Quand la passion se fait colère
Par Jonathan Collins
La coupe de champagne posée sur la table était encore pleine après les deux heures passées au restaurant. Sally était seule sur sa chaise, des regards curieux la surveillant distraitement. Il nétait pas venu. Une larme glissa sur sa joue, dessinant les traits de son visage dune précision parfaite.
Personne ne vit la rage dans ses yeux. Seule la peine, un mélange de solitude et de désespoir, était apparente. Lorsquelle jeta son argent sur la table et se leva, les murmures se turent. Quallait-elle faire? Renverser sa chaise? Sangloter sur le plancher? Rien daussi disgracieux navait été vu dans ce restaurant chic de Californie. Une grande dame de la société, délaissée par son mari violent tentait de reprendre liaison avec ce dernier.
Sally releva la tête et sortit du restaurant humblement. Des regards étonnés la suivirent, attendant un rebondissement, de quoi alimenter les conversations aux parties de bridge, en sirotant du thé et en grignotant des biscuits secs.
Lorsque la femme fut hors du restaurant, les gens se remirent à discuter avec animation. Quelque chose se préparait dans le petit village de Warrington. Sally Richards Cox ne se laissait pas marcher sur les pieds ainsi. Son ex mari, Patrick, aurait sa part de bêtises.
Et Sally, ses ecchymoses.
La main traça un arc à vive allure avant de frapper la joue de Sally Richards Cox. Mais la femme ne broncha pas, trop humiliée pour le laisser gagner à nouveau. Elle sourit plutôt, dévoilant ses dents blanches et étincelantes.
- Petite garce, hurla Patrick, comment oses-tu sourire après mavoir insulté ainsi?
Ils étaient sur la place publique, là où Sally lavait croisé, sortant dune boutique érotique. Il avait préféré passé son après-midi là plutôt que de dîner avec elle. Il tenait en main, un sac dont le contenu importait guère à Sally.
- Tu as le culot de me suivre jusquici après tout ce que je tai offert ? poursuivit lhomme en colère. Une foule sétait amassée autour deux. Que de mieux avant le souper que la suite de la palpitante aventure Sally-Patrick ?
- Et je devrais mexcuser pour tavoir trouver dans cet endroit à acheter je ne sais quel objet pour ton plaisir sexuel ? Eh bien, laisse-moi te dire que tu as beaucoup plus de culot que moi Patrick Richards !
Une seconde gifle vint heurter la joue gauche de Sally qui, malgré elle, laissa une larme séchapper de son il au grand plaisir de son mari.
- Pleure petite fille, se moqua Patrick, pleure comme une enfant de deux ans !
- Non, je ne pleurerai plus pour toi.
Dune main tremblotante, elle sempara dun papier dans sa poche quelle tendit à lhomme violent.
- Je demande le divorce.
Un rire guttural fit taire la foule. Patrick se tordait de rire ce qui enragea encore plus Sally. Elle serra les dents et, dans une colère incontrôlable, fonça sur lhomme qui atterrit durement sur le pavé. Son rire sinterrompit à latterrissage. Puis, sans pouvoir se contrôler, Sally poursuivit son attaque sur lhomme qui avait ruiné sa vie. Lassenant de coups de poings et de pieds, elle se défoula jusquà ce quun étranger la retint.
- Doucement ma belle, murmurait-il à son oreille, faudrait pas trop labîmer.
Cette parole neut que pour effet dattiser la colère de Sally qui envoya son coude dans la poitrine de linconnu. Puis, en un dernier élan, tandis quelle entendait des mouvements de protestation dans la foule, elle écrasa son pied contre le visage de son ignoble mari. Du sang gicla, des cris fusèrent. Le centre de la foule où se trouvait Patrick, nétait plus que scène de violence digne du sensationnalisme des bulletins télévisés.
La femme, meurtrière, sans aucun remords
Lhomme, victime, dont la vie venait de senvoler en un dernier souffle
Une image trop familière dans ce monde où les humains ne sont plus quartisans de terreur et de péchés. Pourquoi vivre dans un monde où la violence est dominante ? Il y a là de quoi réfléchir sérieusement. À présent, la balle est dans votre camp.
Fin