- Que pensez-vous de tout cela, Perkins
- Je nen pense rien, Monsieur, il hésita, et dailleurs, je dois avouer que je men moque éperdument. Je me contente de suivre les directives à la lettre, je touche mon salaire à chaque fin de mois, je paye mes impôts, je rembourse mes crédits, je vais au restaurant et part en Europe pour les vacances. Le reste mimporte peu et le fait dappuyer sur ce bouton pour la 6e fois aujourdhui naffecte en rien mon état moral.
- Et bien Perkins, reprit son chef faussement étonné, voilà que vous faites preuve dune conscience professionnelle parfaite. Sachez néanmoins que vous ne devez votre agréable situation quà vous-même et, cest à mon avis cela qui est le plus important. Il est clair que notre profession exige une certaine
voyons voir
une certaine maîtrise de soi, dirons-nous. Ce que nous faisons en ce moment, peu de personnes non préparées auraient la force de le faire. Cest votre imperméabilité aux sentiments et votre manque absolu dempathie et de compassion que japprécie le plus chez vous, Perkins. Vous savez, avec la technologie actuelle, cette tâche pourrait très aisément être accomplie par des machines.
- Effectivement, le jeune homme leva les yeux vers le plafond.
- Seulement il y a un problème avec les machines. Voulez-vous savoir lequel ?
- Je suis curieux de le savoir, Monsieur. Tout en prononçant ces paroles, le pouce de Perkins pressa le bouton rouge. La vaste pièce sillumina dune lueur orangée vacillante qui lui rappelait à chaque fois les couchers de soleil dété, lorsquau crépuscule le ciel revêt cette couleur chaude et que le soleil disparaît derrière lhorizon. Avec sa jeune soeur, adolescent, Johan Perkins adorait admirer le spectacle du coucher de soleil sur locéan. Cétait il y a longtemps, trop longtemps pour y accorder une importance quelconque se dit-il alors.
Le regard vif et les traits détendus, le chef reprit.
- Les machines sont perfectibles et défaillantes, Perkins.
- Je ne comprends pas bien, Monsieur
- Cest pourtant clair ! On peut toujours améliorer les machines et nos ingénieurs sont là pour cela. Mais nous, Perkins, il posa sa main ferme sur lépaule de son assistant. Nous, répéta-t-il, nous ne pouvons être améliorés, puisque par définition, en 2032, de par la biophysique, leugénisme et par la suite lapprentissage collectif, être humain signifie être parfait. Nous sommes, vous et moi, des êtres parfaits mon ami ! Il desserra son étreinte. De ce fait, il y a une grande différence entre lêtre humain et la machine.
- Je comprends bien Monsieur, mais pourquoi dites vous quelles sont défaillantes ? Son supérieur esquissa un sourire malicieux.
- Je vous laisse méditer là-dessus Perkins, mais dites vous bien quelles ne le sont quen certaines circonstances.
Johan se sentit mal à laise. Il avait essayé de faire bonne impression et il sétait retrouvé comme empêtré dans le raisonnement de son patron, dont il comprenait parfaitement le sens mais pas la motivation. Pourquoi lui avait-il subitement parlé de cela ? Il neut pas le temps dy réfléchir car un autre chargement arriva.
