La rose et le liseron
Conte pour enfants
de Guy Dessauges



Un jardin sans problèmes ça n'existe pas! J'ai une oreille pour entendre des choses entre plantes et fleurs...
Une "Djamilla", rose rouge du plus bel effet, s'est épanouie un matin en secouant la rosée perlant sur ses pétales...
- Je me sens bien ce matin, dit-elle. S'il n'y avait pas ce liseron qui me chatouille depuis quelques jours, cet insolent s'est enroulé autour de ma tige, pourtant garnie de piquants...Le liseron était tout près de la rose, il était enchanté de la beauté et du parfum de Djamilla...
- Ma belle, dit le liseron. Je vous aime, vous êtes si belle et si parfumée que tous les parfums de l'Arabie ne vous valent pas...La rose était flattée, malgré tout, elle rougit encore un peu...
- Vos compliment me font plaisir, dit-elle, mais vous êtes un peu encombrant, vos embrassements m'étouffent et vous faite concurrence à ma splendeur... La rose était vaniteuse comme toutes les roses, mais on lui pardonnait car elle était si belle...
- Splendide Djamilla, dit le liseron je me suis efforcé de vous plaire, mais si vous me rejetez, je vais aller flirter avec votre voisine qui est légèrement orangée et sent aussi délicieusement bon!...Djamilla se mit à bouder, elle regarda d'un air méprisant Cornélia qui poussait juste à côté et allait encore monter plus haut qu'elle... Bonne affaire pour le Liseron qui avait la vocation de grimpeur sans peur!... Au fond elle était flattée des compliments du liseron, car elle était jalouse de Cornelia Moschus cette française avec ses pétales en désordre...
- Bon, dit-elle, si vous êtes moins envahissant je vous autorise à rester avec moi...
- Trop tard dit le liseron, je me suis programmé pour monter encore plus haut, mais j'ai derrière moi un petit frère qui arrive à votre hauteur, il est très mignon et il va vous faire la cour presque aussi bien que moi... En effet, Djamilla aperçut juste en dessous d'elle un ravissant liseron rose de plaisir, un peu essoufflé qui arrivait tout juste, pour l'embrasser... « Belle matinée, pensa la rose, dommage que tout ça finisse dans un vase »...
J'avais entendu la dernière phrase, je me penchai sur Djamilla, Ne vous en faites pas, ma belle, je vous laisse tranquille avec votre liseron amoureux qui vous grimpe si gentiment dessus... Djamilla fut ma récompense de la saison... elle à fleuri tout l’été, puis elle s'en est allée, en automne, fanée, au paradis des fleurs et des actrices, où l’on ne meurt jamais...
Mon jardin est grand, la prochaine histoire se passera dans le coin des lis et des iris de haute noblesse...

FIN


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