Sang froid
de Jonathan Collins

Sophie rassembla son courage à deux mains et pénétra dans la sombre ruelle menant à la maison de son amie Katianne. Jamais avant elle n'était passée par ici. Autrefois, elle faisait un grand détour lui prenant une bonne dizaine de minutes de plus. Mais Katianne lui avait parlé de ce raccourci. Alors, bien que sa peur ne la traque, elle décida d'y passer. Ce fût une erreur fatale.

À mi-chemin, elle entendit un son venant de derrière elle. Des pas. Des pas lourds. Elle n'osa pas se retourner immédiatement de peur que ce qui la suivait ne l'attaque.

"Tu deviens paranoïaque Sophie !"

Mais cela n'effaça pas le fait qu'elle se mit à marcher plus vite. Encore une trentaine de mètres et elle arriverait de l'autre côté et serait alors en sécurité dans le quartier résidentiel. Elle accéléra encore. Elle courait presque. Les pas derrière suivaient les siens. D'une vitesse très rapide, ils s'approchaient graduellement.
Sophie paniqua et se mit à courir. Ses pieds martelaient le sol à une vitesse infernale. La personne derrière elle avait aussi augmenté sa vitesse. Sophie était essoufflée, elle, légèrement obèse. Il ne lui restait qu'une dizaine de mètres et elle serait en sûreté. Soudain, dans un moment de faiblesse, elle trébucha sur une pierre et s'effondra de tout son long.

- Ouch !
Les pas vinrent s'arrêter à sa hauteur.
- Que fais…

L'inconnu n'eût pas le temps de terminer sa phrase que Sophie lui envoya un solide coup de pied dans le tibia. L'inconnu tomba à genoux, se tenant la jambe de ses deux mains. Sophie ne prit même pas le temps de vérifier l'identité de son poursuivant et recommença à courir.

- Attends ! Sophie !
Sophie s'arrêta instantanément, reconnaissant la voix de son amie.
- Sophie ! Qu'est-ce qui… te prend ?
Katianne soufflait.
-Oh ! C'est toi !

Sophie sourit, mal à l'aise.
- Oui ! Tu aurais pu m'attendre ! Je voulais te dire de ne pas venir chez moi parce que nous partions à l'hôpital voir ma tante malade. Tu sais, avec son cancer en phase terminale, il faut être constamment aux aguets pour lui permettre de vivre le plus longtemps possible.

- Ok. Alors je vais faire demi-tour et retourner chez moi.
- Oh… je ne crois pas Sophie…

Katianne sourit en dévoilant une longue paire de ciseaux qu'elle tenait derrière son dos.

- Tu n'aurais jamais dû m'écouter… cet endroit est beaucoup sombre et isolé… s'il arrive quelque chose, personne ne peut te voir… personne ne peut t'entendre…

Elle leva l'arme haut dans les airs.

- Personne ne peut venir te sauver…

Et, elle alla enfoncer l'arme dans la poitrine de son amie qui hurlait comme une démente. Puis, au bout de quelques secondes, elle s'enfonça dans la nuit…

Fin

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