel de la situation, devant tous ces gens habillés, impeccables et souriants narquoisement... Le policier toujours souriant et glacé:
Si vous ne partez pas avec ce navire, je vous arrête
pour trafic d'armes, ça peut faire dans les trois ans avec un bon avocat.
Gaby est assise. Elle polit ses ongles, mine de rien, dans la lumière dorée du soleil levant... Je la regrette déjà, je suis enfin habillé.
Donnez-moi deux jours, le temps de trouver les armateurs, et je débarrasse le plancher, dis-je d'un air décidé...
D'accord, deux jours... dis le policier, je vous souhaite bonne chance! Il sortit toujours souriant...
Je connais pas mal de monde ici dit Gaby, tu n'auras pas d'ennuis soit tranquille... Le policier réapparut, souriant, voici les papiers des armateurs, vous remarquerez qu'il y a encore un chargement d'armes pour le Honduras, Port de Cortés.
Comment avez-vous su où j'étais demandais-je...
Vous êtes suivis depuis hier, nous ne laissons pas un officier de marine se balader sans surveillance,
venant d'un navire chargé d'armes!
En Afrique la situation n'est pas très clair, votre chargement peut attirer bien des convoitises... Vous comprenez ?...
Si je comprends!
Je réalise que j'ai eu de la chance,
Gaby nous sert du café.
Les armes sont livrées par la France au Sénégal officiellement... demandais-je prudemment.
Oui, mais la situation n'est pas sûr, il est possible que des bandes révolutionnaires cherchent à s'emparer du chargement tout entier; c'est pour cela que je désire vous voir partir le plus vite possible pour le Honduras, O.K.!
Je comprends que je dois me tirer de là en quatrième vitesse. Personne n'avait envie de voir le port se transformer en un champ de bataille. Je me levais...
Je vais à bord régler tout ça avec les armateurs. Nous restons seuls Gaby et moi. Je la prend dans mes bras...
Viens avec moi au Honduras, une croisière sur un pétrolier, c'est nouveau, non ?...
Je ne peux pas, je travaille pour Air-France, je suis désolée, soit tranquille j'ai l'impression que nous allons nous revoir bientôt!
Je suis parti sans me retourner, le policier souriant m'attendai devant la maison, il me déposa au port.
Le déchargement est fini, partez immédiatement, je ne peux garantir votre sécurité... Le moteur du canot ronflait déjà, je sautais dedans... Epatante cette escale... Je m'en souviendrais!
A bord l'équipage au grand complet attendait dans le réfectoire gardé par deux policiers armés jusqu'aux dents; à mon arrivée, ils tournèrent les talons sans un mot.
J'expliquai aux gars la situation, pas moyen de quitter le bord, trop dangereux, on tirera une bordée au Port Cortès!... Je pris le radio avec moi, nous avons envoyé un fax à Nassau, expliquant en détail tout ce qui s'était passé, Attendons les instructions!...
L'équipage
était bonne pâte. Les gars n'avaient pas l'air
navré de n'être pas allés à terre... Cette société Armateur Arminter me semblait douteuse.
Sans attendre la réponse, j'étais obligé de lever l'ancre, direction l'Amérique du Sud!
Seul maître à bord, je me sentais un autre homme, je pensais à Sarkis, dans quelle sombre histoire a-t-il été entraîné!... La police allait laisser tomber, j'en étais sûr. Sur la passerelle, je n'étais plus la victime d'une sinistre farce, il fallait compter avec moi maintenant. Quand le tanker commença
de rouler dans les grosses vagues de l'Atlantique je compris que j'étais chopé, j'avais pris goût à l'aventure!... La réponse d'Arminter tardait.
Je ne m'en faisait pas, avec le décalage horaire, il n'y avait probablement encore personne au bureau!... On ne laisse pas traîner un navire de cette dimension avec un chargement pareille dans toutes les mers du globe!
Dans les affaires du pauvre Sarkis, je trouvais la clef du coffre, je l'ouvris, il était plein d'argent pour les marins et dans une enveloppe il y avait deux cents mille dollars appartenant à Sarkis, je les enverrait à sa famille dés que possible! Il y avait des photos de sa famille une jolie femme et deux enfants! d'après la maison il me semblait que Sarkis était riche...
Je visitais les cales, pour contrôler l'arrimage, et surtout comment était organisé l'endroit où étaient entreposé les armes... C'était exactement au milieu
du navire
entre les tanks vides pour le moment! Très habile
le lest était une quantité de machines blindées et, surprise, des armes américaines, venant d'Europe ! Cétait bien étrange... Cela puait la combine... De beaux massacres en perspective pour l'Amérique du Sud !
deux jours
après, je reçus un fax d'Arminter... Confirmation de ma fonction de capitaine, et continuer comme prévu, pas un mot pour le brave Sarkis!...
Une nuit, ne pouvant pas dormir, je faisais la ronde... Derrière une porte, j'entendis des rires et, me semblait-il des voix de femmes... L'équipage est très bien installé, les cabines sont vastes comme des chambres d'hôtel Je frappais et entrais sans attendre et là devant mes yeux stupéfaits, deux ravissantes petites négresses
en train de satisfaire à la lubricité de quatre hommes de l'équipage... Mon entrée produisit un froid, toute la bande me regardait l'air interrogateur... Dans la situation où je me trouvais, j'avais avantage a me faire des amis!... Je souris sans dire un mot... Un des marins se leva...
Mon capitaine, nous avons acheté ces filles pour 500 dollars a un militaire qui déchargeait les armes,
elles sont à la disposition de l'équipage, on les paye, elles sont bien soignées!...
C'est en ordre les gars, dis-je d'un air enjoué, soignez bien ces filles... Après avoir refusé poliment d'utiliser les services d'une des filles, je me retirais sur la pointe des pieds... Aux sourires des gars, je savais que j'avais gagné la partie... J'allais avoir un équipage avec un bon moral, très important, quand on fonce dans l'aventure, avec un tanker bourré d'armes...
Le mécano m'avertis qu'une pompe était en panne, impossible de réparer... Avec en plus les canots de sauvetage inutilisable!
Je devais aller au plus pressé... Nassau était équipé pour ce genre de réparation!
Et puis j'avais envie de voir la tête des armateurs... Je connaissais
un chef d'entreprise qui m'avait acheté des pompes
il y a peu de temps, il savait tout sur tout le monde... Mes relations internationales allaient peut-être me rendre service!
J'avais pris goût au commandement, je devais avoir une autorité naturelle, car l'équipage m'était dévoué, je le sentais bien...
Je demandai par fax de pouvoir détourner ma route pour venir à Nassau faire les réparations urgentes. Je reçu immédiatement l'autorisation à ma grande surprise, on avait sans doute, aussi envie de voir la tête du nouveau capitaine!
L'équipage fut enchanté de ce changement, la vie sur un tanker est très
ennuyeuse! Nous resterions probablement dix jours à terre. Perez et moi nous étions devenus amis,
il était un radio amateur, sa famille était très riche, et possédait des mines d'argent entre autre. Perez faisait une fugue...
Il était géologue il prétendait qu'il connaissait des mines abandonnées au Mexique qui contenaient encore assez d'or pour nous enrichir tous! On peu rêver... et on rêvait, on n'avait que ça a faire...
Voyage sans histoire jusqu'à Nassau. J'obtins le droit de rester à quai durant les réparations.
L'équipage pu débarquer, mais pas les filles... elles n'avaient pas de papiers... Pérez allait s'en occuper, pour 500
dollars, de vrais faux
papiers à s'y tromper!
Je pris un taxi pour aller voir mes armateurs... Quartier résidentiel, luxueux, sérieusement gardé!
La villa typiquement coloniale, très grande, jardin tropical, palmiers partout!
Les grilles s'ouvrirent devant le taxi, nous étions attendu... Un domestique noire m'ouvrit,
je pénétrais dans un immense halle, avec au milieu un bassin et un jet d'eau, une libre interprétation de l'architecture mauresque, revue et corrigée par un décorateur Hollywoodien!... Luxe calme et volupté...
De la musique tropicale, au loin... Je suivi la domestique, j'étais en blanc, un costume convenable acheté à Dakar..
Nous arrivons devant une grande porte en acajou, un beau travail chinois... La porte s'ouvre, je me trouve dans un vaste salon... Tout est blanc, sauf les vives taches d'un tableau de Pollok, deux Matisse, au fond le plus grand un Dessauges de l'époque Zürichoise...
Sous le tableau, installée sur un sofa qui n'en fini plus, une jeune femme blonde au yeux gris, me regarde avec curiosité...
Je passe un examen, avec succès car elle sourit visiblement rassurée...
J'étais très curieuse de vous voir, mais je ne m'attendais pas à ça! Dit-elle avec une voix chaude comme une nuit tropicale, juste avant un typhon! Je m'accrochais au dossier d'un fauteuil pour me retenir de ne pas lui sauter dessus...
Je suis aussi surpris que vous, Madame ?
Arabella de La Minaudière dit-elle en me serrant la main avec une poigne de fer... Je m'assis en comptant mes doigts...
Vous êtes sans doute la directrice d'Arminter ?
Pas exactement, c'est mon mari... en ce moment en voyage, qui en est le propriétaire.
Mais j'ai carte blanche pour toutes les questions au sujet du transport et des réparations; vous avez préparé une liste, je pense?...
Oui, bien sûr, voilà! Cette beauté avait les pieds sur terre; pas de papotages mondains, on est tout de suite dans le vif du sujet!...
Racontez-moi ce qu'il s'est passé, et comment se fait-il
que vous vous êtes embarqué dans cette aventure!...
Je lui racontais mon histoire en m'efforçant d'être le plus convainquant possible. Pas de problèmes avec Arabelle, elle avait fait ses études en Angleterre et était familiarisée avec l'humour de ses habitants!
J'essayais d'obtenir des renseignements sur les affaires d'Arminter, mais je me heurtais à un mur... Moins j'en saurai, mieux cela vaudrait pour moi! En fin, je lui demandais si elle pouvait trouver un capitaine et me libérer!
A peine arrivé, vous voulez me quitter ? Arabella souriait moqueuse et irrésistible...
Je reconnais que j'ai pris goût à l'aventure; mais je suis un suisse raisonnable, je ne veux pas tenter le sort!...
