Quelle belle et douce soirée, murmura Isabelle.
Jacques posa sa main sur celle de son amie pour lui montrer qu’il partageait cette impression avec elle.
Ils sirotaient leur jus de fruit à la terrasse de l’unique café auberge du village. Bérénice, une parisienne un peu plus âgée qu’eux et cousine d’Isabelle, leur tenait compagnie.
Derrière la ligne de sapins qui barrait l’horizon, le soleil énorme et rouge allait disparaître en lançant ses derniers rayons. Au-dessus de la place déserte, les hirondelles tournoyaient sans cesse. C’était vraiment une très agréable fin de journée.
Qu’ils sont romantiques, ces enfants, dit Bérénice, moqueuse.
Tu viens passer tes vacances à la campagne et tu n’as pas l’air de t’y plaire, fit
Isabelle.
J’avoue que les fleurs, les oiseaux et les cailloux ne sont pas une passion pour moi, je préfère les êtres humains, pas vous ?
Mais si, intervint Jacques, bien sûr que si : j’aime aussi le profil d’Isabelle et sa coupe de cheveux, par exemple, ce qui fit rire la jeune fille en question.
Agacée, Bérénice se leva et s’étira dans le soleil.
Jacques ajouta :
Je vous observe aussi, et le contre-jour à travers votre jupe légère, me révèle deux jambes bien, bien jolies.
Isabelle gloussa et Bérénice, décontenancée, rétorqua en exagérant son accent parisien :
Que diriez-vous alors si vous pouviez les voir quand je suis en nuisette.
Ce serait avec plaisir…quand puis-je venir, demain ?
C’est un défi ?
Si vous voulez.
Chiche, venez chez moi demain vers dix heures ; ma maison est tout au bout du village, Isabelle vous expliquera.
D’accord, mais ne fermez pas votre porte à clé, je n’ai pas envie de la forcer, ni de passer par la fenêtre.
Bérénice partit, les lèvres pincées, après leur avoir fait un petit signe de la main.
Un peu bêcheuse, ta cousine, non ? Mériterait une bonne leçon…
Je comprends pourquoi son mari a voulu divorcer ! Mais au fond elle est très gentille.
* *
*
Quand il tourna la poignée de la porte d’entrée celle-ci s’ouvrit sans difficulté et sans bruit : elle avait peut-être même graissé les gonds et cette pensée le fit sourire. Un bout de couloir, une porte au fond, une autre à droite. Il choisit de pousser cette dernière et pénétra dans une pièce assez vaste avec divan et télévision, la salle de séjour sans doute. Il n’était pas venu pour regarder les tableaux qui ornaient les murs et se dirigea vers une autre porte, entrouverte celle-ci. Mais à peine a-t-il fait un pas dans cette direction qu’elle s’ouvrit pour laisser passer Bérénice ; il eut le temps de voir derrière elle une chambre avec son armoire et le lit ouvert.
Elle avait sur les lèvres ce sourire un peu fabriqué qui lui était propre, ses cheveux blonds cendrés étaient remontés en chignon et des mèches folles s’échappaient de la pince qui le maintenait. Elle portait une longue robe d’hôtesse rouge avec une ceinture nouée à la taille.
Bonjour, Bérénice, je suis fidèle au rendez-vous, mais je m’attendais à voir une jeune femme plus légèrement vêtue.
Bonjour, Jacques, je n’ai enfilé cette robe de chambre que pour vous attendre et constater votre impatience.
Alors, quittez-la : vous portez peut-être un pyjama et ce n’est pas le but de ma visite.
Bérénice se baissa, remontant les pans de sa robe jusqu’aux genoux, et avec un ton moqueur :
Voyez vous-même, pas de pyjama. Il reste deux possibilités la nuisette ou bien la tenue d’Eve, que préférez-vous ?
Je préfère la première proposition, je suis venu pour elle et c’est la base de notre défi.
Bérénice fit un pas, et, les yeux dans les yeux, provocante :
Alors, trouvez vous-même la réponse.
Un peu troublé par la présence du corps si proche, Jacques défit le nœud de la ceinture, ouvrit la robe qui glissa jusqu’à leurs pieds : le corps bronzé de Bérénice apparut, à peine dissimulé par une tunique noire et transparente qui lui arrivait à mi-cuisses.
Vous avez tenu parole, fit-il ému malgré lui.
Il s’écarta et elle resta là, en attente, immobile comme une statue dont le socle aurait été le tas rouge de la robe abandonnée à ses pieds.
Elle gardera cette immobilité et ne dira pas un mot durant le long et lent monologue dans lequel Jacques se lança.
