Merci de me faire part de vos critiques sur ce texte.
Amicalement
Jagoda
La jeune élève dune classe dingénieur regardait la surface du lac Chambon dans lINDRE et elle essayait dapercevoir limage inversée des rochers, de la pente abrupte den face, le ciel, les nuages.
Mais le vent tourbillonnant dans cette zone lui montrait une image qui ressemblait plus à celle dun poste de télévision mal réglé ou de canal+ lorsquon na pas le décodeur, qua la beauté sauvage du paysage.
Les bourrasques provoquaient des risées à la surface et dautres bourrasques, en sens inverse les arrêtaient en laissant dans certaines zones une surface presque parfaitement plane.
Na pas la tournure desprit dun ingénieur qui veut ! Et, dans lesprit de la belle aux longs cheveux blonds germa immédiatement et pris corps la possibilité darrêter nimporte quelle onde de cette manière.
En effet pensa-t-elle , et si les ondes électro-magnétiques pouvaient être stoppées comme le vent le fait !
Le souffle physique du vent est susceptible darrêter totalement uen activité ondulatoire.
Bien sur existent les phénomènes dinterférences bien connus de toutes les personnes soccupant de radio, des chanteurs du show-biz, mais il sagit dun phénomène pointu, isolé qui narrête pas londe à proprement parler.
Elle se souvint que son instituteur lui disait toujours : »on nadditionne pas des carottes, des ânes, des choux-fleurs ».
Mais sur le plan pratique, un souffle de vent, cest-à-dire des particules physiques, arrête bien une onde dautre chose,cest-à-dire des molécules deau et donc, pourquoi des éléments physiques particuliers ne pourraient-ils pas bloquer des ondes électro-magnétiques qui se dispersent dans latmosphère pratiquement de la même manière que les vagues à la surface de leau ?
Le bouillonnement était tel, dans les circuits neuronaux du cerveau dElsa que cela se manifestait par des signes extérieurs de richesse intellectuelle ( comme laurait exprimé mon inspecteur des impôts) , sous forme de pincement intermittent des lèvres, de plissement malicieux des commissures externes des paupières qui saccompagnait dun balayage rapide, précis de lensemble de lenvironnement, comme si elle voyait les différents objets qui étaient devant elle et les possibilités qui existaient sur un plan géographique.
Dautant plus que la fée électricité était présente à lhorizon par ses grands squelettes dégingandés qui supportent les câbles électriques qui distribuent le courant provenant du barrage dÉguzon.
Lagitation saccentuait et diffusait, non seulement au niveau de la face, mais au niveau des mains qui sentrelaçaient, qui semblaient chercher les éléments du montage à faire, les jambes qui se croisaient et se décroisaient et, ny tenant plus, elle se leva, quitta le doux paysage charmeur quelle admirait quelques minutes plus tôt pour se précipiter dans sa vieille Renault 4 pour faire vrombir le moteur et partir au travers des virages, des creux de vallées et des lignes de crêtes, vers son domicile castelroussin.
Les virages de Baraize furent pris avec quelques difficultés ce qui la ramena à la réalité de la route qui défilait de façon très automatique, la voiture nétant pilotée que par les yeux, les mains, les pieds et le subconscient de cette jeune chercheuse.
Elle sorti de son sac une liasse de papier brouillon quelle étala surle siège avant droit et prit un crayon de la main droite en pestant contre ces constructeurs de voitures imprévoyants qui, malgré le nombre de gauchers existants, continuent à placer le volant et les pédales à gauche . Ce qui oblige les gauchers, lorsquils veulent écrire en conduisant ( oh ! gendarme , saute quelques lignes), ce qui nest pas particulièrement recommandé, de faire un effort supplémentaire en écrivant de la main droite !
Ah ! décidément, beaucoup de choses seraient à repenser dans cette petite civilisation !
Arrivée saine et sauve dans sa salle de travail, elle trouva une petite place sur sa vaste table couverte de partitions de musique, de langages informatiques, de précis mathématiques divers et, dédaignant les ustensiles décriture de prestige de type Montblanc, Shaeffer et autres Musts, à laide dune simple mine de graphite ( tout un symbole physique) de son crayon, des signes de toutes sortes resmplirent les pages blanches de cellulose appelées « papier ».
Aux calculs succédaient les schémas de montages. Et plus les pages tournaient , plus les choses semblaient devenir simples, et plus les signes cabalistiques devenaient rares sur le papier.
Souvenez-vous, lecteurs, des 4 petites pages sur le relativité dEinstein et de son e=mc2 !
