- J'ai passé une très bonne soirée, fit Momo. Puis-je vous embrasser avant de
partir,Tante Anna?
Et il lui claqua un gros baiser sur la joue. Elle lui sourit et prenant la tête du garçon entre ses mains.
- Et moi puis-je aussi t'embrasser?
Et elle posa ses lèvres sur la bouche de Momo qui ouvrit des yeux comme des soucoupes et s'enfuit à toutes jambes.
- Jaloux? fit-elle à Jonhy qui patientait au bord du trottoir.
- Oh! Non... si,
un petit peu.
Tant Anna passa son bras sous le sien et l'entraîna.
- Gros bêta! Allons raccompagne-moi, j'ai encore une bouteille de champagne
et des disques: nous allons continuer cet apéritif-dansant.
La veille, leur amie Laure les avait pris chacun par un bras à la sortie des cours pour leur demander un grand service. Sa tante s'était mis dans la tête d'aller à l'apéritif dansant qui se tenait tous les samedis au Café Tom X, bien connu dans la petite ville.
- C'est curieux, car depuis son veuvage elle ne sort pratiquement jamais de chez elle. Elle m'a demandé de l'accompagner et je ne pouvais pas refuser car elle est très, très gentille et je l'adore. Seulement voilà, Julien devait m'emmener chez lui, ses parents étant absents, et l'apéritif, pour les miens, était un excellent alibi. Alors
-
tu veux qu'on s'occupe de ta tata, dit Jonhy.
- C'est-ça, faites-la rire, buvez et dansez avec elle et puis ne la laissez pas revenir chez elle toute seule, elle aurait peur.
- T'inquiète pas, Laurette, nous aimons bien les vieilles dames, ajouta Momo.
Le lendemain en fin d'après-midi, Laure les conduisit jusqu'à une table où se tenait une dame blonde avec chignon et de grands yeux bleus à la Michèle Morgan; l'échancrure de sa robe imprimée de grandes fleurs violettes laissait voir la peau sans ride du cou et du haut de la poitrine. Momo souffla à l'oreille de Jonhy:
- Oh! dis, elle est drôlement gironde, la tante à Laure!!!
Cette dernière fit les présentations, les embrassa tous les trois et s'échappa en leur souhaitant de bien s'amuser.
- Et voilà, Laurette va rejoindre son amoureux, et elle m'a confiée à deux chevaliers-servants! fit la blonde Tante Anna, en riant. Que buvez-vous? Martini, comme moi?
Les garçons prirent une bière. Ils parlèrent de Laure, du lycée et des rares distractions du quartier. Le menton dans les mains Tante Anna les écoutait en se penchant car la musique couvrait un peu leurs voix. Et les garçons sentirent son parfum de violette.
Jonhy ne put s'empêcher de dire:
- Je ne savais pas que Laure avait une tante aussi jeune
-
et aussi jolie ajouta Momo.
Tante Anna se renversa sur le dossier de son siège en riant:
- Je ne suis plus jeune, hélas! Et pour vous je dois même être une vieille.
Alors Momo l'invita à danser.
- C'est un slow? Alors c'est encore dans mes possibilités.
Et comme ils s'éloignaient suer la piste déjà encombrée, Jonhy cria:
- Dans cinq minutes je te l'enlève!!!
Les tables étaient toutes occupées et la musique couvrait à peine le brouhaha des voix: ce genre de distraction avait toujours beaucoup de succès. Au milieu des danseurs, il distinguait le chignon d'or de tante Anna et le visage animé de Momo qui devait lui conter une longue histoire.
Il termina son verre et se fraya un chemin entre les couples:
- A mon tour, Momo, de faire danser Tante Anna!
- Mais ça ne fait pas cinq minutes, protesta-t-il
Elle caressa d'un doigt la joue de Momo en lui promettant la prochaine danse et
se glissa entre les bras de Jonhy. Il sentait son corps souple tout contre le sien,
et il ressentit comme un petit bonheur. En lui-même il se dit que ce n'était pas
du tout désagréable de s'occuper de la tante à Laure.
