Entrez vite, à cause des courants dair !
Non seulement la porte sétait ouverte quand il avait sonné mais encore cette voix musicale appartenait à une jolie femme souriante qui referma la porte derrière lui.
Il se présenta
venant de Thiers
coutellerie
, mais elle ne lécoutait pas, toute occupée à regarder cet homme au visage de jeune premier.
Je suis folle, il voit bien que je suis plus vieille que lui et si je suis trop gentille, il va croire que je cherche un gigolo !
Elle na pas lair dêtre très intéressée. Dommage, je la trouve bien attirante avec ce léger peignoir quelle a du enfiler en catastrophe quand jai sonné. Et puis elle est aimable et ma proposé de quitter ma veste
avec cette chaleur, ce nest pas de refus !
Je lui ai expliqué que dans mon métier le costume cravate était une nécessité, mais jacceptais son offre avec plaisir.
Il a posé sa valise, a ôté sa veste et sa cravate et retroussé les manches de la chemise dont il a ouvert le col. Avec sa mèche de cheveux sur le front, sa bouche un peu charnue, cest vraiment un bel homme.
Jaime bien son visage à lovale régulier, ses longs cheveux noirs ondulant jusque aux épaules et ce regard plein de douceur qui croise le mien sans ciller. Elle a pris ma veste et la posée sur le dossier dune chaise puis elle est allée sasseoir sur la banquette les deux mains posées sur ses genoux serrés. Je lui ai raconté un peu de mon travail du matin, les portes qui ne souvrent pas ou qui souvrent avec, dans lentrebâillement, la triste apparition dun visage renfrogné, de bigoudis multicolores ou dune énorme poitrine qui saffaisse.
Il parle avec esprit et quand jai ouvert la porte, il a cru dit-il quil arrivait au paradis ; Il sest tu un moment en me dévisageant, mais il a dû se rendre compte de mon inquiétude devant cet examen car il a ajouté :
Vous êtes belle comme une princesse prisonnière tout en haut de la
tour !
Nous voici en plein Moyen Age !
Et si vous le voulez bien, je suis le Prince qui vient vous délivrer.
Le Prince Charmant, alors.
Elle ma répondu en riant, ce qui a fait naître deux fossettes au creux de ses joues. Elle est attirante, je nai plus envie de vanter les couteaux de ma valise, je préfère continuer le jeu
on verra bien.
Il sest avancé, a mis un genou au sol a posé ses mains sur les miennes :
Voulez-vous, Princesse, que je vous dise un poème comme Gille devant Anne dans « Les Visiteurs du soir » ?
Et le visage tendu vers le mien, il ma dit un bout du poème dAragon :
« Mon bel amour, mon cher amour, ma déchirure,
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
»
Il y met le ton comme sil voulait me convaincre de sa sincérité
et je sens que mon cur bat un peu plus vite. Tout en parlant, il caresse légèrement mes mains et mes poignets, et je ne les retire pas ! Ses mains sont plus grandes que les miennes et le bout de ses doigts glissent aussi sur mon peignoir, sur mes cuisses ! En est-il conscient ?
et mon corps frémit, et je laisse faire.
Elle a de petites mains très douces que jenferme dans les miennes en remontant légèrement sous les manches évasées du peignoir, et je laisse déborder mes caresses sur ses cuisses nues sous le tissu. Elle a un visage sérieux mais semble accepter mon audace.
Il faut que je réagisse sinon il va me prendre pour une betterave.
Relevez-vous, mon Prince, et prenez place à côté de moi
Aimez-vous les caresses, celles quon reçoit mais aussi celles quon donne ?
Je lui souris, en effleurant sa joue du bout de mes ongles, me penche soudain et mes lèvres effleurent les siennes. Je pensais quil allait se précipiter sur ma bouche. Mais non, il prend seulement mes mains et les pose sur sa nuque.
Alors, à vous de jouer, ma Princesse, et il sallonge sur la banquette, la tête sur mes genoux, et si les boutons vous gênent dégrafez-les !
Depuis combien de mois, dannées, navais-je eu loccasion dexprimer le trop plein de ma tendresse ? Un homme semblait désirer mon corps et mabandonnait le sien ! un homme-enfant qui soffre à mes caresses en toute ingénuité Mes doigts explorent son visage, son cou, saventurent sous la chemise sur les épaules, la poitrine imberbe ; ils font maladroitement sauter les boutons jusquà la ceinture du pantalon, découvrant le torse musclé dont mes yeux se repaissent. Sa main gauche, qui sétait posée sur mon genou, remonte le long de ma cuisse et mon trouble saccentue ; la-t-il perçu ? Il se retourne, me regarde et se redresse. Son bras entoure mon cou, nos deux visages se touchent, il prend mes lèvres entre les siennes, les relâche pour les reprendre encore, sa bouche brûlante brutalise la mienne qui sabandonne, nos langues se mêlent. Le temps sest arrêté.
Jaime quand tu caresses mes seins et je rêve des tiens.
Jai écarté son peignoir dont jai défait la ceinture. Ses épaules frémissent quand je les embrasse, et sa poitrine qui tend la nuisette transparente semble mappeler. A nouveau je pose ma tête sur ses cuisses découvertes, mais jai changé de côté, ma main droite, sous la courte chemise, monte jusquà ses seins quelle enveloppe tour à tour, redescend sur le ventre bombé où elle sarrête. Je sens ses mains à elle qui parcourent mon corps dénudé jusquà la taille.
Tu as quand même plus de facilités que moi !
Alors il a dégrafé sa ceinture, descendu le zip de son pantalon et ses doigts viennent à nouveau jouer avec les poils de mon pubis tandis que sa bouche se colle au creux de laine. Répondant à sa muette invitation, jécarte lélastique du slip, redresse sa verge que je sens durcir le long de mon bras quand je maventure jusquau deux petits sacs de velours si doux au creux de ma paume. Sensible à mon toucher, il se redresse, écarte mes cuisses et ses mains pétrissent mon sexe, écartent les lèvres humides de ma vulve et lexcitent par un lent mouvement de va-et-vient. Je sens que je ne tiendrai pas longtemps.
Elle a interrompu sa caresse, a enfermé mes mains dans les siennes et ma obligé à me redresser. Sa respiration sest accélérée comme si elle avait couru. Elle a pris ma tête entre ses mains, et bouche contre bouche avec une voix un peu rauque :
Veux-tu faire lamour avec moi ?
Je lai embrassée, nos lèvres écrasées, et quand, à bout de souffle, nous nous sommes séparés, jai murmuré à son oreille :
Je vais te baiser, Princesse, je vais te baiser, je vais te baiser, maintenant,
où tu voudras, là sur le canapé, ou sur une chaise, debout si tu préfères
Il quitte ses derniers vêtements, tandis que je me lève et me débarrasse du peignoir.
Garde ta nuisette, elle ne cache rien et tu es plus érotique encore avec
elle !
Il mattire contre son corps nu et presse mes fesses pour me coller à lui ; je sens son sexe tendu contre mon ventre.
Elle passe un bras autour de mon cou et mentraîne vers la chambre, vers le lit
Je mappelle Marianne.
Et moi cest Corentin.