Reposez en paix
de Jonathan Collins

Amanda n'était pas certaine d'avoir ouvert les yeux ; l'endroit où elle se trouvait était plongé dans le noir.
"Je suis morte !" fut sa première idée qui lui vint en tête.
"Non imbécile ! Si tu étais morte, tu ne sentirais pas cette douleur qui te torture tout le corps !"
Elle voulut se relever, mais se cogna contre une paroi de bois. Elle revint à sa position initiale et tâta les murs autour d'elle. La boîte dans laquelle elle se trouvait mesurait environ un mètre soixante-quinze par quarante centimètres.
"Je sais où je me trouve !"
Elle craignait de prononcer le mot.
-Je suis dans un cercueil !
Elle hurla.

Tout avait commencé trois jours plus tôt quand elle avait marié John Marlsh après cinq ans de fréquentation. D'après elle, il était l'homme de sa vie. Mais quand, quelques heures plus tard, tandis qu'ils roulaient vers la Californie, lieu de leur lune de miel, ce dernier avait perdu le contrôle et l'avait frappé, Amanda sut qu'il n'était plus le John qu'elle avait autrefois connu…
"Il est fou ! Complètement cinglé !"

C'est le lendemain qu'elle compris qu'elle n'allait pas s'en sortir vivante. John était allé au magasin général acheter un couteau de chasse.
- Que comptes-tu faire avec ça John ? demanda Amanda.
- C'est pour la chasse…
- Ce n'est pas le temps de la chasse John, avait-elle répliqué sèchement.
- Je sais. Mais peut-être est-ce parce que je n'ai pas l'intention de tuer un animal.
- Quoi ? fit-elle, soudain tremblante. Que veux-tu dire ?
- J'attendais que tu m'inscrives sur ton testament avant de te tuer. Tu meurs et je deviens riche !
- T'es complètement malade ! hurla-t-elle.

La suite fut une longue lutte qui s'acheva en un bain de sang. John lui avait entaillé l'épaule et la jambe. Elle, Amanda, lui avait complètement massacré la poitrine.
"Il est mort! J'ai tué mon mari!"

Mais malheureusement - ou heureusement pour lui - il était toujours vivant.
-Je vais te tuer salope ! Je vais te découper en pièces !

Ce qui vint ensuite était très vague. Elle se souvient d'avoir reçu un violent coup de pelle sur le crâne. Et maintenant… Et maintenant elle est prisonnière ce cette trappe à rats. Complètement emprisonnée dans son propre cercueil, lieu où elle va sûrement mourir.
"T'as le choix ma jolie; asphyxiée ou rongée par les vers."

Bravo ! Elle s'était foutue dans de beaux draps en ce mariant à ce gars-là ! Et maintenant il n'y avait aucun espoir…
Ou alors… oui ! Elle se souvenait d'avoir garder le couteau de chasse dans…
"Mais je suis complètement nue !"

Et qu'est-ce que ça peut te faire ? Où tu es, personne ne pourra te siffler. D'ailleurs, il n'y a rien à siffler, ce ne sont que de minuscules bosses d'adolescente. L'air commençait à se raréfier et elle sentait qu'elle allait devenir folle! Et allait probablement le devenir…
De son bras indemne, elle donna un violent coup sur le couvercle du cercueil. Elle aperçu celui-ci se lever d'un demi-centimètre et la terre s'infiltrer à l'intérieur.

"Il ne m'a pas enterré profondément ! Je vais peut-être réussir à sortir !"
Elle sourit de satisfaction et se mit à pousser le couvercle. Ce dernier se soulevait trop lentement et la terre entrait trop rapidement. Si elle ne sortait pas immédiatement, elle allait être étouffée par toute cette terre ! Elle continua à pousser, ignorant les choses - probablement d'affreux lombrics - qui se tortillait dans son cou. Le cercueil était à moitié plein de terre quand elle aperçut un rayon de soleil s'infiltrer. Elle plissa les yeux, aveuglée.
"Je suis sauvée !"

Elle se leva, secoua toute cette terre et sortit du cercueil avec excitation. Pas parce qu'elle était enfin libre. Cela n'avait aucun effet bénéfique sinon qu'elle pouvait librement respirer maintenant. Non, ce n'était pas pour ça… C'était premièrement parce que ses vêtements étaient accrochés à une branche d'arbre tout près… Deuxièmement, que son mari était dans la roulotte à une dizaine de mètres… Finalement, il y avait le sommet du bonheur à ses pieds…
Le couteau de chasse…
Fin

Sommaire