- Cest une famille de clandestins portoricains pris sur le vif à la frontière, fit lhomme en regardant son holo-journal. Ils ont été faits prisonniers à 11 h 28, sont passés devant le juge à 14 h 32 et il est actuellement 14 h 53. Johan les vit à travers la grande vitre sans tain. Il vit ce qui devait être une famille; deux hommes, une femme, un garçon dune quinzaine dannées et une petite fille, probablement plus jeune. Leurs regards étaient figés, aucune expression sur leur visage, sinon de lappréhension. Pourquoi avez-vous essayé de passer la frontière, leur demanda Johan intérieurement ? Cest dune stupidité affolante. Vous naviez aucune chance, strictement aucune ! Vous êtes des sous-hommes, des larves ! Vous espériez quoi ? Vivre aux crochets des citoyens de ce pays ? Obtenir la nationalité américaine ? Alors quoi ? Travailler ? Nous navons pas besoin de vous, pour cela, nous avons des machines infiniment plus efficaces et performantes !Quespériez-vous en passant cette frontière ? Quelles étaient vos motivations, votre démarche, vos espoirs ? Il ny a pas de place pour vous ici, pas de place pour des organismes et des esprits défectueux. Votre place est dans votre pays, au-delà de nos frontières ! Il les dévisageait avec une rage et une nervosité folles. Pourquoi tu pleures, petite ignorante ? Quest-ce que vous foutez là, nom de dieu ? ! Vous devriez être chez vous, aux champs ou à la plage, je nen sais rien, mais comment diable avez-vous pu être aussi idiots pour ne serait-ce quentrevoir une bride despoir de réussir votre entreprise ? Sa haine sintensifiait à mesure que lholo-compteur débitait les secondes avant lexécution. Qui pensez-vous être ? Vous nêtes pas issus des pratiques eugéniques vous ! Vous navez pas été éduqués selon nos règles et nos idéaux ! Vous ne pensez pas vous ! Vous agissez et cest tout ! Vous nêtes rien de plus que des humains au rabais ! Vous ne servez à rien, alors que vous vouliez vous venir faire ici ? On dirait une bande de moutons ! Oui cest cela ! Vous êtes des moutons attendant bêtement dêtre abattus sans même savoir ce qui vous attend. Vos vies ne valent rien si vous ne faites pas partie de notre biotope, de notre espace socio-culturel.
Le bip de fin de compte à rebours retentit. Pris dune colère noire qui échappait à son contrôle, Johan sempressa dappuyer sur le bouton rouge. La température à lintérieur de la cabine commença à monter. En quelques secondes, elle atteignit les 800° F. De lautre côté de la vitre, ni Johan ni Edward Thomson ne pouvaient entendre les cris de douleur des personnes à lintérieur. Il pouvaient juste voir. Voir ces mannequins désarticulés se tordre dans tous les sens. Voir leur peau basanée rougir sous leffet de la chaleur et se détacher peu à peu du reste de leur corps, qui brûlait progressivement. Chair, muscles, ligaments, os, au bout dune dizaine de secondes datroces souffrances, il ne subsistait rien de ce qui était, quelques instants plus tôt, des êtres humains. La cendre fut aspirée et évacuée par le sol. Un système de nettoyage automatique se mit en route alors et lascenseur remonta vers les niveaux supérieurs.
- Affaire classée, sexclama Thomson dun ton enjoué. Johan ne répondit pas et détacha son doigt du bouton.
- Daprès vous, fit Thomson, quelle a bien pu être la motivation de ces gens pour passer la frontière ?
- Je ne sais pas, Monsieur ! Ce sont des individus inférieurs, sil navaient pas été aussi faibles et idiots de penser quils auraient pu franchir les limites de notre territoire en échappant à notre police, ils seraient très certainement encore en vie.
- Vous avez tout à fait raison. Vous savez, je suis issu de la première génération dêtres humains « primat » et vous de la seconde. Daprès vous, où se situe la différence entre vous et moi ?
Johan réfléchit un instant et fixa le regard de son interlocuteur.
- Il ny en a pas, Monsieur. Du moins dun point de vue physiologique. Cependant, léducation que jai reçue était plus stricte que la vôtre et génétiquement parlant, et bien
- Et bien ? !
- Et bien je suis plus évolué que vous, Monsieur. Mais cela tient au fait quentre ma génération et la vôtre, il y a eu 20 ans de progrès technologiques et 20 ans ce nest pas négligeable, Monsieur.
- Parfaitement ! Vous avez tout à fait raison. Cependant, dun point de vue
comment dire ? (Il porta la main à son menton) social, voilà, social, nous sommes identiques nest-ce pas ?
