Voici présenté ce texte inédit sur les aventures de Ramnès et de son équipages. On peut lire cette histoire immédiatement après la lecture dIvanhoë de Walter Scott, puisquil en est la suite...
Cergy, le 6 février 1998.
Rébécca
I
10 mai 1194. Portsmouth. Royaume d'Angleterre.
Rébécca, fille d'Isaac D'York, le banquier venait de se réveiller. Ses draps étaient encore froissés de par la tendre union qu'elle avait connu avec le roi cette même nuit.
En effet, Richard Plantagenêt, chevalier valeureux et généreux, roi d'Angleterre, duc de Normandie et d'Aquitaine, comte d'Anjou, avait fini par épouser Bérangère de Navarre, mais celle-ci étant stérile, au dire des médecins, il avait fait de Rébécca, une juive, sa concubine officieuse.
Il venait de rentrer en Angleterre, après quatre ans d'absence en Terre Sainte et en Autriche, où il avait été fait prisonnier par les sbires du duc d'Autriche, Léopold.
Isaac d'York, avec l'aide de Robin de Locksley dit Des Bois et de Sire Wilfrid d'Ivanhoë avait rassemblé la rançon exigée par l'empereur du St Empire Romain Germanique, soient 150 000 marks d'argent.
Ce fut Cédric de Rotherwood, le propre père du chevalier d'Ivanhoë qui se rendit avec cette somme faramineuse en Allemagne, et qui raccompagna le roi en Angleterre.
Rébécca, en tant que concubine officieuse du roi, était à la fois triste et heureuse, mais haïe. Elle savait que l'enfant qu'elle pourrait avoir ne serait jamais reconnu comme étant légitime. Un juif, ne pourrait jamais monter sur le trône d'Angleterre, ni même y prétendre !
Richard venait de quitter la chambre, et cétait au tour du banquier, Isaac fils d'Adoniram, dit " Isaac d'York ", qui pénétra dans la chambre.
" - Ma fille ! Ma fille ! Quel malheur !
- Pourquoi cries-tu ainsi, mon père ?
- Voyons Rébécca ! Tu sais bien ce que je veux dire. Voilà une semaine que le roi dort auprès de toi, et tu trouve cela normal ?
- Non, bien sûr. Mais il est le roi ...
- Oui, et un roi chrétien !
- Pour ça, il n'y a pas de problème mon père. Si jamais Richard a engendré un enfant dans mon sein, cet enfant, que ce soit un garçon ou une fille, cet enfant disais-je, sera juif.
- Certes ! Mais quel sera son destin ? Roi, prince, ou princesse, il ne le sera jamais. Le prince Jean a décidé de " venger " l'honneur de sa belle-sur, la belle Bérangère de Navarre. Il a décidé que si tu portais un enfant, celui-ci devrait mourir à la naissance, et il a décidé de te faire tuer aussi, par la même occasion. Nous sommes perdus mon enfant.
- Peut-être pas. Nous devons faire en sorte de partir dès demain sur les terres que possède le roi outre-Manche. Il m'a confié cette nuit que demain il appareillerai pour la Normandie, et de là, nous pourrions le suivre, ou bien retourner en Espagne, à Tolède où je suis né.
- Ma fille, tu sais bien pourquoi nous avons du quitter l'Espagne : on t'y prenait pour une sorcière, parce que tu avais appris l'art de guérir auprès de Myriam de Manassa. Et tu sais le sort qu'on lui a fait, sort que tu as failli connaître toi-même il y a à peine huit jours. Non ! Si nous devons quitter l'Angleterre, ce n'est pas en Castille que nous devons nous rendre. Non ! Mon petit cousin du côté de ma mère, le sage et vénéré Rabbi 'Haï fils de Ye'hezkel nous accueillera dans sa maison, située à Kairouan. Qu'en penses-tu ?
- Je ne sais mon père. Peut-être est-ce la meilleure solution, en effet.