« C’est vraiment une très jolie nuisette (ses mains se posent sur les épaules de Bérénice et descendent jusqu’au bas du vêtement, caressant au passage seins, ventre, sexe, dos et fesses). Où avez-vous trouvé cette petite merveille qui laisse voir tout votre corps sans qu’il soit nu. ? Elle l’enveloppe de mystère comme la brume sur un paysage de l’aube. Très transparente (il regarde avec un intérêt manifeste ses doigts qui glissent sous une bretelle et descendent jusqu’au sein, accrochant au passage un mamelon durci) elle dénonce la blancheur du ventre et des fesses (ses mains s’attardent sur le ventre légèrement bombé et les fesses charnues) : la nudité intégrale sous le soleil ne vous a jamais tentée ? Et puis, c’est une nuisette de classe, avec de la dentelle, enfin je crois, pour la border au décolleté et tout en bas (il a écarté le haut, dévoilant les seins que sa bouche effleure puis il soulève le bas de la nuisette de ses deux mains, accrochant le pubis soyeux de la jeune femme où elles stationnent un moment). »
Bérénice, statufiée, n’était pas insensible à tous ces attouchements et fit un immense effort pour ne pas le montrer : elle sentit son pouls s’accélérer, ses seins se durcir et cette impression d’un vide dans le bas-ventre, comme une attente.
Il m’a excitée comme cela, me palpant sans hâte, apparemment en admiration devant ma nuisette. Et moi, comme une potiche, sans réaction, je l’écoutais et me laissais envahir par le plaisir qui commençait à sourdre à l’intérieur de moi. Je ne savais plus que faire : le prendre dans mes bras ? coller mon corps au sien ? l’embrasser ? commencer à le déshabiller ? Et c’est lui qui prit encore l’initiative.
« Mais je m’égare, ce sont vos jambes qui m’ont amené ici ce matin un peu les miennes aussi, à vrai dire !- et je reconnais, qu’ainsi dénudées, elles me paraissent encore plus jolies qu’hier soir. »
Il s’était accroupi et ses deux mains, partant du pied remontèrent le long de ma jambe gauche jusqu’à l’aine; là il laissa sa main droite à l’intérieur de ma cuisse tout contre mon sexe humide tandis que la gauche continuait son chemin sous la nuisette, caressait ma hanche, et redescendait lentement sous la fesse pour rejoindre l’autre main immobile. Je sentis le bout de ses doigts sur mes lèvres entrouvertes. Je n’étais plus qu’une femelle en rut et je réprimais un gémissement de plaisir. Il savait dans quel état j’étais, c’était d’ailleurs son but et c’est avec la même douceur qu’il caressa mon autre jambe.»
Mais soudain, il se redressa, regarda sa montre et s’écria : « Excuse-moi, Bérénice (c’était la première fois qu’il me tutoyait), je dois te quitter. J’avais oublié, mais il faut que j’aille chercher ma grand-mère pour la conduire à l’hôpital où elle doit subir des examens. Sois patiente, quand tu le voudras je t’emmènerai par les bois et les prés, nous observerons fourmis et papillons, et tu pourras prendre un bain de soleil intégral avec moi comme seul voyeur.»
Et il est parti, comme ça, sans seulement m’embrasser, le goujat, le mufle, tu te rends compte, Isabelle ! s’emporta Bérénice en pétrissant son mouchoir.
- Bérénice, ma chère cousine, peut-être a-t-il pris ton attitude comme un dédain pour les romantiques campagnards que nous sommes. Connaissant bien l’ami Jacques, je pense que cette épreuve qu’il t’a fait subir en a été une pour lui aussi. Si tu acceptes la sortie agreste qu’il t’a proposée, prépare-toi à un déchaînement que tu ne regretteras pas. Et puis attendre le plaisir, c’est déjà du plaisir ! …et j’espère que tu me raconteras cette réconciliation, fit Isabelle en l’embrassant.
* *
*
Regarde la cycliste…à côté de son vélo ! s’exclama Gérard, elle trouve la côte trop raide. Jolie pépée et quelle belle paire de jambes !
Arrête-toi, je la connais !
Gérard pila à la hauteur de la « jolie pépée ». Jacques sauta hors du pick-up en
s’écriant :
Bonjour, Bérénice, que vous arrive-t-il ?
Une simple crevaison, mais qui gâche un peu ma sortie, fit-elle en
essuyant la sueur qui coulait sur son front.
Roue de devant crevée intervint Gérard, une ronce vraisemblablement. Mademoiselle, dans les bois il faut toujours se méfier de ronces. Mais nous allons vous ramener chez vous et je vous réparerai cela pour demain : je suis le champion de la rustine et de la chambre à air, affirma-t-il en riant.