- Bien sûr, Monsieur !
- Perkins, ! Imaginez vous un instant cette hypothèse ; le gouvernement pris dans un élan grotesque de renouveau, décide de rétrograder ma génération au rang des personnes ridicules et pathétiques que vous venez dexécuter à linstant.
- Jimagine, Monsieur
- Imaginez alors que pour une raison x ou y, je me retrouve un jour à leur place, dans cette cabine.
Johan voyait très bien où son chef voulait en venir et rétorqua aussi sec :
- Jappuie sur le bouton sans hésiter une seconde, Monsieur ! Malgré tout le respect que jai pour vous et la sympathique que vous minspirez, si pour une raison x ou y, vous vous retrouvez alors dans cette cabine, cest que la justice vous y a conduit. De ce fait, en partant du principe que notre justice est infaillible, jexécuterais la procédure comme dhabitude, sans me poser de question et sans avoir de regrets.
- Très bien, mon jeune ami, fit Thomson dun air satisfait. Johan rajouta alors :
- Dailleurs, Monsieur, si je nappuie pas sur le bouton dans les 60 secondes après la fin du compte à rebours, selon larticle 1-A du code du travail, cest moi qui viendrait prendre place après vous dans la cabine et ce, parce que cela constituerait une faute professionnelle grave, ainsi quun manquement aux règles en vigueur établies par notre gouvernement.
- Bien, bien, bien, Perkins
- Mais cela ne peut arriver, Monsieur.
- Et pourquoi donc, je vous prie ?
- Parce que je suis un humain de classe A, comme vous, et notre espèce ne peut commettre derreurs.
- Tiens donc ! Et pourquoi cela ?
Johan sourit et répondit dune voix enjouée.
- Parce que nous sommes parfaits, Monsieur ! Et à ce titre, nous ne pouvons commettre la moindre erreur, cest génétiquement impossible, Monsieur. Johan avait limpression de passer un test. Thomson connaissait parfaitement les réponses à ses propres questions. Il pensa alors que son supérieur voulait juste le contrôler, pour palier à déventuels disfonctionnements. Johan allait très bien et répondit avec succès. Cela le rassura, même si le niveau dinterrogation nétait pas très élevé. On lavait conditionné dès son plus jeune âge à penser de la sorte et les enseignements de ses professeurs et de ses parents étaient gravés à jamais dans son cerveau.
- Mais, Monsieur le Juge, je vous jure quil sest jeté sous mes roues ! Je
Jétais bien concentrée, Monsieur le Juge et je vous assure quil sest jeté sous mes roues. La jeune femme avait les larmes aux yeux, totalement paniquée et perdue, elle avait du mal à tenir sur ses deux jambes. Derrière son bureau en ébène, les trais tendus et le buste rigide, le juge Baker, représentant de létat de New York répondit fermement.
- Comment, Mademoiselle, comment diable cet homme a-t-il péri sous les roues de votre véhicule alors ? Rose était dans un état de stress et dangoisse qui néchappa pas au magistrat.
- Je
je ne sais pas Monsieur le Juge. Je suppose
Enfin
enfin peut-être quon la poussé ou peut-être quil a trébuché
Je ne sais pas. Mais ce nest pas ma faute, Monsieur le Juge, je vous le jure, ce nétait pas ma faute. Ou alors il sest suicidé
Le juge explosa de rire.
- Suicidé ! Reprit-il gaiement. Cest un individu de classe A, comme vous et moi, Mademoiselle Doyle. De ce fait, comme vous et moi, il était incapable de songer au suicide. Il rajouta sérieusement. Y avez-vous déjà pensé, Mademoiselle ? Rose balbutia tandis que les larmes coulaient le long de ses joues fines.
- Non, Monsieur le Juge, jamais.
- Bien ! Alors avouez donc que cette hypothèse est tout à fait saugrenue, voire ridicule.
La jeune femme baissa la tête.