- Tu sais, le prince Jean est tenace. Il n'aura de cesse que lorsqu'il se sera vengé. D'autant plus qu'il est l'héritier directe de son frère qui n'a pas encore d'enfant. Nous risquons nos vies, si nous restons ici. Nous serons mieux, je pense, en terre d'Islam, où les juifs que nous sommes, si ils sont méprisés, ne sont pas persécutés. Nous y vivrons mieux qu'en terre chrétienne. Je te demande donc de ne pas en souffler mot à qui que ce soit, mais tu dois convaincre le roi de nous emmener avec lui, outre-Manche, dans ses terres normandes.
- Mais que lui dirais-je, mon père ?
- Eh bien, ma fille, tu nauras quà lui dire que nos vies ici, sont en danger, et moi, je vais de ce pas préparer nos quelques biens afin de les emporter avec nous.
- Très bien mon père, je ferais ce que tu me demandes. "
Sur ces mots, il la quitta se dirigeant vers la maison quils venaient de louer à Portsmouth.
Rébécca, restée seule, ne quitta le lit que lorsquelle en eut assez de ressasser de sombres pensés. Elle se leva, deux heures après que son père leut quitté. Elle sapprêta, et rendit grâce au Ciel, en priant le D-ieu dIsraël, et lui demandant daccorder à son père, ainsi quà elle-même le repos tant désiré. Les anglo-saxons ont raison de dire : " home, sweet home ! ". Nest-ce pas une simple vérité ? Elle pria aussi pour que D-ieu accorde longue vie au bon roi Richard. Personne nest parfait ! Ensuite, elle se prépara pendant quune servante aérait la chambre et faisait le lit.
Quelques instants plus tard, Richard, quon avait surnommé " Cur de Lion " pour sa bravoure et son esprit chevaleresque, pénétra dans la chambre de Rébécca. Elle le salua et lui demanda sil voulait boire.
" - Avec plaisir, répondit-il.
- Sire, je nai que de leau à vous offrir.
- Nas-tu pas autre chose ?
- Non Majesté. "
Il sapprocha de la belle et lui dit :
" - Cest de tes baisers dont jai soif ! " Et il lembrassa.
Elle se laissa faire, puis, elle prit laiguière en argent et lui versa de leau fraîchement puisé dans une coupe dor ouvragée quil avait ramené de Sicile, lors de son périple en Terre Sainte, pour la IIIème Croisade. Il en avait mal à la langue davoir trop parlé durant la séance du Conseil du royaume qui venait de se tenir. Tous ses vassaux, et son frère le prince Jean le premier, le priaient instamment de renvoyer " cette " Rébécca, cette Juive, cette fille de cette race proscrite !
Sa Majesté avait essayé de les persuader que son épouse, la gracieuse Bérangère, était incapable de donner, malheureusement, un héritier au trône dAngleterre, et que Rébécca était suffisamment belle pour lui donner un fils...
" Mais elle est Juive ! " avait crié Jean.
" - Sire, daprès la Loi Mosaïque, lenfant qui naîtrait de votre union serait Juif, et il lui sera donc impossible de vous succéder, avait dit Beaudoin de Béthune, lun des plus proches amis du roi.
- Oui... Possible, avait répondu le roi. Mais la loi du royaume prime sur les coutumes juives, et si cet enfant venait à naître, il sera élevé selon notre loi. Maintenant, mes amis laissez nous... "
Et le roi quitta la salle du Conseil, en colère, et accompagné dAndré de Chauvigny, un autre de ses meilleurs amis.
Celui-ci lui dit :
" - Sire, je pense que vous avez exagéré les qualités de cette jui...euh... Rébécca. Certes, elle est belle.
- Oui-da ! Et cest le seul argument que nous ayons pour la protéger des mains avides et cruelles de notre frère Jean, et de ses sbires.
- En effet. Votre Majesté na pas idée de ce que Son Altesse le prince Jean peut faire lors de ses colères. On ne vous a pas dit ce quil a fait durant votre trop longue absence du royaume ? Il na fait que fomenter trahisons et félonies odieuses. Il veut purement et simplement débarrasser le royaume, que dis-je le royaume, le monde Sire, de Rébécca, de son père Isaac, et de tous les membres de cette religion abhorrée !
