Jumelles
de Jonathan Collins
Elles sont jumelles
pour la vie !
Magalie a 17 ans
comme sa sur Andréanne ! Magalie a les cheveux blonds et les yeux verts
comme sa sur ! Magalie est élancée et bronzée naturellement
sa sur l'est autant !
Des jumelles, parfaites, toujours synchronisées, les deux moitiés d'un tout
seulement, ce que Magalie ne sait pas encore, c'est que ce soir même, l'amitié constante qui les avait unies dès le début, n'était en fait qu'une illusion que lui projetait sa sur jumelle
Sa sur lui cache un terrible secret
un secret dangereux pour sa vie
Ce soir, c'est le grand soir !
Magalie pénétra dans sa chambre, le sourire aux lèvres, croyant y retrouver sa sur, attablée à son bureau en train d'étudier. Andréanne avait beau être identique physiquement à Magalie, elle était vraiment plus studieuse et bien plus sérieuse. Mais en entrant, elle n'y vit personne. La lampe de chevet entre les deux lits était allumée. Magalie resta immobile un instant, perplexe puis alla la refermer. Elle lança son sac à main sur son lit et descendit à la cuisine, pensant que sa sur allait y être en train de grignoter des biscuits aux pépites de chocolat comme elle le faisait si souvent quand elle était affamée.
Mais il n'y avait personne
seulement sa chatte, Dixie, qui dormait sous la table. En entendant ses pas, elle se releva, s'étira et alla rejoindre sa maîtresse.
- Dixie, ce n'est vraiment pas le moment
Quelque chose clochait dans le silence de la maison. Depuis six ans, lorsque Magalie rentrait de ses cours de danse, elle retrouvait sa sur dans la maison, soit en train d'étudier, soit en train de manger ou en train de parler au téléphone au salon. Mais il n'y avait personne non plus au salon
la maison était vide, silencieuse
presque effrayante
Magalie soupira de mécontentement de voir que sa sur lui avait faussé compagnie ce soir et alla se prendre une boisson gazeuse dans le réfrigérateur qu'elle cala rapidement comme si c'était de l'eau.
Elle se releva, la main sur son ventre souffrant et alla s'écraser sur le divan. Elle avait définitivement bu trop vite son coca-cola ! Elle ne serait probablement pas capable de bouger pendant des heures
Elle prit la télécommande, alluma la télévision et fit le tour des chaînes trois fois. Ne trouvant rien de bon, elle éteignit l'appareil, prit son courage à deux mains et se releva. Son estomac douloureux la faisait mourir
"Je dois aller à la salle de bain
"
Elle marcha lentement, jusqu'à l'escalier qu'elle regarda, la mine découragée par l'obstacle impossible à franchir. Mais elle l'escalada et au bout d'une minute d'un ardu travail, elle arriva en haut et pénétra dans la salle de bain. Elle alluma la lumière qui l'éblouit puis, lorsque ses yeux furent habitués, elle poussa un long hurlement d'horreur. Devant elle, à peine à quelques centimètres de son visage, le corps de sa mère, était pendu par les pieds. Son visage taché de sang, lui fît réprimer une envie de vomir. Elle recula de quelques pas et alla se cogner contre le mur derrière elle.
L'expression de sa mère démontrait à quel point elle avait souffert
Mais qui d'aussi psychotique aurait pu commettre un tel acte ? Et allait-elle bientôt trouver le cadavre de son père et de sa sur ?
Elle dévala les escaliers à pleine vitesse, oubliant son estomac souffrant et alla vomir dans le lavabo. Puis, elle se rendit au salon et s'empara du téléphone. Elle devait appeler la police immédiatement
Mais dès qu'elle décrocha, elle remarqua qu'il n'y avait aucune tonalité.
- Oh non ! Merde
Elle raccrocha, tremblant de tout son corps et se redressa vivement. Elle ressentit un élancement de tout son corps puis, lorsque la douleur fût calmée, elle alla au hall d'entrée et s'empara de son manteau et de ses souliers.
- Vite
vite
C'est alors qu'elle entendit le coup venant du deuxième étage. Juste au-dessus d'elle
où se trouvait sa chambre
Devait-elle aller voir ? Est-ce que l'assassin était-là ? Ou alors c'était un autre cadavre ? Peut-être était-ce sa sur encore vivante, ligotée dans un coin, le visage taché de sang
"Je ne peux pas la laisser-là
qui sait si elle est en danger ?"
