Chapitre I Un dimanche pas comme les autres
Laure soupira de plaisir.
Elle venait de terminer son dernier cours de la semaine, avait libéré ses grands élèves et se préparait à les suivre.
Elle saisit la poignée de sa serviette gonflée. Hélas, la fermeture mal enclenchée céda et voilà livres, copies et cahiers épars, partie sur le bureau, partie au sol. Se traitant à mi-voix de maladroite et autres noms d'oiseaux, elle se mit à ramasser tout son matériel.
Puis-je vous aider, Mademoiselle Boisset ? dit une voix près d'elle.
Elle leva les yeux et reconnut Nicolas Randon, l'un de ses élèves. Elle lui sourit.
J'accepte, regardez le travail, il y en a jusque sous les tables !
Le garçon eut vite fait de récupérer tout ce qui traînait encore et remarqua, en lui tendant les feuilles, qu'elle avait un pansement à l'index droit.
Vous êtes blessée ?
Oh ! rien de grave, encore le résultat de ma maladresse. J'ai voulu monter une petite bibliothèque : montants, planches, vis, boulons, j'ai toutes les pièces détachées et les outils et... vous voyez le résultat !
Ce n'est pas un ouvrage de dame, voulez-vous que jaille vous aider ? Je suis interne mais demain je suis en « petite sortie tout l'après-midi.
Je ne vais quand même pas vous faire travailler le seul jour où vous pouvez quitter les murs noirs de votre Lycée !
Malgré le printemps et cette apparence de liberté, je m'ennuie à mourir.
Bien, je vous attends donc pour le café vers les... disons... quatorze heures ?
Elle griffonna son adresse sur un bout de papier.
C'est du côté du Château d'eau, la première rue à droite après la boulangerie de la Place du Marché. A demain ! Et elle franchit la porte en lui faisant un signe de la main.
A son tour il quitta la classe en se disant : « Elle n'est pas si mal que ça notre prof' de Sciences Nat. :jolis yeux gris-bleu, grande bouche, et deux fossettes qui se creusent de chaque côté quand elle sourit. Elle ne doit pas être très vieille, mais pourquoi ce haut chignon ? ...peut-être est-ce un faux ? »
L'appartement de Mademoiselle Boisset, comme l'indiquait l'étiquette de la boîte aux lettres, était au deuxième étage d'un vieil immeuble. L'escalier aux marches usées qu'il monta quatre à quatre était éclairé entre chaque palier par un il-de-buf.
Il frappa.
Entrez, fit la voix de Laure, je prépare le café.
Bonjour, Mademoiselle.
Bonjour, Nicolas. Cela ne vous ennuie pas que je vous appelle par votre prénom ? Aujourd'hui vous n'êtes pas mon élève, mais un jeune homme serviable à qui j'offre un café.
Elle sortait de la cuisine, à gauche de la porte d'entrée où le garçon était resté planté et l'invita à la suivre jusqu'au bout d'un petit couloir qui débouchait dans une grande salle.
Voici ma salle de séjour et elle mérite bien son nom : j'y mange, j'y écoute de la musique, j'y lis et même je corrige vos devoirs sur cette table où les tasses vont refroidir si on attend trop longtemps.
Tout en goûtant les gâteaux secs et en buvant son café, il donna un coup d'il autour de lui et vit sur l'autre petit côté de la salle un grand canapé gris et, devant, des planches acajou qui jonchaient le parquet. Laure bavardait pour essayer de mettre le jeune homme à son aise. Il apprit ainsi qu'elle faisait des remplacements depuis le début de l'année en attendant sa titularisation qui devait prendre effet à la rentrée prochaine, mais qu'elle était ravie de terminer l'année au même poste. Elle portait un chemisier blanc avec une jupe bleu uni et avait l'air d'une collégienne.
Il se mit au travail et réussit sans trop de difficultés à monter une étagère à cinq rayonnages qui enchanta Laure. Tout en travaillant, il raconta un peu de sa vie de pensionnaire pendant presque sept ans, son espoir d'obtenir ce fameux baccalauréat qui lui permettrait d'entrée à la Faculté pour devenir enseignant, qui sait, lui aussi.
La jeune femme écoutait en lui passant les planches ou le tournevis et s'étonnait d'éprouver un certain plaisir à regarder cet adolescent occuper son espace. Il était un peu plus grand qu'elle, avec un beau visage régulier que cachait parfois une mèche qu'il rejetait en arrière. Il avait quitté sa veste et relevé les manches de sa chemise pour travailler et elle admirait l'habileté des grandes mains maniant le tournevis.
Voilà, êtes-vous satisfaite ? fit-il en se reculant pour
regarder son ouvrage.
Je ne sais comment vous remercier. Il ne me reste plus qu'à y installer mes livres. Venez, nous allons nous laver les mains !
Dans la salle d'eau exiguë occupée par une douche au fond et un lavabo, ils mêlèrent involontairement leurs doigts sous l'eau du robinet et d'un même mouvement, levèrent la tête et sourirent, complices
Vous devez avoir soif, je vais vous préparer une menthe à l'eau, c'est tout ce que j'ai comme sirop.
Nicolas s'était arrêté devant un poste de radio de taille imposante, avec un très grand cadran, installé sur une petite table ; en dessous, une tablette supportait des disques.
Vous admirez mon luxe. J'adore la musique, et dès que les microsillons sont sortis, j'en ai acheté quelques-uns. Une symphonie de Beethoven qui nécessitait, avant, trois ou quatre disques tient maintenant sur une seule face. Ce n'est peut-être pas la musique que vous écoutez, mais j'ai aussi de la musique de danse... puisque vous m'avez dit aimer danser.
Elle s'accroupit, fouilla dans la petite pile.
Mais où est l'électrophone ? demanda Nicolas.
Regardez, là, sous le poste ; quand on ouvre le tiroir la platine apparaît, voilà ! je pose le bras qui est très léger et... ah ! j'ai oublié d'allumer le poste...
Un air de paso-doble envahit la pièce.
Nous n'avons pas assez de place, mais je vous inviterai pour la première danse lente qui viendra, slow ou tango, proposa Nicolas. En attendant, si vous me le permettez, je voudrais vous poser une question indiscrète : vous n'êtes pas obligée de me répondre et je ne vous donnerai pas une mauvaise note.
Dites toujours.
Ce gros chignon qui vous grandit un peu, est-il formé de vos cheveux ou bien est-il postiche ? Et je ne suis pas le seul à me le demander dans la classe.
La jeune fille éclata de rire en s'asseyant sur une chaise.
C'est une question de la plus haute importance ! Foin de l'étude du corps humain ou des lois de Mendel, le grand souci de mes élèves de Sciences Expérimentales est : Mademoiselle Boisset a-t-elle un vrai ou faux chignon ! Regardez, je vais satisfaire votre curiosité.
D'une main preste elle retira peignes et épingles et ses cheveux châtain très clair retombèrent sur ses épaules et le dossier de la chaise. Nicolas resta bouche bée devant le spectacle.
