Vacances de terreur
de Jonathan Collins
Chapitre 1
Audrey laissa son corps glisser dans l'eau glaciale avec une grimace, rejoignant Charles qui coursait à la nage avec Jérémie. Celui-ci prenait de l'avance sur son ami qui semblait essouflé. L'eau volait de partout, arrosant Isabelle qui s'esclaffait dans un coin. Du haut du quai, Sabrina et Vincent les observaient en encourageant les nageurs.
- Allez Charles! criait avec passion Sabrina.
- Vas-y Jérémie! Tu peux le dépasser! enchaînait Vincent en tapant des mains.
Le regard d'Audrey croisa celui d'Isabelle et toutes les deux éclatèrent de rire face à la maladresse de Jérémie qui semblait avoir beaucoup de difficulté à nager et Audrey trouvait cela comique à chaque fois qu'ils venaient en vacances au chalet de Sabrina.
Car cette année, ne faisant pas exception aux précédentes, toute la bande s'était réunie pour fêter la fin de l'année scolaire. Et ce serait probablement l'une des dernières car l'année prochaine, ils allaient se séparer pour étudier ailleurs.
Sabrina et Vincent, ne se séparant jamais, allaient étudier à Montréal. Charles allait se rendre à Ste-Foy en compagnie d'Audrey. Jérémie comptait arrêter ses études pour travailler au magasin de son père et Isabelle restait au lycée, n'ayant pas obtenu son diplôme. Mais elle ne semblait pas s'en faire pour ça; elle prenait tout à son aise.
Lorsque la couse s'acheva et que Charles toucha victorieusement le quai, Sabrina décida de sauter à l'eau, éclaboussant Audrey qui n'était pas encore mouillée.
- C'est froid! s'exclama Audrey en frissonnant.
Sabrina ressortit sa tête de l'eau et se tourna vers Vincent qui fixait l'horizon.
- Tu devrais venir à l'eau! Elle est bonne! dit-elle.
- Elle est glacée tu veux dire! répliqua Audrey avant de se boucher le nez et de plonger sous l'eau pour s'acclimater.
Vincent sourit en regardant Audrey et dit:
- Non...je n'ai pas le goût de me baigner..je crois que je vais aller me promener dans les bois. Quelqu'un veut venir ?
Audrey ressortit à cet instant et observa Charles qui sortait de l'eau pour suivre Vincent.
- Tu sors ? demanda-t-elle en envoyant ses longs cheveux bruns en arrière.
- Je m'en vais faire de la randonnée pédestre avec Vincent. répliqua-t-il tout en s'essuyant à l'aide d'une serviette. Je vais revenir pour le lunch.
Il enfila un t-shirt et des sandales puis suivit Vincent entre les arbres.
Audrey se retourna vers Isabelle.
- Prête pour une petite partie de volley-ball ?
Le temps passa tandis que les quatre amis s'amusaient follement. Lorsque Audrey remarqua finalement qu'il était bientôt midi, Vincent et et Charles revenaient.
- Vous êtes toujours à l'eau ? demanda Charles avec étonnement. Ça fait plus de deux heures que nous sommes partis!
- Je sais. Nous étions plongés dans une passionnante partie de volley-ball. Je viens tout juste de me rendre compte que c'est l'heure du lunch. De toute façon, j'en ai assez de me baigner. Je sors.
Et elle remonta sur la plage, le sable lui collant sous les pieds. Elle monta sur le quai et s'empara de sa serviette. Celle-ci était trempée.
- Sabrina ! Tu m'as tout mouillé ma serviette ! Va m'en chercher une autre !
- Eh ! Ce n'est pas moi ! fît-elle en lançant sa serviette à Audrey qui l'attrappa entre ses mains. Celle-ci était déjà humide.
- Bon ! Moi je vais préparer des sandwichs en haut ! s'exclama Sabrina en commençant à monter la pente vers le chalet. Tu viens Vincent ?
- Oui, j'arrive ! répondit-il en courant pour la suivre.
Tout le monde les suivirent quelques instants après sauf Audrey. Elle resta debout, le regard fixe sur le lac, perdue dans ses pensées.
"Dire que j'ose encore me baigner dans ce lac maudit après ce qui est arrivé à Paul il y a trois ans."
Elle secoua la tête et monta la pente à la course pour rejoindre les autres en oubliant cette pensée mélancolique du reste de la journée.
Chapitre 2
C'était en 1995. Ils étaient toute la bande: Audrey, Isabelle, Jérémie, Vincent, Sabrina, Charles... et Paul. C'était la deuxième fois qu'ils venaient passer la fin du mois de juin ici. Le soleil était haut dans le ciel cette journée-là et Vincent et Paul avaient décidés de faire une course à la nage.
Tout le monde savait que Paul n'était pas bon comme nageur et c'est ce qui était amusant. De le voir se débattre pour pouvoir avancer, c'était pittoresque. Vincent avait déjà la moitié du chemin de fait entre la pierre des plongeurs et le quai quand Paul sembla ralentir étant pourtant en situation de dépassement comme rare il le réussissait. Son ralentissement provoqua un fou rire dans le groupe qui était attentif au développement de la course.
Il y eût une dizaine de secondes où Paul continuait de ralentir puis, lorsque Vincent alla toucher le bord, Paul commença à couler vers le fond. Il ne se débattait même pas. C'est Sabrina qui le remarqua en premier.
- Vincent ! Vincent ! Il va se noyer !