- Tu n'es pas aussi bavard que Momo, tu t'ennuies?
- Non, Tante Anna, je pensais au contraire que j'avais beaucoup de plaisir à
danser avec vous.
Elle s'écarta pour le regarder:
- Je crois que tu es sincère et je te remercie. Si je pensais que c'est une corvée, je partirais tout de suite. Allons rejoindre Momo, et puis j'ai soif.
Momo les attendait, très excité comme toujours. Il accrocha l'épaule de Jonhy et lui dit:
- As-tu vu les bas de tante Anna, une merveille!
Johny resta éberlué: Momo s'intéressait à la lingerie féminine! C'était cocasse. Comme Tante Anna les regardait d'un air interrogateur, il lui rapporta la remarque de Momo. Elle rit de bon cur et allongea une jambe pour qu'ils puissent admirer "la merveille". Momo ne cachait pas son admiration:
- Regarde, Johny, tous ces petits losanges avec des jours qui font comme de la dentelle. Je n'ai jamais vu une fille avec des bas pareilles!
- Tu ne sais même pas si ce sont des bas ou des collants!
- Qu'est-ce que ça change?
- D'accord, rien, si tu ne regarde que la "dentelle en losanges". Mais moi je pense aux jambes qu'elle recouvre si joliment, et là, il y a une grande différence entre bas et collants.
Tante Anna avait l'air vivement intéressée:
- Explique- toi, Johny.
Il hésita et puis comme on se jette à l'eau:
- Voilà! Quand un garçon veut caresser les jambes d'une fille gainées de nylon, le parcours est d'abord très désagréable. Comme il ne fréquente pas les manucures, il y a toujours un doigt rugueux, un cal ou un ongle pour accrocher les mailles. S'il s'agit de collants il n'y aura pas de fin à ces ennuis, tandis que si la demoiselle a des bas, très vite le garçon arrivera à la plage de chair tout en haut de la cuisse
Tante Anna se cacha le visage dans les mains et murmura:
- Mon dieu! Ces garçons vont me faire découvrir tout un monde inconnu, il faudra que je remercie Laurette de son choix judicieux.
Les gens commençaient à quitter le TomX, et Momo, consultant sa montre, s'écria:
- Désolé, mais j'ai promis de rentrer de bonne heure, excusez-moi Tante
Anna de ne pas vous raccompagner jusque chez vous, il faut que je me sauve.
- Je passe devant pour te montrer le chemin et ne t'inquiète pas, j'habite au
premier.
Un divan recouvert d'un tissu doré et brillant avec quelques coussins, un fauteuil, une petite table, l'inévitable télé et des étagères chargées de livres, c'était le living de Tante Anna.
- Assieds-toi et mets-toi à ton aise, je vais chercher le champagne.
Il quittait son blouson quand elle revint avec deux flûtes et une bouteille entamée.
- J'en ai bu un petit peu avant d'aller au Café
pour me donner du
courage, mais il a conservé toutes ses bulles grâce à ce bouchon spécial. Elle lui tendit un verre :
- J'espère que tu aimes ça, allez, bois Jonhy, je vais mettre un peu de
musique, j'ai des slows moi aussi.
Elle accrocha ses bras autour de son cou en lui souriant tristement lui sembla-t-il. Il referma ses bras sur elle, et ils dansèrent presque sur place à cause de l'espace réduit. Au contact du corps de Tante Anna, Johny ressentit à nouveau ce "petit bonheur" troublant qu'il avait eu au café.
- Vous êtes souple et chaude et douce, tante Anna, je n'oublierai jamais ce moment.
Elle s'écarta un peu de lui, le visage tendu vers lui. Ses yeux s'embuèrent et elle posa sa têt sur l'épaule du garçon en sanglotant. Jonhy était bouleversé:
- Oh! pardon, j'ai dit ou fait quelque chose qui vous a blessée? Ne
pleurez pas, jevais partir.
