Il était une fois une jeune fille qui sappelait zaina. La bonne fée a donné à zaina tout ce qui peut la rendre heureuse : la beauté, lintelligence et surtout le savoir que beaucoup ne possédait pas .Jalouse de cet être heureux, la mauvaise fée a voulu que zaina perde de son bonheur, alors elle lui a défendu toute joie avant davoir passée par le couloir de la souffrance .Ainsi elle la fait vendeuse de parfums aux gens heureux
.. des parfums étranges
.
Dun mouvement las, Zaina fait glisser la bretelle de son sac le long de son bras. Celui-ci vient sécraser parterre dans une nuée de poussière rougeâtre. Sur le tissu de toile encore un peu noire, est inscrit : « Parfums uniques ».
Soudain, prise dun vertige, la jeune fille se laisse tomber à son tour près du sac. Elle se retourne à la recherche d une épicerie pour calmer son ventre creux. Hélas à cette heure ci, tous les commerçants de ce minuscule village font la sieste, un rituel aussi vieux que leurs terres. Les épiceries nouvriront quaprès la prière de quatre heures. Il est juste trois heures.
Dans son fort intérieur, zaina jure contre le car qui la amenée. Sil nétait pas aussi lent, aussi vieux, elle serait ici depuis neuf heures du matin ! Elle se rappelle également du gros et gras chauffeur qui tout le long du voyage narrêtait pas de lui faire des clins dil grossiers qui amplifiait spectaculairement sa laideur ! Elle se sent fortement humiliée quun monstre pareil ose laborder, elle, zaina, licence en droit,, belle, intelligente mais pauvre dans une contrée saturée
Zaina ne connaît pas cette région. Cest sa patronne qui lenvoie ici. Elle doit trouver la maison dune cliente,apparemment, très fidèle et lui donner les parfums, avant la tombée de la nuit. Sinon elle ratera le dernier car qui rentre à la ville.
Toute distraite par ses pensées, zaina ne remarque pas lagitation qui commence à se faire autour delle. Cependant des rires chuchotés finissent par briser son inattention. Curieuse, elle lève de beaux yeux bruns rehaussés par de longs cils noirs. Sa bouche esquisse le prélude d un sourire. Ce dernier se fige quand elle rencontre la horde bizarre qui la dévisage.
« Dieu tout puissant, pas la moindre trace dun visage féminin ! » sexclame t-elle . Tous des hommes, non ! plutôt des males affamés à voir leurs bouches ouvertes, des géants, pire des bourreaux » . constate zaina. Plusieurs minutes passent,pendant lesquelles sengage une négociation inégale entre des yeux qui dénudent et revêtissent et un regard qui tantôt se défend et tantôt supplie. Tout à coup des éclats de sons fusent. Interloquée zaina tente de comprendre sil sagit dun rire ou dun rugissement. Ils ne lui laissent pas le temps car la horde bouge sp;comme une seule créature et se dirige droit sur elle. Rapidement, zaina enfile son sac et prend la fuite. Elle court, pleure, supplie, insulte pendant longtemps jusquà ce quelle bute contre quelque chose de dur, des bras lentoure pour dompter sa course . Croyant être rattrapée par lun des géants,elle hurle :
- Laissez moi, laissez moi par pitié ! je ne suis pas ce que vous pensez !oui daccord
.ahen
ahen jai eu tord de me vêtir de ce jean si moulant et de cette chemise si légère ! mais il fait chaud,cest pratique pour se déplacer
.ahen par pitié cest mon premier jour de travail, je vends des parfums ! prenez les,et ne me faites pas du mal ! pour lamour de Dieu !
Elle continue à gesticuler furieusement sans oser ouvrir les yeux
- Arrêtez ! calmez vous ! ils ont rebroussé chemin depuis longtemps. Folle que vous êtes ! ils ne te veulent aucun mal ! juste une de leur taquinerie. Allons, allons ressaisissez -vous et montrez - moi vos parfums ?