Avez-vous peur ? Dans ce cas je comprends, je vais chercher un nouveau capitaine, à mon grand regret... Elle se leva, tout a coup, froide et distante.
Je ne sais pas ce qui m'a pris, je me suis senti défié; je n'avais pas encore eu ma dose d'aventures, après cette ennuyeuse traversée... Je n'avais pas envie de retourner à Londres en plein hiver, pour aller raconter à cette bande de guignols des aventures qui n'en étaient pas!...
Je n'ai qu'une peur chère patronne, c'est de m'ennuyer! Je continue si cela vous arrange... Mais je veux une prime de risque. Avec l'Amérique du sud devant moi je pense la mériter!... Arabelle pouffait de rire, elle avait subitement dégelé... On va fêter ça, dit-elle en frappant des mains! Comme par enchantement, le champagne fut sur la table de marbre blanc, entouré de ces petites "saletés" délicieuses, canapé au caviar, foie gras, (que je déteste! L'ambiance était au beau fixe!
Vous devez rester dix jours, voulez-vous être mon hôte ?
Comment refuser... Mais un sixième sens m'avertissait que ce ne serait pas facile de conquérir cette superbe
femme d'affaire... Elle n'était pas du genre à céder au premier venu
si appétissant soit-il!...
Je gardais mon sang froid: il y avait certainement de splendides filles
dans le coin, Nassau n'abritait pas seulement des vieillards américains...
Arabella m'offrit de choisir une de ses voitures pour me faciliter mon séjour... Je pris congé les poches pleine d'adresses, au volant d'une Porche blanche qui avait un petit air innocent entre une RR
et une Ferrari. Ces Armateurs roulaient sur l'or!...
Mon hôtesse me fixa un rendez-vous en ville pour le soir dans un grand hôtel de la ville. Il y avait un cocktail, où je pourrais
rencontrer des gens à qui je pourrais vendre des machines de quoi faire fortune... En roulant à tombeaux ouvert vers Nassau je pensais que j'avais la baraka!,,,
Jenvoyais les deux cents mille dollars à la famille de Sarkis avec une lettre de condoléance attristées. Puis j'organisais les réparations pour la pompe, mais pour les canots de sauvetages, ce n'était pas la peine tout était soudé par la rouille, j'achetais
des Zodiacs!... Je renouvelais soigneusement le ravitaillement avec le cuisto, la bonne cuisine c'est très bon pour le moral de l'équipage!... Arabella n'allait pas chipoter sur la langouste, ce n'était pas son genre...
Le soir j'arrivais à l'hôtel, sur mon trente et un, en smoking blanc fraîchement acheté dans une boutique Italienne horriblement cher...
J'avais emmené Pérez avec moi... C'est toujours utile d'avoir un
ami avec soit dans ces rudes épreuves de mondanités américaines bruyantes et alcoolisées...
Arabella était éblouissante, elle était le centre dintérêt, concentrant toute la lumière sur elle au milieu de ce zoo...
Je remarquais qu'elle ne buvait que des jus de fruits... ce n'étais pas le moment de perdre le nord, je bus ostensiblement des jus de fruits , Perez aussi... Il ne nous manquait qu'une auréole pour faire bonne figure au bal des débutantes!... La manière d'Arabella d'aller droit au but
me fascinait... En dix minutes, je fis la connaissance d'une collection d'hommes d'affaires du plus haut niveau; un travail
de public-relations
d'au moins deux ans... Elle raconta mon aventure avec humour; je devins le centre dintérêt de ce club de privilégiés à la vie ennuyeuse... L'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue à 98% si l'on apprend à rire... disait Confucius...
Après la réception, le grand dîner. Une attention d'Arabella! A mon côté, une ravissante Anglaise
et pour Perez
une jolie Brésilienne, très riche, mais pas ostensiblement... A la table, un jovial américain et sa femme, on était joyeux, je remarquais que l'américain essayait de me sortir les vers du nez au sujet de mon prochain voyage.
Je restais discret, je n'allais pas lui raconter que le navire était bourré d'armes...
En fin de soirée j'étais complètement fini... En rentrant dans ma chambre d'hôtel prendre mes bagages pour aller chez Arabella... Je remarquai qu'on avait fouillé mes affaires, mes papiers techniques sur les réparations du navire et l'entretien, étaient parfaitement en ordres! Or Je
range ces papiers dans un tout autre ordre, dans un ordre technique!... Qui pouvait chercher quoi dans
mes innocentes affaires...
Le matin avant d'aller au navire je
fis quelques achats, et, mis en alerte par l'incident d'hier soir, je remarquais que j'étais suivis... Je téléphonais d'une cabine à Arabella pour lui demander si elle me faisait suivre, elle me jura qu'il n'en était rien. Alors je suis sortis, j'ai tiré dehors le type qui était dans la cabine à côté:
Je vous invite boire un café, cher compagnon! On va se raconter notre vie... Le type sourit un peu gêné...
O. K. dit-il... Je vous suis...
Installés au bar de l'hôtel, je demandais au type ce qu'il cherchait!
Je m'appelle Jimmy, je suis Américain, et je vous suis, parce que
j'appartiens au CIA... Nous savons que vous transportez des armes pour le Honduras... Tout trafique d'armes dans les Caraïbes nous intéresse car la sécurité des USA a priorité sur tout! O.K.?...
Cette affaire ne regarde que les états concernés; les USA nont pas à y mettre le nez, répliquais-je du tac au tac...
Ce n'est pas à moi d'en décider, grommelât Gimmy... Vous pourriez livrer ces armes à Cuba en passant, et, ça, nous intéresse!
Je constatais qu'il ne servait à rien de discuter. Je téléphonais à Arabella... Elle me dit de ne pas s'en faire, si je voulais, je pouvais inviter ce Gimmy à bord jusqu'au Honduras, si il paye son passage! Ainsi je l'aurai à l'oeil!...
Quand je fis la proposition à Gimmy, il fit une drôle de tête. Il se sentait un peu ridicule, sa surveillance à la boy-scout prenait fin, c'est contraire à la tradition chez ces agents infantiles!... Mais il acceptât... Perez avait assisté à cette scène, il s'amusait beaucoup, il proposa de faire la fête le soir sur le navire... Gimmy voyant que les choses tournaient dans le bon sens,
nous
amènera des filles; des filles bien, pas des putes! La situation était clair, et encore un argument de poids, Gimmy, par sa présence, nous protégeait indirectement!...
Juste avant de lever l'ancre, Arabella me dit: "Vous êtes un chanceux; bon voyage et à bientôt"...
Quand je retournais le soir à bord, Gimmy s'était déjà installé, il était accompagné par deux jeunes filles
délicieuses
prêtes à s'encanailler sur un tanker... Les marins et les prêtres ont
un métier sexis pour beaucoup de femmes! Je me demande bien pourquoi...
Perez allait à terre faire ses adieux à sa Brésilienne
d'hier soir... Gimmy était lancé, il serrait de près une grande brune, et la blonde me faisait des avances sans équivoque, la soirée s'annonçait belle!...
Le temps passe vite aux Bahamas avec des jolies filles, Gimmy était un type épatant et Perez un jeune homme sur qui l'on peut compter... Arabella était à NY pour affaires, les réparations étaient terminées, je me préparais à lever l'ancre, quand je constatais qu'il manquait deux hommes! Avec l'équipage on se mit à leur recherche, plus trace d'eux... Jimmy me proposa d'en trouver deux autres, il connaissait tout le monde! Le lendemain deux types se présentaient, papiers en ordre, marine marchande... La seule chose, ces cheveux coupés en brosse comme les marines...
Je n'avais rien à cacher, je ne pouvais rien attendre d'autre de Gimmy, il jouait au poker et moi aux échecs...
Nous levons l'Ancre avec une météo excellente, le navire file de tous ses 15.000 CV. En direction de Puerto Cortes.
Il fait chaud je prends en main la minuscule barre pour sentir frémir ce colosse entre mes mains... Perez est derrière moi dans sa cabine radio, il comprend ce que je ressens...
J'ai découvert une nouvelle vocation, j'avais passé ma vie à gagner de l'argent, sans même y penser, cette fois j'ai l'impression que je sers à quelque chose!... Ce brevet de capitaine que j'avais fait en passant ce n'était pas un hasard... Je
reconstituais un rêve de jeunesse, et maintenant je le vivais complètement... Je me suis glissé dans la peau d'un héros de roman! Il était bien loin le Club des Réveils Surprises!
Du côté de mes affaires, j'avais tout organisé avec ma secrétaire qui devait dire à tout le monde que j'étais en voyage pour une durée indéterminée, j'avais la paix. Perez m'annonce un typhon!
Droit devant.
J'attribue
leurs places à chacun dans les Zodiaques... Je contrôle les balises radio, il faut s'attendre au pire, si ça tourne mal cela ne sera pas de notre faute... Nous allons êtres secoués c'est certain, la moitié de l'équipage a déjà vu ça, personne ne panique... Nous allons être
transformé en sous marin dans quelques heures... Allez la fortune!...
Toute la coque a tremblé au premier coup de boutoir de la tempête, d'un seul coup il fait nuit, une nuit glauque sinistre! Perez m'avait prévenu.
Deux cents kilomètres à l'heure en travers, cela fait froid dans le dos... Ensuite c'est le bal... Devant, un mur d'eau, derrière nous, une profonde vallée glauque, verdâtre, une lumière d'un autre monde, salut les Caraïbes!...
La radio tombe en panne... Perez démonte, c'est la panne irréparable!
On écoute sur un transistor, que des parasites!
Je n'en crois pas mes yeux, devant, le tanker entre dans un mur d'eau, puis on prend un coup en travers, on grimpe en biais sur une montagne d'eau... Mon estomac se retourne, tout le monde sur la passerelle est vert...
Nous sommes solidement accrochés pour ne pas être projeté sur les multiples appareils... Le pilote est le seul qui a l'air de trouver cela normal, les moteurs tournent au ralenti pour éviter de gripper quand lhélice
de huit mètres de diamètre sort de l'eau...
On est peu de chose quand la nature se déchaîne... Jimmy a disparut, il doit vomir quelque part... Je fais contrôler l'arrimage, si les conteneurs commencent à se balader! Adieux les vacances... Le mécano a fort a faire pour
tenir le régime des moteurs, au téléphone il me semble avoir un coup dans le nez!