Vincent cessa brusquement de crier sa victoire et se retourna pour appercevoir le reste de Paul être englouti sous les mers.
- Paul ! s'exclama-t-il réalisant la dramatique situation. Paul !
Il nagea vers le garçon à quelques mètres de lui puis plongea sous l'eau pour le rattrapper. Tout le reste de la bande était debout, terrifié par ce qui se produisait.
Charles fît un mouvement pour plonger mais Audrey le retint.
- Tu vas embrouiller l'eau...Vincent ne distinguera plus rien !
Charles hésita et, ignorant les propos de sa petite amie, sauta sous l'eau pour aider Vincent qui ne remontait. Quinze longues secondes passèrent avant que Vincent ne remonte à la surface...les mains vides.
- Vincent ! Où est Paul ? s'exclama Sabrina horrifiée.
- Je manquais de respiration. Charles est encore sous l'eau. Il va probablement remonter avec Paul.
Mais lorsque Charles remonta peu de temps après, ce fût lui aussi bredouille.
- Mais que faîtes-vous bande d'imbéciles! hurla Isabelle en retirant ses souliers pour plonger. Mais cette fois, ce fût Jérémie qui la stoppa.
- Il est trop tard Isabelle... Paul ne peut avoir survécu aussi longtemps sans respiration... ça fait plus de deux minutes qu'il est inconscient sous l'eau.
- Mais voyons ! Il faut aller le chercher ! On ne peut pas le laisser se noyer ! C'est insensé !
- Isabelle... ça n'en vaut pas la peine...
Vincent resta immobile un instant puis retourna sous l'eau suivit rapidement de Charles. Mais tous les deux remontèrent en flèche.
- L'eau est trouble...nous n'arriverons pas à nager jusqu'au fond...il est trop tard.
Isabelle se retourna et éclata en sanglots. Puis, d'un pas rapide, monta au chalet. Sabrina hésita un instant puis alla à sa poursuite. Elle la rattrapa à mi-chemin et la serra dans ses bras. Isabelle semblait terrorrisée.
Audrey fixa le vide, tentant déjà de ne pas oublier Paul.
Ce qui suivit ensuite, elle ne s'en souvient pas exactement...tout ce qu'elle se rappelle, c'est du pompier remontant à la surface avec le froid cadavre de Paul.
Le reste fût un épais brouillard...
Chapitre 3
Lorsque le dîner fût achevé, Sabrina et Isabelle commencèrent à laver la vaisselle en prenant bien soin d'être trempées avec la mousse. Audrey elle, avec l'aide de Charles, rangeait le salon où, la veille, ils avaient visionnés des films en mangeant sauvagement du maïs soufflé.
- Quel fouillis ! Dire que c'est nous qui avons fait ça !
Et ils se mirent au travail. Vincent et Jérémie jouaient au frisbee sur la plage. Un chien, venant de nulle part, s'était infiltré dans le jeu en tentant de s'emparer du disque de plastique.
- Tu sais d'où viens ce chien? demanda Audrey à Sabrina en ramassant les écailles de maïs sur le sol.
- C'est le chien de nos nouveaux voisins. Ils ont achetés le chalet de l'autre côté des bois. Charles a probablement dût les croiser.
Charles secoua vivement de la tête.
- Nous avons préférés descendre vers les rochers pour marcher sur le bord de la plage. Tu sais, il y a de magnifiques cailloux là-bas. Nous irons tout à l'heure si ça vous plaît. C'est magnifique.
Audrey éclata de rire.
- Charles Rochester qui admire des cailloux...on aura tout vu monsieur le dur !
Charles fît une grimace et envoya une écaille dans les cheveux d'Audrey qui s'empressa de lui remettre la pareille. S'en suivit ensuite une guerre d'écailles entre le couple qui fût vite interromput par Sabrina:
- Mes parents vont me tuer si le chalet est en désordre. Vaut mieux rapidement ramasser vos projectiles avant de dégrader la situation.
Audrey rit puis se mît à l'ouvrage.
Quand tout fût terminé, le groupe quitta la maison et alla rejoindre les autres qui se baignaient maintenant. Jérémie faisait probablement la course avec Vincent, voulant prendre sa revanche.
- Alors, c'est encore la course ?
- On vient d'en terminer une. répondit Jérémie.
- Et ?
Vincent leva haut son poing en hurlant :
- C'est moi le vainqueur !
Il se mît à fredonner une hymne de victoire en faisant de larges mouvements à la surface du lac.
-Pas modeste du tout! rit Audrey en regardant Vincent faire le fou.
-Non! Et j'en suis fier!
Et il recommença à chanter de plus belle.
Charles soupira, exaspéré et dit:
- Moi je retourne en randonnée... je veux voir ces fameux nouveaux voisins dont tu me parles tant.
- Bof ! Ils sont très ordinaires... c'est pour ça que je ne leurs parlent pas.
Toute la bande éclata de rire face à sa remarque et décida de le suivre dans la masse de sombres conifères.
Ils marchèrent longtemps avant d'appercevoir une clôture en bois munie d'une entrée en forme de coeur.
- Regarde comme c'est magnifique! pouffa Vincent.
- Chut ! Ils vont t'entendre ! Ils ont mis deux longues semaines à confectionner cette porte. Regarde. Ils ont même taillé leur nom dessus.
Vincent éclata de rire de plus belle face à l'écriture improvisée sur le bois.
- Quel talent ! fît-il. Alors, on entre ?