- Non, Johny, reste, j'ai besoin que tu restes ce soir. Tu n'es pas la cause
de cette faiblesse, fit-elle en essuyant ses yeux, tu comprendras plus tard, peut-être.
- Tiens, c'est fini!
Et elle fit un sourire un peu forcé avant de prendre son verre et de s'asseoir dans le fauteuil.
- Je veux que l'on soit gai. Nous allons rire, boire, danser, dire et faire des
bêtises, d'accord Jonhy? Et pour commencer je vais te poser une devinette, approche-toi!
Elle lui prit la main et la posa sur son genou que découvrait la robe.
- Question pour un spécialiste, se moqua-t-elle, est-ce que je porte des
bas ou des collants?
Jonhy resta interdit et balbutia:
- Je n'en sais rien, moi.
- Tu n'en sais rien, mais tu peux facilement trouver si je me rappelle bien
ce que tu nous as dit au Café.
- Mais, Tante Anna, je ne peux pas.
- Parce que je suis une "vieille"? Ou parce que mes jambes ne valent pas
celles de tes petites amies? Allons, du courage!
- Je n'oserai jamais.
- Ose, Jonhy, ose
pour me faire plaisir.
Alors, doucement ses doigts remontèrent le long de la cuisse et il levait son regard vers elle pour quêter un encouragement: mais Tante Anna avait fermé les yeux, et son visage n'exprimait rien. Le cur battant, il arriva enfin à la chair lisse et élastique et retira samain.
- Tu es content je pense, fit-elle, ce sont des bas!
Et elle ébourriffa les cheveux du jeune homme encore tout rouge de son audace.
- Sers-nous un peu de champagne pendant que je vais me changer: cette
Robe m'est vraiment trop étroite
Jonhy s'assit au bord du divan en se demandant si la tante à Laure n'était pas un peu "pompette": n'empêche que c'était une délicieuse et très attirante personne. Soudain, elle fut devant lui: plongé dans ses pensées, il n'avait pas entendu s'ouvrir la porte de la chambre. Il ne put cacher son admiration devant cette apparition:
- Je rêve, êtes-vous une fée ou une princesse?
Elle était vêtue d'une longue robe d'hôtesse cramoisie avec des motifs blancs et cette robe avait des manches immensément larges comme il n'en avait jamais vues.
- Vous ne pouvez pas manger, elles doivent traîner sur la table et dans les
assiettes.
Elle rit devant son étonnement.
- Je ne la mets que pour lire, regarder la télévision ou danser avec mon
chevalier. Ca te plaît?
- Vous êtes ravissante et vos cheveux dénoués font comme une auréole.
- Sainte Tante Anna, railla-t-elle.
Il s'était levé et s'était approché d'elle qui lui tournait le dos. Il prit les fins poignets entre se doigts, les effleura et prolongea la caresse le long des bras jusqu'aux épaules rondes que ses paumes enveloppèrent.
- Pardon, Tante Anna j'en avais très envie mais j'exagère sans doute, et il
Voulut retirer ses mains.
Elle s'appuya de tout son dos contre le garçon et en même temps posa ses mains sur les siennes pour les immobiliser.
- Il y a si longtemps qu'une main d'homme ne s'est pas glissée sur ma
peau, j'avais oublié tout le plaisir qu'on peut ressentir.
Elle renversa sa tête sur son épaule.
- Jonhy, veux-tu m'embrasser comme je l'ai fait avec Momo, tout à
l'heure? Et puis, continue tes caresses, si tu en as toujours très envie.