Je n'ai jamais vu une si longue, si belle chevelure !
Je ne peux vraiment pas aller comme cela au Lycée. Et pour qu'ils ne s'emmêlent pas pendant la nuit, j'en fais tous les soirs deux grosses tresses.
Le paso-doble avait laissé place à une valse. Nicolas s'était déplacé derrière la chaise, avait avancé une main et demandé timidement :
Puis-je les toucher ?
Pour vérifier que ce sont mes cheveux ?
Nicolas ne répondit pas et commença à les caresser du dos de la main puis il glissa ses doigts comme les dents d'un peigne, séparant la masse cuivrée en rivières fauves et qui ondulaient avant de se rejoindre en une nappe unique dès qu'il interrompait son jeu.
Vous pourrez dire à vos camarades ce qu'il en est.
Oh ! non, c'est un trop joli secret que je garderai pour moi.
La valse avait cessé et les premières mesures d'un slow la firent se lever.
Vous m'invitez à danser ? Et je vais vous révéler un autre secret.
Nicolas ne se fit pas prier et ils dansèrent un moment, en silence.
Alors, ce secret ?
Quand je brosse mes cheveux, ou quand on les caresse, j'éprouve une curieuse impression de paix disons, un doux plaisir qui m'envahit toute. Dans ces moments je n'ai plus aucune volonté que cette sensation de bien-être.
Nicolas lâcha la main de sa cavalière, et se remit à jouer avec les cheveux, les prenant à pleine main, les remontant, puis les relâchant tout doucement. Il s'écarta un peu et comme elle tendait un visage interrogateur, il posa doucement un doigt sur le bout du nez levé et dit :
En effet, vous avez l'air d'un petit lapin hypnotisé, Laure. Mais je garderai ce secret pour moi seul, comme l'autre, c'est promis.
Elle sourit parce qu'il l'avait appelée par son prénom, peut-être aussi qu'elle était un peu émue par ce grand garçon qui la tenait tout contre lui, son menton frôlant sa tempe.
Quand vous allez danser, les dimanches où vous n'aidez pas les profs maladroits à monter des étagères, avez- vous une danseuse attitrée ?
Il y a plusieurs filles avec qui j'aime danser. Nous nous entendons bien, enfin, nos corps, parce qu'en fait nous ne causons pas beaucoup sur la musique. Et puis, ça dépend des danses.
Elle croisa ses mains derrière le cou de son cavalier et ajouta.
Et si j'allais dans votre cave comme vous m'avez raconté, Nicolas danserait-il avec Laure ?
La musique cessa et ils se séparèrent. Nicolas s'inclina et dit :
Je vous remercie, Mademoiselle, et pour répondre à votre dernière question je crois que Nicolas en serait fier et heureux, heureux surtout. Mais il faut que je me sauve si je veux être rentré à l'heure.
En remettant sa veste, il hésita puis d'un coup :
Vous n'auriez pas autre chose à construire ou à ranger, dimanche prochain... je pourrai revenir.... à moins que vous n'ayez d'autres projets ?
Laure sourit :
C'est d'accord, je vous attendrai et vous préparerai un bon gâteau.
Merci, Mademoiselle, merci, bredouilla-t-il en ouvrant la porte.
Pas Mademoiselle, mais Laure, quand nous sommes seuls. Et puis c'est à moi de vous remercier pour votre gentillesse.
Et se haussant sur la pointe des pieds, elle posa ses lèvres sur la joue du garçon rougissant qui s'échappa en criant :
Et ne faites pas votre chignon, dimanche prochain !
Chapitre II La leçon d'anatomie
Le cur de Nicolas battait très fort quand il se retrouva devant la porte de l'appartement le dimanche suivant, et ce n'était pas la montée des escaliers qui en était la cause. Ses mains étaient moites et la chaleur anormale de ce début juin n'y était pour rien.
Aux questions de ses camarades qui ne l'avaient pas vu de l'après-midi le dimanche précédent, il avait donné la fallacieuse explication d'une vieille tante malade. Toute la semaine, il avait revécu en pensée ces moments passés avec Laure, la danse troublante, le baiser final. Trop jeune encore pour analyser son émoi, il avait suivi les quatre heures de cours avec Laure comme une épreuve, évitant de la regarder et il lui avait semblé qu'elle interrogeait de préférence ses camarades. Une fois, pourtant, en sortant de classe ils s'étaient retrouvés face à face, leurs regards s'étaient croisés et elle lui avait souri.
Au moment où il allait frapper, la porte s'ouvrit.
Bonjour, Nicolas, j'ai entendu un pas dans l'escalier et je me suis doutée que c'était vous.
Bonjour, Mad., pardon, Laure. Que vous êtes ravissante!
La jeune femme aussi, n'avait pas été très sereine toute cette semaine. Plus mûre que Nicolas, elle avait parfaitement conscience de l'attirance réciproque qu'ils avaient l'un pour l'autre. Pendant les heures de cours, elle avait senti elle aussi l'ambiguïté de leur relation. Elle avait à la fois un sentiment de culpabilité et le plaisir d'être regardée, désirée, avec le souvenir physique de deux bras qui l'enfermaient et la danse de ses cheveux entre ses doigts.
Ce matin, elle avait préparé une tarte aux fraises, en se disant que si le garçon ne venait pas elle se consolerait par deux jours de gourmandise. Et elle avait mis cette robe légère à fleurs multicolores qu'elle n'oserait jamais revêtir pour faire ses cours. Ajustée à la taille, s'évasant jusqu'aux genoux, elle découvrait le haut de la poitrine et du dos, avec deux petites bretelles sur ses épaule nues. Elle étrennait aussi les sandalettes à lanières dorées que sa mère lui avait offertes au dernier Noël et bien sûr, ses longs cheveux dégringolaient librement jusqu'à sa taille.
Vous êtes un vilain flatteur, fit-elle en le précédant vers la salle de séjour.
La gorge serrée, il la suivit. Elle se retourna face à lui et un rai de soleil qui passait entre les volets embrasa ses cheveux.
On dirait une princesse échappée d'un livre de contes, fit Nicolas, et s'inclinant légèrement il prit sa main et la porta à ses lèvres. Continuant le jeu, il enchaîna :
Je ne suis pas un prince charmant, que votre humble
élève, je ne saurais rimer un poème en votre honneur, seulement vous réciter ma leçon.
Laure avait ouvert de grands yeux étonnés :
Quelle jolie tirade, mais voyons si cette leçon a été bien apprise.
Il caressa du bout des doigts la main qu'il n'avait pas rendue et commença :
Les os de la main : les phalangettes, les phalangines, les phalanges formant les doigts, le métacarpe. Le carpe, c'est le poignet, articulation entre la main et l'avant-bras qui, lui, comprend radius et cubitus, enfin le bras avec un seul os, l'humérus. Tout en parlant, il effleurait les parties désignées et maintenant il glissait ses doigts sous la bretelle de la robe et enveloppait l'épaule de la paume en achevant :
Le membre supérieur est articulé au tronc par l'épaule qui comprend la clavicule et l'omoplate.