Les garçons rangèrent le vélo à l’arrière du véhicule et Jacques et Bérénice se serrèrent sur le siège du passager. Il passa un doigt sur la cuisse de Bérénice et lui chuchota :
Que ce soit en nuisette ou avec ce mini short vos jambes sont toujours aussi jolies.
Une chance qu’elles restent ainsi quand je change de vêtement.
Toujours fâchée contre moi ?
N …non, je ne suis pas rancunière et ma promenade m’a permis d’observer fleurs et papillons et d’apprécier l’ombrage des arbres.
Jacques sourit :
Je sens qu’on va devenir une paire d’amis, Bérénice, j’ai même très envie de vous embrasser.
Elle tourna son visage vers lui :
Eh !bien, faites donc !
Alors Jacques posa ses lèvres sur la joue moite qui s’offrait.
Gérard rugit derrière son volant :
Ne vous gênez surtout pas, les amoureux !
Nous venons tout juste de nous réconcilier.
Ouais, et quelle était la cause de votre dispute, si je ne suis pas trop indiscret ?
Les rayons révélateurs du soleil couchant
Ah ! Bon, fit Gérard éberlué et il se tut..
Ils étaient arrivés devant la maison de Bérénice et celle-ci les invita à venir prendre un rafraîchissement.
Merci, Mademoiselle, fit Gérard, mais le travail m’attend, un autre jour peut-être et ne vous inquiétez pas, votre vélo sera réparé demain, je vous le promets !
Jacques suivit Bérénice jusqu’à la cuisine.
Voilà, dans le réfrigérateur vous trouverez bière, jus de fruit et Coca et les verres sont dans le placard, mais moi, je vais d’abord prendre la bonne douche dont je rêve pour me décrasser.
Je peux attendre pour les rafraîchissements et je vous accompagne pour vous savonner le dos, le rêve, non ?
Vos vêtements seront tout mouillés et je n’ai pas de rechange pour vous, fit-elle en riant.
Jacques s’approcha de Bérénice, mit un bras sur ses épaules.
Bon, alors je vais prendre la douche avec vous, d’accord ?
Elle le regarda bien en face, sans sourire.
Pas chiche.
Chiche, fit-il et il commença à déboutonner sa chemise.
Alors elle le prend par la main et l’entraîne dans la salle d’eau. Elle s’est déjà débarrassée de ses vêtements alors qu’il se débat encore avec son pantalon. Il écarte le rideau, la rejoint et ils sont dans les bras l’un de l’autre, leurs corps enlacés sous l’eau tiède. Ils s’embrassent et leurs mains impatientes partent à la reconnaissance de la nudité de l’autre. Et puis chacun fait mousser le savon liquide sur son vis-à-vis qui s’offre à cette longue caresse. Jacques descend ainsi des seins au pubis, glisse entre les cuisses et les fesses. Bérénice n’est pas en reste, ses deux mains entourent le sexe du garçon et dans un lent va -et-vient le fait se raidir. Jacques, au comble de l’excitation, met ses mains sous les fesses de la jeune femme, la soulève dans l’angle de la cabine; elle serre ses jambes autour de sa taille et gémit de plaisir quand il pénètre en elle.
Le corps repu et rincé, ils s’essuient, mutuellement, tendrement et le désir à nouveau brille dans leurs yeux. Alors Bérénice, abandonnant les serviettes, emmène Jacques dans sa chambre et ouvre le lit où ils culbutent…
Avant de se quitter, dans le couloir, ils décidèrent d’aller en forêt le lendemain : au moment de partir, Jacques écarta les pans du peignoir de Bérénice et dit :
Et tu viendras comme ça, avec juste un corsage et une jupe … au cas où l’on rencontrerait quelqu’un !
* *
*
La voiture cahotait dans le chemin creux, suivi pat un petit nuage de poussière. Les fougères faisaient la haie et les arbres curieux se penchaient sur son passage.
Regarde, comme elle est belle ma forêt !
Oui, mais qu’est-ce qu’on est secoué ! J’ai les reins brisés.
Patiente, ma belle, au bout du chemin je serai obligé de m’arrêter et nous continuerons à pieds.
Sa main droite remontait le long de la cuisse nue de sa voisine plus haut, toujours plus haut…
Je constate avec plaisir que tu as répondu à ma prière …
…et qu’aucun sous-vêtement ne gène la progression de tes doigts baladeurs acheva Bérénice.
Oh ! regarde, un promeneur ! S’il fait son jogging en pleine chaleur, il a du courage ou il est inconscient.