Elle laissa tomber ses survêtements, s'empara d'un couteau à la cuisine et grimpa les escaliers, prudemment. Le bruit se faisait insistant, mais elle ne dit rien de peur de signaler sa présence à l'assassin.
"Imbécile ! L'assassin sait déjà que tu es là ! Tu as allumé la télé !"
Alors elle cria de toutes ses forces :
- ARIANNE ! ARIANNE ! EST-CE QUE ÇA VA ?
Elle était certaine que c'était sa sur. Elle le sentait
mais quelque chose dans son subconscient lui disait de partir
que c'était trop dangereux
Mais sa sur était là
en danger
elle ne pouvait pas tout simplement la laisser à son triste sort ! Elle arriva face à la porte de sa chambre et remarqua que la porte était maintenant fermée
- ARIANNE ! C'EST TOI QUI EST LÀ-DEDANS ?
Elle entendit des grognements à l'intérieur puis d'autres coups sur le mur. Magalie tourna la poignée et pénétra dans la froide pièce et y trouva effectivement sa sur ligotée et bâillonnée dans un coin de la pièce.
- Oh ! Arianne !
Magalie laissa tomber le couteau sur le sol et alla libérer sa sur.
- Va-t-en Magalie ! Va-t-en ! Meurtrière ! Tu as tué maman !
- Quoi ? Mais voyons Arianne
je suis aussi étonnée que toi
je
- Ferme-la ! Je t'ai vu ! Tu m'as ligoté puis tu es allé pendre les corps dans la salle de bain
tu disais que tu allais bientôt revenir pour me régler mon compte
tu les as tués tous les deux !
- Non ! Non ! Non ! C'est complètement faux ! Je n'ai jamais fait une telle chose !
Arianne se jeta sur le couteau sur le sol, mais Magalie lui bloqua le passage. Il était assez évidemment que sa sur délirait complètement.
- Non ! Ne touche pas à cette arme Arianne ! Ne fais pas quelque chose que tu pourrais regretter !
- Tu as tué nos parents ! Tu as besoin d'aide Magalie ! Crois-moi ! Donne-moi ce couteau et nous allons ensemble appeler les policiers
d'accord ?
- Non ! tu n'as pas le droit de me faire ça ! Pourquoi mens-tu comme ça ?
- Je ne mens pas Magalie ! Tu as tué maman et papa et je t'ai vu !
Magalie sourit.
- Oui, effectivement
je les ai tués surette
mais ça c'est de ta faute ! Tu voulais leur mort ! Je n'ai simplement fait que te compléter ! Tu comprends ? Tu penses
moi j'agis !
- Tu es complètement cinglée !
- On est des jumelles n'est-ce pas ? On doit tout faire ensemble n'est-ce pas ? Comme des miroirs
- Non
non !
- Arianne ! Non ! Je ne l'ai pas tué ! fît la voix de Magalie. On dirait qu'elle avait retrouvé un aspect normal
comme l'ancienne
Magalie.
- Magalie, tu as une double personnalité
- Quoi ? C'est complètement faux ! Pourquoi dis-tu ça
? Pourquoi me faire du mal comme ça ?
Puis, en un éclair, comme si jamais la dernière phrase n'avait été prononcée, Magalie fonça sur sa sur et lui transperça la poitrine d'un seul coup. Le sang vint s'imbiber dans le chandail de celle-ci qui s'effondra sur le sol.
- Pourquoi Magalie
pourquoi ?
Magalie sembla seulement à cet instant comprendre ce qui se passait :
- Arianne ! Non ! Non ! Pourquoi ai-je fait ça ? Pourquoi
Magalie s'agenouilla sur le sol en laissant tomber l'arme sur le sol. Elle se sentit un instant désorientée puis, s'empara du couteau, l'étudia du regard un instant et l'avança près de sa gorge.
- Ce sera trop dur sans toi
Et elle se trancha de vive main la gorge. Un ruisseau de sang vint couler le long de son cou tandis que son corps vint heurter le sol. Elle étouffa un instant puis la mort s'ensuit
De leur vivant, les deux filles avaient tout fait pareil
et aujourd'hui, elles mouraient ensemble
Fin