J'aimerais bien en faire autant!
En voyant le pont disparaître sous les masses d'eaux, je me rend compte que si nous devons aller chercher les Zodiaques en cas de malheur, nous navons aucune chance... Je comprend Sarkis qui s'en foutais!.. D'ailleurs si ça brûle, les pompiers c'est pour la parade!...
Tout à coup le vent s'arrête, les vagues s'agitent autour de nous
comme un saba de sorcières... Impossible de faire le point sans radio et sans visibilité...
Perez est toujours dans sa cabine en train de bricoler la radio! Je le rejoint, il m'explique... Nous allons entrer dans une zone plus calme... puis cela va de nouveau recommencer mais cette fois dans l'autre sens!...
Mais il est possible que Daisy se déchire un peu
et nous sommes hors d'affaire!...
Ensuite on aura du brouillard, et sans radio on sera bien emmerdé... Perez se tait... Je compte beaucoup sur lui! Je ne dis rien... Mon mal de mer est passé, je téléphone à la cuisine, le cuisto nous a préparé un buffet froid et du champagne, une gentille surprise! Pendant laccalmie je fais poser les
Zodiaques dans l'entrepont, cela ne sert pas à grand chose, mais c'est rassurant... Je fais ravitailler tout l'équipage sur leurs postes de travail. Il y a même de la bière suisse achetés chez le chinois à Nassau!...
Perez propose de lâcher une balise radio pour signaler notre présence dans les parages... Je préfère attendre, car la balise peut faire croire à un naufrage!... Maintenant on attend le prochain coup de boutoir... Il est arrivé, curieusement il ne fut pas si terrible que ça!... Peut-être étions-nous aguerris ?... Jimmy fit son apparition tout pâle, il avait été formé dans les marines, mais n'avait pas le pied marin!
Nous étions comme prévu,
en plein brouillard, je finis par arrêter le navire et signalait notre présence a coup de trompe de brume, c'était lugubre!... Il valait mieux rester tranquille en attendant que cette purée de pois se lève. J'allais dormir un moment.
A mon retour sur la passerelle Perez et le pilote avaient l'air découter attentivement, ils me firent signe découter aussi... J'entendis des voix! Perez se tourna vers moi... "C'est de l'espagnol" dit-il stupéfait!
Il y eu une déchirure dans le brouillard, et un étonnant spectacle s'offrit a nos yeux... Des centaines de barques de pêche... la mer en était couverte.
Perez pris un porte voix
et demanda en espagnol où nous étions... Il se tournât vers moi, il faisait une drôle de tête...
On est au large de Cuba
à dix miles de la Havane !
Je fis demander si on pouvait faire réparer la radio, on enverra un Zodiaque à terre, On allais ancrer le tanker au large de la Havane. Perez écoutait avec attention les discussions
des pécheurs... Il se tourna vers moi:
On est considéré comme perdu corps et bien d'après la radio américaine! On doit attendre la vedette de la police...
Impossible de naviguer sans radio, il ne restait qu'a attendre la police. Avec notre chargement on allait au devant de certains désagréments! Une heure plus tard, une vedette de la police fit son apparition, j'envoyais une échelle et une bande de policiers envahirent le navire. Le commandant installé dans la cabine des cartes contrôlait les papiers... Il eut l'air étonné, en constatant que nous transportions des armes.
Car
ce n'est pas courant pour un pétrolier de transporter autre chose que du pétrole...
Désolé,
votre navire est placé sous séquestre, pour l'instant, vous aller vous rapprocher du port de la Havane. Un pilote cubain prendra la barre.
Je restais silencieux, Perez que j'avais présenté comme second demanda si nous étions prisonniers!
Mais pas du tout, dit le policier, de toute façon vous n'avez pas le choix... En effet,
je pensais que nous allions au devant de temps mouvementés...
Quelques heures plus tard nous étions ancrés au large du port de la Havane. Dans le bureau de la police, nous fûmes bien reçu, on nous considérait comme des veinards de ne pas avoir coulé dans ce Typhon...
Vous êtes considéré comme perdu
daprès la radio Américaine, pour l'instant! Car vous allez être vite repéré dés que la brume se lèvera... Les avions de la marine américaine survolent Cuba chaque jour. Vous allez nous rendre un petit service, pendant qu'on remet votre radio en état! ensuite vous pourrez repartir... Je ne me doutais pas de ce qui nous attendait...
Que devons-nous faire ? Demandais-je...
Vous serez informé en temps utile dit le gradé, en attendant, vous êtes nos hôtes, nous allons vous faire visiter notre belle ville de la Havane, mais votre équipage doit rester à bord, pour des raisons de sécurité!
Vous comprenez?...
Je suis d'humeur mitigée, Perez ne pipe pas un mot... Je fais comme lui, je crois en ma bonne étoile!
Je me demande quelle genre de service nous devront rendre pour nous tirer de là!...
Le temps presse, nous devons profiter de la brume, dit le commandant cubain, vous allez accoster au port des pétroliers, pour deux jours...
Je commençais a transpirer! on allait décharger les armes... on était mal partis vis à vis d'Arminter! Nous sommes retournés à bord, puis, quand le tanker fut arrimé, nous sommes restés a regarder d'en haut ce qu'il se passait sur le quai... Des camions militaires arrivaient les uns après les autres, chargés de matériel militaire... On se regardait stupéfait, Perez et moi! L'équipage était occupé à ouvrir les cales et les grues du port commençaient
d'embarquer des caisses de munitions et des armes, de quoi faire une petite guerre!
Cette fois on savait ce qui nous pendait au nez! Un officier cubain vint nous rejoindre sur la passerelle.
Puisque vous allez au Honduras vous allez transporter pour nous quelques armes pour nos frères révolutionnaires de la part de l'URSS et de Cuba, petite attention pour ceux qui luttent contre l'impérialisme Américain et sa tyrannie!...
Perez et moi étions au garde à vous devant une telle conviction... Toujours la tradition classique, d'abord la religion,
ensuite les armes... Le monde s'améliore mais ne changera jamais, Amen...
Vous voyez, ce
n'est pour vous qu'une petite chose, vous soutenez comme
nous l'effort révolutionnaire, nous vous en sommes reconnaissant... En effet nous étions complètement dans le bain... nous ne pouvions rien répondre à ces arguments!...
Quelle destination, demandai-je sachant bien la réponse!
La même, signor... Puerto Cortès! Un homme a nous va venir à bord, il s'appelle Gorgief, il est Russe, il s'occupera de tout au Honduras... Je vous signale entre par en thèse que ces armes sont d'origine américaines ! Raffinés les Cubains, on ne pourra pas les accuser de soviétiser les guerres de "Libérations"
Jimmy était là depuis un moment, il sourit, " On va bien se marrer" dit-il en tournant les talons!... Je décidai de montrer bon visage à mauvais jeu!
Je vous invite à bord avec vos collègues pour une fiesta si vous apportez la musique, les filles et le Rhum... dis-je en riant.
Toute peine mérite salaire répondit le policier en riant, puisque l'équipage doit rester à bord, c'est Cuba qui va venir ici... Vous allez voir! Perez me jeta un regard admiratif... Plus question de se faire des soucis, autant prendre les choses du bon côté pendant qu'il y en a encore un!
Pour ajouter du piquant à la situation, la présence d'un agent de la CIA
et d'un agent soviétique à bord nous assurait une sécurité relative!
L'annonce d'une fête fit un effet formidable sur l'équipage, les gars s'attendaient à quelque chose, mais pas à ça !
J'envoyais un télégramme à Arabella pour la rassurer, sans dire un mot sur notre aventure, je lui en ferai le récit plus tard si les choses tournent bien !
La nuit tombe rapidement sous ces latitudes, accoudés sur la rambarde Perez et moi assistions a un spectacle ravissant... Tout le quai illuminé... Le quai aux fleurs !
Il venait du monde... des filles de toutes les couleurs! Tout le monde en civil, sauf notre chef de la police dans un uniforme étincelant !
Un groupe folklorique, l'orchestre, comme un feu d'artifice, tout le monde grimpait la longue échelle, en riant et se bousculant.
Un régal pour les yeux, J'avais fait préparer un buffet de 15 mètres de long. J'étais content d'avoir fait tellement de provisions à Nassau !
Les Cubains apportaient tout ce qu'ils avaient promis, du Rhum, des cigares, de la musique et des filles ! Ils voulaient nous faire comprendre que Cuba c'est aussi cela !
A peine le pied posé sur le pont; ils commençaient à danser, toutes les lumières du navire étaient allumées.
Deux heures après
c'était la folie, la population était venue attirée par la musique, le quai était coloré comme un champ de foire, il y avait des musiciens partout...
Pas trace de surveillance... Des femmes, belles, éclatantes, et folles de leurs corps... dansaient autour de nous joyeuses et provocantes... Mes trente cinq
marins ne savaient plus où donner de la "tête" J'avais fait érmétiquement fermer les endroits stratégiques du navire, on ne sais jamais!
Je fis visiter ma cabine à deux beautés, en deux minutes je fus couvert
d'oiseaux des îles aux sourires éclatants... Ma cabine n'avait certainement
jamais été si joliment habitée...
En jouant a attrape qui tu peux je me perdait dans des frou-frou
multicolores...
Au bout d'une heure, les oiseaux s'envolèrent, à la recherche d'un compagnon encore valide! Je piquais un roupillons bien mérité, vautré dans le désordre de ma cabine. Deux heures plus tard, je rejoignis le bal qui battait son plein; le Rhum aidant, l'ambiance était indescriptible... Je me demandai sérieusement si les Cubains ne se foutaient pas de nous!
Pour ne pas répondre à la question, je décidais de prendre une cuite, n'ayant pas l'habitude de l'alcool, je fus par terre au troisième verre...
Il faisait grand jour quand j'ouvris les yeux. J'étais couché dans un Zodiaque, au-dessus de moi, la tête ébouriffée d'un oiseau des îles, au regard de braise surveillait mon réveil...
Si c'est ça le paradis communiste, je suis volontaire!... Après une trêve de quelques heures la fête continue...
Pour me remettre les idées en place, j'acceptais
de faire une virée avec le chef de la police, autour de la Havane... Pendant la virée, j'essayais de cuisiner le policier, mais en vain!