Les regards se croisèrent puis Charles ouvrit l'entrée et traversa de l'autre côté.
- Vous venez !
C'est à cet instant qu'Audrey apperçut un homme munit d'une carabine par-dessus l'épaule de son petit ami.
Et le canon était pointé sur eux.
Chapitre 4
Audrey retint un hurlement tandis que Charles leva les mains en guise de protection. L'homme prit une air sérieux et dit :
- Sors de ma propriété! rugit-il.
Charles recula, ouvrit la porte et retourna de l'autre côté de la clôture.
- Vous n'avez pas d'affaire de ce côté! Si je vous vois encore traîner ici je...
Sa mine s'adoucit lorsqu'il apperçut Sabrina, effrayée.
- Oh ! Vous êtes nos voisins ! Désolé ! Je vous avait pris pour des voleurs ! Je suis vraiment navré !
- Ça va...
La voix de Sabrina était tremblotante.
- Mille pardons ! Ça vous dirait de prendre une tasse de thé ?
- Euh...
Sabrina regarda ses amis, indécises. Les regards de Vincent lui démontraient franchement sa réponse.
- Je crois que nous devrions retourner au chalet...de toute façon, nous devons aller à l'épicerie chercher des épis de maïs pour le souper.
- Excellente idée ! C'est le bon temps ! Oh ! Je me présente ! Je suis Jacques Perron.
- Enchantée ! fît Sabrina avec un faux sourire.
- Je vis ici avec ma femme Anna. Le chien qui vient sur votre propriété c'est le mien...j'en suis désolé. Je l'ai attaché dans son enclos, il ne viendra plus vous déranger.
- Fallait pas vous donner ce mal...le pauvre chien doit être triste dans sa cage...
- Tu as raison...je vais aller immédiatement le détacher...prévenez-moi si vous le voyez. Il passe par la plage pour se rendre.
- Oui, aurevoir !
L'homme fît un signe de la main et retourna chez lui.
- Sabrina, commença Charles, n'avais-tu pas dit qu'il était ordinaire ?
Et ils rirent en choeur. La randonnée pédestre s'acheva à cet instant et ils retournèrent au chalet.
Lorsque ce fût le temps de souper, tout le monde se réunit autour de la table et commença à manger avec régal.
- Excellente idée que tu as eu Sabrina ! Des épis de maïs c'est délicieux !
- Et dire que j'ai dit ça sans vraiment le penser ! J'ai tellement eu peur ! Un vrai cinglé cet homme ! Maman m'avais pourtant dis qu'il était très sympathique.
- Il l'est... mais un peu étrangement disons...
Audrey restait pensive, son assiette toujours vide.
- Tu ne manges pas Audrey ?
- Oui oui. Je pensais seulement à cet homme...
- C'est vrai qu'il était effrayant. dit Isabelle.
- Oui mais ce n'est pas du tout pourquoi j'y pensais...
- Alors qu'est-ce qui te tracasse tant à son sujet ?
- C'est que, peut-être que je délire mais, je suis certaine de l'avoir déjà vu à quelque part. Je ne sais pas où mais son visage m'est familier.
- Dans un hôpital psychiatrique peut-être ? répliqua Vincent d'un ton pince-sans-rire.
- Tu n'es pas drôle ! Ce n'est pas faute si ma mère a décidé de travailler dans ce foutu établissement de fous...
- Peut-être que c'est là qu'elle a connu ton père?
Et la conversation repartit de plus belle. Audrey en oublia même ce visage qui ne lui était pourtant pas inconnu.
Chapitre 5
Pendant la nuit, Audrey se réveilla en sursaut avec l'image de Paul coulant au fond de l'eau. Il est évident que ce souvenir allait rester ancrer dans sa mémoire pour toute la semaine de vacances.
"Je ne sais pas si les autres pensent à lui aussi..."
Sûrement.
Pourtant, rien ne le démontrait dans leur visage. Ils semblaient joyeux et insoucients.
Toi aussi tu es joyeuse Audrey.
"Oui, c'est vrai. Je crois que je vais leur en parler demain matin."
Et elle se recoucha avec cette idée en tête.
Le lendemain matin, comme prévu, tandis que tout le monde s'empiffrait des délicieux croissants au cerises de Sabrina.
- Oh que c'est bon Sab ! dit Charles avec délection. Faudra que tu me donnes la recette!
- Oh! C'est simple Charles ! Tu prends ta voiture, tu démarres et tu roules jusqu'au dépanneur en acheter.
Charles fît la grimace à Sabrina qui éclata de rire.
- Tu as l'air d'un chimpanzé ! fît-elle en riant.
Le garçon répéta son geste une seconde fois qui fût acclamé d'applaudissements.
- Encore ! Encore ! Encore !
Sabrina se tordait de rire dans le coin de la cuisine et Isabelle pouffait à son tour en la voyant tenter de reprendre son sérieux.
- Arrête de rire! Je ne suis plus capable de m'arrêter Sab ! J'ai des crampes !
Audrey se dit que c'était maintenant le meilleur moment pour parler de Paul.
- Eh! Écoutez-moi ! ordonna-t-elle, le sourire en visage en observant Sabrina qui essuyait des larmes au coin des yeux.
- Quoi ? dit Vincent, le seul qui soit capable de garder son calme.
- Je veux que l'on prenne une minute de silence... pour Paul... qui, trois ans auparavant, nous a tragiquement quitté
Sabrina reprit instantanément son sérieux et s'assit sur une chaise.
