Bang ! ... Bang ! ...
- Jai deux enfants et...
Pourquoi navait-elle pas fini sa phrase ? ... Mais peut-être ne lavait-elle pas laissée en suspens, peut-être lavait-elle terminée, peut-être était ce moi qui ny avais pas prêté attention.
- Jai deux enfants et...
Quelle poisse !
Jaurais dû me méfier dès le premier jour, dès que sa main sétait posée sur mon bras. Jaurais dû me tenir sur mes gardes. Je naurais pas dû agir comme un gamin ! Jaurais dû... Malheureusement, je ne lai pas fait ! ...
à à à à à à Ã
Notre première rencontre sétait déroulée sur la quatrième marche de lescalier, en faux marbre, qui conduit à mon bureau. Elle était essoufflée, elle avait traversé le hall au galop. Elle avait égaré un dossier et simaginait, allez savoir pourquoi, que je pourrais laiguiller dans ses recherches.
Je ne me souviens plus de ce que je lui ai répondu. Probablement lui ai-je dit que jignorais tout de ce dossier, mais peut-être ne lui ai-je rien dit, peut-être suis-je resté muet. Je ne me rappelle que de létrange sensation que mavait causée le contact de sa main sur mon bras. Une chaleur diffuse sétait propagée le long de mon bras, elle sétait répandue sur mon épaule, avait envahi mon torse avant de me déchirer la tête.
Aujourdhui encore, la simple évocation de cette douce sensation me pâme démoi.
Faut-il que je sois sot ?
Par quoi ai-je été séduit chez cette femme brune, aux cheveux mi-long et mal peignés, vêtue dun imperméable sombre mal taillé ? Cette question, que je me pose encore, vous vous la poserez aussi quand je vous aurai décrit mon idéal féminin. Les seules créatures qui me font rêver, qui mattirent, ce sont les grandes blondes aux yeux en amande, au buste sculpté avec délicatesse, aux jambes gainées de soie et ciselées avec finesse, aux fesses généreusement façonnées...
Remarquez bien que lorsquelle retira sa main de mon bras, je repris aussitôt mes esprits, et quune fois dans mon bureau, mes pensées reprirent leur cours normal.
- En voilà une pour qui je ne me damnerai pas ! ... me suis-je même dit, pendant quun frisson de répulsion me secouait.
Alors, comment se fait-il que laffaire nen soit pas restée là ? Jaimerais bien le savoir.
Une quinzaine de jours plus tard, elle maccosta, de nouveau, sur le parking, alors que je montais dans ma voiture.
Elle avait récupéré le dossier.
Que lui avais-je répondu ? ... Je lignore. Par contre, je me souviens très bien de la pensée qui mavait traversé lesprit.
- Toujours aussi mal fagotée !
Alors pourquoi lavais-je invitée à boire un verre ? Peut-être parce quelle mavait souri, peut-être parce que son sourire avait fait renaître en moi le trouble dans lequel le contact de sa main sur mon bras mavait, deux semaines plutôt, précipité.
Quelle poisse !
Que nous sommes nous dit dans ce café du centre ville ? Des banalités ayant trait à ce fameux dossier retrouvé, des mots sans importance, des phrases sans intérêt... Mais nous nen sommes pas restés là, au détour des paroles, dans les recoins de nos propos, une surprenante connivence sétait glissée. Petit à petit, tout en demeurant anodine, notre conversation avait changé de nature. Une incroyable complicité sétait établie entre nous.
En sortant du bar, javais appris quelle était divorcée, quelle avait deux enfants et... Je croyais tout savoir de sa vie.
- Drôle de femme ! ... métais-je dit en me couchant.
Au petit matin, jaffichais, en guise de tête, le portrait robot de linsomniaque. Je navais pas fermé lil de la nuit, javais échafaudé mille plans pour la revoir au plus vite.
La semaine suivante, nous avons fréquenté une multitude de bars et ingurgité une quantité impressionnante dalcool avant daboutir dans le même lit.
Exquis instants ! Délicieux moment ! Divines heures ! Douce nuit damour ! Prélude au bonheur !
Quelle poisse !
à à à à à à Ã
Jai le bras sensible, devez-vous penser : pas plus que dautres, du moins, je le crois. Mais que voulez-vous, les voix de la séduction sont impénétrables !
- Jai deux enfants et...
Et un ex-mari qui na jamais accepté le divorce et qui vient de me coller deux balles dans le bide.
Je saigne comme un cochon sur la moquette de la chambre pendant quelle hurle, blottie derrière le lit.
Jai mal, très mal, mais son enfoiré dex-mari ne me parait pas attendri pour autant, il me semble même quil projette de mexpédier un supplément de ferraille dans le crâne.
Quelle merde !
Bang ! ...