Le temps comprimé ?
de Guy Dessauges



Depuis l'invention des poupées clonées sans cerveaux... par Toy-Toy et compagnie, les progrès sont devenus de plus en plus raffinées dans la manipulation génétique... Mais c'est par hasard que j'ai fais une découverte surprenante. Un matin dans mon laboratoire chez Toy-Toy, je cherchais un accélérateur de croissance pour les poupées vivantes sans cerveau. Pour augmenter la production, donc le chiffre d'affaire...
Je me blessais à la main, et pris une goutte de mon sang pour continuer la série d'expériences en cours. A ma grande surprise je vis mes cellules proliférer à la vitesse d'une infection!
Il se formait une peau de cellules en bonne santé qui semblaient savoir ce qu'elles voulaient et où elles allaient. Je les mis en processus de développement comme pour le programme de fabrication des poupées...
Une sorte d'expérience sans but, juste pour voir ce qu'il arriverait. Il s'agissait de mes cellules, après tout! Occupé par d'autres tâches, j'oubliais cette expérience et rentrais chez moi retrouver ma petite famille que j'adorais.
Mes parents étaient morts dans un accident de voiture lorsque j'avais 15 ans. Mes enfants n'avaient donc pas de grands-parents. Je trouvais cela triste, car une famille sans grand papa et grand maman est une famille amputée...
Je dois ajouter un détail singulier... Ma femme était orpheline. C'est ce qui nous avait rapprochés!
Je passais le week-end au sein de ma famille et le lundi matin en entrant dans mon laboratoire, je sentis une étrange odeur... Pas l'odeur habituelle des Bébés-Toy une odeur nouvelle et familière! Au fond du labo. Sur la table ou j'avais laissé mon expérience se trouvait dans l'éprouvette un minuscule f&Mac254;tus... Il vivait incontestablement. Je donnais un peu de liquide nourrissant, le même que celui des poupées. Je me demandais comment une si petites quantité des cellules de mon sang avait si rapidement proliféré. Plus rapidement qu'une infection ou qu'un cancer!
J'isolai complètement l'endroit de l'expérience pour éviter tous risques. Mes collaborateurs ne se doutaient de rien. Ils venaient rarement dans mon labo.
Je surveillai mon nouveau bébé avec attention, pas seulement à cause de ses caractères étranges mais il me semblai que cette poupée m'était proche, sans doute à cause des gouttes de mon sang qui circulait dans ses minuscules veines.
La curiosité scientifique n'a d'égale que celle d'un artiste. Au bout de neuf semaines, j'avais un bébé prêt à vivre hors du bocal où il s'était développé... Le moment de l'accouchement était arrivé. Je ne pouvais plus cacher mon expérience.
Je n'en avais plus besoin, car cette naissance entrait dans le sens du programme de recherches. Une de mes laborantines, me fit remarquer que cette poupée avait toutes les caractéristiques d'un enfant normal avec un cerveau et les réactions nerveuses d'un poupon en pleine santé!
Il ne s'agissait pas d'une poupée Toy-Toy ! Je me demandai où j'avais fait une faute... Maintenant je faisais et refaisais le calcul, je n'en croyais pas mes yeux, les mois de développement normal étaient devenus des semaines...
C'était au point de vue de l'accélération de production des poupées un succès certain, mais il fallait aller jusqu'au bout de l'expérience pour savoir si un enfant pouvait se développer à une telle vitesse sans dommages! On le nomma Alexandre. Le nom de mon père.
Au bout de 52 semaines... il aurait 52 mois! En un an plus de 4 ans! Je le pris chez nous, ma famille était au courant, tout le monde l'aimait. Je ne tentai pas de renouveler l'expérience.
La production des bébés Toy-Toy avait doublé et faisait de moi un homme riche. Je regardai grandire mon garçon né en éprouvette avec un mélange de fierté et d'inquiétude.
Ma femme me fit remarquer à quel point il ressemblait à mon défunt père. L'évidence nous sautait aux yeux. Au bout de 4 ans... Alexandre fêta ses 20 ans ! Il était doué pour tout. Je reconnu mon père... J'avais sortis des cellules de mon sang un gène paternel... Mes enfants avaient enfin un grand-père... Un peut tard, mais mieux vaut tard que jamais... Je me demandai si je n'allais pas mettre en chantier une grand-mère... Ma femme m'en a dissuadé. Elle craignait que je me prenne pour Dieu... Il existe des choses sur terre et aux cieux qui nous échapperont toujours, heureusement... Mon "père" Alexandre II eut un accident de voiture à la même date où il était mort. Une revanche du destin? Je ne crois en rien, mais je suis ébranlé...

FIN

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