- Nous l'avons aimé...Dieu nous l'a enlevé...
Avant même de pouvoir continuer, Vincent se leva de table et partit dehors silencieusement, d'un pas assuré.
- Vincent! s'exclama Sabrina tandis qu'il partait.
Mais celui-ci ne lui répondit pas et quitta le chalet. Sabrina se lança à sa poursuite. Toute la bande se regardait avec nervosité.
"Bravo Audrey ! Tu viens de gâcher le petit déjeuner ! Es-tu contente ?"
Audrey baissa les yeux et fixa la table avec gêne. Ses paroles venaient de détruire leur semaine de vacances.
Elle releva la tête et croisa le regard accusateur de Jérémie. En fait, toute la bande semblait la culpabiliser sur ce qui se produisait.
Elle évita leurs yeux électrifiés et regarda par la fenêtre. Dehors, Sabrina et Vincent semblaient se disputer. La fille faisait de grands mouvements et son petit ami fixait le sol, le visage impassible.
Audrey se leva de table et monta à sa chambre en courant.
Elle ne tenait pas à être là lorsque Vincent rentrerait.
Malgré sa tentative pour filer, ce fût Vincent qui vint la rejoindre à sa chambre en frappant doucement contre la porte.
- Je peux entrer ? demanda-t-il.
- Oui. dit-elle sèchement. Fais comme chez toi !
Il entra la mine basse, ses pieds traînant sur le bois-franc.
- Je suis désolé pour tantôt. avoua-t-il, les mains dans les poches. Je...je crois que le fait de ne pas avoir pu sauver Paul de la mort me ronge l'esprit. Tu sais, j'ai passé à un cheveux d'agripper sa chemise. Puis Charles a plongé et a brouillé l'eau. Alors j'avais atrocement mal aux yeux et sans y penser, je suis remonté à la surface sans Paul. Alors j'ai compris qu'il était déjà trop tard...
- Je sais ce qui s'est passé Vincent. Je sais que tu as tout tenté pour sauver Paul de la noyade. Mais tu n'as pas de raison de t'abaisser parce que tu as raté ton coup...tu as tout essayé et c'est ce qui compte.
Le garçon hocha de la tête et esquissa un mince sourire.
- Je sais...je sais...
Il fît mine de partir mais Audrey le retint du bras.
- Je veux que tu me promettes de ne plus te culpabiliser pour sa mort.
Vincent leva la tête, croisa son regard et hocha de la tête.
- Oui, je le promets.
Et ensemble ils descendirent à la cuisine pour débarasser la table. C'était un poids en moins sur les épaules d'Audrey qui se sentait maintenant heureuse.
Mais cela ne dura pas...
Chapitre 6
Un autre souvenir. Après la mort de son ami, Audrey se souvenait d'être allée aux funérailles le premier juillet. Elle avait ressentie une profonde tristesse en s'appercevant qu'il n'y avait presque personne autour du cercueil.
"Il meurt seul..."
Elle se souvient aussi d'avoir déposé une rose sur le couvercle fermé de la tombe de son ancien ami en même temps que la mère du jeune garçon. Leurs doigts se sont touchés et ceux de la dame étaient glacés. Audrey avait alors relevé la tête et leurs regards s'étaient croisés. Ceux de la femme étaient mouillés et rouges. Mais derrière une épaisse couche de maquillage, appliqué maladroitement sur les paupières et sur les joues, Audrey discerna une pointe de colère envers elle. Elle la croyait probablement coupable de la mort de son fils.
La jeune adolescente détourna rapidement ses yeux de la triste femme et retourna à sa place. Elle passa le reste des célébrations noires, les yeux ruisselants de larmes. Elle souvient comme elle aurait voulu la présence de Charles à ses côtés.
Mais celui-ci était au Portugal. Ses parents l'ayant forcés à les suivre malgré les tragiques évènements, il s'était retrouvé en Europe, sur les côtes de l'océan, dans un luxueux hôtel, rongé par l'inquiétude.
Et le temps passa...lorsque Charles revint en ville, Audrey cassa avec lui. Mais la rupture ne dura pas longtemps car deux semaines plus tard, ils se retrouvèrent à nouveau ensemble.
Ce jour-là, fût un nouveau jour pour eux. C'est le jour où Audrey cessa de vivre le deuil. C'est le jour où Charles cessa d'être torturé par les remords.
C'est le jour où ils oublièrent Paul.
D'ailleurs, qui était Paul ? Ils ne l'avaient jamais vraiment su. Le garçon était timide et très intelligent. Ses longs cheveux blonds flottant au vent, une paire de lunettes sur son nez, il était très aimé des filles. Mais lorsque la rumeur démarra qu'il se tapait facilement des 90% à l'école, on l'ignora. Il fût repoussé de tous. Sauf par cette petite bande d'amis que formait Audrey et sa colonie. Ils l'avaient acceptés au sein du groupe.
"Bienvenue dans le groupe Paul!" avait dit Vincent en lui tapant amicalement dans le dos.
Et puis, il était resté dans le groupe trois ans avant cet été fatidique où il laissa sa vie couler dans les profondeurs du lac.
Mais ce qui s'est passé entre sa mort et les funérailles restait un mystère.
Chapitre 7
La journée fût très longue. Malgré le plaisir qu'ils eûrent, il y avait tout de même un certaine tension. Lorsque la nuit tomba et que ce fût le temps d'aller se coucher, Jérémie annonça qu'il allait se baigner un peu parce qu'il avait chaud.