Il se pencha sur ses lèvres entrouvertes et ses mains reprirent leur progression vers les seins lourds qu'elles entourèrent, retroussèrent, pétrirent. Immobile, Tante Anna, respirait un peu plus fort et son visage reflétait un bonheur paisible. Elle se redressa enfin et alla verser les dernières gouttes de la bouteille dans leurs deux verres. Puis, soudain toute excitée:
- Tu vois, mon beau chevalier, j'ai garder TES bas et pour notre plaisir
commun, tu vas me les enlever, sans les déchirer, comme ça par exemple.
Elle s'était assise sur le divan, avait écarté les pans de sa robe d'hôtesse et lui montra comment faire en roulant délicatement le bas depuis le haut, puis elle s'allongea et ferma ses paupières.
Au fur et à mesure que l'opération avançait, ses doits effleuraient cuisses, jambes et pieds.
- Tu me chatouilles fit- elle.
Les jambes nues se détachaient sur le rouge de la robe ouverte. Il se mit à les caresser en remontant vers le slip, rouge également et qu'il apercevait à la fourche de ses cuisses. Elle ne tressaillit pas quand sa main se glissa sous le tissu, explora son ventre, redescendit vers la fente du sexe offert. Il dénoua la ceinture, ouvrit largement la robe et retira le slip.
Il embrassa d'abord son visage et promena ses lèvres, le long de son cou, sur les seins tendus, le ventre bombé. Il enfouit son visage entre ses cuisses qu'elle écarta, mordit son pubis et dans sa bouche il y avait un goût mêlé de champagne, de violette et de ses sucs à elle
Elle gémit doucement, s'étira et s'assit, ses grands yeux bleus suppliants:
- Jonhy, Jonhy, veux-tu m'aimer une fois,
la dernière fois?
- Tante Anna, je t'aime, je t'aime!
Il quitta tous ses vêtements et la rejoignit sur le divan. Elle sourit devant son ardeur, tendit la main vers le sexe raidi qu'elle caressa et c'est elle qui le guida, refermant ses jambes sur le dos du garçon.
Jonhy passa tout son dimanche enfermé dans sa chambre, essayant de reconstituer cette soirée avec Tante Anna. Il ne comprenait pas pourquoi cette dame qui ne sortait jamais selon les dires de Laure s'était brusquement, comment dire, "envoyée en l'air". Pourquoi avait-elle pleuré et lui avait-elle dit "tu comprendras plus tard" pourquoi cette quête d'amour "une dernière fois"?
Lundi matin , il alla en cours avec Momo. Celui-ci aurait bien voulu savoir comment s'était achevé la soirée, mais devant le mutisme de son compagnon il n'insista pas. Ils aperçurent Laure au milieu de ses copines et qui leur fit un grand signe de la main.
Toute la semaine il eut très envie de revenir chez Tante Anna, mais elle ne lui avait pas dit qu'ellle aimerait le revoir, et il n'osa pas. Et comme par hasard, Laure était absente: samedi soir pourtant, elle leur fit passer un message en leur demandant de venir au pied de la grande tour le lendemain à dix heures.
Elle les attendait, le visage fermé, avec trois roses rouges à la main et sans répondre à leurs questions,. elle les entraîna, Ils arrivèrent à un cimetière où elle pénétra, suivie par les garçons un peu inquiets.
Elle s'arrêta devant une tombe, tendit le bras et dit sans pouvoir retenir ses larmes:
- Vous ne reverrez plus jamais Tante Anna, elle est là, nous l'avons
enterrée hier. Seule, ma mère était au courant du cancer qu'il l'a tuée et l'a accompagnée Dimanche dernier à l'hôpital pour son dernier voyage. Elle a demandé à me revoir, elle était très faible, mais grâce à la morphine elle ne souffrait pas. Elle m'a attirée vers elle et a murmuré à mon oreille :"J'ai passé une merveilleuse soirée avec Momo et Jonhy, n'oublie pas de leur dire."
Bouleversés, au bord des larmes, ils disposèrent les roses dans un petit vase qui était là, et depuis ce jour il y a toujours des fleurs sur la tombe de Tante Anna.