C'est très bien, comptez-vous poursuivre ? fit Laure,
d'un ton professoral
Oh ! que vous avez l'air sévère ! Avant de poursuivre, il vaudrait peut être mieux que j'essaie d'hypnotiser le petit lapin.
Il plongea ses doigts dans l'abondante chevelure, enfermant
la tête de ses deux mains, il la massa doucement. Les yeux dans les yeux, ils étaient face à face, immobiles, tendus l'un vers l'autre.
Il continua sa lente caresse en récitant d'une voix basse et monocorde :
L'occipital, les pariétaux, le frontal, les os de la face...
Illustrant ses paroles, ses doigt avaient émergé de la crinière fauve et parcouraient le visage de la jeune femme, le front, les pommettes, le menton, les lèvres qui s'entrouvrirent. Alors ne pouvant plus se retenir il plaqua sa bouche sur la sienne. Il sentit les mains de Laure qui pressaient sa nuque. Leurs dents s'entrechoquèrent, leurs langues se mêlèrent.
Ce premier baiser ne s'interrompit que pour leur permettre de reprendre haleine.
Et c'est avec la même violence qu'ils recommencèrent encore et encore. Essoufflés, ils s'écartèrent enfin l'un de l'autre, et se sourirent.
Mais je n'ai pas terminé ! s'exclama Nicolas.
L'attirant contre lui, il souleva les cheveux et, détaillant chaque vertèbre, il fit descendre sa main le long de la colonne vertébrale jusque au haut de la robe qui interrompit sa progression. Il ramena alors les cheveux en deux coulées devant les épaules de Laure et lui demanda de bien vouloir se retourner.
Il saisit le bout de la fermeture Eclair et ouvrit la robe jusqu'à la taille.
Mais, vous me déshabillez !
Il ne répondit pas. Ses deux mains largement ouvertes errèrent sur le dos nu, hésitantes, comme étonnées pour finalement s'ancrer à la taille. Il s'agenouilla alors et écrasa ses lèvres brûlantes sur les reins cambrés.
Comme statufiée, le corps frémissant, Laure goûtait la longue caresse.
Nicolas se releva, la fit se retourner, et la serra contre lui comme s'il craignait de la voir disparaître. C'est elle qui chercha la bouche du garçon comme pour lui assurer que ce n'était pas un rêve.
Il l'écarta légèrement, interrompant leur baiser.
Il repoussa les mèches envahissantes et libéra les épaules des bretelles qui maintenaient encore la robe. Laure baissa les bras le long du corps, laissant le tissu dévoiler ses seins. Elle regarda le garçon bien en face comme pour lui dire « Regarde ce que je t'offre ! » et fit descendre sa robe jusqu'à ses pieds.
Nicolas, troublé par la vision de ce corps pratiquement nu, semblait transformé en pierre.
Allons, viens !
Laure lui prit la main et il suivit comme un automate. Elle poussa la porte en face de la cuisine.
Voici ma chambre, dit-elle.
D'un geste rapide, elle ouvrit le lit.
Il tendit les bras pour la saisir, l'embrasser. Mais elle secoua la tête, et ses cheveux dansèrent.
C'est à mon tour d'agir, laisse-toi faire.
Lentement elle déboutonna la chemisette qu'elle enleva, s'attaqua ensuite à la ceinture et le pantalon rejoignit la chemise. Elle tira alors sur le slip, découvrant le sexe gonflé, et pendant que jeune homme achevait de se dévêtir, elle fit sauter ses sandalettes à l'autre bout de la pièce, enleva la petite culotte, son dernier vêtement, et s'allongea à plat ventre sur le lit.
Nicolas s'agenouilla près d'elle et partit à la découverte de ce qu'il ne connaissait pas encore, pétrit les fesses charnues, palpa cuisses et jambes fuselées, frôla la plante des pieds qui se retirèrent.
Tu me chatouilles, rit-elle.
Il refit le parcours dans l'autre sens, s'attarda sur la face interne, si douce, des cuisses qu'il écarta, et buta à leur fourche contre le sexe humide. Il glissa sa main sous le pubis et effectua un va-et-vient ininterrompu tandis que son pouce pénétrait plus intimement. Laure grogna d'impatience. Alors il la retourna sur le dos et elle vit à la raideur de sa verge qu'il ne voulait plus attendre. Elle l'attira entre ses jambes et il s'enfonça en elle sans ménagement.
Plus tard, leur désir comblé, ils gisaient l'un près de l'autre, essoufflés, en sueur. Nicolas avait posé son bras en travers du corps de Laure, la main de celle-ci caressait doucement le ventre de son compagnon.
Je n'ai plus envie de réciter ma leçon pour le bas de ton corps.
Laure se redressa et s'appuya sur un coude. Sa main remonta sur la poitrine du garçon.
Tu as de tout petits seins, toi, se moqua-t-elle.
Il ne répondit pas.
Elle continua :
Désormais, quand je t'interrogerai, en classe, je vais te voir tout nu, comme maintenant
Et moi, fit-il, je verrai les seins de ma prof. sur le
bureau, ses fesses rebondies et son sexe crépu quand elle ira écrire au tableau et se retournera pour vérifier que l'on prend des notes.
Ils éclatèrent de rire et leurs bouches se cherchèrent, tandis que leurs mains...
Oh ! tu es tout visqueux, comme une anguille !
Et toi, tu as les cuisses toutes collantes ! -
Eh! bien ! allons nous laver, ensuite nous mangerons la tarte aux fraises que j'ai fait cuire pour toi.
Serrés dans l'étroit espace que leur offrait la douche et malgré le rideau froid qui se collait à leur peau, ce ne furent que rires et caresses savonneuses. Mais à force de massages mousseux et réciproques, Nicolas sentit sa vigueur renaître entre les mains insistantes de Laure.
Crochetant les fesses humides, il la souleva, la calant dans l'angle du mur. Elle cria qu'elle avait peur de tomber et serra ses bras autour du cou du garçon, les cuisses reposant sur ses hanches.
Je vais terminer cette toilette par un bon ramonage,
haleta-t-il.
Tu n'as pas honte, vilain potache, de dire une chose
pareille ? !
Pas du tout et encore moins de le faire.
Elle resserra un peu plus l'étreinte des ses bras, et ses pieds croisées pesèrent sur les fesses du « potache », les soudant encore davantage l'un à l'autre
Tiens, attrape cette serviette, sèche-toi tout seul et
habille-toi, sans quoi il n'y aura pas de fin à nos ébats ! Je quitte mon bonnet et j'apporte le gâteau.
Tu ne crains pas d'être un jour enceinte ?
Ne t'inquiète pas, je suis parfaitement protégée, fit-elle en apportant la tarte sur la table. Prends le couteau, et fais les parts.
Quand elle passa près de sa chaise, pieds nus et en peignoir, il leva vers elle un visage sérieux et à voix basse :
Je crois que je suis amoureux de toi.