- Il irait jusque là, vous pensez ? Quoique ce nest pas impossible. En effet, le chevalier dIvanhoë nous avait prévenu dès notre retour de captivité. Il serait donc bon de les prendre sous notre royale protection. Bien, nous aviserons ... vous pouvez vous retirer dans vos quartiers Chauvigny ", dit le roi à son ami, lorsquils arrivèrent devant la porte de la chambre de la jeune juive.
Le roi venait dembrasser Rébécca, et était en train de boire, quand elle prit la parole :
" - Votre Majesté connaît peut-être les perfides desseins de mon seigneur le prince Jean.
- En effet chère enfant. Jen ai appris les grandes lignes. Mais, n'ait pas peur, il ne peut te faire aucun mal.
- Non, tant que vous êtes là Sire. Mais demain vous partez pour vos terres de Normandie. Que vais-je devenir ?
- Il faudra simplement venir avec moi. Tu peux dès que possible préparer tes affaires, et te rendre sur le navire qui appareillera demain, avec la marée.
- Et mon père, Sire ?
- Ton père ?
- Oui Sire, mon père.
- Ah oui, ton père... En effet, Jean pourrait se venger de lui, sans ménagement. Il serait bon qu'il nous accompagne aussi.
- Majesté, vous nous sauvez la vie, à n'en point douter.
- Oui-da, belle enfant. Prépares tes affaires et celles de ton père. Demain, dès l'aube, je vous enverrai un chariot ainsi que des chevaux et une escorte armée. C'est Beaudoin de Béthune qui viendra vous prendre, ton père et toi, ici même.
- Merci, votre Majesté."
Et Richard bu une autre coupe d'eau fraîche.
Ensuite il la laissa.
*
* *
La mère du roi Richard, Aliénor dAquitaine, vint rendre visite à Rébécca. Ce fut dautant plus étonnant que cétait la première visite de la Reine-Mère. Cest elle qui avait été linstigatrice du mariage de Richard (le préféré de ses enfants) avec Bérangère de Navarre. En effet, les accords conclus avec Philippe Auguste, le roi de France, stipulaient que Richard devait épouser la sur du roi à la fleur de lys, Alice de France.
Aliénor pénétra dans la chambre de Rébécca, passablement en colère.
La jeune fille la reconnaissant immédiatement baissa la tête, et écouta les cris de la dame, qui commençait à prendre de lâge :
" - Jeune fille, vous êtes une intriguante. Vous êtes jolie, il est vrai. Vous êtes jeune, vous avez de grands yeux, des cheveux couleur débène. Vous êtes avenante... Mais Richard ne peut vous aimer, et il ne peut répudier la reine son épouse. Or donc, il serait bon, pour vous et votre... sécurité, que vous quittiez au plus tôt cette haute demeure, et alliez loin dici.
- Majesté, il mest impossible de faire cela. Ce serait contrevenir et désobéir aux ordres du roi lui-même.
- Ah bon ! Et quels sont-ils ?
- Il a simplement demandé à ce que nous laccompagnions, mon père et moi, demain en Normandie.
- Il vous a dit ça ? Vraiment ?
- En effet, cest ce quil a dit quelques instants avant que vous narriviez. Et il a justement décidé cela pour notre " sécurité ", comme vous dites. Puisque Sa Grâce, votre fils le prince Jean à décidé de nous faire mourir, moi, et tout mon peuple.
- Sachez, jeune fille, que toute vérité nest pas bonne à dire. Que feriez-vous si je faisais mander le capitaine de la garde, et lui demandais de vous mettre aux fers, et de vous envoyer au loin, en Écosse par exemple, chez notre vassal, le duc Kenneth de Huntighton ? Là, mon royal fils naurait pas le loisir de vous y chercher. Son départ pour la Normandie ne pourra être remis; il vous y abandonnerait. Bien, je vais vous laisser à vos pensées. Mais sachez malgré tout que la reine accompagnera le roi demain ! "
Elle sortit en pensant quelle avait réussi à intimider la jeune fille. Mais depuis son " faux " procès pour sorcellerie, où elle avait vu et entendu les plus grossiers mensonges, elle navait plus peur de rien !
