Un tueur à l'appareil
de Jonathan Collins

Julie se rendit rapidement compte qu'elle rêvassait. En vérité, c'était le froid courant d'air qui l'avait retiré de ses pensées. Elle se leva du fauteuil en cuir et alla refermer la fenêtre guillotine. Elle pensait à son petit ami Jérémie - qui venait de lui annoncer qu'il la laissait. Elle avait pleuré c'est certain mais maintenant, elle ne ressentait aucune émotion. Le froid la frigorifiait. Elle savait qu'il était parti pour cette greluche de Patricia. Mais elle s'en fichait carrément. Tout ce qu'elle savait, c'est que si cette chipie se pointait, Julie lui règlerait son compte. Le téléphone sonna au moment où elle referma la fenêtre. Elle tourna la tête vivement, surprise puis alla répondre.
- Allô ?
- Julie ? C'est Patricia. Ça va ?

Julie sentit un nuage noir lui monter à la tête.
- Julie ?
- Comment oses-tu m'appeler ?
Patricia sembla consternée.
- De… de quoi parles-tu ?
- Tu m'as volé mon petit ami et tu te permets de m'appeler comme si de rien n'était ? Non mais quand même ! Il y a une limite à tout !
- De quoi parles-tu Julie ? Je ne sors pas avec Jérémie et je suis aussi étonné que toi qu'il t'ait quitté.
- Écoute-moi bien petite salope à la merde ! Tu rappelles ici et je te jure que je t'arrange ton cas !
Julie raccrocha violemment. Le récepteur alla s'écraser sur l'appareil en un bruit qui voulait tout dire.

Colère, haine, jalousie, peine, inquiétude… tout se mêlait en Julie. Elle s'apprêtait à aller se faire un café lorsque le téléphone sonna à nouveau.
"Ah la petite garce ! Elle ose rappeler !"
Elle décrocha l'appareil, furieuse :
- Pour qui tu te prends salope ?
- Tu vas mourir Julie…
La voix n'était pas celle de Patricia. Elle était plus grave, plus rauque.
- Pardon ? Qui parle ?
- Tu vas mourir Julie. C'est la mort en personne qui te le dit.
On coupa la communication.
Julie sentait son cœur battre la chamade. Sa tête bourdonnait et la terreur venait de se rajouter à toutes ses précédentes émotions.
- Oh Seigneur !
Elle fonça à la cuisine et s'empara d'un hachoir.
- Saloperie !
Elle se retourna et hurla en apercevant le visage à la fenêtre. Mais elle cessa de hurler en ce rendant compte que ce n'était qu'un masque de diable.
- Bon Dieu de merde !

Elle recula et s'appuya sur la porte de la cuisine. Celle-ci s'ouvrit et elle tomba violemment sur le sol. Le hachoir alla voler à quelques mètres d'elle, dans l'herbe de sa cour.
- Ouch ! s'exclama-t-elle à l'atterrissage.
Elle leva les yeux en l'air et aperçut son petit ami. Du coup, elle fût rassurée mais ensuite, elle réalisa qu'il tenait en sa main un long couteau de boucher.
- T'avais qu'à être polie avec ma petite amie. Elle est tellement choquée. Je déteste la voir en peine. Il leva le couteau en l'air.
- J'aurais dû le savoir auparavant que t'étais une petite garce.
Et il enfonça le couteau dans sa poitrine à plusieurs reprises.
- NNNNNNOOOOOOONNNNNNN ! ! ! ! ! ! !
La douleur était terrible et lorsqu'elle fût plongée dans la noirceur de la mort, elle aperçut Patricia aux côtés de Jérémie. Ils l'avaient bien eu la salope…
Fin

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