Tout le reste du groupe monta aux chambres et malgré elle, Audrey s'endormit rapidement. La nuit fût peuplée de cris et de personne qui se noyaient.
Et lorsque le cri retentit à l'extérieur, elle n'y prêta pas attention, le croyant venu de ses rêves. Ce n'est que le lendemain matin qu'elle y réalisa de l'importance.
Lorsqu'elle se réveilla, elle se rendit compte qu'Isabelle, sa voisine de lit, était déjà descendue à la cuisine. C'était elle qui avait été chargé de préparer le déjeûner.
Elle se leva, enfila un t-shirt et descendit en bas. Mais Isabelle n'était pas là. Audrey regarda par la fenêtre et l'apperçut se faisant bronzer au bord de l'eau. Elle alla la rejoindre.
- Isabelle Jutras ! Tu es supposée préparer le déjeune r!
Celle-ci se retourna, surprise d'entendre une voix.
- Je sais. Mais Vincent m'a dit qu'il allait me remplacer.
- Eh bien, Vincent dors toujours.
Les yeux d'Isabelle s'agrandirent par l'énervement.
- Attention derrière toi Audrey! cria-t-elle.
Mais deux mains s'emparèrent de son corps et elle fût bien malgré elle, ammenée sur le quai. Elle tourna la tête pour voir qui était son assaillant et apperçut Charles.
- Charles ! Lâches-moi !
- D'accord !
Et il la laissa tomber à l'eau sous les rires d'Isabelle qui l'avait rejoint.
Audrey sortit sa tête de l'eau avec un visage horrifié. Elle nagea à pleine vitesse comme si elle fuyait quelque chose. Lorsqu'elle atteignit le sable, elle se retourna, terrifiée.
- Alors, on a pris une bonne trempette ? rit Charles. L'eau était froide ?
- Charles ! Ce n'est pas drôle !
Elle hésita.
- Il y a quelqu'un sous l'eau... j'ai vu ses yeux...
- Hein ? fît Charles. Tu te fiches de moi ?
- Non ! Il y a quelqu'un dans l'eau ! Va voir ! Il est sous le quai.
Intrigué, il retira son chandail et sauta à l'eau.
- C'est une blague pour qu'il se mouille hein ? ricana Isabelle.
- Non ! J'ai vraiment vu quelqu'un... j'ai touché sa main...
Elles attendirent quelques instants puis Charles remonta.
- Allez chercher Vincent ! C'est Jérémie qui est sous l'eau ! Je crois qu'il est mort.
Audrey secoua vivement la tête.
- C'est impossible! Je lui ai parlé hier... il...
Isabelle courait déjà vers le chalet. Elle revint quelques instant plus tard en compagnie de Vincent à moitié-endormi. Pendant ce temps, Charles tentait de tirer Jérémie sur le quai.
- Aide-moi Vince ! fît-il. Il faut l'ammener au rivage. Je crois qu'il est accroché par un algue. Va la détacher !
Sans retirer ses vêtements, Vincent sauta à l'eau.
Audrey recula d'un pas, puis, terrorrisée, courut au chalet pour prévenir Sabrina Lorsqu'elle revint à la plage, le corps de Jérémie était sur le sable chaud. Son amie était à l'intérieur pour appeller la police.
"Non ! Non ! Non ! Ça ne recommence pas! Faîtes qu'il soit toujours en vie !"
Et elle perdit conscience.
Chapitre 8
Lorsque Audrey reprit conscience, elle était au salon, couchée sur le divan. Tout le groupe y était...même Jérémie, étendu sur le plancher. Mais il y avait quelque chose qui clochait dans son allure.
"Il est mort Audrey ! Il est mort ! Voilà ce qui cloche !"
- Pourquoi...pourquoi est-il ici ?
- Les lignes ne fonctionnent plus...on ne peut pas appeller...
- Allons directement au poste alors !
- Charles est partit chez les voisins pour téléphoner. Dieu sait si ils ont le téléphone !
C'est à cet instant que le jeune garçon revint.
- Les voisins de sont pas là...toutes les portes sont vérouillées. J'ai cherché l'auto... elle a disparu...
- Quoi ? Mais voyons ! C'est impossible ! As-tu regardé devant le chalet ?
- Je suis allé jusqu'à la route ! La jeep est à nulle part! Et ma chevrolet aussi a disparu.
- Oh allons ! Tu me fais marcher !
- Non...je n'ai vraiment pas le goût de blaguer...
Audrey tourna la tête et regarda Isabelle. La veille, en se regardant, elles avaient éclaté de rire. Aujourd'hui, elles avaient le goût de pleurer.
- Alors nous sommes coincés avec un cadavre dans ce foutu chalet !
- J'en ai bien l'impression...le village est à une dizaine de kilomètres d'ici ! C'est beaucoup trop loin ! N'y a-t-il pas un autre voisin à proximité ?
- Oui, si on continue sur la route, à l'opposée du village, à deux kilomètres d'ici...
Charles hocha de la tête.
- Allons-y. C'est le seul moyen.
Et tous ensemble, ils partirent, laissant le cadavre au beau milieu du salon. Dehors, il y avait une légère brise. À la marche, ils longèrent la route de gravier vers cette lointaine maison.
Lorsqu'ils y arrivèrent, Audrey secoua de la tête.