Mais je le connais, s’exclama Jacques, et toi aussi d’ailleurs, c’est Gérard !
Il s’arrêta à sa hauteur :
Qu’est-ce que tu fiches là ?
Salut les amoureux ! Une après-midi de libre, alors j’en profite pour retrouver de vieux souvenirs : tu te rappelles nos équipées dans ces bois où nous allions à la découverte ?
Justement je voulais emmener Bérénice jusqu’à la « cabane de l’Ecureuil », si elle existe encore et si j’arrive à la retrouver.
Je crois pouvoir le faire, même si le paysage a bien changé.
Jacques se pencha vers Bérénice, et à mi-voix :
On l’emmène avec nous ?
Mais…je suis toute nue !
Il ne le sait pas, ça va être excitant ; lui, il est torse nu, regarde, c’est un beau garçon, mon copain.
Et s’il veut, lui aussi, m’embrasser, me caresser ?
Je ne suis pas propriétaire de ton corps, ma chérie.
Elle le regarda bien en face :
C’est un nouveau défi ?
Jacques prit le visage tendu entre ses mains et ses lèvres cherchèrent les siennes :
Si tu veux.
J’ai l’air malin à vous regarder vous bécoter, fit Gérard, y’aurait pas des miettes ?
Bérénice sauta du véhicule.
Merci pour la réparation de mon vélo, ça vaut bien un petit bisou, et, se
hissant sur la pointe des pieds, elle l’embrassa.
De délicieuses miettes, ma foi, mon travail ne m’a jamais été payé
aussi cher !
Le trio suivit un moment le chemin où ils avaient laissé la voiture. Gérard ouvrait la marche, Bérénice, derrière lui, faisait danser ses cheveux encore plus blonds dans le soleil et Jacques la suivait un sourire aux lèvres en imaginant le corps de la jeune femme dépouillé du corsage et de la jupette en corolle qui lui arrivait à mi-cuisses.
Ils quittèrent le chemin, pour une sente herbue qui sinuait entre de jeunes bouleaux et parfois ils étaient obligés d’écarter les fines branches qui se croisaient devant eux. Gérard s’arrêta soudain :
Attention, y’a plus de chemin, que des ronces, et si ça perce les pneus
de bicyclettes ça déchire aussi les peaux fragiles.
Bien, fit Bérénice, j’ai reçu le message cinq sur cinq. Avec mes sandalettes à lanières, je ne vais pas m’y risquer ; continuez tous les deux, je vous attendrai en cueillant les fleurs sauvages, moi, la citadine !
Pas question, rouspéta Jacques, si je me rappelle bien et si elle existe encore, notre cabane n’est plus qu’à quelques centaines de mètres. On va te porter jusqu’au bout du roncier.
Et il organisa le transport. Bérénice mit ses bras sur les épaules des garçons ; comme il était à gauche, il glissa son bras gauche sous le genou gauche et Gérard fit de même avec son bras droit sous la jambe droite. Quand ils se redressèrent, Bérénice fut soulevée et elle dut accrocher fermement ses bras aux cous des garçons.
Fais comme moi, Gérard, car je crois qu’elle ne va pas tenir longtemps !
Et ils replièrent leur bras de telle sorte que chaque main vint soutenir le milieu des cuisses de la belle qui commença à trouver cette escapade bien excitante.
La chaise à porteurs de la princesse est prête, plaisanta Gérard.
Pour les remercier, la princesse se pencha et posa un petit baiser sur les lèvres des porteurs. En se penchant elle laissa voir sa poitrine dans l’échancrure de son chemisier.
Dommage que ce vêtement soit boutonné si haut s’exclama Gérard.
J’ai la solution, fit Jacques en riant, et de sa main libre il déboutonna le corsage de Bérénice qui protesta, pour la forme…
Oh, les jolis seins ! s’ébahit Gérard, un peu troublé.
Je n’en ai caressé aucun qui soit plus ferme, plus doux, plus accueillant, plus…
T’as fini de te conduire comme un maquignon qui veut vendre sa vache au meilleur prix, s’insurgea Bérénice.
Je ne fais que traduire ce que disent les yeux de Gérard pardonne-moi.
Il inclina la tête et baisa le mamelon le plus proche qui se dressait dans l’aréole d’un mauve sombre.
Je te propose, Gérard, de t’occuper du sein droit, si la princesse le veut bien.
Celle-ci devait être d’accord sur cet équitable partage, car elle sourit à son voisin de droite qui s’empressa de s’exécuter.
Ils avaient parcouru quelques mètres à peine ; déjà Bérénice donnait des signes de fatigue et ses bras glissaient sur les épaules des garçons. Alors Jacques glissa sa main libre sous la jupe et la plaqua sous les fesses de la jeune femme.
