Dans le gris de l'avenue de Rivoli, une pluie morne s'abat sans fin sur la foule de parisiens pressés. Tous passent et repassent, sombres, pris dans leur pensées. Personne ne voit ce jeune homme, perdu dans l'observation d'une vitrine, contraste de calme avec le reste du monde.
Il n'est pas avec eux, il est avec sa Dame Blanche, la seule chose qui le préoccupe
Cette femme mystérieuse, pour qui il a tout abandonné en échange d'un flirt
un pauvre flirt qui dure depuis trop longtemps !
Il l'aime ! Il l'aime tellement
Elle lui emplit la tête et les sens de son absence
Il a besoin d'Elle !
Et pourtant
il lâche ses rêves deux secondes pour contempler là où Elle l'a mené
Il n'a plus rien, que son besoin d'Elle
Mais Elle est tellement forte, tellement inaccessible
Oublier ! C'est cela, il doit enfin oublier ! Il n'a plus le choix
Comment pourrait-il ?
Il l'aime !
Il est allongé. Son visage est calme et serein, presque celui d'un Ange.
Tout à l'heure, il a retrouvé sa Dame Blanche, sa seule pensée
Lorsque son regard a retrouvé la pureté de son visage, ses sentiments l'ont prise à la gorge. Elle ! Elle était là ! Devant lui ! D'un coup, d'un seul, il a voulu combler son manque, chercher l'osmose.
Et maintenant, c'est fini, il est comblé, il a résolu ses problèmes, et le brouillard de sa tête s'est levé
Il ne bouge pas, il a l'air de savourer, il a l'air infiniment bien
Il a l'air vivant aussi
Et pourtant sa Dame Blanche en robe de seringue l'a tué à coup d'overdose.
Fin
Judicaël Borlarmo