- Il n'y a personne...partons...nous marcherons jusqu'au poste.
- Non ! s'exclama Vincent. Il doit y avoir quelqu'un! Il faut qu'il y ait quelqu'un !
Mais ils durent rapidement se rendre à l'évidence que l'établissement était totalement innocupé.
- Je savais qu'il n'y avait personne...retournons là-bas. Nous prendrons la chaloupe et nous traverserons de l'autre côté du lac.
- Ça n'a aucun sens! fît Isabelle. On peut marcher jusqu'au village au lieu de perdre notre temps à ramer! De toute façon, je ne veux pas retourner sur le lac...il est maudit !
- Moi non plus. fît Audrey.
Il y eût un long silence dans le groupe que Charles brisa:
- Marchons jusqu'au village alors...si c'est le seul moyen de prévenir les policiers...
- C'est le seul moyen Charles.
Audrey aurait voulu que tout cela ne soit qu'un mauvais rêve comme la nuit dernière. Mais elle savait que tout ça était bien réel...et que la mort de Jérémie n'était pas accidentelle. Oh non, elle n'était pas accidentelle ! Jérémie n'avait aucune raison de se noyer...il était un assez bon nageur et n'était pas loin du rivage.
"D'ailleurs, sous le quai, on pouvait facilement toucher le fond !"
Pourquoi alors était-il sous le quai ? Le courant ne pouvait pas l'avoir entraîné là...et il ne se serait pas fichu là par lui-même ! Ça n'a aucun sens!
Devait-elle parler de ça aux autres ?
Non. Si quelqu'un l'a vraiment assassiné, c'est peut-être quelqu'un du groupe !
"Oh allons, ne délires pas !"
Ce n'était pas du délire. Si Jérémie avait été assassiné, c'était par quelqu'un du groupe. Ça, il n'y avait aucun doute là-dessus
Il ne lui restait plus qu'à mener son enquête...
Dieu sait ce qu'elle allait découvrir !
Chapitre 9
Lorsqu'ils sortirent, ils s'apperçurent qu'il commençait à pleuvoir. Ils ne marchèrent que deux minutes que l'orage éclata.
- Nous ne pouvons pas marcher jusqu'au village! On va se rendre malade !
- Tu veux garder un cadavre sous ton toit jusqu'à demain matin Charles ?
- Non mais tout de même...
- Alors avance! Il faut aller prévenir les autorités!
Et chemin faisant, Audrey se mît à se remémorer les souvenirs de la mort de Paul, tentant de découvrir ce qui s'était passé entre sa mort et les funérailles. Mais, tout restait imperceptible... les deux jours entre ces deux évènements s'étaient effacés de sa mémoire.
"Et peut-être y a-t-il là, le dernier morceau du casse-tête. Peut-être vais-je découvrir pourquoi on a assassiné Jérémie."
Lorsqu'ils arrivèrent enfin au village, ils pénètrerent dans le poste. Ils étaient trempés.
- Aidez-nous quelqu'un! hurla Sabrina. Aidez-nous s'il vous plaît !
Deux policiers vinrent agripper Sabrina qui allait s'effondrer sur le sol.
- Allez, assis-toi...
Puis, un troisième policier leur demanda ce qui se passait. C'est Isabelle qui répondit.
- C'est notre ami, Jérémie, il s'est noyé dans les eaux du lac. On s'est fait volé nos voitures et quelqu'un a coupé les lignes de téléphone. Nous avons dû marcher jusqu'ici...
- Ok. Robert ! Denis! Prenez l'auto-patrouille et rendez-vous...
- 334 Chemin Lavoie.
Les deux hommes en uniforme foncèrent à l'extérieur et entrèrent dans le véhicule.
- Je vais contacter les ambulanciers. Mon collègue va vous donner des serviettes pour vous assècher. Assoyez-vous sur les chaises, là-bas.
Il pointa une série de chaises dans un coin de la pièce. Toute la bande alla s'y poser.
- Je n'arrive pas à le croire...Jérémie est mort...
Vincent secoua la tête et se la posa contre ses mains froides.
- Pourquoi encore? s'exclama Isabelle. Pourquoi cela arrive-t-il une deuxième fois? Va-t-on tous mourir comme lui ?
- Du calme Isabelle. fît Charles. Cela n'était qu'un accident. Pourquoi irions-nous encore dans ce lac ?
- Je ne sais pas moi...
Il y eût un long silence puis, l'auto-patrouille revint dans la cour. Les deux hommes pénétrèrent dans le poste de police, les visages furieux.
- Écoutez, si cela est une blague, dîtes-le nous immédiatement !
-Quoi ?
- Il n'y a aucun corps dans le chalet ni à nulle par ailleurs. Vous nous avez mentis.
- Non ! hurla Sabrina. Non !
- Pourquoi aurions-nous marcher jusqu'ici sous la pluie seulement pour vous faire une blague ? Et de toute façon, depuis la mort de Paul il y a trois ans, je n'ai pas du tout le goût de faire des blagues sur la mort.
- Alors où est le cadavre de Jérémie? demanda l'agent.
- Je n'en sais rien..., fît Isabelle en secouant la tête, je n'en ai aucune idée...
Chapitre 10
Les policiers les reconduirent au chalet avec de sérieuses réprimandes. Arrivés là-bas, le groupe s'entassa derrière Vincent qui avançait péniblement dans le bâtiment à la recherche du corps. Lorsque toutes les pièces furent fouillées, ils en arrivèrent tous à la même conclusion :
- Quelqu'un est venu chercher le corps pendant que nous étions absents.