Laure se figea et s'assit brusquement.
Non, tu n'es pas amoureux de moi et je ne veux pas que tu le sois. Tu aimes mon corps et les plaisirs qu'il te donne, mais tu n'aimes pas Laure, et c'est très bien comme ça. Et de mon côté c'est la même chose. Imagine : dans quinze jour, nous partons chacun vers notre destin, et le tien n'est pas Laure, pas plus que le mien est Nicolas. Tu es un petit mâle qui « baise » sa prof. pour utiliser ton langage, mon petit potache, c'est tout. Tu me comprends ?
Elle lui sourit pour atténuer ce qu'il y avait de sec dans ses propos. Elle savait que cela le choquait, le blessait peut-être.
Nicolas avait baissé la tête et jouait avec le couteau.
Elle se leva, alla s'asseoir sur ses genoux, d'un doigt leva le menton boudeur et l'embrassa.
Tu es fort, beau, intelligent, j'aime tes caresses et tes
baisers et je rêverai de ton corps nu, mais ne sois pas trop sentimental. Tu n'es pas Roméo, et moi, j'ai presque deux fois l'âge de Juliette, tu me comprends ?
Abandonnant le couteau, Nicolas avait glissé sa main sous le peignoir entrouvert et enfoui son visage dans les longs cheveux. Il murmura :
Je crois que tu as raison... de ne pas mettre de slip,
penses-y samedi prochain pour me faire plaisir.
Elle sauta sur ses pieds, apparemment scandalisée, mais elle sentait bien qu'il " crânait " pour ne pas montrer son désarroi.
Ah ! toi, alors ! Mais, pourquoi samedi ?
Parce que c'est ma dernière grande sortie avant le bac. J'écrirai à mes parents que je vais réviser chez un copain et je viendrai frapper à ta porte samedi, vers dix-sept heures : une nuit et un jour avec toi pour que nos corps soient heureux ensemble.
Il y a un problème, Nicolas.
Tu ne seras pas là ?
Si, mais une amie doit me rendre visite justement ce samedi-là, avant de partir le lendemain matin pour le Canada. C'est une amie très chère, une autre moi-même. Nous avons été en pension et à la faculté ensemble. Moi, j'ai choisi l'enseignement, elle, qui était douée pour les langues, est devenue interprète. Et elle a trouvé une excellente place dans un office de tourisme au Québec.
Nicolas resta un moment silencieux.
Je vois deux solutions. Je n'écris pas à la famille, samedi, à cinq heures je prends le train et toi, tu reçois ta copine .
Et je ne vois pas Nicolas, fit Laure avec un pauvre sourire.
Ou bien, je viens quand même. Mais, question subsidiaire, à moins que ton amie n'accepte de tenir la chandelle, comme on dit, on ne pourra pas se conduire comme nous l'avons fait aujourd'hui, et lequel des deux visiteurs ira coucher sur le canapé ?
Laure restait songeuse.
Nicolas reprit :
J'ai une autre idée qui arrangerait tout si tu la jugeais réalisable. Puisque nous ne sommes pas amoureux, et je ne suis pas amer en disant cela, et si cette autre toi-même a les mêmes idées que toi, elle pourrait ... comment dire ? ... participer à nos ébats. Nous pourrions nous embrasser, nous caresser à trois, partager en quelques sorte. Et le canapé restera vide, parce que ton grand lit pourra tous nous accueillir. Qu'en dis-tu ?
Nicolas, tu dois lire des livres qui ne sont pas au programme et tu me stupéfies ! Mais je reconnais qu'après ce que je t'ai dit, ta proposition est logique et j'ai tant d'affection pour toi comme pour elle que je suis tentée d'accepter, quoique tout va dépendre d'elle.
Nicolas se leva, se mit debout derrière le siège de Laure et, lentement, caressa ses cheveux.
Au temps du collège, j'imagine qu'il vous est arrivé de vous retrouver dans le même lit, jambes et bras mêlés, et que vous avez éprouvé un plaisir physique certain ; et si je ne venais pas, je pense qu'elle partagerait ton lit. Je vous apporterai donc, à l'une et à l'autre, un supplément de baisers et de caresses, et mon corps en plus, comme objet de votre féminine tendresse.
Nicolas avait glissé ses mains dans l'échancrure du peignoir et tout en agaçant la pointe des seins de Laure, il se pencha vers elle et acheva en riant :
Il nous restera un après-midi et toute une nuit, rien que pour nous deux, si mon lapin n'est pas trop partageur.
Laure se leva, frotta son nez contre celui du garçon.
Nicolas sursauta.
Tu as vu l'heure ? cette fois-ci, pas question de passer par la conciergerie, je vais être obligé de faire le mur pour rentrer, un comble !
Et juste avant d'ouvrir la porte :
Comment s'appelle ton amie ?
Mia, c'est une eurasienne !
Chapitre III
Des cheveux noirs, raides et courts, un visage plutôt rond
deux yeux en amandes, un nez minuscule, des lèvres pulpeuses, des membres déliés aux attaches fines, une sorte de maillot blanc sans manches, une jupette orangée, à ses pieds menus des sandalettes voici le portrait rapide de Mia. Elle était plus petite mais plus vive que son amie Laure chez qui elle était arrivée en début d'après-midi. Ce ne fut pendant un long moment, que bavardages animés, chacune coupant la parole à l'autre pour lui raconter ce qui lui passait par la tête.
Bien sûr, Laure mit son amie au courant de son « flirt ».
Mais, c'est du détournement de mineur !
Tu verras, mis à part son visage d'ado et c'est l'un
de ses moyens de séduction c'est un vrai homme.
Hum ! Hum ! fit Mia en grossissant comiquement sa
voix qu'elle avait naturellement légère et un peu chantante.
Elles étaient maintenant dans la cuisine où Laure préparait
un repas froid et des toasts pour l'apéritif.
Tu l'attends avec impatience, dis, toujours le nez sur ta montre. Ne serais-tu pas un peu amoureuse ?
J'ai passé un long moment à le dissuader de l'être, mais c'était aussi à moi que je m'adressais. Je ne sais d'ailleurs pas comment il a digéré cela ; en classe il ne participait pas au cours et je me demande même s'il va venir.
- Dommage alors, j'aurais aimé le voir. Il embrasse bien ?
Mia !
D'habitude, tu ne me caches rien.
Il embrasse bien, oui, il..., oui, il fait tout bien. Il a de grandes mains à la fois fortes et douces auxquelles je ne peux résister.
Note :18/20 ?
Ecoute, Mia, sois gentille avec lui pour l'amour de moi. Avec ton charme, et si tu le veux, tu vas le faire fondre.
Mia, se haussa sur la pointe des pieds et lui distribua une
kyrielle de baisers qui atterrirent au hasard sur son cou, son menton ses lèvres.
Tu vas renverser les assiettes ! protesta Laure.
Je pourrai l'embrasser ?
Laure rit et l'attrapant par les épaules :
Mais, oui.
Et aussi...plus encore selon convenance ?