Après que la Reine-Mère leut quitté, elle prit une légère collation, puis rassembla les quelques robes, bijoux, et affaires personnelles qui lui restaient depuis que son père et elle avaient quittés lEspagne, où elle avait vu le jour.
En début de soirée, son père la rejoignit, accompagné de quelques serviteurs et de trois coffres, dans lesquels avaient été déposés le peu de richesses qui leur restait. En effet, les spoliations successives depuis lEspagne, la Provence, lAllemagne et lAngleterre, et la participation dIssac à la rançon fabuleuse de Richard avait été fort grande. Certes, sa participation au rachat du roi avait été du tiers de la somme, soient 50 000 marks dargent, et Richard nen savait rien.
Isaac demanda à sa fille si elle était prête, et, elle lui répéta ce que lui avait dit le roi.
" - Très bien ma fille. Il ne nous reste plus quà attendre la venue de lescorte.
- Oui mon père. Mais ce soir, il y a encore danger.
- Nous resterons ensemble ce soir. Le roi doit aussi préparer son voyage, et il ne viendra sûrement pas.
- Il ne men a pas parlé. "
Et avant de sasseoir, il sorti dun des coffre un gros livre manuscrit hébraïque enluminé en parchemin. Cétait un volume du Talmud, intitulé " Kétouboth " (" contrats de mariage "). Il le posa sur la table, et commença à lire les mots à haute voix, afin que sa fille puisse profiter de son étude.
Lorsque vint le crépuscule, le roi accompagné de Beaudoin de Béthune et dAndré de Chauvigny arrivèrent et entrèrent dans la chambre " hostellerie ", dans laquelle vivait et mangeait Rébécca.
" - Enfin ! Nous pouvons vous voir ! avait dit Richard en apercevant le vieil homme perché sur son livre.
- Majesté ! avait simplement dit le vieil homme. Et il prononça en hébreu la bénédiction que lon dit en rencontrant un roi, " Barouh Ata Ha Shem Elohénou Méléh A olam ".
- Que dites vous ? demanda Richard.
- Sire, je viens de bénir D-ieu de mavoir fait vivre et vous rencontrer. Cest ce quon fait toujours lorsquon rencontre une tête couronnée, car D-ieu fait don dune partie de Sa Majesté aux hommes.
- Vous êtes vraiment de drôles de gens ! avait dit Richard en souriant franchement. Bon, maintenant vous allez nous suivre. Nous sommes venus vous chercher, car finalement, le navire appareille cette nuit. Nous avons dû changer nos plans. André de Chauvigny qui est à notre droite est désormais le régent du royaume jusquà notre prochain retour. Allons venez. Des domestiques se chargeront de vos affaires.
- Bien Sire. Nous vous suivons. "
Quelques instants plus tard, il y avait foule devant le bateau du roi, le " Cur de Lion ". Même la reine Bérangère était là. Lorsquelle passa auprès de Rébécca et de son père, elle lui souffla près de loreille, en castillan, " no le odio " (" je ne vous hais pas! "). Et Rébécca pu voir clairement des larmes couler sur les deux joues de la souveraine. Elle éprouva une peine immense, et pourtant, elle-même ne la haïssait pas. Elle se demanda comment gérer le fait dêtre reine et femme à la fois ? Surtout, lorsque les besoins du cur et ceux du royaume pouvaient être divergeant, et comment lui donner un héritier mâle.
En montant sur le navire, elle se fit toute petite, et devant le mépris et lagressivité ambiante, on leur assigna une place à larrière du bâtiment. Là, Isaac et sa fille se couvrirent de leurs couvertures, et la nuit étant déjà bien avancée, ils sendormirent sous les étoiles de cette nuit de mai.
*
* *
Mon cur était un lion
Il est dans les chaînes.
Et par le monde,
Je vais chantant ma peine.
Et, je vais cherchant
Mon cur à lhorizon.
Jen ai fais le serment,
Ô mon cur de lion,
Vienne le moment
De touvrir ta prison.
Et je vais partout
Le monde te cherchant...
Cétait Richard, en personne qui chantait, réveillant ainsi Rébécca et son père, et tout le navire !
Laube se levait à peine, et on était arrivé à Rouen. Le vieil Isaac dit à sa fille quils devaient se laver les mains rituellement, et il chercha dans lun des coffres un ustensile pouvant servir à cet effet.