Moins vous en saurez... mieux cela vaudra pour vous,
fut son unique réponse...
Après avoir banqueté dans lhacienda de son frère, nous avons
fait une sieste réparatrice... Le soir j'avais complètement retrouvé mes esprits, je me jurait de ne plus toucher à l'alcool...
En arrivant sur le navire, je fus surpris de constater que tout était remis en ordre, une gentillesse de l'équipage!...
Mon nouvel ami le policier était épaté!
Gorgief
et
Jimmy jouaient au poker; entouré d'oiseaux des îles, le gagnant donnait ses gains à la fille de son cur...
Cette image idyllique ne me trompait pas, Gorgief ne savait pas qui était Jimmy. Je réfléchissais intensément, cherchant toutes les solutions possibles pour me sortir sans dommages de cette situation ambiguë et dangereuse... Un transport d'arme pour le compte des cubains, j'étais foutu!
En fin de compte, la solution la meilleurs serait un naufrage. Il n'y aurait pas de pollution le tanker était vide, mais avec 35 homme d'équipages cela ferait trop de témoins, ce n'était pas mon genre d'assassiner de braves types!...
Pour aller au plus pressé, il fallait que je me débarrasse surtout de Jimmy, il était le plus dangereux!... Gorgief lui ne faisait pas le poids, il n'avait pas une organisation efficace comme celle de la CIA
derrière lui!...
Je soupçonnais Jimmy d'avoir l'intention de s'emparer du navire et de son chargement pour claironner bien haut que ces cochons de communistes étaient derrière toutes les guerres dans le monde, ce qui était assez vrais...
Je voyais déjà ma photo en manchette... "Un Suisse fournis des armes à la guérilla
des contres..."Pendant que le navire repartait lentement vers son destin, je tenais une séance secrète avec Perez le seul en qui je faisais confiance...
Je ne pouvai pas avertir Arabella
que le chargement d'armes avait doublé. Elle devait certainement se douter de quelque chose, ces réparations à la Havane, elle était fine mouche, elle soupçonnait quelque chose...
Ensuite l'aviation américaine nous avaient repéré, depuis que la brume s'était levée... Mais il n'y avait aucune réaction visible!
Nous passons, Perez et moi, des heures à étudier tous les scénarios pour nous sortir de là sans dégâts. Perez pensait que peut-être les Américains étaient derrière tout ça. Une révolution qui leur permettraient d'intervenir,
sans armes il n'y a pas de révolution!...
Il pensait
que Jimmy n'était là que pour surveiller la livraison des armes, pas pour nous empêcher dans notre expédition! Je pensais comme lui. Ce qu'il faudrait faire c'est laisser tout tomber dès que nous serons amarré, avant même le débarquement de ce matériel... Mon contrat s'arrêtait à l'arrivée dans Puerto Cortès...
L'équipage serait libre de rester en attendant un nouveau capitaine ou de partir
où bon lui semble...
Je pris le partis de me conduire comme si je transportais une cargaison de bananes... L'équipage se foutais complètement de la cargaison. Dans tout les cas les gars m'aimaient bien, ils se rendaient bien compte que j'étais un capitaine spécial!...
Le piquant de la situation était que les soviètiques et les américains avaient, d'après ma théorie, le même but, semer la pagaille pour plaçer des gouvernements fantoches à leur botte...
J'envoyais un télégramme codé à ma secrétaire, pour celà j'ai des trucs assez efficaces,
elle devait passer les information à
Arabella et les réponses par mon bureau de Zürich, mon code était une bible, la grille était exprimée en language mathématique, plein de fautes... Un casse tête pour les curieux!
Je m'imaginais la tête de ma secrètaire
en train de découvrir dans quel guèpier son patron s'était fourré, elle qui est si romantique, elle devait avoir les yeux hors de la tête, en me voyant transporter des armes en Amérique du Sud!..
Enfin nous sommes au bout du voyage... Puerto
Cortes, on se fait remorquer. En surveillant la maneuvre, j'apperçois sur le quai... Je n'en crois pas mes yeux! Mon "armateur," Arabella
accompagnée d'un officier de haut rang, probablement le client pour les armes!
Je les reçois à l'escalier, Arabella jouis de ma surprise:
J'ai trouvé plus prudent de venir, on ne sais jamais avec vous... Japprécie...
Je pense que les femmes armateurs sont toutes perfides, c'est une de leurs vertus principales, c'est évident ! Tout en serrant la main du militaire, je réplique:
Je suis extrêmement heureux de vous revoir, votre prudence est remarquable...
Le Général Ramirez va prendre livraison des armes, vous êtes soulagé sans doute d'être débarrassé de tout cela ? Je constate qu'elle ne sait encore
rien de notre escale à Cuba
Je me réjouis de retourner chez moi, en passant j'irais remercier le Club qui m'a donné la joie de vous avoir connue... dis-je ironiquement!
Pendant que Perez accompagne le Général inspecter la marchandise, jentraîne Arabella sur la passerelle...
Je dois vous parler seule;
vous êtes ravissante dans votre robe qui invite au viol!...
Vous êtes imprévisible; j'adore ça, répondit Arabella en riant a gorge déployée... A peine dans la salle des cartes, je la prends fermement, dans mes bras, et je l'embrasse sur la bouche par surprise...
Baiser réussi !... techniquement parlant; mais elle reste tendue, elle est sur ses gardes!... Elle s'échappe et va sasseoir sur un fauteuil, en souriant...
Est-ce vrais ? Vous me laissez avec ce grand navire sur les bras!...(Je sens que je dois faire attention, si je veux me tirer de là !)
Je lui répond prudemment:
Je constate que vous ne savez rien sur mon escale à Cuba, les Cubains nous ont dépannés, et j'ai dus
accepter de leur rendre un petit service... Arabella me regardait stupéfaite... Je continuais:
Une partie des armes dans le fond est un cadeau pour les "contres"
Je décharge tout, et Dieu retrouvera sûrement les siens!
Je continue sur
ma lancée:
Ensuite je vous abandonne là, fragile créature, vous savez ce que vous faites, tandis que moi, j'ai besoins du plancher des vaches, suisses si possible!
Arabella réfléchit, elle me fixe de ses yeux gris-bleus ! Je sent que je lui plaît, j'ai un sixième sens pour ces choses!...
Tout marchand d'armes sérieux les vends des deux côtés dit-elle d'un air décidé... Je ne sais pas ce que vous avez combiné avec les Cubains, mais il vaut mieux faire ce qu'ils veulent, d'après mon expérience...
Je devrais livrer
à Puerto Barrios dis-je résigné..
Avant de prendre des décisions hâtives, présentez-moi cet agent du KGB, avec ces gens on peut toujours s'arranger... Elle avait un petit air désarmé, pour une trafiquante d'arme c'était assez drôle ! Je lui demandais à brûle-pourpoint :
Dites-moi franchement, êtes-vous Arminter ?
Oui, c'est moi, et moi seule ! Une petite chose fragile comme moi, vous allez venir à mon secours j'espère ?...
Je vais vous présenter Georgief dis-je en guise de réponse !
Tout en sentant que j'allais me faire avoir de nouveau... J'avais
consigné Georgief dans sa cabine... Je téléphonais en bas, et Georgief fit son apparition accompagné de son gardien. Au sourire
d'Arabella
je compris que ces deux se connaissaient!
Encore vous, sexclama Arabella... Il y a longtemps que je ne vous ai plus revu, depuis que vous avez essayé de rouler mon père!...
Madame, je le regrette encore, mais pour moi c'est un sport. Vous le savez, j'essaye de faire des affaires. Hélas je n'ai pas de chance... Comment va votre père ?...
Il va bien. J'ai une proposition, si ça marche vous aurez une bonne commission.
(Je regardais et écoutais; Arabella était très forte, elle avait immédiatement saisi
l'occasion au vol...)
Georgief paraissait songeur...
On peut toujours parler; vous avez un bon Cognac dans le tiroir du haut ! Sacré gaillard, il savait où était mon cognac ! Les verres remplis, on s'observa en silence...
Je veux bien livrer les armes des Cubains continua Arabella,
mais je ne veux pas risquer de perdre le navire; trouvons une solution, je vous donne 10.000.$. si vous régler ça en douceur... ( je ne pipais mot trop heureux d'entrevoir une solution !)
Donnez-moi deux jours de délais demanda Georgief.
=
Accordé, dit Arabella d'un air décidé. J'étais épatés. Pérez entra, avec le général, tout marchait normalement... Perez avait l'air soulagé. Georgief sortis discrètement.
Je me demandais si on pouvais faire confiance
à ce type.
J'avais rempli ma mission vis à vis d'Arminter ! Arabella se leva brusquement...
Je suis au Schératon, dit-elle en sortant avec le général
Ramirez;
je vous invite à dîner, attention on mange ici à 11 heures!..
O.K. J'irais, avant 11 heure!
J'étais décidé a faire la conquête d'Arabella,
je pensais avoir une chance sérieuse... Son dernier coup d'oeil était incendiaire, me confirma Perez, qui s'y connaissait ! Je devais laisser l'équipage sortir, je les réunis et leur expliquait de la boucler, car les histoires de trafique d'armes finissent toujours mal pour les braves marins qui ne savent pas garder leur langue dans leur poche! Jeus l'impression qu'ils avaient
compris...
Perez allait me quitter; il avait remplis son contrat, J'avais un pincement au cur, je promis de passer le voir au Mexique où sa famille avait un ranch grand comme le canton de Zurich! En partant il me glissa un papier avec un numéro de fax...
=
Si vous avez des problèmes, appelez-moi vous recevrez toute l'aide possible... Gentil Perez il allais me manquer !
Je laissais deux hommes de garde à bord. Je
m'installais au bar de l'hôtel à dix heures ! Je buvais une eau minérale teintée de Whisky.
Au bout d'un instant arrivat Georgief rayonnant, il sinstallat à mon côté, commanda un Bourbon, et tout en me tapant jovialement dans le dos, ce que je déteste, il m'annonça triomphalement:
C'est réglé, mon capitaine, j'ai vendu les armes des Cubains, au Général Ramirez !
Je sursautais, et quoi encore... Avec ce type,
je n'avais pas fini d'en voir de toutes les couleurs !