Si on veut finir la balade il faut qu’elle n’ait pas besoin de se maintenir avec ses bras. Là encore, on partage : tu soutiens la fesse droite et moi la gauche.
Bérénice frémit quand elle sentit les deux mains s’appliquer sur sa chair. Les porteurs tout joyeux s’envoyèrent un clin d’œil complice, et les mains sous les cuisses les écartèrent encore un peu plus et remontèrent légèrement : des doigts fureteurs atteignirent le sexe, écartèrent et caressèrent le lèvres gonflées. Bérénice respira plus vite et gémit :
Si vous continuez, vous allez me …
Prends ton plaisir, firent les garçons compréhensifs mais qui se gardaient bien d’interrompre leurs attouchements, seulement dépêche- toi car on en a fini avec le roncier et la chaise à porteurs.
Le sentier était très praticable maintenant. Les garçons arrêtèrent là leurs jeux de mains et libérèrent leur compagne à moitié déshabillée. Celle-ci leur sourit et tendit ses lèvres à Jacques qui plongea ses doigts dans la chevelure blonde. Il l’attira contre lui : leurs bouches s’ouvrirent, s’écrasèrent et les langues se mêlèrent. Gérard en profita pour enlever le corsage ouvert de Bérénice qui se tourna alors vers celui-ci et se suspendit à son cou pour lui donner, à lui aussi, un long baiser. Alors Jacques dégrafa adroitement la jupette qui glissa sur les hanches rondes..
Devant eux il y avait une clairière avec au milieu un tas de perches : c’est tout ce qui restait de leur cabane. Les deux jeunes gens se regardèrent, déçus.
Tant pis ! s’écria Jacques, adieu, ma jeunesse !
Mais il nous reste cette nymphe des bois, fit Gérard.
Ils prirent chacun une main de Bérénice et l’entraînèrent en courant et elle avait du mal à les suivre.
Stop : herbe et mousse, c’est le coin idéal.
Et ils la renversèrent malgré ses cris.
N’aie pas peur, l’herbe est fraîche mais douce à tes jolies fesses, non ? la rassura Jacques en promenant ses doigts sur tout le corps consentant qui se cambrait pour mieux s’offrir.
Gérard était déjà complètement nu et chantait :
Nous sommes des satyres et nous avons trouvé la plus attirante des dryades.
Et il partit à l’assaut de Bérénice qui fit mine de se sauver à quatre pattes; mais il l’avait déjà rattrapée, retournée, enlacée et leurs membres s’enchevêtrèrent pour leur commun plaisir. Jacques émoustillé devant les ébats de ses deux amis en rut se dévêtit à son tour…
Un peu plus tard, après leurs brûlants corps à corps, les satyres et la nymphe des bois reposaient, repus, à l’ombre d’un hêtre colossal.
Gérard avait allumé une cigarette et manifesta sa satisfaction.
Je n’aurais jamais pu imaginer une si charmante après-midi, merci Bérénice et merci aussi à toi mon vieux copain ; dommage que tu n’aies pas amené Isabelle !
J’apprécie trop Isabelle pour croire une seconde qu’elle aurait accepté de jouer le même rôle que moi, fit Bérénice, en s’appuyant sur ses coudes.
Jacques s’était allongé un peu à l’écart et les écoutaient : «Isabelle, Isabelle » Il lui semblait que les mots lui arrivaient de très loin, assourdis, ouatés… Il ouvrit les yeux : les grands bras feuillus se mirent à tourner, lentement d’abord puis de plus en plus vite formant une spirale verte qui, lui sembla-t-il, allait l’aspirer Il essaya de répéter « Isabelle, Isa… », mais il n’arrivait pas à enchaîner les syllabes…
* *
*
On le secouait.
Jacques ! Jacques !
On l’appelait, on lui parlait.
Jacques ! Jacques ! Réveille-toi, tu fais un mauvais rêve !
Il fit un effort, souleva ses paupières, ah ! si lourdes, et vit le visage un peu inquiet d’Isabelle..
En cinq ans de vie commune, c’est la première fois que tu m’appelles dans ton sommeil. Allons lève-toi, la sieste a assez duré. Nous avons les courses à faire.
Elle tira le drap qui le recouvrait.
Et bien sûr, tu es nu comme un ver !
Bien réveillé cette fois, il l’attira contre lui et glissa une main impatiente sous les vêtements d’Isabelle qui se débattit, mais de plus en plus mollement.
- Satyre ! tu arrives toujours à tes fins …non !.. tu vas froisser ma robe, attends que je la quitte…voilà…