"Quelqu'un veut nous faire payer."
- Je me doute de l'identité de l'assassin...
- Hein? L'assassin ? De quel assassin parles-tu ?
- Celui qui a tué Jérémie. répondit Audrey.
- C'était un accident Audrey! Un accident !
- Accident mon oeil Charles! Ce gars a été tué! Comprends-tu ça ? Il a été tué !
Charles la giffla.
- Tais-toi! hurla-t-il en furie. Tais-toi !
Audrey alla déposer sa main sur sa joue. Depuis ce jour, jamais elle n'avait ressentie autant de haine envers Charles.
- Tais-toi. répétait-il plus doucement.
Vincent tentait de le calmer mais celui-ci le repoussa brusquement. Sabrina secoua la tête, terrifiée et se mît à courir à l'extérieur. Ses pieds allaient à vive allure.
- Arrêtez-la ! s'exclama Isabelle. Elle court vers le lac ! Elle veut se tuer !
Tout le monde voulut sortir mais c'est alors qu'ils apperçurent la silhouette armée d'un couteau. Sabrina était déjà dans l'eau, nageant à la dérive. L'inconnu descendit la colline et d'un pas rapide, monta sur le quai. Il agrippa de sa main gauche le collet de Sabrina effrayée et de l'autre, enfonça son arme dans sa nuque. Sabrina hurla.
Ce fût son dernier cri avant de couler au fond du lac.
- Oh Seigneur! Il l'a tué ! Vite ! Il faut sortir ! Allons par la porte d'en-avant !
Tout le monde se mît à courir mais une sombre silhouette vint leur bloquer le passage. Isabelle tomba à la renverse sur le plancher.
- Oh non! hurla-t-elle.
Elle se releva et se mît à courir. Mais l'autre meurtrier était déjà sur la véranda. Et il entrait à l'intérieur. Tous les deux portaient un sombre habit de pêcheur et une cagoule.
- Tout le monde dans le coin ! ordonna l'un des deux.
Cette voix...si familière...
- Qui êtes-vous? murmura Audrey avec panique.
- Qui nous sommes, cela ne vous regarde pas...du moins, pas pour l'instant...vous êtes trop nombreux. Nous ne pouvons pas courir le risque d'être démasqué si l'un de vous s'échappe.
- Vous allez nous garder ici ?
- Oui. Autant de temps qu'il le faudra. Jusqu'à ce que vous compreniez pourquoi nous sommes ici. Mais avant, j'ai besoin de parler un peu... je veux vous dire ce qui s'est passé il y a trois ans exactement...
Il fît une pause. Audrey discerna un sourire sur ses lèvres.
- En 1995, c'est moi qui a tué Paul. J'étais sous le quai...et j'ai attendu le bon moment. Avec mon costume de plongée, j'ai tiré Paul vers le fond. Et heureusement, vous étiez tellement maladroits que vous ne vous êtes même pas rendus compte de ma présence. Lorsque Charles a plongé sous l'eau, je suis parti dans la direction opposée, me suis caché derrière la roche des plongeurs et j'ai attendu que vous ne soyez trop occupés à réanimer Paul. Alors, j'ai nagé jusqu'à l'autre rive du lac. Vous savez, grâce à mon entraînement physique, cela fût un jeu d'enfants! Et vous ne saviez même pas...
Audrey étudia l'inconnu. C'était un homme. Robuste et carré. L'autre assassin était plus frêle...peut-être une femme...ou alors un adolescent...
- Pourquoi vous cachez-vous sous cet accoutrement ? demanda Charles.
- Parce que le temps n'est pas encore venu de les enlever. Lorsque nous aurons manger, nous pourrons les retirer. Pas avant.
Il se glissa le long du comptoir vers une armoire qu'il ouvrit tout en pointant son arme vers le groupe.
- Voyons voir ce que vous avez...oh ! Des biscuits aux pépittes de chocolat. J'adore ça ! Ce sont mes préférés !
Audrey sentit comme un choc dans sa tête.
Des biscuits aux pépittes de chocolat. J'adore ça! Ce sont mes préférés!
Ces mots ne lui étaient pas inconnus. Cette intonation de voix lui rappellait un souvenir...
C'est alors que ce qu'elle comprit ce qui s'était passé entre la mort de Paul et les funérailles mouvementés.
Elle savait qui les menaçait.
Chapitre 11
Le matin en se levant, Audrey ressentit un profond chagrin. La perte de son ami était encore difficile à accepter. Pendant la nuit, elle avait rêvée à lui, encore vivant, jouant au volley-ball sur le rivage. Puis, le tout s'était transformé en un affreux cauchemar où elle voyait Paul couler vers le fond dans des cris agonisants.
Toute la bande avait décidé de se réunir au parc, pour se remémorer les bons souvenirs. Et en marchant, elle apperçût Sabrina et Jérémie face à face. Ils semblaient se disputer. En ce temps, Jérémie sortait avec Sabrina. En fait, ils se disputaient toujours.
Elle ne voulait s'introduire dans leur conversation animée. Elle resta donc derrière un arbre à les observer et à écouter.
-Tu ne comprends pas ce que je vis Jérémie ! vociférait Sabrina. Je ne veux plus sortir avec toi ! J'aime Vincent !
- Pourquoi? Qu'a-t-il de plus que moi ? pleurait Jérémie.