Les Cubains vont avoir votre peau, mon vieux !
Pas question, on livre les armes comme prévu à Puerto Barrios, puis dès qu'elles sont déchargées, vous disparaissez.
C'est alors que les copains du Général entre en action, ils font deux choses à la fois, les coups doubles sont le secret des bonnes stratégies !... Le reste ne nous regarde pas... Inch Allah...
C'est un coup fumant... mais j'avais des doutes.
Combien avez-vous touché pour ces armes ?
Assez, pour acheter un avion pour promener les touristes en Floride. Répondit Georgief en éclatant de rire...
Etonnant ce type; s'il s'en sort sans mal, il aura beaucoup de chance !
Maintenant déguerpissez, j'attends ma patronne.
O.K. Capitaine, je disparais dit Georg
en vidant son verre.
Je devais tout dire à Arabella, inutile qu'elle apprenne cette belle combine par Ramirez !
Justement elle arrivait parée comme une goélette... Trafiquante d'armes !... Pas froid aux yeux la belle !
J'allais à sa rencontre, " Vous êtes là depuis longtemps ?" Je lui expliquais en deux mots le coup de Georgief...
Elle me regarda avec une expression découragée...
Il faut se débarrasser de ce gredin, il va tout foutre en l'air ! Les yeux d'Arabella étincelaient de rage.
J'avoue chère Arabella, que je commence a en avoir assez de ce réveil surprise, je n'ai pas envie qu'il tourne au cauchemar ! Si cela continue, c'est moi qui vais en avoir des histoires... et en bon Suisse j'ai horreur des histoires hystériques de l'Amérique du Sud.. OK.
Oublions ça mon cher... Cette soirée doit être une réussite, je ne veux pas vous entraîner dans des histoires hystériques comme vous le dites si bien... Moi, j'ai l'habitude. Je me calmais immédiatement, elle avait ses plans sur ses affaires, aussi sur moi sans doute; je n'avais qu'à bien me tenir... Je lui pris le bras en souriant et l'installais à une table entourée de verdure.
Le restaurant se remplissait... La soirée s'annonçait belle... J'avais compté sans Jimmy! Celui-là, je l'avais oublié...
Il arriva l'air sombre; il sassit à notre table, sans y être invité..
Excusez-moi, je crois que mon pays n'est pas très emballé de voir débarquer des armes en Amérique du Sud, c'est chasse gardée ici vous savez... Jimmy nous regardait d'un air ironique...
Je me fout complètement de ce que pense votre pays, mon vieux; allez tirer votre bordée ailleurs.
J'ai à parler avec ma patronne... Compris !
Bon, ça va, je disais ça comme ça ! Où est Georgief ?
Je n'en sais rien; allez le chercher, mon cher, et tirez-vous !
Jimmy se leva sans dire un mot: enfin seul pensais-je... Arabella souriait, une lueur d'approbation dans l'oeil...
C'est le lieu de rendez-vous de toute la ville ici dit- elle, venez, je connais un endroit plus tranquille où nous pourrons parler de nos affaires.
Encore, pensais-je... des affaires! J'avais tout autre chose en tête. Je suis un type simple, je voulais Arabella...
Et ensuite sauter dans un
avion
pour
Londres!...
Dans ce coin tranquille Arabella me parût encore plus belle et mystérieuse, je me sentais faiblir... Une semaine de plus et je serais libre, ce n'est pas la mer a boire!...
Au bout d'une heure, je sentis que c'était le bon moment, je la pris par le bras et la dirigeait vers lascenseur:
On fini la soirée dans votre suite dis-je d'un air décidé...
D'accord mon capitaine dit-elle en riant... A deux mètres du lift, le général Ramirez nous rattrapa:
Madame, je dois absolument vous parler, c'est très important ! Il avait l'air sérieux... Arabella me regarda l'air résigné.
Je crois que c'est partie remise
dit-elle.
Je reste avec vous dis-je d'un air protecteur !
Je crois que ce n'est pas opportun, dit le Général, c'est confidentiel! En les quittant, j'essayais de deviner ce qu'il avait pu se passer, sûrement des problèmes avec les Cubains
Il était minuit, je crevais de faim, je regrettais Perez, j'irais le voir au Mexique, juré...
Je minstallais au bar et commandais une langouste, j'étais en train de dévorer cette pauvre bête avec l'appétit des frustrés... quand Jimmy vint s'installer à ma table... Etrange, il n'avait pas l'air bourré...
Alors capitaine, votre séance est terminée...
Oui, vous voyez... Prenez un peu de langouste, j'en ai beaucoup trop !
Volontiers dit Jimmy l'air sérieux.
Il y a quelque chose qui vous tourmente ? vous ne rentrez pas aux USA,?
Je prend quelques vacances, capitaine. Les armes des Cubains c'est le secret
de polichinelle... Tout le monde en parle ici !
Ce qui veux dire ?
Que ça va barder !
.
Où cela vaut-il barder ? Ici ?
Exactement... si vous ne partez pas immédiatement; on parle de bandes armées qui désirent s'emparer des armes... Vous voyez le tableau, la ville transformée en champ de bataille !
Oui, je vois, dis-je, mais je m'en fou complètement, au premier coup de feu je fiche le camps !
En cas de coups dur vous allez prendre le métro
sans doute; dit Jimmy ironiquement.
Il commençait à me taper sur les nerfs, ce type !
Je sentais aussi qu'il avait raison, je ne pourrais pas filer à l'Anglaise, je devait être surveillé par Ramirez et Cie...
Je n'avais pas d'amis dans le coin, je devais ménager Jimmy. Il devait savoir comment se sortir de n'importe quelle marmite; un gars de la CIA !...
C'est bon, je suis coincé, comment feriez-vous à ma place ?
Capitaine, je vous répètes qu'il faut lever l'ancre, avant que ça pète ! Une fois en mer vous ne risquez rien...
Cette fois je compris qu'il me donnait un bon conseil... Je me levais...
Vous venez avec moi ?
Oui, mon capitaine, je dois
suivre cette opération jusqu'au bout; mais inutile de me boucler dans ma cabine !
Nous étions près du port; j'espérais que l'équipage serait à bord, pas évident !... En arrivant en vue du tanker... tout illuminé... Je sentis un serrement de cur, je me suis attaché à cette énorme machine, pas de doute.
En arrivant à bord, je fus surpris de voir les gars de la garde qui attendaient visiblement quelque chose !
Qu'y a-t-il ? demandais-je...
Capitaine, tout l'équipage est à bord; on a été raflé par la police et consignés à bord...
C'est parfait, on part immédiatement...
Mais on n'a pas de pilote...
Allez le réveiller, il dors à bord de son bateau un peu plus loin !
Aussi tôt dit aussi tôt fait, une heure plus tard nous étions en route pour Puerto Barrios! Jimmy était terriblement nerveux, je le cuisinais un moment, et il finit par m'avouer que Georgief s'était fait descendre d'une balle dans la tête, un travail de pro!...
Je pensais que le Général Ramirez n'avait pas envie de payer cash les armes des cubains à Georgief... Mais Jimmy pensait que ce n'était pas si simple...
Il pensait que d'autres types de la CIA était sur le coup, il y avait tellement d'argent à ramasser, difficile de résister !
Je me demandais ce qu'il pouvait arriver à Arabella, elle était en danger, mais c'était les risques du métier ! J'avais un plan, je livrerais les armes comme convenu, puis je louerais un avion et
disparaîtrais dans la nature...
En attendant, je ne faisais aucune confiance à Jimmy...
Si une guerre se déclarait dans les parages entre les Pro-Cubains et la CIA, on avait intérêt à se tirer le plus vite possible !
On laissera le navire à quai et sauve qui peut... Chacun pour sois... Je vais courageusement prendre la fuite !
Nous arrivons enfin au
bout du voyage, il fait beau, calme plat, on se fait remorquer
à quai..
J'avertis l'équipage, que c'était la fin du voyage, je les payais. Ils pouvaient rester à bord où partir où ils voudrons, cela ne me regardais plus !
Sur le quai, la police la douane et l'armée.. Tout est calme, on laisse l'équipage en paix, mais pour les deux petites négresses, rien à faire elles doivent quitter le pays dans les deux jours !... Les gars s'en occupent, ce n'est pas mon affaire !
Quand les armes sont débarquées, je constate qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat, il y a là tout juste de quoi barrouder une semaine... Jimmy a disparut, il ne veut rien risquer, il a raison !
Je téléphone à mon bureau en Suisse... Tout va bien, une commande de moteurs diesel pour le Mexique !...
Et dire que j'ai traversé la moitié de la planète pour en arriver là, c'est assez étrange !
Le directeur de l'hôtel pressé de me voir les talons, me trouve un pilote qui a un avion en bon état paraît-il. Je vais voir...
Cela me paraît convenable, le pilote est mexicain, il connaît bien son pays, je lui explique où se trouve le ranch de mon ami Perez, il connaît... c'est à environ 400 kilomètre, un saut de puce !...
Dans deux heures j'en aurais fini avec l'aventure... Cela commençait a mal tourner; je me tire de là de justesse! Je me réjouis d'arriver à Bonampak... Perez a dû recevoir ma dépêche.. je n'ai pas attendu la réponse !...
On survole un pays magnifique, au bout d'une heure, le pilote doit atterrir, il a des problèmes avec le compas et la radio péclote, on ne peu pas voler a vue de nez, au dessus de ces régions.
Nous sommes près de Cobàn au Guatemala... Je suis un peu contrarié; mais je pense
qu'on en a pour une heure... Je télégraphierais à Perez...
A peine au sol, la police est là. le pilote a l'air de connaître tout le monde, il trouve un technicien et les deux gars bricole sous le soleil brûlant, pendant que je suis assis, devant un officier de police aimable. On sirote un Coca mélangé à de la tequila, de quoi tuer un buf !...
L'ambiance est animée, l'officier connaît la Suisse, il est enchanté de m'avoir, et il est content que je parle l'espagnol... Tout va bien, on rit comme des idiots, la tequila fait son effet !...
Tout à coup, la porte s'ouvre brutalement, entre une bande de types à mines patibulaires, armés jusqu'aux dents, j'ai l'impression d'être tombé dans le film de "Viva-Zapata"
Le gringo... Hurle
le barbus le plus sale, le chef de toute évidence...
