Le masque de l'assassin
de Jonathan Collins
Neuf longues années se sont écoulées. Quinze ans se sont écoulées... quinze longues années où Fanny a dû maîtriser sa peur de l'assassin. Aujourd'hui mariée et mère de deux enfants, Fanny croyait pouvoir maintenant mener une vie paisible... elle croyait que Catherine ne reviendrait plus jamais ; elle avait tort !
Car ce soir, soir de l'halloween, quinze ans exactement après les derniers évènements, le cauchemar recommença. Comme dans le passé. Hier, elle a reçu un message dans son courrier disant que Catherine était de retour pour se venger. Cela a évidemment remémoré l'horreur du passé, mais rien de plus. Elle n'était pas inquiète. Elle avait souvent reçu ce genre de messages auparavant.
"Il ne faut pas t'en faire" s'était-elle dit.
Oui, il fallait s'en faire. Car dans quelques heures, tout allait recommencer.
Il est bientôt minuit. Les enfants sont couchés au deuxième étage et Fanny est blottie contre son mari Michel. Ils écoutent PSYCHO à la télévision. C'est alors qu'elle l'aperçut dans la télévision. Le masque de hockey, la fixant. Puis, le sang se mettant à couler des trous que formaient les yeux. Et les mots qu'il prononçait :
- Je suis de retour.
Elle se mit à hurler.
- Du calme chérie, ce n'est qu'un film.
Elle ouvrit ses yeux qui s'étaient fermés et se rendit effectivement compte que le masque n'était plus là et que la scène dans la douche était recommencée comme avant.
- Euh... je sais, je sais... je...
- Tu ne pensais tout de même pas encore à cette imbécile de Catherine !
- Oui... j'ai eu une vision... je...
- Il faut que tu cesses de penser à elle ! Elle est probablement loin d'ici ! Peut-être morte même.
- Cette femme ne mourra jamais...
Michel attira sa femme contre son épaule et tenta du mieux qu'il le pouvait de la réconforter.
- Ne t'en fais pas... halloween sera comme les précédentes années... normale...
- Je l'espère...
Elle se releva, essuya une larme qui s'était glissée au coin de son il et dit de la voix la plus assurée possible :
- Tu veux du popcorn ?
- Volontiers !
- D'accord...
Elle se leva et se dirigea vers la cuisine. Et tandis qu'elle démarrait le micro-onde, elle entendit la porte arrière s'ouvrir.
- Michel ? C'est toi ?
Silence.
- Michel ? Qui vient d'arriver dis ?
Il y avait toujours un profond silence dans la maison.
- Michel, ne joue pas aux fins finauds avec moi!
Elle entendit un bruit venant de derrière elle. Elle se retourna vivement et c'est alors qu'elle le vit, grimpant les escaliers. Le même assassin qu'autrefois. Avec le masque... il tenait une paire de cisailles à la main.
- Oh Seigneur...
Sa voix de perdit à l'intérieur d'elle tandis qu'elle s'emparait d'un couteau.
- Salope...
Elle avança vers le salon pour aller chercher son mari. Ils devaient partir le plus vite possible. Aller chercher les enfants avant qu'elle ne leur fasse du mal.
Elle pénétra dans le salon et faillit vomir.
Devant elle, à quelques centimètres de son visage, le corps de Michel, pendu par la tête au chandelier. Celui-ci vacillait dangereusement.
Fanny fût alors prise d'une furie terrible. Elle se retourna, serrant son couteau à la main et en une voix colérique elle hurla :
- CATHERINE !
Elle avança à grands pas vers l'escalier qu'elle se mit à grimper à pas rapides.
- CATHERINE PETITE GARCE ! NE TOUCHES PAS À MES ENFANTS !
Elle arriva au sommet et entendit le hurlement de Nadine, sa plus jeune.
- CATHERINE ! CE N'EST PAS EUX QUE TU VEUX ! C'EST MOI ! VIENS ME CHERCHER SALOPE !
Catherine se retourna vivement et fixa longtemps Fanny qui semblait furieuse. La meurtrière retira son masque, révélant son visage meurtri. Un longue cicatrice s'étendait sur sa joue.
- Tu sais Fanny...ça fait longtemps que j'attends ce merveilleux moment...j'ai mis quinze ans à te retrouver! Quinze ans ! Tu te rends compte ? Quinze ans que j'ai passé à courir dans les rues... quinze ans que j'ai passé à tuer des gens innocents uniquement pour te retrouver salope ! Et aujourd'hui tu vas payer pour lui... j'ai tué tes parents... tes amis, ton mari... il ne me reste que toi et tes enfants... ensuite je partirai en paix.
- Tu n'auras pas mes enfants ! Est-ce bien clair ?
Et Fanny fonça, les deux mains serrant l'arme, la ponte en avant, sur Catherine qui ne vit pas le coup arriver et se jeta sur le sol pour éviter le coup. La lame vint ricocher sur ses côtes.
- Salope ! Tu vas payer ! hurla-t-elle en se relevant. Elle se mit à frapper partout avec ses cisailles. L'arme volait partout, arrachant les cadres, affaissant les plantes, détruisant les murs. Mais Fanny fût plus rapide que son assaillante et alla enfoncer son arme dans le dos de celle-ci.
- Merde...
Catherine lâcha la paire de cisailles et tomba à genoux sur le sol. Fanny donna un coup de pied sur l'arme qui alla voler à l'autre bout du corridor.
- Meurs Catherine ! Meurs et souffre salope !
Fanny pénétra dans la chambre de ses enfant et les firent sortir en courant. Tous les trois partirent de la maison et allèrent chez les voisins téléphoner à la police.
Et lorsque les policiers et elles pénétrèrent dans la maison pour aller chercher Catherine, Fanny murmura tout bas :
- Je sais qu'elle est encore partie... je le sais, je le sens...
Et en effet, lorsqu'ils furent arrivés au deuxième étage, le corps de Catherine était disparu, de même que la paire de cisailles et le couteau de cuisine.
- Elle est libre ! Le Mal est encore en liberté !
Fanny se laissa tomber sur ses genoux et fondit en larmes.
- Elle est encore en liberté ! Elle est encore en liberté...
Et Dieu sait qu'elle le resterait encore longtemps.
C'est alors que la voix d'un policier se fît entendre derrière eux.
- On l'a ! Elle est affaissée dans le jardin, à moitié-morte. On l'a épinglé chef ! Elle est dans la voiture !
Fanny se releva, s'empara du pistolet du policier qui ne pût le récupérer et descendit rapidement les escaliers.
- Salope de merde...
Elle sortir à l'extérieur, pointa son arme sur les autres policiers en criant :
- Laissez-moi passer !
Elle ouvrit la portière et pointa l'arme sur Catherine.
- CATHERINE ! RÉVEILLE-TOI SALE MEURTRIÈRE !
Celle-ci tourna la tête, doucement et Fanny ne prit pas le temps de la laisser parler. Elle appuya sur la détente et la balle alla voler entre les deux yeux de la femme qui s'affaissa sur le siège.
- Maintenant tu es morte salope... plus jamais tu ne reviendras...
Elle laissa tomber le fusil sur le sol et en un soupir de contentement, retourna chez elle.
Halloween allait redevenir normal cette fois...plus rien ne pourrait le gâcher...
...presque rien...
Fin