Trois coups à la porte dispensèrent Laure de répondre. Elle voulut détacher son tablier mais son amie l'arrêta.
Laisse, je vais l'accueillir.
Nicolas n'était pas venu directement à l'appartement en
quittant son dernier cours. Il s'était arrêté à la terrasse du Bar du Marché, avait commandé un café et une liqueur et s'était encore demandé ce qu'il devait faire. Depuis huit jours il ruminait ce que lui avait dit Laure : pas de sentiment, la fête des sens. Trop inexpérimenté encore pour comprendre que bannir « amour », n'excluait pas « tendresse » moins grandiloquent mais aussi chaud. Quand au plaisir physique, il en doutait fort, avec la présence encombrante d'une tierce personne.
De gros nuages s'amoncelaient au-dessus de la ville, les hirondelles rasaient le sol. Est-ce l'alcool qui lui fit prendre sa décision ? Il se leva brusquement et se dit : « J'y vais. »
Quand la porte s'ouvrit, il sut qu'il était en présence de Mia, mais il n'en laissa rien paraître.
Quelle jolie petite fille ! Pouvez-vous me dire si je suis bien chez Mademoiselle Boisset ?
Mia fit une grimace intérieure en se disant : « Petite fille!
petite fille ! tu vas voir comment jouent les petites filles ! »
Parfaitement, Monsieur. Veste, cravate et valise, vous
êtes ce qu'on appelle un voyageur de commerce. Mais ce n'est peut-être pas l'heure idoine pour relancer le client. Que proposez-vous ? du vin ? des couteaux ?
Pas du tout, dans ma valise il y a de la lingerie féminine, mais cela ne peut pas encore vous intéresser, mon enfant.
Mia vexée, allait sans doute riposter quand Laure, qui, amusée, avait tout entendu depuis sa cuisine, intervint et fit les présentations :
Mia, Nicolas. Vous commencez fort tous les deux !
s'exclama-t-elle en passant un bras sur les épaules de l'une et en tendant ses lèvres à l'autre.
Tu l'as entendu ? petite fille... mon enfant....il aurait pu m'offrir des bonbons pendant qu'il y était !
J'ai dit jolie petite fille, et je ne retire pas "jolie" car
vous êtes vraiment ravissante.
Maintenant embrassez-vous pour faire la paix, voilà
n'est-ce pas mieux comme cela ? fit Laure, et passant ses bras autour du cou du jeune homme, et moi ?
Leurs lèvres s'unirent pour un long, très long baiser tandis qu'une main du garçon glissait sous le corsage et caressait le dos. Il lui murmura à l'oreille :
Pas de chignon, ni de soutien-gorge, remarque, j'ai tout ce qu'il faut dans ma valise.
Ils rirent ensemble en regardant Mia.
Vous êtes mignons tous les deux, j'espère que je ne
vous gêne...
Un éclair illumina la pièce et le tonnerre claqua. Mia mit ses mains sur les oreilles et courut se pelotonner sur la banquette.
Elle a toujours eu peur de l'orage. Viens, Nicolas, nous allons la rassurer.
Ils s'installèrent de chaque côté de Mia recroquevillée. Laure la redressa et l'appuya contre elle, pendant que Nicolas prenait une petite main entre les deux siennes.
Vous n'avez rien à craindre maintenant, il faudra que ce vilain orage nous foudroie avant de vous toucher.
Mia risqua un timide sourire.
Merci, mais tu peux me tutoyer.
Et tournant, alternativement la tête de chaque côté, elle donna un petit baiser à ses deux protecteurs. Laure posa ses lèvres sur sa joue gauche, et Nicolas en fit autant sur la joue droite. Ils firent glisser leurs bouches jusqu'à celle de Mia qui s'entrouvrit pour participer à ce baiser à trois.
Eh ! eh ! Laure, ma chérie, tu les prends à la sortie des
maternelles, mais tu choisis bien.
Nicolas fronça les sourcils.
Tu sais ce qu'on fait aux petites filles insolentes ?
Non, fit-elle, provocante.
On leur donne une fessée.
Une fessée ? je voudrais bien voir cela.
Nicolas se leva, mais Mia avait déjà bondi hors de la banquette. En deux enjambées il la rattrapa près de la table, posa son pied sur une chaise et renversa la "petite fille" sur sa cuisse. La laissant crier et se débattre, il troussa sa jupe.
Laure intervint :
Et ça recommence ! ! Nicolas, laisse-la !
Tu as vu ce joli petit cul ! Je ne peux vraiment pas lui
faire du mal.
Il glissa ses doigts sous le petit slip qu'il écarta un peu.
Elle a la peau douce ! ! !
Laure se pencha et posa un petit baiser sur une fesse tandis que Nicolas l'imitait sur l'autre. Mia avait mit fin à ses cris et ne bougeait plus. Le jeune homme la remit sur pieds. Elle rajusta sa tenue.
Jai cru un moment que ce grand escogriffe allait me
frapper. Mais à la fin, c'était plutôt agréable.
Ils éclatèrent de rire et revinrent s'asseoir. Cette fois, Nicolas était entre les deux filles. Son bras gauche autour du cou de Laure, il avait introduit sa main dans son corsage. Il avait passé son bras droit derrière Mia. Sa main glissa sous l'aisselle et, poursuivant son chemin par l'échancrure du maillot, enveloppa un sein petit et ferme.
Hum ! hum ! fit Mia, sais-tu, Laurette, ce que fait la
main de ton ami ?
Oui, elle joue avec mes seins.
Je te parle de sa main droite qui pétrit aussi les miens.
Je ne voulais pas faire une jalouse, fit Nicolas.
Mia pencha le haut du corps vers Laure et l'attira en passant ses bras autour du cou.
Ma chérie, je ne serai jamais jalouse de toi.
Laure se pencha, prit son amie dans ses bras, l'embrassa sur les lèvres et lui murmura :
Chut ! j'ai toujours tout partagé avec toi.
Nicolas ramena sur la banquette les jambes de Mia de telle sorte que cette dernière se retrouva couchée sur les genoux des deux amants.
Dis, Laure, tu as vu cette jolie poupée ? A quoi joue-t-on ? On la déshabille et on fait sa toilette ?
Mais non, il est encore trop tôt ! Je pense, moi, qu'elle a besoin d'un gros câlin. Et Laure ébouriffa les cheveux de Mia, la chatouilla légèrement sous le menton, puis remontant sous le maillot, elle caressa longuement la poitrine bombée.
Quelle habitude aussi de ne jamais porter de soutien-
gorge, tentatrice !
Et toi alors, tu peux faire la morale ! Tout en parlant,
Mia déboutonnait le corsage de Laure et dénudait ses seins.
Je crois que c'est l'heure de ma tétée.
Elle prit dans sa bouche la pointe dressée d'un mamelon et se mit à la sucer bruyamment. Nicolas, lui, promenait sa grande main sur les jambes ivoire de la "poupée" jusqu'aux chevilles fines et aux pieds miniatures. Puis, revenant aux genoux, il remonta doucement le long des cuisses satinées, atteint l'aine...