Tout le monde a les mains en l'air, pas de héros, ils sont réalistes... Je me lève, le chef a l'air enchanté.
Viens ici, gringo!... Toute la bande désarme le poste, les munitions aussi, on charge le tout sur un camion, et moi avec...
On file plein gaz... Je vois s'éloigner le pilote et son mécanicien qui agitent les bras, je me creuse la tête, il est certain que c'est moi qui suis visé, une telle expédition pour s'emparer de ma personne !...
Je ne dis rien... On roule en pleine ville, personne n'a l'air de se douter de quoi que ce soit, je reste sur le qui-vive, si je sautais en marche ?... Mais je suis bien encadré par des barbus, patibulaires!..
Nous roulons en direction des collines, où en principe habitent les gens riches, je vois défiler les villas élégantes, les pelouses rasées comme des cours de golf...
Je n'ai jamais entendu parler de guérillas dans le pays...
Au bout de deux heures nous roulons dans une plantation de bananes, pendant plus d'une heure.
Le bruit du camion est tel qu'on ne peux échanger un mot, mes gardiens ne sont pas hostiles, pleins d'attentions ils me donnent
des couvertures pour rembourrer le banc sur lequel je suis plutôt mal assis...
Brusquement, on s'arrête; je descend, les gars derrière moi, nous sommes devant l'entrée d'une hacienda de millionnaire, des barbus partout !...
Sous la colonnade devant l'entrée, se tiens une femme, type espagnol, cheveux noirs, yeux de feux... Bottée, cravache à la main. Je me plante devant elle, sans dire un mot; ainsi entouré de petits sud-américains, j'ai l'air d'être un éléphant coincé dans un safaris... Elle sourit gentiment...
Enfin, c'est vous l'ingénieur suisse ?
Je ne répond rien, il ne manquerais plus que j'ai l'air enchanté !...
Entrez, je vous en prie... On vous a enlevé, un peu cavalièrement, je m'en excuse, mais nous avons des problèmes avec nos moteurs diesel, comme nous avons appris que vous passiez par là... Voilà, c'est tout simple !... Je restais bouche cousue, nous étions dans un grand living meublé à l'espagnol, si on aime ça ! On se croyait dans un film de Zoro !...
Elle sassit, en m'invitant a en faire autant ; comme j'avais l'arrière train encore endoloris par ma ballade en camion, je restais debout...
Vous êtes furieux, je suis désolée, mon père va vous expliquer mieux que moi pourquoi vous êtes là...
Je m'approchais des grandes fenêtres donnant sur la pelouse... Plein de gardes armés, pourquoi cette mise en scène, état de siège?... Je me retournais, le sourire avait disparut. Un regard dure et autoritaire... si je voulais m'en sortir, autant arrêter de bouder !...
Madame, j'ai rendez-vous avec un ami au Mexique, je me fiche de vos Diesels, je veux retourner à l'aéroport !
Vous y serez demain, nous avons besoin d'un diagnostique...
Je ne suis plus dans le métier depuis des années, je vend des machines, je n'en répare pas!
Je me sens plus calme maintenant que je sais que je ne suis plus en danger.
Vous
êtes calmé, j'en suis ravie, vous parlez très bien l'espagnol...
Je n'arrive pas à m'habituer à vos coutumes sud-américaines... La mitraillette et le signe de croix!...
Mon père est un Général mis à la retraite "prématurément"... Il a pris une partie de son armée avec lui... Il n'y a pas d'état de guerre avec le gouvernement, mais il vaut mieux prendre ses précautions ! ...
Comment avez-vous sus que je passais par-là ? ...
C'est votre ami Ramirez qui nous a renseigné, la radio de l'avion est en parfait état !
Les salopards, je suis un peu naïf de croire
que je peux faire ce que je veux sans surveillance, on est pas en Europe ici...
Le pilote est un salaud ! ..
Le pilote obéi à Ramirez, c'est une question de vie ou de mort pour lui !
Evidement, je commence à comprendre que tout appartient à quelques-uns, on ne peut pas bouger une oreille sans être observé par on ne sait quel policier en civil... Je massit en face d'elle... Carlotta, c'est son nom, me servi un long drink... Je me sentis beaucoup mieux ! ...
Vous n'avez aucun bagages, vous êtes partis sans doute précipitamment... dit Carlotta avec un sourire de cannibale...
En effet, j'ai été dévalisé par des voleurs de grands chemins...
Ramirez dit que vous cognez comme un tank, vos voleurs sont à l'hôpital pour longtemps !..
Je n'en sais rien, j'ai pris l'avion sans me retourner ! dis-je modestement...
Carlotta frappe dans ses mains, apparaissent à la porte deux indiennes !...
Montrez sa chambre à mon ami
l'ingénieur, nous allons vous trouver des affaires de toilettes, aucun problèmes.. dit Carlotta en allant vers les grandes baies vitrées où attendaient deux gardes a mines patibulaires...
Ma chambre était spacieuse, impeccable fraîche... Rien a dire... N'ayant rien a faire, je redescendais immédiatement, je voulais explorer les environs.. Peine perdue, deux barbus me firent signe de rentrer dans la maison...
Je voulais téléphoner à Perez,
j'explorais la maison avec les deux indiennes sur les talons. Pas trace de téléphone ! ...
Etrange comment peut-on vivre sans téléphone... Probablement qu'ils avaient un système de téléphonie, chacun le sien dans la poche...
Toute une aile de lhacienda était bouclée... Il y avait des secrets ! Résigné j'allais masseoir sur la vaste terrasse.. Les Indiennes m'apportèrent des boissons et des cigares...
Vers le soir, j'entendis un vrombissement caractéristique, un avion atterrit derrière la rangée de
palmiers, au fond de la pelouse, il y avait une piste datterrissage
tout près de l'hacienda, le père de Carlotta, sans doute...
En effet au bout d'un moment arrivât une Jeep, un vieux colon et trois gardes armés. Je me levais et allais à leur rencontre... Le Général
vint vers moi la main tendue...
Je suis le Général Rodrigez, ma fille ma raconté que vous étiez fâché de la façon
cavalière... Je linterrompit :
Je ne suis plus fâché, je comprends, dans ce pays des problèmes avec les moteurs sont très gênant, vous avez sauté sur l'occasion !...
Je suis heureux que vous le preniez sous cet angle, venez nous allons immédiatement voir ces générateurs, peut-être trouverez une solution !...
Nous sommes montés
sur la Jeep, après un départ sur les chapeaux de roues on a roulé quelques centaines de mètres vers des bâtiments rangés au bord de la piste...
Il y avait longtemps que je n'avais vu des diesels aussi anciens... A réviser complètement !
Qu'en pensez-vous ? demanda le Général plein d'espoir...
Il faut tout démonter, changer des pièces un ou deux mécaniciens peuvent faire cela en quelques semaines, je connais une firme allemande spécialisée dans ce genre de travail...
Je
le savais dit simplement Rodrigez, et pendant cette révision comment vivre sans eau et électricité ?...
Si vous me libérez, je trouverais des moteurs à louer au Mexique, ils seront moins gros et plus puissant... Je disais cela, mais je me demandais où trouver des moteurs au Mexique, peut-être dans une compagnie pétrolière à qui j'avais vendu ce genre de moteurs...
Le Général paraissait soucieux... Il devait se demander comment j'allais me sortir de là...
Combien de temps les moteurs peuvent-ils encore tourner ?
Peut-être un an ou plus, je n'en sais rien, avouais-je... Je pense qu'il vaut mieux voir les choses avec pessimisme !
Je le crois aussi dit Rodrigez, vous repartirez demain, votre avion va arriver avec des invités, ce soir
vous êtes mon hôte!
En retournant vers l'hacienda je voyais les choses différemment; Je passais d'une aventure à l'autre sans risques réels... J'ai la baraka disait mon équipage...
Le soir, au dîner, je vis la famille au complet, des voisins sont venus avec mon avion. Le pilote faisait piteuse mine, il s'est beaucoup excusé... Je téléphonais à Perez, puis à mon bureau!...
Carlotta à mon côté était distante et tendue, comme un ciel annonçant l'orage...
Elle avait quelque chose d'étrange cette fille, à un certain moment je surpris une furtive caresse de sa très jolie servante, je me demandais si il n'y avait pas là quelque chose entre elles, mais dans ce pays on est généreux en caresses, cela ne veut rien dire !
Je me sentais en forme et pensais que je ne risquais pas grand chose a pousser un petit flirt juste pour voir... Nous faisons la conversation, japprit pas mal de choses...
Si il y avait tellement de gardes armés dans les parages, c'est qu'il y avait une guerre sournoise entre le gouvernement et le général, le gouvernement voudrait bien mettre la mains sur les kilomètre carrés du Général, car il y avait du pétrole, de l'eau, et très probablement de l'or sur son territoire!.. De quoi attirer toutes les convoitises, pas seulement celles du gouvernement...
Carlotta ferait un beau partis à condition que son mari soit un rusé stratège !
Le Général est très généreux, ainsi il peut compter sur la fidélité de ses troupes. Après le dîner nous nous répartissons sur la grande terrasse par petits groupes, des lampions éclairaient la scène, c'était féerique; Dans la pénombre je pouvais risquer quelques attouchements sur les fesses de Carlotta
qui se laissait faire
sans façon... La servante amie derrière nous ne perdait pas une miette du manège, elle avait l'air ravie. J'augurais une nuit orientale tropicale et dévergondée!...
Quand tout le monde fut partis, je me retirais dans ma chambre, qui comme par hasard se trouvait à côté de la mienne... En effet au bout de dix minutes j'entendis un grattement à la porte... J'ouvris pour laisser passer deux fantômes qui se glissèrent silencieusement dans la chambre obscure... mon cur battait à 180...
Mes gravures japonaises sont des dessins pour enfants, à côté de ce que j'ai dû subir, tous les coups sont permis, je me gardais bien de les éviter!... Tout cela, sans un mot, froissements, frottements, soupirs, mouillages en nage, sur des corps sages! Le cantique des cantiques puissance dix, avec ultime supplément à l'aube où je m'effondrais saturé et heureux... A l'aube, je restais seul, me demandant si j'avais rêvé...
