Le masque de l'assassin 3
de Jonathan Collins

 

Un nouveau départ… un nouveau cauchemar !

Fanny se réveilla en sursaut dans son lit. Ce n'était qu'un cauchemar. Mais l'image du garçon, le couteau enfoncé entre les deux yeux la hantait. Meurtrière… jamais !
Hier, veille de l'halloween, ses deux amies sont mortes, assassinées à coups de couteau. Aujourd'hui, Fanny tente d'oublier. Elle a passé la soirée d'hier à l'interrogatoire, puis à répondre aux questions des journalistes. Ce n'est que vers trois heures qu'elle a eu son moment de paix. Et elle est rassurée de savoir l'assassin mort. Ils vont l'incinérer car sa famille est introuvable. Probablement que personne ne voulait d'un homme comme lui ! C'est très logique à l'esprit de Fanny qu'on ait voulu s'éloigner de lui. Ou alors, il a éventré sa famille au grand complet avant de partir pour tuer tout le monde de Portland. Avant de mourir, il avait fait huit victimes connues. Probablement qu'il y en avait d'autres que l'on ignorait.

On l'avait surnommé comme le meurtrier des films d'épouvante, Jason. Mais maintenant, il n'y plus de crainte à se faire. Mort… il était mort. Du moins c'est ce que l'on croyait…

Soir de l'halloween. Hélène et son mari, Roger Poitras, étaient enlacés sur le divan à regarder Vendredi 13, leur film préféré, pour la énième fois. On pouvait voir la victime à l'écran, se faire trancher la gorge par un poignard bien aiguisé. Hélène hurla sous l'effet de la surprise, bien qu'elle ait vu cette cassette des milliers de fois. Roger éclata de rire et regarda Hélène, captivée par l'intrigue. Ils étaient tellement occupés à écouter le film qu'ils n'aperçurent pas la forme derrière eux, armée d'une hache. Ils ne virent même pas leur mort arriver tandis que la hache leur trancha la gorge en même temps que l'assassin à l'écran faisait une nouvelle victime.

Les têtes roulèrent sur le divan, et retombèrent sur le sol en un bruit sinistre. Les yeux étaient encore grands ouverts et fixaient le mur taché de sang. La saga avait recommencé.

Fanny s'apprêtait à se coucher lorsqu'elle entendit le téléphone sonner… comme la veille… à la même heure, minuit. Elle alla décrocher et répondit d'une voix tremblante :
- Allô ?
- Fanny… Fanny… Fanny… tu m'as tué salope…
- Fiche-moi la paix ! Tu es mort ! Tu es mort salopard !
- Je suis mort… mais rien ne pourra m'arrêter, rentre-toi ça dans la tête… prépare-toi maintenant… j'arrive… cette fois je ne raterai pas mon coup…

Le tueur raccrocha. Fanny en fit de même et se retourna instantanément, s'attendant à apercevoir le masque de Jason devant elle, taché de sang. Mais il n'y avait rien de ça. Seulement le miroir devant elle réfléchissant son image. Elle se glissa le long du mur vers la cuisine dans l'intention de se prendre un couteau de cuisine, comme la veille… Mais au moment où elle entrait dans la pièce, une forme vint lui bloquer le passage. Ce n'était pas l'assassin du passé… elle en était certaine. La silhouette était plus frêle, moins carrée que le meurtrier de la veille.

Alors qui se cachait derrière le masque ? Fanny regarda la hache que tenait le tueur entre ses deux mains et se dit que cette fois, elle n'avait vraiment aucune chance de s'en sortir.
- Bonjour Fanny. Fit la voix.
C'était une femme ça elle pouvait en être sûre.
- Qui êtes-vous ? demanda-t-elle.
- Qui je suis ? Tu ne te souviens vraiment pas de moi n'est-ce pas ? Je vais te raviver la mémoire Fanny… Les mains virent retirer le masque du visage de la femme. Fanny profita de cet instant d'inattention pour courir vers la porte de sortie, la seule issue vers la sécurité de la ville. Elle tourna la poignée et sortit. C'est alors qu'elle aperçut les corps, pendus aux deux cerisiers dans sa cour. Les corps de ses deux amies et trois autres qui lui étaient inconnus. Fanny hurla tandis qu'elle sentit la main la ramener vers l'intérieur. Il y avait foule dans la rue. Mais personne ne fit de mouvement pour l'aider.

La fille fit face à son assaillante. C'était bien une femme comme elle le croyait, mais son visage était meurtri. Surtout son front d'où jaillissaient des cicatrices ignobles.
- Fanny ne tente plus jamais un coup comme ça ou je te promets que je te fais la pire torture que tu aies pu imaginer. J'ai bien des idées tu sais !
- Qui es-tu ? demanda Fanny, tremblante.
- Oh ! Ton visage ne me dit rien n'est-ce pas ? Eh bien, je vais te dire qui je suis ! Je m'appelle Catherine… il y a deux ans, ce fichu assassin a tué mes amies et mes parents. Ils me croyaient morte ces imbéciles de policiers ! Eh bien non ! Je suis en vie et en pleine forme d'ailleurs. Tu sais, il y a environ une heure, je suis allé tuer ta mère et son stupide mari chez elle. N'est-ce pas fabuleux ?
- Petite garce ! Comment as-tu pu ?
La femme éclata de rire.
- Écoute-moi bien Fanny… je n'ai pas l'intention de te tuer… pas du tout… je suis simplement venue te remercier de l'avoir tué… et pour te remercier, j'ai tué ce couple de salauds qui t'ont torturé quand tu étais jeune. Mais, maintenant, tu dois me rendre un service.
- Le… lequel ?
- Prends cette hache et tue-moi !
- Quoi ? Tu es cinglé !
- Tue-moi ! Tue-moi avec cette foutue hache !

Fanny prit la hache entre ses mains et sous des sanglots déchirants, elle la lança dans un coin et fonça vers l'extérieur. Elle ne voulait pas rester ici et se retrouver avec un meurtre sur son dossier. Rendue dehors, elle hurla. Il y avait maintenant des policiers qui arrivaient… et elle leur expliqua tout ce qui c'était passé… que Catherine n'était pas vraiment morte… qu'elle s'était cachée pendant deux ans et avait tué ses parents.

Évidemment, elle dût s'y reprendre à trois fois avant que les policiers ne comprennent quoi que ce soit mais elle réussit. Et les recherches commencèrent. Mais ils ne retrouvèrent jamais Catherine… Ce qui voulait dire que ça faisait une cinglée de plus dans les rues de Portland…

Fin

Sommaire