Saved the world
de Loris Legaillard





Incroyable, je me trouve là. Moi modeste employé de ménage. J'assiste impuissant au sort du monde. Coincé dans cette petite pièce. Avec pour seule arme mon cerveau et mon balai. A vrai dire avec du recul, je suis un peu ridicule. Mais à présent j'avais une mission à remplir, sauver le monde...

Pourtant ce matin, c'était un jour comme les autres. J'étais arrivé à mon travail, toujours avec un large sourire pour Mélody , la nouvelle standardiste. A présent je commence à comprendre peu à peu. Ce qu'elle m'a dit, était-ce un signe, un présage, ou faisait elle partie des terroristes. Pourquoi m'avait elle dit « passe le bonjour au président »?

Toujours coincé dans cette pièce plus que exigue, j'essaie d'écouter et de voir à travers la serrure.
La scène : Deux hommes cagoulés entourant un homme assis en costard; les mains attachées. Quelques cadavres autour, jonchent le sol. Du sang sur les murs, des fils électriques par terre, sans doute reliés à une bombe.

Mon angle de vision est mince, et ma sueur coulant abondamment sur mes yeux, rend ma vision délicate. Par contre j'entends très bien les paroles.

Soudain un homme rentre dans la pièce vocifere des ordres incrompréhensibles. En même temps une lumière aveuglante l'illumine. Il tient à la main un gros calibre, je n'arrive pas à distinguer cette cette arme. Il s'approche de l'homme assis et se met à le frapper à la tête, montrant ainsi la façon de faire à ses hommes, et asseyant aini son autorité.

L'homme à la casquette se met à parler à l'oreille à l'un des hommes cagoulé : j'entends difficilement :
 Il faut jouer plus ruser
 Oui mais il nous faut des réponses répond l'hommes cagoulé
 Obtenir des réponses est assez facile, mais obtenir la vérité demande un peu plus d'efforts.

Avec un accent oriental, un homme s'approche délicatement du monsieur qui porte un costume et lui dit : « donne moi les codes où je tue toute ta famille... »
l'homme lui répond : « jamais, nous préférons mourir pour notre pays »
« Bien qu'il en soit ainsi » lui rétorque le terroriste

C'est évident à présent , je suis en présence d'une prise d'otage. Je vois juste le dos du monsieur, il me tourne le dos. J'essaie de ne pas faire de bruit, mais la peur me gagne...

Au loin j'entends des sirènes. Sans doutes les policiers. Je m'asseois un peu, histoire de reprendre mes esprits. Je repense à cette phrase de Mélodie. Les secours seront bientôt là.

« Tu parleras avec ceci, mon gars, tu peux etre l'homme le plus puissant au monde, tu cracheras le morceau bientôt, crois moi ». Dit un homme cagoulé en s'adressant à l'homme assis. Putain mais non ? C'est le president des Etats unis ? Non c'est pas possible ? Que fait il ici ? Ou sont ces gardes du corps ? Où est la sécurité ? Je le reconnais !

« Ca ne me fait pas plaisir, ce que je vais te faire, mais sache que dans un autre monde , tout se serait différent » l'homme cagoulé commence à aiguiser un couteau. L'homme à la casquette acquiesse de la tête. Je n'ai qu'un balai, en plus je suis mort de trouille. Je ne suis qu'un simple employé.

Le président à moitié dans le coma, tête baissée, essaie discrètement de se libérer les mains. Mais je ne peux l'aider il est à quelques mètres de moi, je vois ses mains, ses doigts s'entrecroisées, cherchant à déficeler les noeuds.

L'homme cagoulé, à présent , arrive avec son couteau bien aiguisé. Et d'un coup, sans avertissement, il plante la lame dans l'épaule gauche du président. Un cri de douleur s'en suit. Je n'en peux plus, je pleurs, assis comme un bébé au fond de la pièce, isolé , apeuré comme un lâche. Je lâche même mon balai , ma seule arme. Il souffre, il crie, mais ne lâche rien, se tord de douleur.

Je dois faire quelque chose, il finira par craqué, je dois l'aider. Après tout tué par ces terroristes ou exploser avec cette bombe, cela revient au même. Je me résouds à devenir enfin un héros. J'essaie de me calmer, de repenser à ses séries tv que je regardais quand j'étais plus jeune, 24h chrono, heroe etc... Et si j'étais Jack Bauer aujourd'hui ? Que ferait-il fait maintenant ? Suremement pas , laisser mourir son Président. J'essaie d' élaborer un mini plan, histoire d'augmenter mes probalités de réussite. Un rapide coup d'oeil dans cette pièce ou plutôt placard, me fait dire que Mag Gyver aura du mal aujourd'hui...

Pendant ce temps, le président résiste toujours. Tout à coup une détonation vient de retentir, un coup de feu. Je me précipite dans le trou de la serrure. Et je vois l'horreur devant moi, ils viennent d'éxecuter la femme du Président. Une balle en plein dans la nuque. Kerry son enfant pleure sur son corps. Mon dieu, oh mon dieu. Que dois je faire, aidez moi je vous en supplie !!!

Les minutes passent, et repassent. Maintenant, l'homme cagoulé menace d'exécuter le fils de dix ans. Son fils à genoux près du corps de sa mère, un pistolet sur la tempe. Je dois y aller maintenant. Le président se met à hurler, à pleurer non ! ! non ! S'il vous plait..., apportez moi la valise...

L'homme à la casquette sourit, il vient de gagner. Le président épargne son fils, mais tue notre nation.

Je n'en peu plus, j'y vais :...je dois intervenir, il va donner les codes nucléaires aux terroristes, non tout mais pas ca...

Je pense à mes parents, à mon enfance, tout va très vite. Je me revois, enfant, avec mon frère attaquant les banques, les indiens...

Soudain je rentre comme un fou dans la pièce, manquant faire tomber Monsieur le Président. Assène un premier coup de balai en pleine figure du premier homme cagoulé. Il s'écroule au sol, fort de mon entrée en scène, j'en profite pour prendre son arme. Jouant toujours sur la surprise, je lance mon balai devenu lance vengeresse, en direction du deuxième cagoulé. Il se protège comme un enfant et pan en pleine figure. J'ai l'impression d'être dans un film de Bruce Willis, le temps semble s'être arrêté, même l'homme à la casquette, reste médusé.

Tout va très vite, je pointe l'arme sur le dernier terroriste et lui tire dessus, en espérant que la balle parte du canon. Car je n'ai aucune idée s'il y a une sécurité ou pas. Le coup de feu rententit, tout le monde reste de marbre, même le terroriste ! Je l'ai manqué ? Je retire ? Encore, et encore
Putain que se passe t'il ? c'est quoi toutes ces lumières sur moi ? « coupez coupez » c'est quoi ces cris???...
Et l'homme à la casquette qui hurle dans un porte voie « c'est qui se guignol ?, on m'avait dit que tout était ok, !!ptain c'est pas possible , faut tout refaire »

Alors à ce moment précis, surtout quand je vois le President en train de rigoler, et puis sa femme revenir de l'enfer, je me sents très petit , voir très très ridicule. Je ne sais pas ce que Jack aurait fait dans cette situation ?
A présent deux hommes me raccompagnent gentiment derrière la porte. Et c'est maintenant que je me souviens de cette note de bureau qui disait « Equipe de tournage mardi 26 mai, Spielberg tourne la revanche du mal , secteur I et L interdit à tout employé. Etc...» Le mec à la casquette c'est spielberg ? Oui me repond le garde du corps. Putain j'ai failli tuer Steven Spielberg !


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