Le matin, à six heures toute la maison grouillait déjà d'activité... Au petit déjeuner, Carlotta, distante rêveuse, enfin calmée, affectait de ne pas me voir. Elle partit immédiatement faire un tour à cheval avec sa servante... Un petit signe de la main, et elles disparurent derrière les palmiers... J'avais sans doute rêvé...
Le moteur de l'avion tournait, le Général me faisait un tas de recommandations, que je nécoutais pas... En survolant une grande prairie, je vis deux cavalières lancées au galop, qui firent des signes avec leurs chapeaux...
Une heure après j'étais chez Perez... Avec l'avion je pourrais être de nouveau chez Carlotta pour le week-end prochain, si je trouvais des moteurs convenables...
Perez m'accueillit
chaleureux, lui qui est très réservé d'habitude. Je ne sais pas ce qu'il avait raconté à sa famille sur moi, j'étais reçu comme un héros! La réception fut délirante...
J'expliquais mes problèmes de moteurs à Perez. Pas de problèmes, il avait tout ce qu'il fallait, on n'allait pas laisser le Général sans eau et électricité!... Le ranch avait un équipement des plus moderne, il y avait même des moteurs en réserve ! Je pouvais annoncer une bonne nouvelle au Général!
Je proposais à Perez de m'accompagner pour un Week-end spécial... Pendant cette
semaine, chez Perez, je fut mis à rude épreuve...
Après les semaines de farniente sur le bateau, j'étais assez rouillé; on vivait à cheval, mes pauvres fesses !
Je comprenais mieux pourquoi Perez cherchait l'aventure au loin... Extrêmement, ennuyeuse la vie de la Pampa, on ne peut pas vivre toute sa vie comme un boy scout...
Mais les marins rêvent de la Pampa et les Cow- boy rêvent de la mer!... On n'est jamais content! C'est comme la femme des autres!
Je voulais faire une surprise au Général Rodrigez,
avec l'avion de Perez, un Piper d'acrobatie, nous fûmes chez lui en un rien de temps!...
A peine arrivé japprit que Carlotta et sa servante étaient
parties à l'autre bout du Ranch à cent kilomètres de là ! Je cachais ma déception.
Perez se fichait gentiment de moi... Le Général était content
qu'on puisse arranger ses moteurs, on a fait la fête toute la nuit, mais de mon côté le cur n'y était pas...
Le matin nous sommes repartis avec le joli avion de Perez;
connaissant la direction
où étaient mes belles, je dirigeais Perez vers le point supposé.
Au bout d'une demi-heure, sur un plateau, japerçut deux cavaliers qui filaient comme le vent en direction du Ranch...
En volant en rase motte, je reconnus Carlotta et sa fidèle compagne... Perez se posât sans dommages. Les deux cavalières vinrent tourner autour de l'avion au galop, comme à un rodéo... C'était magique!...
Perez fut sidéré de la beauté de ces femmes, je n'avais pas fait de confidences à Perez pour jouir de sa surprise le moment venu ! C'était réussi... Finalement Carlotta vint vers nous en souriant:
Dés que j'ai sus que vous étiez au Ranch, je suis retournée, pour vous voir ! Vous êtes drôle, pourquoi n'avez-vous pas avertis? ,
je serais restée...
Je devais avoir l'air bête et content, Perez me secoua en riant, la servante lui tapai dans l'oeil...
Je reconnais que j'étais amoureux, cela ne m'était pas arrivé depuis bien longtemps! C'est fou l'effet que me faisait ces deux cavalières sur ces chevaux nerveux sans cesse en mouvements... Des déesses!
On promis de revenir dans trois jours... A la manière dont Perez pilotais son avion je compris qu'il rêvait déjà... On est tous les mêmes !...
Le Général Rodrigez
avait beaucoup de soucis,
son pétrole attirait des convoitises, sa mine d'or aussi, son armée ne tenait que par des hauts salaires.
Il s'en faudrait de peu qu'il lui arrive la même aventure qu'au brave Sutter en Californie, une ruée vers l'or monstrueuse. La racaille du monde entier creusant un trou de 500 mètres de profondeur et toute l'eau clair des montagnes transformée en torrent de boue... Le Général n'avait que sa fille; il se demandait
si cela valait la peine de rester...
Il était prêt a vendre, à une grande compagnie ayant les moyens de résister aux requins qui désiraient s'emparer de tout sans débourser un sous!
Je pouvais m'occuper de ça, j'avais mes entrées dans les milieux
pétroliers, qui achetaient mes moteurs...
Je dirigeais mes affaires depuis le Ranch de Perez, j'avais décidé de ne donner aucun signe de vie à mes farceurs Londoniens!...
Ils devaient se demander où j'avais disparu, ma secrétaire répondait systématiquement que j'étais absent pour une durée indéterminée ! La farce pouvait durer
longtemps.
Quelques jours plus tard d'étranges nouvelles commençaient à circuler au sujet du Général Rodrigez. J'essayais de communiquer avec l'hacienda du Général, sans succès!... Silence complet...
On parlait
de Rodrigez comme d'un révolutionnaire. Le gouvernement commençait les hostilités! J'étais sûr que c'était un truc pour s'emparer de l'hacienda avec son pétrole, son or et son eau plus précieuse que le reste !
Perez et moi étions décidés d'y aller voir... On allait aux renseignements à Coban, il fallait agir discrètement, le terrain était peut-être miné ! Perez avait des relations des gens influents qui pourraient le renseigner...
Nous avons facilement obtenu
les renseignements, en effet la situation était
critique et confuse, les membres du gouvernement hésitaient, car les soldats de Rodrigez et ceux du gouvernements aimaient bien le Général Rodrigez, on ne savait pas comment les choses pouvaient tourner...
En cas de conflit le Général pouvait avoir l'armée avec lui! Il y avait un risque... Perez pensait que Rodrigez pourrait prendre le pouvoir contre son gré, plébiscité par l'armée...
La situation était bouffonne, une révolution d'opérette au son des castagnettes ! Il fallait voir ça !...
Je voulais aller à l'hacienda de Rodrigez, mais Perez pensait que l'on déchaînerait la presse contre nous, des étrangers!
Mieux valait survoler le théâtre des opérations, puis rentrer au Mexique, en passant, on pourrais voir si nos
cavalières étaient dans le nord où nous les avions vue la dernière fois !
Un bon plan... Nous sommes repartis le lendemain matin par un temps idéal...
Nous avons survolé la plantation, puis le Ranch, beaucoup de monde gesticulait, le Général était sur sa Jeep, il nous faisait signe datterrir... J'étais terriblement excité, Perez aussi, on s'est posé sur la piste près du Ranch, Rodrigez nous reçut à bras ouvert... Pas de guerre pas de coups de fusils...
Il avait tout arrangé, avec son charme et beaucoup de dollars. Les jeunes femmes étaient dans le nord à cent kilomètres de là, en sécurité, avec une dizaine de barbus armés.
Vous voyez, c'est comme en Suisse, des compromis, du graissage de pattes, et tout s'arrange !...
Les moteurs vont bientôt arriver. dis-je en riant de soulagement, et les deux mécaniciens allemands arrivent derrière... Le Général était heureux comme un roi... Il me pris à part:
Je vais vous demander un service. Prenez mon avion qui est plus grand et plus puissant que le vôtre, allez chercher les filles dans le Ranch du nord, embarquez-les avec vous chez Perez, et ne bougez plus... Attendez de mes nouvelles ! Il chuchotât dans mon oreille:
Dans l'avion il y a 500 kilos d'or et 20 millions de dollars, pas un mot, vous êtes suisse j'ai confiance ! pas un mot, partez !
Perez était déjà aux commandes... Les deux moteurs RRs. tournaient, le Général, il avait planqué tout ça dans son avion là où personne ne songerai à fouiller !...
Je ne sais pas si j'étais vraiment heureux de sa confiance, mais je n'avais pas le choix!... Perez, lui, était enchanté de ce bimoteur, puissant et rapide... Nous sommes partis le cur serré, nous demandant quand nous allions revoir le Général...
Rodrigez n'a pas tellement confiance dans les officiers à qui il a graissé la patte! Dit Perez en riant, il se demandait si il trouverait une piste datterrissage convenable dans le nord...
En effet, je crois qu'il va bientôt arriver chez toi un de ces jours, je ne pense qu'aux filles, j'espère qu'elles viendront avec nous !
Ce n'est pas évident, ces sauvageonnes n'en font qu'a leur tête...
J'observais avec attention l'endroit où nous avions rencontré les cavalières, aucun signe de vie... Nous sommes arrivés en vue d'un village, il y avait beaucoup de chevaux, des tentes, un bivouac... Le bruit des moteurs fit sortir nos cavalières d'une des maisons... Perez trouvât une piste convenable, les
jeunes femmes nous rejoignirent en quelques minutes... Elles étaient là sauvages et belles, sur leurs chevaux nerveux.
Comment va mon père ? fut la première question...
Très bien, dis-je, nous sommes là sur son ordre, il veut que vous veniez avec nous chez Perez, immédiatement! Le Général viendra plus tard avec le Piper de Perez...
Ce n'est pas urgent, dit Carlotta, je veux rester ici encore quelques jours, pour organiser le Ranch, il y 5000 têtes de bétail...
Je crois que c'est urgent, dis-je, dans l'avion il y toute la fortune de votre père et quand un général donne un ordre on obéis!...
Pendant la discussion Perez dévorait des yeux l'amie de Carlotta, il en était visiblement toqué...
Je sentais venir les difficultés, mais j'insistais, c'était vraiment important !
Je crois que c'est une question de vie ou de mort, chère Carlotta, je dois vous enlever immédiatement laissez tout en plan, vous pourrez revenir dès que la situation sera clair!...
O.K. J'ai compris, dit Carlotta, si mon père l'exige il sait ce qu'il fait.
Elles descendirent de cheval... les chassèrent vers le Ranch, où ils rencontrèrent un groupe de barbus qui venaient aux nouvelles ! Perez mit les gaz, nous étions lourdement chargé...
L'avion avait besoin de toute la piste, Jeus subitement une idée:
Carlotta, prenez dans le sac des dollars, jetez-leur une liasse pour les distrairais!... Carlotta pris une liasse et lâchât une ou deux poignées de billets qui séparpillèrent au vent...