- Il m'écoute! Il me comprend ! Toi, tu te fiches de moi !
- Ça c'est complètement faux !
- Baisse le ton de ta voix Jérémie...je ne veux pas que tout le quartier nous entende!
- Je vais parler aussi fort que je le veux! C'est un pays libre !
- Voilà pourquoi je veux te laisser! Tu te fous de moi! Tu fais tout à guise comme si je n'existais pas! C'est ça que tu ne comprends pas.
C'est alors que l'homme est passé...un homme d'âge mûre, aux cheveux grisonnants, aux verres fumés noirs. Il fît un salut à Jérémie qui le lui rendit. Jamais Audrey n'avait vu cet homme. Et pourtant, Jérémie semblait le connaître depuis longtemps. Jérémie a alors soupiré d'exaspération et a quitté Sabrina pour marcher avec l'inconnu. Ensuite, Audrey a porté son attention sur Sabrina qui pleurait à chaudes larmes.
Et cet homme, le mystérieux inconnu que Jérémie connaissait, c'était Jacques, cet étrange voisin qui, la veille, les avait menacé de son arme chargée.
Et c'est ce même homme qui se cachait sous le premier chapeau.
Le second était Jérémie qui, comme elle le savait depuis toujours, adorait les biscuits aux pépites de chocolat.
C'était son péché mignon.
Et aujourd'hui, elle savait qui étaient les deux assassins costumés.
Le carnage pouvait commencé.
Chapitre 12
La pluie tombait toujours à l'extérieur. Cela faisait maintenant une heure qu'ils étaient enfermés dans le chalet. Audrey hésitait à révéler l'identité des tueurs au grand jour, de peur que cela ne provoque une apocalypse sanglante.
Mais elle ne pût y résister. Elle devait le dire aux autres.
- Je sais qui vous êtes! s'exclama-t-elle en se levant du sol.
Instinctivement, l'un deux pointa son arme sur elle.
- Assis-toi !
Elle obéit en fixant la cagoule pour retrouver les traits de Jacques ou de Jérémie. Cela était très difficile avec la noirceur de la pièce.
- Je connais votre identité! Je sais qui vous êtes !
Il y eût un éclair qui illumina la pièce et elle pût effectivement discerner les traits de Jérémie.
- Ah oui? Et qui suis-je
- Tu es Jérémie! Et ton complice est Jacques, le nouveau voisin !
Les deux retirèrent les cagoules dévoilant leur visage. Celui de Jérémie était pâle comme la mort. Ses lèvres étaient bleutées et ses cheveux, mouillés. En fait, il avait l'air d'un zombie revenant des profondeurs de l'enfer.
- Tu as misé juste chérie! Grâce à toi, je peux commencer mon travail !
Il s'empara d'Isabelle et plaça la lame contre son cou. Audrey discerna une goutte de sang glisser le long de sa gorge.
- Ne lui fais pas de mal! hurla-t-elle.
- Oh ! C'est vrai ! Je dois tout d'abord dire un motif n'est-ce pas ? Comme dans les films. Voyons voir...si je vous dit que Paul était mon frère, ça vous va ?
Son visage exprimait une terrible colère.
- Tous les deux, nous détestons l'eau. Mais moi, j'ai réussi au fil des années à vaincre ma peur. Lui, il en a toujours gardé des séquelles. Vous vous souvenez comme il était nul à la nage ?
Alors, Jacques lui a réglé son compte.
- Eh oui! Et j'ai un autre magnifique surprise pour vous! Je suis le père de Jérémie...
Audrey émit un gémissement de surprise.
- Oh! On dirait que tu vas être malade Audrey...ne te gênes pas! Laisse-moi des belles traces sur le plancher !
- Va te faire voir salaud !
- Moi je serais plus poli si je serais toi Audrey...car c'est moi qui a le couteau ici. C'est moi qui décide...c'est moi qui domine !
C'est alors qu'elle réalisa qu'il fallait qu'elle parte. Elle se leva et se mît à courir. Jérémie poussa Isabelle contre le comptoir et se lança à sa poursuite.
Et tandis qu'il lui toucha l'épaule, elle se jeta sur le sol. C'est alors qu'elle apperçut la paire de pieds. Elle leva les yeux et apperçut Sabrina, une planche de bois à la main. Et tandis que l'arme alla frapper la tête de Jérémie, enfonçant un clou au-dessus de son oeil, Audrey se sentit revivre. Jérémie allait mourir et Sabrina était toujours vivante.
- Sabrina ! Oh mon Dieu! Tu es vivante ! Merci Seigneur !
Ils pénètrerent à l'intérieur et remarquèrent que Jacques n'était plus là...ainsi que Isabelle.
- Il l'a enlevé! s'exclama Vincent en pointant la porte avant.
- Quoi! Non! Non!
Elle se mît à courir vers la porte c'est alors qu'elle apperçut la voiture foncer à vive allure sur la route.
Isabelle était partie...et lorsque les policiers se mirent à sa recherche, ils la retrouvèrent, inconsciente sur le bord de la route. Elle fût conduite d'urgence à l'hôpital où elle tomba dans un profond coma.
Le mois de juin était terminé. Demain c'était le premier juillet et tous ensemble ils allaient se rendre à la tombe de Paul pour lui dire un dernier adieu.
À SUIVRE...
Cest à vous de décider de la fin ! Écrivez-moi pour me raconter comment vous écriveriez la suite de cette histoire !