Le bateau accosta immédiatement après, et ils débarquèrent en accompagnant le roi.
Isaac et sa fille se tenaient en retrait auprès de quelques soldats, occupés à lorgner la belle dun regard concupiscent, plutôt que de soccuper au déchargement du bateau.
Richard, remis plus rapidement quil ne leut voulu, un parchemin écrit de sa main, et scellé du grand sceau de Normandie, dans lequel il attribuait à Rébécca et ses descendants, une maison sise à Rouen, près de la Seine. Il lui donna un second parchemin, scellé de quatre sceaux distincts et différents, et lorsque Rébécca le lu, elle en fut très surprise. Cétait une Charte, anoblissant Rébécca et sa descendance jusquà la Fin des Temps :
" Nous Richard, roi dAngleterre, duc de Normandie et dAquitaine et comte dAnjou, par la grâce de D-ieu, ordonnons par les présentes :
A Rébécca, fille dIsaac dYork, nous donnons le titre de Duchesse de Cergy. Nous lui donnons pour fief héréditaire et perpétuel les cités et villages de Cergy, Pontoise, Villarceaux, Genainville, Cherence, Villiers, Hodent, Charmont, Mezières, Banthelu, Les Tavernes, Le Thillay, Clery, Guiry, Wy, Gandancourt, Avernes, Arthies, Aincourt, Mandetour, Lanvilliers, Femainville, Jambville, Seraincourt, Gaillon, Chardrouville, Sagy, Longuesse, Vigny, Themericourt, Tessancourt, Saillancourt, Courdimanche, Menucourt, Boisemont, Ecancourt, Jouy-le-Moutier, Maurecourt, Vincourt, Glatigny, Eragny, Neuville, Vauréal, Ennery, Ouen LAumône, Moussy, Commeny, Le Perchay, Us, Ableige, Fremencourt, Cormeille du Vexin, Labeville, Grisy, Epiais-Rhus, Rhus, Boissy lAillerie, Genicourt, Mongeroult, Villeneuve-St Martin, Osny, Gerancourt, Livilliers, Theuville, Vallangoujard, Herouville, Breançon, Menouville, ainsi que les revenus sy rapportant.
Le Duché de Cergy est exempt des taxes envers le Duché de Normandie, le domaine suzerain.
Avec le tire et le fief, nous lui donnons des armoiries héréditaires et nobles : D'or au lion ailé sinople, allumé et lampassé de gueules, armé dazur, et dextré en chef dun didelta dazur.
Cette Charte est valable aujourdhui et à tout jamais, pour la Duchesse de Cergy et tous ses descendants, sans restriction aucune.
Fait en notre bonne ville de Rouen, le 11 mai 1194.
Richard, Rex Deo Gratias "
"- Voici pour toi belle enfant. Je viendrai te voir demain dans cette maison. Jai aujourdhui quelque affaire à régler.
- Bien Sire ... mais si josais...
- Ose, ma chère.
- Eh bien, serait-il possible dobtenir une escorte et quelques gens pour transporter nos affaires ?
- Oui, bien sûr. "
Et accompagnant le geste à la parole, il ordonna que toutes les affaires de Rébécca et de son père soient transporté immédiatement dans leur nouvelle maison.
Ainsi, Isaac et sa fille furent logés par le roi...
II
Ramnès ne pouvait oublier le sacrifice dHéliodora, et sa meilleure amie Doris, le trouvait changé depuis son passage dans la Russie de 1918, lors de cette Révolution Bolchevique.
Cependant, Myrina lavait rejoint pour un dîner quil imaginait tranquille, quand on lappela dans sa chambre, près de lAstroport de Vénuspolis. En effet, depuis la première mission dans le temps du Cronos, ils ne pouvaient quitter Vénus, sous peine de poursuite, et dêtre recherchés et accusées de trahison (ou de " félonie " comme préférait le dire Ramnès). Malgré tout, Ramnès regrettait fortement de ne plus pouvoir habiter sur Terre, la vie sur Vénus, étant tellement moins ... " historique " !
