Jai gardé au dernier moment les enfants dune amie.
Sitôt la porte claquée, moi débonnaire, elle me regardant par en dessous, nous nous sommes observées laînée et moi.
En reculant doucement elle est allée sasseoir sur son frère qui dormait sur le canapé.
Le bébé disparaissait complètement sous elle.
La jalousie et langoisse étaient palpables dans la pièce.
Moi aussi, mais autre fois, un jour, jai joué pour voir à tuer mon frère.
Jai connu cette douleur quil faut distraire en cherchant ce qui peut nuire.
Longtemps je nai pu que me taire et ma jalousie sest dilatée dans le silence.
Longtemps je nai pu quagir, que magiter captive de la rivalité.
Jalouse, jai envié même les malheurs de mon frère.
Dans une seule journée, une infinité de détails insignifiants grossis comme dans un miroir déformant me poussaient à chercher et je trouvais toujours plus.
Quand il nétait pas là il membêtait encore.
Et puis un jour finalement jai posé les armes et tout effacé.
Lindifférence ma désarmée quand jentrais dans la chambre de ma sur vielle de 9 jours.
La veille, rivale méchante, jai vu ma mère tendre loreille vers ma sur dans une tension particulière.
Ce jour-là, pacifiée jai pu mémouvoir. Je le sais : « Elle a fait pareil avec moi ».
Ce jour-là, jai perdu méchanceté et envie.
Ma mère est à ma sur, à mon frère, mais je nen souffre pas puisquelle est aussi mienne.
Ils sont mes semblables et je suis leur égale.
Aujourdhui clémente, leur image nest plus une blessure pour mon amour-propre.
Bénie des dieux, je marche dans la vie, bonne enfant, débonnaire pour toujours