Zaina entrouvre les yeux, tout près de son visage, se tient une grande bouche aux lèvres minces, un nez haut perché soutient des yeux noirs, impassibles. Le reste de la figure est noyée dans une grosse écharpe bleue.
- Qui etes vous ?
- Peu importe, montrez moi vos parfums ?
- Je peux pas, ils sont vendus, je les apporte à une cliente qui habite dans ce village. Mais ou sommes- nous exactement ? Mais qui etes vous ? vous ne ressemblez pas aux autres !
Désemparée, elle examine le paysage alentour :
- Mais ou sont parti les petites maisonnettes en terre ? et les épiceries, et la poudre rougeâtre, et les ânes
..et le soleil lourd et le ciel bleu ?
Elle se retourne pour voir son compagnon, Mais il n y a plus personne, engloutit dans le brouillard qui lentoure, à peine elle eu le temps dapercevoir le morceau dun tissu bleu qui disparaît derrière une grande porte en bois noirâtre .
- Hé ho.. ou partez vous ? attendez moi sil vous plait ?
Son appel meurt dans sa gorge quand elle découvre qu à son tour le sac des parfums a disparu.
« cest sûrement lui qui a volé mon sac ! je dois le reprendre
sinon
Dieu ou suis-je ?! »
Zaina essaye tant bien que mal datteindre la porte géante . Elle ne voit presque rien tellement il y a de fumée. une fumée quelle trouve bizarrement familière. Enfin, elle atteint la porte. Sa main fébrile rencontre un énorme verrou, sitôt, le touche-t-elle, la porte souvre toute seule, sans lombre dun bruit. Etrangement toute peur quitte Zaina qui avance, tranquillement,dans le hall demi sombre guidée par lodeur familière, un sourire fantôme flottant sur ses lèvres. Tout à coup une lumière flamboyante, chasse le noir :
Une petite fille habillée en petit caftan vert, tourbillonne dans la vaste cour, insensible au feu qui crépite dans le gros « mjmer »
- cette enfant ne tient pas en place. Il ne faut pas quelle touche le feu.
Zaina recherche lorigine de la voix qui lui rappelle quelquun .Cependant, à part la fille, personne nest dans la cour.
Lenfant cesse de courir et regarde zaina dans les yeux. Zaina-enfant contemple zaina adulte,elles se sourient. La petite fille fait un pas vers zaina, mais un bras surgit de la fumée pour emporter zaina-enfant Un hurlement se perd dans des psalmodies qui sélèvent de nulle part. zaina-enfant-adulte apparaît de temps en temps soulevée du même bras fuselé au-dessus du « mjmer ». Lodeur de lencense samplifie dabord dun seul bloc, ensuite, elle se décompose en une suite de petites filles lune à peine plus âgée que lautre. Les petites filles pleurent, rient, dansent, chantent dans un rythme de plus en plus enfiévré, p; les parfums montent au ciel dans toutes les couleurs
.des coups de tout coin retentissent dans les oreilles de zaina qui, proie à la transe, débride sa longue chevelure noire et se jette dans la fumée des senteurs.
Dedans les petites filles lencerclent et de leurs minuscules pattes, déversent les flacons lun après lautre sur sa tête, son ventre, ses pieds
.de sa bouche sort des voix denfants, d hommes et de femmes vielles et jeunes
elle crie à perdre haleine puis son souffle séteint.
Dehors il fait un soleil daplomb, lodeur de la boue emplit latmosphère. Les hommes viennent douvrir leurs étroites épiceries. Et comme à leur habitude, ils jette un peu deau sur les façades pour rafraîchir lair. Zaina, indifférente au groupe denfants qui la scrute, soulève le sac des parfums ; elle se dirige vers lun des vendeurs.
-Et lhomme à lécharpe bleue, et la danse des parfums, Mère, ou sont-t-ils parti ?
- Je ne sais pas ma fille, cest un conte, et dans un conte tout est permis ma chérie. Certaines questions sont intruses.
La petite fille fait une moue et dort bercée par les voix des petites filles-parfums.