Peu à peu son visage séclairait , rayonnait ,souriait, enfin elle leva ses grands yeux , regarda la pièce ou elle se trouvait.
Le chauffage dappoint qui était devenu son chauffage principal avec sa rallonge à enrouleur de dix mètres et, dans sa tête , en quelques instants elle avait probablement calculé la déperdition calorique dans le fil ; les 2 vieux tubes néons qui éclairaient si mal, les papiers collés aux murs : précis de mathématique de Bronstein à acheter ; étagères ou se mélaient Kafka, Hermann Hesse, Buzzatti, Aimatov, Pa Kin, Jagoda et autres auteurs divers.
Elle regarda sa montre, se leva et couru dans cette petite rue du vieux Chateauroux ou se trouvait un revendeur de pièces détachées délectronique. Elle réussi à modifier ses besoins en fonction des possibilités des matériels qui étaient à sa disposition dans le magasin. Elle fut un peu attristée par le montant de la facture de quelques centaines deuros qui réduisait bigrement son maigre budget détudiante.
De retour chez elle, elle retrouva un vieux fer à souder de deux cent malheureux watts à panne de cuivre dont son père sétait servi il y a une bonne trentaine dannées. Elle se mit, avec toute la patience quil faut avec ce type de matériel, pour attendre une chauffe suffisante, à faire apparaître quelques gouttes de soudure du fil détain pour figer les connexions nécessaires.
Je nose dire que lappareil prit forme. Cétait plutôt une succession informe qui correspondait plus à quelque absurdité dun artiste contemporain quà un mobile de Calder qui semble, au regard , bien classique !
Cependant le montage avait un certain charme, les différents éléments banaux, résistances, condensateurs, transistors, plaques de montage et circuits ayant des traits colorés agrémentés de boules brillantes ou de ces labyrinthes qui peuvent faire penser à Minos.
Elle trouva une prise électrique comportant un redresseur avec différentes possibilités de tensions pour les petits appareils type calculettes, ce qui lui servit pour impulser lénergie à son montage.
Et je lui demandais « de quoi sagit-il ? ».
Après un instant de réflexion elle me dit « cest un PLATON » !
Et pourquoi PLATON dis-je. He bien parce que , comme le vent qui APLATI la surface de leau en effaçant certaines vagues, ce circuit est destiné à rendre plates, nulles les ondes électro-magnétiques émises par les différents émetteurs hertziens actuellement connus !
Allons pour PLATON !
Elle me dit : « tu vas dans la pièce à coté, tu allumes la radio, la télé et tu me diras ce qui se passe ».
Mais il sagit de fréquences totalement différentes ;
- aucune importance dit-elle. Il ny a aucun réglage particulier à faire ; est-ce que le vent soccupe de la hauteur des vagues, de leur aspect rapproché ou pas lorsquil les aplani ?
- Daccord , jy vais .
- Elle cria « tu es prêt ? Fais bien attention »
- Et jobservais une courte interruption du son de la radio locale dutilité publique que javais branchée ainsi que de limage et du son de la télévision. De nouveau elel crai « ALORS ? »
- Je répondis « cela sest arrêté pendant deux secondes «
- « Super !!! sécria-t-elle en sautant de joie.
- Bon, je recommence, tu changes de canal, tu prends un autre poste une autre station et tu me dis de nouveau ce qui se passe !
- De nouveau, une interruption, mais cette fois ci pendant dix secondes .
- Attends, je recommence encore
- Et une nouvelle interruption dune minute.
- « hourra, jai gagné ! Maintenant il me reste à savoir quelle est la puissance dun aussi petit système.
- Fais voir comment ça marche demandais-je.
- Elle me dit , mais cest tout simple, jai pris un petit potentiomètre dappareil radio ancien banal, tu fermes le circuit et tu augmente la puissance, et cest tout !
- Je mis en marche, jéteignis plusieurs fois avec des durées variables, jaugmentais au maximum la puissance possible du petit potentiomètre et laissais le circuit fermé.
- Attends, jai une idée, je vais téléphoner à une station radio locale .
- Avec quelques difficultés car le numéro était sans cesse occupé , je réussis enfin à parler à la standardiste en lui disant : » jai un problème, je reçois très mal votre station, que se passe-t-il ? avez vous des problèmes techniques ?
- Elle me répondit « je suis submergée dappels, tout le monde me signale des difficultés ».
- OUAOUHH ! ça marche.
- Bon attends dit-elle , jai acheté des composants un peu plus puissants, on va pouvoir passer des milliwatts à quelques watts !