- Je lavoue, Monsieur le Juge. Cest ridicule, mais je nai pas pu tuer cet homme, cétait un accident.
- Vous dites ?
- Un accident, ce nétait quun accident, rien de plus.
- Je vois. Il passa le doigt sur son holo écran et lut quelques lignes du dossier de Rose. Il réfléchit alors pendant quelques secondes, avant de tourner la tête vers elle. Cétait son 8e jugement ce jour-là et dautres étaient en attente. Il reprit calmement.
- Vous êtes puéricultrice du 2nd degré nest-il pas ?
- Oui, Monsieur le Juge, cest cela.
- Et vous exercez ce métier depuis 6 ans, est-ce exact ?
- Cest exact, Monsieur le Juge.
- Je vois, reprit-il à vois basse. Mademoiselle Doyle, étant donné vos états de service au sein de la société et le caractère particulier de cette affaire, particulier car cest votre parole contre celle dun mort, étant donné labsence de témoin, il reprit son souffle, je vous condamne à la peine capitale pour homicide involontaire sur un individu de classe A, aggravé par un manque total de discernement et dhonnêteté, valeur détat par excellence. Le juge regarda encore son holo écran et reprit son jugement. Vous serez exécutée par pyrolyse dans exactement 15 minutes et 33 secondes. Rose seffondra.
- Attendez, cest une erreur, vous ne pouvez pas
Je ne lai pas tué je vous le jure ! Attendez
Deux gardes armés la relevèrent et laccompagnèrent tant bien que mal vers la porte de lascenseur.
- Vous avez commis une terrible erreur en tuant cet homme, Mademoiselle Doyle, fit le magistrat en suivant la jeune femme du coin de lil. Rose ne pouvait plus parler, elle était prostrée, abattue, sans substance.
- Une vie pour une vie, reprit-il, cest la condition sine qua non au triomphe de la justice. Il se tut et pivota son siège vers lautre côté de la pièce majestueuse.
- Amenez-moi le dossier suivant ordonna-t-il fermement à un garde.
- Tout de suite, Monsieur le Juge, répondit celui-ci avant de se diriger vers la porte dentrée. Le juge Baker effaça le dossier de Rose Doyle des archives de létat et se sentit tout à coup soulagé. Rose, quant à elle, fut jetée dans la cabine, quasiment inerte. Les portes se refermèrent derrière elle, la laissant seule face à une mort quelle savait douloureuse et inéluctable.
Johan était sclérosé.
- Cest ma soeur, fit-il sans fait transparaître son abattement. Je la connais depuis toujours
Cest une erreur, elle est incapable de faire du mal à qui que ce soit. Il la voyait taper contre la vitre avec lénergie du désespoir, elle implorait, suppliait quon lépargne. Johan ne pouvait percevoir ses paroles, la cabine était insonorisée. Le compte à rebours se déclencha et il avait à peint deux minutes pour prendre une décision, lexécuter ou périr avec elle.
A lintérieur, les mains de Rose étaient en sang. Elle était debout, fondant en larmes et épuisant ses forces contre la vitre qui ne cédait pas sous ses coups. Son maquillage nen nétait plus un. Ses larmes étaient devenues noires à cause de son mascara qui coulait.
- Cest une erreur, criait-t-elle à en perdre la voix, cest une erreur, je nai pas tué cet homme, il sest suicidé !
- Les classes A ne se suicident pas, repris Andrew. Léthargique, Johan ne pouvait détourner son regard de Rose. Cest une erreur se répétait-il en boucle dans sa tête. Cest une erreur, une erreur, il ne peut en être autrement, cest forcément une erreur. Rose, que sest-il passé ? Pourquoi es-tu là, devant moi, derrière cette vitre dans laquelle tu ne peux voir que ton reflet ?