Mia s'était détachée du sein de Laure et, montrant Nicolas d'un doigt accusateur :.
Peux-tu me dire jusqu'où il va encore pousser son exploration, avant l'apéro ?
Laure sursauta et la " poupée" en profita pour se lever:
Que veux-tu, il révise ses leçons d'anatomie. Mais
l'apéro ! ne l'oublions pas ! je me suis donnée assez de mal pour préparer les amuse-gueule.
Nicolas proposa de les aider, mais les demoiselles déclinèrent son offre. Il resta donc assis, les regardant apporter les bouteilles et les verres, et quantité de petites coupes et assiettes remplies de gâteaux secs, de mini-tartines de pâtés divers. Bavardages, rires, exclamations, cris, l'ambiance sonore était à la hauteur de leur plaisir.
Dehors, la pluie avait succédé aux éclairs et au tonnerre qu'on entendait pourtant gronder dans le lointain. Mais il faisait encore très chaud dans l'appartement.
Laure avait lancé un disque comme fond musical. En revenant s'asseoir à la table où ils s'étaient installés, elle sourit à Nicolas et glissa son pied nu entre les jambes du garçon.
Ce n'est pas un slow, mais l'oeuvre d'un musicien de génie qui avait peut-être ton âge quand il l'a composée. Il vivait à la fin du XVIIIème siècle et s'appelait Mozart ; le titre, qui n'est sans doute pas de lui: Les petits riens. Vous aimez ? Alors buvons à Mozart, au départ de Mia au-delà des mers, buvons, Nicolas, à notre séparation, proche et définitive.
Sa voix s'était cassée à la fin de son toast et soudain, elle cacha son visage dans ses mains et éclata en sanglots.
Mia et Nicolas se précipitèrent pour la consoler, l'embrassant, la berçant.
Mia murmura au jeune homme ému :
Des coups de cafard comme ça, elle en a déjà eus, mais il y a bien longtemps.
Laure se redressa en reniflant et s'excusa.
Je dois être jolie, hein ?
Nicolas se pencha, embrassa les yeux humides.
Tu es ma plus belle, mon petit lapin.
Mia vida son verre, s'en servit un autre et picora dans les assiettes. Laure sourit - et cela fit plaisir aux deux autres :
Nous allons avoir une poupée pompette !
Ca me fera un bon souvenir quand je serai au Canada.
Nicolas en profita pour l'interroger sur l'avenir du tourisme
et ce qu'elle en espérait.
Mia ne se fit pas prier :
Dans quelques années, ce sera une mine d'or ! Rappelle-toi le Front Populaire, la semaine de quarante heures et les congés payés. Ce mouvement va continuer en s'accélérant, la mécanisation facilitera le travail des hommes, les gens auront plus de loisir, les moyens de transport seront plus rapides. Un petit patelin inconnu au bord de la mer accueillera les estivants, construira de petits logements de vacances, des restaurants, organisera des fêtes. Et pendant six mois, les autochtones gagneront plus avec les touristes que toute l'année en vendant leurs coques et leurs crevettes. Ouf ! ça m'a donné soif.
Très intéressé, Nicolas suggéra :
Et je suppose que ce tourisme va se développer dans la plupart des pays du monde, que toujours plus de gens voyageront à travers le monde pour le plaisir, et qu'il sera utile de connaître plusieurs langues, comme toi.
Mia se mit à parler en différentes langues à toute vitesse et voyant la mine effarée des deux autres :
Je n'ai fait que répéter « Oh ! les jolis amoureux rêvent de s'embrasser. » en italien, espagnol, anglais et thaï ma langue maternelle. Je comprends aussi un peu le chinois et baragouine allemand si besoin est.
Nicolas était épaté et le laissait voir. Laure, qui s'était remise, ajouta :
Et dire que tu as failli fesser une poupée polyglotte !
Nicolas se leva et se pencha sur la « poupée » pour lui donner le baiser de paix. Mais celui-ci tomba sur la bouche de l'espiègle qui en profita pour lui glisser un petit bout de langue et s'exclama: "C'est un baiser florentin, Nicolas!"
Il rejoignit Laure, fit la même chose avec elle et s'écria :
Voilà, je connais au moins deux langues étrangères !
Chapitre IV
Au milieu des rires, Laure se leva et annonça :
Nous allons enchaîner sur le petit repas froid que je vous ai préparé: salade de tomates et poulet mayonnaise.
Sauce divine à la confection de laquelle j'ai participé, intervint Mia.
Oui ! en maintenant le bol avec tes deux petites mains ! Allons, ne boude pas, et viens m'aider à mettre les petites nappes individuelles et les assiettes. Ah ! j'oubliais, notre petite voyageuse a amené une bouteille de champagne et nous la boirons en mangeant, d'accord ?
Le crépuscule rosé avait envahi le ciel lavé et il avait fallu allumer un lampadaire près de la table.
Es-tu mieux maintenant ? demanda affectueusement Nicolas à Laure.
Merci, ça va.
Mia qui mordait dans un pilon, s'essuya la bouche.
Profite des bons moments qui passent, ne pense pas aux tristes surlendemains, à tous les bien-pensants qui vont te montrer du doigt pour détournement de mineur, à ta hiérarchie qui va te révoquer pour avoir choisi le mineur parmi tes élèves.
Ouf ! c'est tout ce que tu as trouvé pour lui remonter le moral ! grogna Nicolas.
Et voilà l'autre qui va tout prendre au pied de la lettre ! Primo, plus personne n'est poursuivi pour ce délit, et je vous parie bien que dans peu de temps la majorité sera abaissée à dix-huit ans, deuzio si tu ne t'es pas vanté auprès de tes camarades d'avoir couché avec ta prof, vous pouvez être tranquilles.
Elle mordit dans le morceau de poulet, et, la bouche pleine, acheva :
Et ce n'est pas votre petite poupée qui cafteras.
Le champagne aidant peut-être, le reste de la soirée fut très gai. Laure était venue s'asseoir sur les genoux du garçon, la tête sur son épaule. Il multipliait les petits baisers sur les lèvres, le menton, l'épaule qu'il avait dénudée, le haut des seins que le corsage ouvert laissait apparaître. Sa main sous la jupe avait atteint le ventre chaud.
Mia, qui était allé se faire un brin de toilette, surgit derrière eux.
Ne vous dérangez pas les amoureux. Je sens que vous rêvez tous deux d'une gymnastique encore plus douce, mais auparavant, Laure je vais faire tes tresses du soir.
Elle s'assit à côté d'eux et s'activa en silence. Puis elle posa ses lèvres sur le front de son amie et leur souhaita une bonne nuit.
Laure se redressa.
Où comptes-tu dormir ?
Là, et elle courut sur la banquette où elle s'allongea.
Nicolas se leva à son tour et les deux « amoureux » la rejoignirent, debout, la regardant en silence. Le jeune homme acheva d'ouvrir le corsage de Laure, dégrafa la jupe qui tomba au sol avec le slip qu'il avait accroché au passage.
