Dorothée
de Jonathan Collins
La petite Dorothée, sept ans, laissa son amie qui emprunta une rue secondaire et poursuivit sa route sur le grand boulevard. Les voitures allaient à pleine vitesse à sa gauche. Mais elle n'avait plus peur. Elle habitait au bout du grand boulevard, dans un petit appartement vieux d'une vingtaine d'années. Elle entendait donc le rugissant des moteurs des automobiles à chaque matin à son réveil. "C'est comme un réveille-matin !"
En marchant, elle essayait d'éviter les lignes du trottoir. Juste au moment où elle trébucha en essayant d'enjamber l'une d'elles, une auto se gara à sa gauche, tout près d'elle. La petite Dorothée s'empressa de reculer dans l'herbe.
Sa mère l'avait souvent prévenue qu'il ne fallait pas parler aux étrangers. Que certains pouvaient avoir de mauvaises intentions. Dorothée avait souvent entendue parler d'histoires comme ça à la télévision. On parlait d'enfants kidnappés, battus et parfois tués par des inconnus comme ça. Et tous les criminels qu'ils avaient réussis à capturer avaient vraiment l'air terrifiants.
Mais l'homme qui ouvrit la portière n'était pas terrifiant. Il était souriant, bien habillé et, à sa grande joie, tenait des friandises dans ses mains.
- Bonjour, ma jolie Dorothée, l'avait-il saluée.
Dorothée ne remarqua pas qu'il était étrange qu'il eut su son nom. Elle lui sourit et murmura une salutation gênée. Elle fixait les bonbons et les sucettes que l'homme tenait. Ce dernier le remarqua.
- Tu en veux ? lui demanda-t-il en tendant les mains, ce qui eut pour effet de faire reculer Dorothée contre la clôture de bois derrière elle. En voyant qu'elle était craintive, l'homme hocha la tête.
- Tu fais bien de te méfier ma petite, approuva-t-il d'un air sérieux, il y a beaucoup d'étrangers qui peuvent être dangereux.
Il reprit son sourire.
- Mais est-ce que j'ai l'air dangereux ? demanda-t-il.
Il était toujours assis à son volant, et c'est pourquoi Dorothée hésita. S'il pouvait au moins sortir, elle pourrait crier s'il voulait l'entraîner dans son véhicule. Mais non. Il restait là, immobile, tendant les mains.
Alors, inconsciente, Dorothée s'approcha. Et dès qu'elle fut suffisamment près de lui, il lâcha les sucreries et s'empara des poignets de Dorothée qui hurla. Mais l'homme l'entraîna trop rapidement dans la voiture et son cri ne fut qu'un bruit de plus dans le brouhaha du centre-ville.
Alors elle sanglota. Sanglota longtemps. Jusqu'à ce qu'il sorte son poignard et le pointe vers elle en lui ordonnant de se taire. Dorothée se tut donc, ne voulant pas essayer de s'échapper pour ne pas attiser la colère de l'homme.
Peut-être aurait-elle dut
Car vingt minutes plus tard, ils s'arrêtèrent sur le bord d'un chemin de campagne et il l'entraîna dans un champ de maïs. Dorothée ne se rendit pas tout de suite compte de ce que l'homme faisait.
Tout ce qu'elle savait, c'était que sa jupe était baissée comme le pantalon de l'homme et qu'il la caressait. Dorothée ferma les yeux et s'abandonna au supplice.
Ce n'est que le lendemain matin que le fermier à qui appartenait le champ trouva le cadavre sanglant de la petite Dorothée. Elle était complètement nue, une profonde ouverture dans la poitrine d'où une marée de sang s'était écoulée.
L'homme se livra aux policiers deux jours plus tard. Et quand de nombreux enfants virent son visage à la télévision, il avait l'air vraiment terrifiant
Fin