- 45 secondes avant exécution, fit lhomme posté derrière Johan. Cest vous ou elle, fit-il. Quel choix allez-vous faire mon garçon ? Il jubilait. Allez-vous presser le bouton ou mourir à votre tour ? Peut-être voulez-vous que ce soit moi qui le fasse. Cest vrai, durant toute votre existence, vous navez eu quun seul choix à faire, celui de votre profession. Aujourdhui vous en avez un deuxième
Vivre ou mourir. Vous êtes au sommet de la justice Johan, vous êtes le dernier maillon de la chaîne. Vous êtres au sommet de la pyramide. Alors quelle autre alternative dexécuter celle qui, en théorie aurait dû vous accompagner toute votre vie, sinon mourir ? Vous devez faire votre travail sans état dâme. Vous navez pas dâme mon ami, vous nen disposez pas car vous avez été conçu sans. 30 secondes avant la fin du compte à rebours. Appuyez et la justice triomphera. Nappuyez pas et ce sera votre tour. Allons ! Ne me dites pas que vous ressentez de langoisse, de la peur ou de lempathie. Vous ne pouvez pas ressentir cela, vous êtes un être humain, bien plus humain que tous les autres. Nhésitez pas, appuyez, vous navez pas le choix si vous voulez continuer à vivre.
- Jai pris conscience de quelque chose, Monsieur, sortit fébrilement Johan en regardant Rose sacharner sur la vitre blindée.
- Vous minquiétez Perkins, mais poursuivez, vous avez 15 secondes. Johan se retourna alors vers lui et répondit fébrilement :
- La seule différence entre vous et moi
cest que mois je suis assez intelligent pour me détacher de tout ce que lon ma enseigné et que je suis capable de penser par moi-même. Je suis un échec de la science et de la politique de ce pays. Dailleurs, je viens à linstant de me rendre compte que si je fais ce travail depuis tant dannées sans ressentir le moindre sentiment de pitié ou de compassion, cest juste parce quon ma conditionné à le faire de la sorte. Je déteste ce système et je vous déteste tout autant.
- Prodigieux ! Repris, abasourdi Andrew. Comment est-ce possible ? En prononçant ces parole, il consulta le compte à rebours. 10 secondes, Perkins.
- Je suis un homme parfait, par conséquent, je ressens ce que lêtre humain a de plus insoluble en lui, lamour. Et par amour pour ma petite soeur, afin que je vive car je sais que cest ce quelle veut, je vais appuyer sur ce bouton. Le bip dont lécho se propagea dans toute la pièce retentit soudainement. Johan regarda une dernière fois Rose et pressa le bouton. La pièce semplit alors dune lueur orangée qui se diffusa en elle. Il y eut alors un long moment de silence.
- Jai compris pourquoi vous disiez que les machines étaient défaillantes, Monsieur
Jai compris. Jai aussi compris que tout cela était calculé. Vous aviez tout planifié, nest-ce pas ?! Vous aviez tout prévu depuis le début, de sa réaction à la mienne. Sauf que vous avez oublié le plus important, Monsieur. Vous avez oublié que quoi que lon puisse faire contre cela, il restera toujours quelque chose dimmatériel dans notre cerveau quaucune manipulation génétique, aucun eugénisme et aucune technologie ne pourrait faire disparaître, Monsieur.
- Quelle est cette chose Perkins ? Johan se dirigea dun pas ferme et décidé vers la sortie. Il ouvrit la porte et avant de la refermer, apporta sa réponse à la question dAndrew.
- Lesprit, Monsieur, rien ne pourra faire disparaître lesprit.
La porte claqua violemment et Johan disparut derrière elle.
En rentrant chez lui, il vit Rose allongée sur le sofa. Elle formait à points fermés. Un sentiment de bonheur indescriptible sempara de son être. Il resta figé devant elle de longues minutes avant de prendre place à ses côtés.
Le lendemain, il se réveilla de bonne heure. Le soleil diffusait une douce lumière printanière à travers la vitre du séjour. Dans son sofa, Johan Perkins scruta le silence dun air apathique. Pas un bruit, pas un murmure, pas un souffle, pas de Rose.