Mia les regardait faire les yeux grands comme des soucoupes.
Ils s'agenouillèrent près de la banquette et Laure lui dit :
Mia chérie, on a toujours tout partagé, et Nicolas est tout à fait d'accord: tu vois l'effet de ton charme ravageur ?
Tout en parlant, elle avait dépouillé le haut du corps de son amie, tandis que le garçon retirait jupe et culotte.
Et voici notre poupée déshabillée pour la nuit, mais est-ce bien la peine de lui enfiler son pyjama ?
Il se baissa, attrapa le joli corps nu qu'il chargea sans réaction sur son épaule, comme un sac, et se dirigea vers la chambre.
Nicolas, je te laisse la place dans cinq minutes, cria
Laure en fermant sur elle la porte de la salle d'eau.
Il avait laissé tomber son fardeau sur le lit grand ouvert et détaillait du regard le corps abandonné.
Suis-je assez jolie pour toi ? chanta la petite voix de
Mia.
Il se pencha, embrassa les lèvres offertes, les seins dressés, le ventre rond entre les hanches évasées. Il la tira à lui de sorte qu'elle avait les jambes pendantes hors du lit et, s'agenouillant sur le sol, il écarta les genoux, glissa son visage entre les cuisses ouvertes jusqu'au sexe qu'il brutalisa, le pinçant avec ses lèvres, le forçant avec son menton, son nez, son front.
Tu penseras à moi, après Laure, dis ?
Celle-ci arriva à ce moment, blanche et rose, avec ses deux grosses tresses d'or lui battant le dos.
La place est libre, Nico, j'ai sorti une serviette pour toi et j'en apporte une pour essuyer le produit liquide de nos ébats.
Jolie périphrase, très convenable, se moqua Mia.
Laure s'était allongée sur le lit pour allumer la petite lampe de chevet. Nicolas, la retourna à côté de son amie et ses deux mains parcoururent symétriquement le corps des deux filles.
Mais qu'ai-je donc de si particulier, pour avoir le
bonheur de dormir entre ces deux sirènes ?
Nous t'expliquerons cela, tout à l'heure ?
Quoi ! tu es encore là, vite dépêche- toi !
Nicolas entrouvrit la porte, un peu gêné de se montrer nu
comme un ver. Personne sur le lit... mais avant de réaliser la situation, un tissu sombre fut appliqué sur son visage. Aveuglé, il sentit qu'on lui nouait cette sorte de bandeau sur la nuque, et comme il levait ses mains pour recouvrer la vue, d'autres mains l'arrêtèrent. Les voix alternées des filles lui expliquèrent :
Tu es notre prisonnier.
Jusqu'ici c'est toi qui as promené tes mains sur notre
corps...
... même en des endroits très intimes...
....que nous ne nommerons pas parce que nous sommes bien élevées.
Tu veux dire cul et con ?
Eclats de rire.
Tu es le plus fort, mais tu vas te laisser faire.
Elles l'aidèrent à s'allonger sur le dos, et lui attachèrent les poignets aux barreaux du lit, mais c'était purement symbolique parce que les liens n'étaient que deux bouts de laine.
Et les deux amies se mirent à caresser Nicolas en utilisant toutes les parties de leurs corps. Les lèvres du garçon étaient prises d'assaut par des bouches avides entre lesquelles il hésitait parfois: Laure ou Mia ? Des seins s'écrasaient sur sa poitrine, des jambes enfourchaient ses cuisses, et il se prêtait au jeu en soulevant légèrement les genoux pour sentir la ventouse chaude et humide d'un sexe. Tout en s'agitant, elles n'arrêtaient pas de parler.
Tu veux savoir ce que tu as de particulier ?
Vingt doigts descendirent sur son ventre et s'emparèrent de sa verge, la levant, la massant puis la laissant retomber.
Regarde, elle a déjà grandi !
Et grossi ! ma main va être trop petite ! C'est une poupée, elle aussi, vivante mais ne sachant pas parler...
. ..que cracher ! Et les rires reprirent.
Nicolas essayait mentalement de résister aux excitations des deux femelles déchaînées, mais vainement, et quand il comprit que c'étaient leurs deux bouches unies qui enserraient son membre, il laissa la nature reprendre ses droits.
Elle se dresse toute seule et si j'appuie dessus elle repart comme un ressort !
Il entendit des chuchotements. On enjamba ses hanches, une
main maintint son sexe qui s'enfonça dans une gaine chaude animée d'un mouvement de va et vient.
Alors, Nicolas éclata :
Pourrais-je au moins connaître mon hôtesse ?
Il brisa les brins de laine qui maintenaient ses poignets,
arracha le foulard qui l'aveuglait et vit Mia au-dessus de lui. Contre son flanc, Laure l'entoura de ses bras et lui murmura :
Elle part demain matin et nous avons encore un jour et une nuit rien que pour nous deux, je lui ai laissé la priorité.
Nicolas tendit les bras, saisit la « prioritaire » aux hanches, bloquant son mouvement. Doucement, il se retira d'elle, malgré ses protestations.
Ne t'inquiète pas, je reviens tout de suite.
Il se redressa, prit sa partenaire par la taille, la souleva et la plaça à quatre pattes entre les jambes de Laure qui releva les cuisses et ouvrit les bras pour accueillir son amie.
Je vous adore, mes petites gouines.
A genoux derrière Mia, il s'enfonça à nouveau en elle mais cette fois-ci c'était lui qui donnait son rythme. Il s'arrêtait pour caresser parfois les jolies fesses, parfois les quatre seins réunis, parfois le sexe béant de Laure. Il accéléra le mouvement, et la jeune fille gémissait, accrochée aux épaules de son amie, le visage dans les tresses défaites. Et puis ce fut l'explosion qui tendit tout le corps du garçon et fit crier Mia dans l'aigu. Libérée, elle roula jusqu'au bord du lit tandis que Nicolas s'écroulait entre les deux filles.
Mia se leva. On entendit l'eau couler et elle reparut, sauta sur le lit.
Merci, Laurette, pour m'avoir donné la place qui te revenait, merci aussi à toi.
Elle posa la main sur le garçon, mais sursauta en s'exclamant comiquement :
Qu'est-ce que c'est, cette grosse limace ! ?
Puis elle se retourna, le dos contre le corps de Nicolas, et bailla.
Bonne nuit, les amoureux.
Bonne nuit, poupée.
Laure éteignit la lumière et se nicha dans les bras de Nicolas. Elle lui murmura :
Tu sais, comme j'étais placée, la petite entre mes jambes écartées, j'étais secouée à votre rythme, ta main venait sur nos seins mêlés, sur ma vulve... et j'ai joui en même temps que vous.
Alors, tu n'as plus besoin de moi ?
Oh ! si ! mais je vais attendre qu'elle reprenne des forces et elle posa sa main sur « la limace » comme l'avait nommée l'impertinente Mia.