- Aye aye aye , cela va faire mal
- Un quart dheure plus tard , le système était en place et fonctionnait.
- Black out total
sur Toutes les gammmes de radios et tous les canaux de télévisions !
- Elle sorti à lextérieur dela maison et, comme elle habitait dans la rue ou se trouvait la station de radio locale , elle vit une animation inhabituelle sur le trottoir et des personnes étaient aussi au milieu de la rue scrutant le toit du local ou se trouvait lantenne émettrice de la station . Ils arrêtaient les automobilistes manifestemetn pour leur poser des questions quant-à la réception de leurs auto-radios.
- Elsa ferma la porte de la maison et sapprocha de la station de radio locale et constata leur désarrois car les émissions ne passaient pas ; la réception des différents télévisions étaient réduites à un scintillement décran qui représentait léquivalent dun beau ciel constellé détoiles en été.
- La standardistes était toujours submergée dappels locaux , masi par contre il était impossible dappeler Paris car les transmissions se faisaient par faisceaux hertziens.
- On vit passer dans la rue différentes voitures de police, gyrophares et avertisseurs sonores en marche et une camionnette de gendarmerie arriva.
- Elsa parti négligemment chez elle de façon à ne pas pouvoir être repérée. Comme le font les pyromanes qui viennent assister et aider les pompiers à éteindre le feu quils ont eux mêmes allumé.
- Ce nétait plus un désarrois dans la ville et dans le département mais une véritable panique.
- En effet le montage mis en route dans cette petite maison réduisait à zéro les ondes électro-magnétiques dans un rayon de 60 kilomètres .
- Les ré-émetteurs locaux de radios de télévision ne réémettaient plus rien. La base militaire navale secrète de Rosnay ne captait plus rien et ne pouvait plus rien émettre vers les sous-marins nucléaires porteurs de missiles ;
- Silence aussi dans les gendarmeries, les postes de police, la préfecture.
- A 21h45, je lui dis « maintenant on arrête ce petit jeu ».
- Elsa me dit fermement NON, ils risquent de penser que cet élément est fortuit alors que, si on le fait durer jusquà 22 heures précises, ils auront la notion que cette interruption avait une origine volontaire.
- Et, à 22 heures, le circuit PLATON fut ouvert et les ondes passèrent. Les radios et télévisions hurlèrent car les gens avaient augmenté la puissance en pensant à un mauvais fonctionnement de leurs récepteurs.
- « Mais tu sais Elsa, cest complètement dingue ton truc, est-ce que tu imagines quelques uns de tes appareils sur des satellites géo-stationnaires à 300 km et qui , mis en route, bloqueraient toutes les possibilités de transmissions hertziennes !
- « ne ten fais pas , jessaierais de réfléchir , dans les prochains jours pour trouver la parade. PLATON ne peut pas être invincible « .
- Bon, écoutes, je prends le train de 20 h 01 demain soir pour Paris, tu es gentil, tu ny touches absolument pas , tu ne ten sers pas
- Daccord, que comptes tu faire ?
- Tu sais pour acheter les différents composants, jai dépensé une bonne partie de mon budget et je pense que cette découverte doit me permettre de la rentabiliser de façon assez importante.
- AYE AYE madame James Bond, tu tembarques dans des systèmes bien complexes.
- Oui effectivement , donc tu mets ce montage à labri quelque part. Dès que je vais commencer à contacter les espions de tous bords, ils vont essayer de trouver lappareil ou les papiers donc à planquer de façon simple et efficace et, bien entendu surtout à garder chez moi.
- Bon, bisous, salut mon petit papa
je ne sais pas dans quoi on sembarque mais tu vas voir, on va bien samuser.
- Salut Elsa.
Dans les jours qui suivirent ce phénomène dont on parla discrètement dans les médias, on vit arriver à Chateauroux de nombreux américains dont la 7 ème flotte avait fait escale à Marseille et qui, comme par hasard, malgré leur très jeune âge pour la plupart venaient voir la zone ou se trouvait autrefois une vaste zone de camp américain ; se renseignant en ville sur les circonstances du déroulement du petit problème électro-magnétique.
Puis des cars amenant des touristes russes , hongrois, tchèques venant en pèlerinage vers la maison de George Sand ou étaient passés bien entendu les CHOPIN, Delacroix et autres artistes prestigieux qui soudain justifiaient un important intérêt.
Il y eut des touristes japonais, chinois venant avec leurs appareils denregistrement, parfois très sophistiqués, visiter le centre de cette France profonde .
La partie la plus dure commençait alors pour Elsa.