Passion mortelle
De Jonathan Collins

Antoine et Josianne sortent ensemble depuis maintenant un an. Une année complète à partir de 21h10 ce soir. Il l'avait rencontré au restaurant, elle était serveuse. Elle avait trébuché sur son pied faisant voler les assiettes en l'air. Elle s'était allongée de tout son corps et il s'était empressé de l'aider. Probablement qu'il aurait pu en rester là. Mais leurs regards se sont croisés et ce fût le coup de foudre instantané. Depuis lors, ils partagent leur vie avec une ardente passion.

Mais à environ deux heures du grand moment de fête, Josianne eut un haut-le-cœur et fonça vers les salles de bain. Elle ne vomit pas, bien qu'elle ait voulu faire sortir ce qui l'empêcherait de passer une soirée digne de son nom.

- Ça va Josie ? demanda Antoine en arrivant derrière.

- Non... en fait, je ne sais pas... j'ai des nausées atroces...

- J'espère que ça va passer. Il ne faudrait pas gâcher ce moment. Tu viens, j'ai loué un bon film. On pourrait l'écouter en attendant l'heure de bonheur.

- Okay... mais je ne promets rien. Je ne me sens vraiment pas bien.

En effet, au bout de quinze minutes, elle sentit son cœur ballotter et vomit sur le tapis blanc.

- Oh merde ! s'exclama Antoine.

Il n'aurait jamais dû dire ça car Josianne entra dans une rage soudaine.

- Je ne pouvais pas retenir ! Ce n'est pas ma faute ! De toute façon, ce tapis état moche.

- Moche ? Pour qui tu te prends, toi ! C'est un tapis d'époque ! Ma grand-mère qui vivait ici marchait sur ce tapis et il paraissait neuf jusqu'à ce que tu vomisses dessus ! Maintenant, comment je vais lui explique ça ?

- Tu peux lui dire ce que tu voudras, ça ne changera rien parce qu'elle est sourde comme un pot ta grand-mère Annette.

- Sourde comme un pot ? Je t'interdis de parler comme ça de ma grand-mère !

- Je parlerai comme je voudrais de ta grand-mère !

Antoine grogna et tenta de se maintenir mais en vain. Il agrippa Josianne par la gorge et commença à serrer. Il voulait arrêter, mais la colère qu'il éprouvait le forçait à continuer. Il voyait la panique dans le visage de Josianne qui tentait, sans réussir, de se déprendre de l'emprise de son dangereux copain.

- Tu vas te la fermer salope ! hurlait-il en la secouant vivement par la gorge.

Puis, il sentit le corps de la femme devenir lourd. Elle s'écroula dans ses bras, morte.

- Oh merde ! Qu'est-ce que j'ai fait ?

Il laissa tomber le corps sur le plancher. Le visage de la femme dans la flaque de vomis.

- Je l'ai tué...

Il fit le tour du divan à reculons, ne pouvant se défaire du visage de sa femme qu'il avait étranglé.

- Je ne peux pas avoir fait ça...

La femme était vraiment morte. Il y avait de profondes traces des doigts de l'homme sur sa gorge. Antoine remarqua même une coupure d'où quelques gouttes de sang s'écoulaient. Sa femme était affreuse à voir.

- Je dois m'en débarrasser ! Je dois me débarrasser du corps !

Mais comment ? Il ne pouvait pas simplement l'enterrer, les policiers la trouveraient pendant l'enquête. La brûler dans le foyer ? Non ! Jamais de la vie ! Il l'aimait trop pour pouvoir la brûler. Et de toute façon, il resterait ses ossements. Alors il ne lui restait plus qu'une chose à faire. S'arranger pour que ça ait l'air d'un suicide. Et pourtant, il savait qu'à cause des marques dans son cou, il ne pourrait pratiquement pas le faire.

Mais il tenta quand même. Il prit sa femme par les bras et la traîna dans la maison vers sa chambre. Il allait faire en sorte qu'elle se soit pendue. Mais encore là, c'était impossible de masquer les marques dans son cou. Il était vraiment condamné à être accusé de meurtres.

C'est alors qu'il entendit la porte avant de la maison s'ouvrir. Il paniqua. Personne ne devait découvrir le cadavre. Il cacha le corps dans sa penderie et alla rejoindre l'invité. C'était sa grand-mère. Ils se serrèrent dans leurs bras, mais la femme le repoussa immédiatement.

- Tu sens mauvais Antoine. As-tu vomis ?

Il devint écarlate. Comme si sa grand-mère avait découvert son secret.

- Oui. Je... moi et Josianne avons mangé au restaurant et la nourriture était infecte.

Quel piètre mensonge !

- Ah bon ! Mais ou est-elle justement ta petite chérie adorée ?

- Chez elle.

- Elle n'habite pas ici ?

- Euh, oui... elle est chez... chez sa mère !

Sa mère plissa les sourcils et s'appuya sur sa canne.

- Que me caches-tu Antoine ? Est-ce que vous vous êtes chicanés ?

Antoine suait de tout son corps. Il ne savait plus quoi dire. Il était coincé à son propre jeu.

- Non. Elle est seulement partie visiter sa mère et je ne voulais pas y aller. Je comptais aller chez toi.

Le sourire apparut dans le visage de la femme.

- Ah ! C'est bien ça ! Mais pas besoin de te déplacer, je viens à toi !

Elle se dirigea au salon. C'est alors qu'Antoine pensa à la flaque de vomis.

- Maman ! Ne va pas au salon !

- Hein ? Mais pourquoi ?

- Euh... disons que c'est un peu en désordre.

- Alors je ferai du ménage.

Antoine soupira et la femme entra dans le salon remarquant immédiatement la tache sur le tapis.

- Mais... mon tapis !

Antoine s'empara d'une paire de ciseau et arriva par derrière. Il poignarda la femme dans le dos puis la retourne et lui transperça la poitrine d'un coup sec. Il laissa ensuite tomber l'arme sur le sol.

Il regarda le corps et éclata de rire.

Maintenant, le tapis était taché de sang !
Fin

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