Ils restèrent un long moment comme cela, sans éprouver le besoin de bouger, avec un sentiment de bien-être qui excluait toute autre caresse et même le sommeil où avait sombré leur voisine.
La première, Laure sortit de cette sorte de léthargie, et ces mains actives parcoururent tout le corps de son compagnon, insistant sur le pénis qui peu à peu reprit vie. Nicolas passa alors son bras sous la tête de « son petit lapin », et enjamba le corps qui l'appelait...
Plus tard, couchée sur elle qui l'enveloppait de ses jambes et de ses bras, à voix basse, comme dans un confessionnal, il chuchota à son oreille :
Laisse-moi te dire... ma petite prof., mon petit lapin, Laure, ma plus belle, je t'aime, et tu m'aimes... maintenant... comme nos corps, nos curs s'enlacent... nous ne ferons pas toute la route ensemble...pas l'amour...la tendresse...maintenant que nos corps ne s'attirent plus...repus...nos curs encore...tendresse. Laure le serra de toutes ses forces et colla sa bouche à son oreille.
Tu as raison, nous nous quitterons et nous serons tristes et nous pleurerons. C'est le prix du bonheur. Mais il restera la tendresse.
Elle ouvrit ses bras, se détacha de lui.
Et je vais te quitter tout de suite pour dormir. Il faut que je me lève de bonne heure pour accompagner Mia, mais peut-être vais-je te retrouver tout de suite dans mes rêves.
Et elle se retourna sur le côté.
Il tira le drap sur leurs trois corps, appelant lui aussi le
sommeil.
Quand il s'éveilla, d'un coup, à la suite d'un mauvais rêve sans doute, il crut que c'était déjà l'aube tant il faisait clair dans la chambre. Il comprit bien vite qu'il s'agissait du clair de lune et qu'il ne se rendormirait pas tout de suite. Ses compagnes inconscientes étaient très loin au pays des rêves, mais si proches de lui dans le lit, qu'il craignit de les réveiller en se levant.
Dans la cuisine, il poussa la porte, alluma et trouva dans le réfrigérateur une bouteille de lait dont il remplit un verre. Le réveil, sur le buffet, indiquait trois heures. La pleine lune qui éclairait aussi la salle de séjour, lui permit de circuler facilement.
Il trouva son paquet de cigarettes sur la table et il alla en fumer une à la fenêtre. Les lampadaires étaient éteints, mais il pouvait voir les maisons et les rues comme en plein jour. Des toits luisaient et certaines façades ruisselaient de cette lumière féerique. Un chat miaula et, dans le lointain, il entendit le roulement sourd d'un train. Pas un nuage dans le ciel, que ce gros disque orangé sur lequel il chercha les zones sombres.
Des bras entourèrent son torse et un corps chaud se colla à son dos. Tout de suite, il sut que c'était Mia. Elle desserra légèrement ses bras quand il se retourna et ils se retrouvèrent enlacés face à face.
J'ai entrouvert un il, fit la voix chantante, et je ne t'ai pas vu. Je me suis dis que tu avais peut-être une insomnie, alors je suis venue te bercer.
Elle rit et balança son corps.
Il posa fermement les mains sur ses fesses et soupira :
Si tu crois m'endormir comme ça, j'y verrais plutôt un effet contraire.
Nicolas, fâche-toi, et donne-moi une fessée !
Jamais sur un si joli petit cul, tu le sais bien.
Il pinça légèrement l'endroit en question, écarta les petits
bras, entraîna Mia vers la table, s'assit sur une chaise et la prit sur ses genoux. Elle passa un bras autour de son cou et se laissa caresser de la pointe de ses pieds minuscules à ses courts cheveux emmêlés.
Je vais te dire adieu maintenant. Je vais partir de bonne heure et je parie que tu ne seras pas réveillé. J'ai un petit peu mal au cur de vous quitter, toi et Laure. Elle, je la reverrai sans doute, mais toi, il y a peu de chances...c'est comme une petite mort.
Nicolas immobilisa sa main sur le ventre tiède.
Ce devait être, pour parler comme elle, qu'une fête des sens, mais on ne peut pas évacuer les sentiments...peut-être les prostituées ?
Cest la tendresse, petite poupée, - elle frotta sa tête sous le menton du garçon, comme un chat qui unit nos corps et nos curs.
Tu es déjà un grand philosophe ! Laure et toi aussi allez souffrir un petit peu, mais songe que la douceur de ces deux jours va rester en nous notre vie durant. Quand nous serons tristes, malheureux, démolis par la vieillesse, la solitude ou la maladie, il nous restera ce souvenir, comme une bulle de bonheur.
Mia, se souleva un peu, saisit le sexe du garçon, le posa sur sa cuisse à elle et entreprit un jeu de frottements de pincements, de pétrissage de balancements pour l'exciter au maximum.
Du temps des voyages à cheval, au moment du départ, l'aubergiste offrait au cavalier " le coup de l'étrier ". Tu veux bien, dis, Nicolas, me donner aussi "le coup de l'étrier" avant que l'on se quitte?
Elle se leva et s'assit à califourchon sur les cuisses du garçon qui, du bout de son sexe, caressa longuement la fente brûlante entre les lèvres enflées. Il la prit aux hanches la souleva et s'enfonça au plus profond d'elle.
Ne bouge pas, s'il te plaît, je suis trop bien comme cela.
Par leurs bras, leurs jambes, leurs sexes, ils étaient soudés l'un à l'autre. Et puis Mia se mit à se balancer doucement d'avant en arrière. Ce mouvement rythmé qui se répéta longtemps, longtemps; provoqua enfin le désir irrépressible du jeune homme qui explosa en elle.
Un rayon de soleil qui traînait sur son visage réveilla Nicolas qui s'étira dans le grand lit. Plus personne à ses côtés. Dehors il entendait des voix, des cris d'enfants, le roulement d'une voiture, mais pas le moindre bruit dans l'appartement. Il réalisa que Mia était partie accompagner par son amie, et que cele-ci avait gagné son pari: il devait dormir comme une souche quand elles se préparaient pour aller à la gare.
Enfin un bruit de pas pressés dans l'escalier, une clé dans la serrure...
Laure, c'est toi?
Tu es réveillé? c'est très bien, je te ramène des croissants tout chauds! Notre poupée a pris le train avec un visage un peu chiffonné certes. Elle a versé une petite larme en m'embrassant. Mais elle est courageuse et m'a glissé dans l'oreille toutes sortes de "chinoiseries" que nous devons nous faire jusqu'à demain matin en pensant un peu à elle.
Tu veux m'apporter mon petit déjeuner avec ce chignon et cette robe de dame patronnesse!! s'exclama-t-il.
Laure sourit, se débarrassa de ses vêtements et retira les peignes qui maintenaient ses cheveux.
Nicolas voulut bondir pour capturer cette naïade, mais Laure l'esquiva et courut à la cuisine en criant:
Satyre, tu devrais être privé de croissants et même...
... des "chinoiseries" à venir. Laure, je te promets d'être sage, mais reviens vite, j'ai faim!