Les barbus se mirent immédiatement a cavaler
en gesticulant et criant de joie... Perez réussit a lever l'avion juste avant une rangé de buissons menaçants !
Nous ne pensions qu'à une chose... l'aventure est un puissant stimulant, Carlotta collée contre moi, la fière amazone, tremblait de désir...
Perez avait de la peine à se concentrer avec Pacha
à ses côtés. Nous avions hâte de
rentrer au Ranch de Perez...
Nous sommes enfin arrivés
le soir... Perez laissât l'avion dans un hangar portes fermées avec un garde...
Il nous fallait encore subir les saluts de bienvenue de la famille, tout le monde se faisait du soucis...
A table nous évitions de nous regarder, prétextant une grande fatigue après tant d'aventures, nous n'avons pas traîné...
Nos quartiers étaient de l'autre côté du Ranch vers les écuries, un endroit tranquille ! Cupidon pensait à tout, la nuit fut passablement agitée... Carlotta était exigeante, et moi j'étais amoureux !
Nous attendions l'arrivée du Piper avec le Général aux commandes... Il n'était pas homme
à abandonner ses milliers d'hectares à n'importe qui.
Il avait encore beaucoup d'amis et d'influence,
il était un lutteur! Nous recevions des nouvelles rassurantes et Carlotta
se faisait moins de soucis, elle connaissait son père.
Pacha et elle désiraient visiter le Ranch avec Perez... Je n'avais aucune envie de me démolir les fesses, à courrier pendant des jours après les "toros"
Je restais au Ranch pour mettre en ordre mes affaires, et aller voir la compagnie qui avait besoins de nouveaux moteurs.
Je savais très bien que Carlotta et Pacha allaient bien soigner les nuits de mon ami, je n'étais pas jaloux , au contraire, je me réjouissais pour lui...
Je n'étais pas de leur monde, leur vie de colonisateur me paraissait sans intérêt...
Ne sachant comment les affaires du général allaient tourner, je laissais les moteurs destinés au Général dans leur hangar... Pour les spécialistes allemands, c'était trop tard, ils étaient là. Le père de Perez voulait ouvrir un atelier de réparations, les deux allemands étaient
content de se mettre à leur compte !
Moi, je songeais au retour à Londres, pour donner aux membres du "Club des Réveils Surprises" une surprise à mon tour !
Un beau matin j'entendis le moteur du Piper, le Général apparut, toujours jovial et rusé comme un renard du désert... Il avait surmonté ses difficultés, on le laissait en paix, il allait retourner à son Ranch, mais en laissant sa fortune dans une grande Banque américaine, on ne sait jamais !
Perez et ses compagnes étaient de retour, l'occasion de faire une fête avec tous
les voisins... A 500 kilomètres à la ronde!
Une vraie fête Mexicaine!
Le Général avait conclus un marché avec une compagnie pétrolière... Aucun gouvernement n'oserait déclarer la guerre à une compagnie américaine!
Perez était pensif, il savait que ce serais plus facile de pour nous de dompter un cheval sauvage que d'apprivoiser Carlotta et son Pacha. Il était raisonnable, il renonçait!...
Les deux femmes restaient libres mystérieuses indomptables, nous n'étions que des épisodes dans leur vie qu'elles croquaient à pleines dents...
Une autre fête se profilait à l'horizon, celle très exclusive des pétroliers les plus riches du monde. Elle allait se dérouler au Mexique,
le Général y était invité avec sa famille et ses meilleurs amis.
Perez et moi étions intrigués de voir un rassemblement pareil... Même la reine de Hollande propriétaire d'une des plus grande compagnie pétrolière de la planète serait présente!
La fête se déroulerait chez un homme étrange, secret qui était probablement le trafiquant d'armes le plus efficace du monde,
il avait, paraît-il, un palais gigantesque à faire pâlir d'envie les Cheikhs Arabes qui eux, n'avaient pas le niveau de cet Yvan cultivé et plus puissant que bien des états...
On le soupçonnait de créer des guerres à sa fantaisie car il avait le génie du mal... Je n'allais pas manquer une occasion pareille...
Nous sommes allés avec l'avion du Général, tous les cinq chez ce mystérieux Yvan fomenteur de guerres, sources de prodigieux profits...
En réalité Yvan avait un village avec une trentaines de villas, dans le style Hollywoodien...
pelouses,
entrée pompeuse, ce village était réservé aux invités, mais Yvan avait une grotte aménagée dans les montagnes proches, où personne n'avait mis les pieds!
Les femmes qui y avaient été étaient discrètes.
On ne savait rien, il courrait des racontars comme toujours sur les super riches !...
Nous fûmes conduit à notre villa, un bâtiment de style Américain 40 pièces meublées grand luxe... piscine, jardin tropical et employés stylés... Nous avions droit aux services les plus raffinés...
Cette Super-party était divisée en deux... La première pour les intimes, une trentaine de personnes, des gens sympathiques, pas les plus riches !
Puis trois jours plus tard, le tout venant, société vulgaire et puissante, qui ne venait là que dans lespoir de faire de bonnes affaires.
Pendant quelques jours il y aura un véritable ballet de jets et dhélicoptères, chargés de
gros malins, pétroliers de tous les horizons !
Dès la première rencontre avec Yvan, nous avons sympathisés...
Yvan était un type genre aristocrate Italien, athlétique, très impassible, seuls ses yeux trahissaient une vie intense, son regard perspicace mettait les faux-jetons mal à l'aise!
Il était de la même taille que moi 185 cm. Carlotta me murmura, en le voyant pour la première fois; " Entre vous deux mon cur balance !" Yvan était un homme à femmes, mais il ne faisait aucun effort pour séduire.
Il n'en avait certainement pas besoin, il était cultivé et avait un humour de pince-sans-rire qui lui attachait ses vrais amis !
Son cuisinier
Belge plein d'imagination, nous régalait de plats légers et délicieux, il avait la liste des préférences de chacun des convives, et s'arrangeait pour nous gâter en tenant compte de nos désirs secrets...
Yvan me pris comme confident, il commençât a me raconter sa vie, car il avait confiance en moi... Je ne vais pas entrer dans les détails, il faudrait un livre entier, mais certaines choses, peuvent éclairer la psychologie d'un "Génie du mal !"
Il avait très tôt remarqué, que c'est très facile de provoquer des tensions entre les gens, avec des phrases apparemment
anodines, qui finissaient par empoisonner l'existence de tout le monde... Grâce à ce talent, découvert dès son plus jeune âge, en jouant d'influence entre son père et sa mère...
Beaucoup d'enfants jouent
ce petit jeu... Mais Yvan en fit un Art! Calomnies, mensonges, allusions fumeuses, fausses maladresses, sont les clefs de la réussite pour un personnage intelligent et ambitieux!...
Il avait fait une partie de ses études chez les Jésuites, puis dans un institut privé spécialisé dans "l'éducation" des fils à papas, Le résultat en fit
un maître en manipulations psychologiques !
Dès ses études finies, il apprit l'Arabe, par goût sans but précis, mais découvrit rapidement que c'était très facile de
mettre
dans sa poche les Arabes avec de petits cadeaux, comme des pistolets,
des mitraillettes,
des blindés,
des chasseurs, aussi pour utiliser tous ces jouets, de petites guerres réjouissantes où tout le monde y gagnaient...
Le deuxième soir au dîner, chaque femmes reçut
un bijoux en harmonie avec sa
personnalité, il ne cherchait qu'à faire plaisir, mais ce genre de cadeaux faisait passer un frisson dans le dos de ses amis... Au fond tout le monde avait peur, mais personne ne se l'avouai...
Je suis sûr qu'il était parfaitement correcte avec ses amis, mais il était inquiétant...
Il avait une écurie avec les chevaux les plus beaux et les plus cher du monde... Carlotta et Pacha voulurent les voir...
J'étais dans le living quand elles revinrent...Elles avaient fait une fête à Yvan, qu'il noubliera pas de si tôt ! Je m'imaginais la scène dans une écurie contre un pur-sang, pas besoin de faire un dessin !
Elles reçurent deux chevaux russes couleur de miel, un cadeau royal ! Pour Perez et moi ces femmes étaient d'un autre monde, nous en étions amoureux, mais c'était sans espoir !
Les invités arrivaient par petits groupes, il y avait de tout dans l'ensemble très bruyant le style américain dominait, jovial, hurleurs, tapes dans le dos, robustes beuveries, les femmes étaient belles, mais comme des savonnettes, lisses et sans sex-appeal!
Mais nous ne nous sentions pas
abandonnés. Comme disait Perez; "On allait tirer une belle bordée mon Capitaine !"
En effet... Au cours
d'un cocktail, Yvan me pris par le bras.
Mon cher, j'ai une surprise pour vous... Il mentraîna vers un petit salon encombré de plantes tropicales, dès l'entrée, je vis une chevelure flamboyante que je n'avais pas oubliée... Arabella était là plus belle que jamais !
Yvan se retira
discrètement avec un sourire mystérieux... Lorsque je lui avait raconté mes aventures, il avait tout de suite pensé
inviter Arabella, pour me faire une agréable surprise... C'était réussis!
Arabella fut immédiatement à l'aise dans la villa... Carlotta lui fit dans le creux de l'oreille des propositions qui la fit rougir jusqu'à la racines des cheveux...
Yvan avait
des affaires pour Arabella, il trouvait certainement piquant d'avoir affaire avec une trafiquante d'armes !
Finalement nous sommes restés entre nous. Les pétroliers étaient sans aucun intérêt, ils n'avaient que de l'argent, et dans cette "Party" il n'y avait que ça ! Le tanker d'Arabella reçoit un nouveau capitaine, un vieux loup de mer à la retraite qui s'ennuyai dans sa Norvège lointaine...
Tout est bien qui fini bien... J'ai raconté mes aventures au Club, mais jeus l'impression que l'on ne me croyait qu'à moitié...
Mes amis anglais ont une autre échelle de valeurs, ils étaient choqués quand j'ai décliné leur offre de devenir membre de leur Club... Je trouve ce genre de trucs enfantin. J'ai passé depuis longtemps, l'âge du Scoutisme !
Je projette d'écrire un jour l'histoire d'Yvan, qui expliquera
pourquoi notre monde est dans un état pareil... et pourquoi il le restera toujours !
FIN