Il neut aucun mal à reconnaître la voix du général Kamur. En effet, cétait le Q.G. de la Flotte du Temps, dont Ramnès avait la charge.
Myrina le suivit auprès de lInterphone.
" - Vous êtes là aussi Myrina ? Cela tombe bien. Vous devez rejoindre le Cronos dici deux heures, quoi que vous fassiez, pour une nouvelle mission dans le temps. Toutes les données et le but de votre voyage vous serons communiqués à votre arrivé, par le nouveau Technicien du Temps.
- Bien général ", dit Ramnès en coupant lInterphone.
Puis se retournant vers le merveilleux visage aux grands yeux azurs du Commandant Myrina, il lui demanda :
" - Avons nous le temps de finir notre diner ?
- Je penses.
- Tu es moins " discipline-discipline " à ce quon peut voir !
- Que veux-tu dire ?
- Je veux dire que si nous étions avant notre premier voyage, tu naurais pas hésité à me laisser en plan, et tu serais déjà en route pour le hangar du Cronos.
- Cest peut-être vrai, finit-elle par répondre après un moment de réflexion, le regard plongé dans son assiette. Puis le gratifiant dun franc et grand sourire, il va falloir descendre malgré tout! Nous ne pouvons rater le décollage.
- A-t-on vu le nouveau " Technicien du Temps " ?
- Oui, euh ... il sagit du Lieutenant Louiza de Mars...
- De Mars ? Tu veux dire quelle vient vraiment de Mars ?
- En effet, elle est née à Aresville, il y a vingt-trois ans.
- Étonnant ! Je ne savais pas quon avait des officiers là bas. Jai toujours cru que les habitants de Mars étaient des colons agriculteurs ou des artisans et des industriels.
- En effet, il y a déjà cinquante ans ! répondit Myrina en riant franchement. La naïveté de Ramnès la sidérera toujours !
- Bon... et maintenant ? demanda-t-il.
- Nous devons y aller...
- Bien, je vais appeler Doris, la prévenir que je pars en mission, et que je reviendrai à une date ultérieure. "
Il lappela en effet, mais ne la trouvant pas, il lui laissa un message sur son répondeur-téléphonico-cosmique.
Puis, jetant la vaisselle " jetable ", il prit le bras de Myrina, et ensemble, ils se rendirent dans le hangar du Cronos, qui était le sous-sol de la tour dans laquelle vivaient tous les membres de léquipage et des officiers de ce vaisseau spatio-temporel.
Lascenseur sy rendit directement, et après le passage de sécurité de trois portes blindées, ils pouvaient voir le Cronos.
Lors de la précédente mission, le bâtiment navait subi aucune avarie, et on ne pouvait y apercevoir la moindre trace de son premier voyage, ni dans le temps, ni dans lespace. Cétait un solide vaisseau spatiale.
Dès que Ramnès et Myrina firent leurs premiers pas à bord, un long coup de sifflet retentit. " Commandeur à bord ! " criaient les haut-parleurs.
Ramnès et Myrina se rendirent sur la passerelle.
" Commandeur sur la passerelle ! " criait-on par les haut-parleurs.
" - Ramnès ? avait dit Myrina.
- Oui ?
- Permets-moi de te présenter la remplaçante de la très regrettée Héliodora. Voici Louiza ! "
Celle-ci sapprocha en souriant. Et Ramnès lui rendit son sourire, et en même temps il fut éblouit ! Il connaissait tout le monde sur le bâtiment, il connaissait pas mal de monde au dehors, mais jamais, il navait vu une aussi belle femme de toute sa vie.
Louiza était brune, de très longs cheveux descendaient en cascades sur ses frêles épaules. Ses yeux bleus avaient la couleur pure du saphir.
Il la regardait. Il avait oublié le monde qui les entourait.
Louiza nétait là que depuis la veille, et navait jamais vu notre " bonne vieille Terre ", pas si vieille que ça dailleurs. Elle était venue directement de sa base de Mars sur Vénus.
Myrina comprenant quHéliodora allait enfin trouver une remplaçante dans le cur de Ramnès, elle prit sur elle de commander les manuvres de départ.
Ramnès et Louiza ne se quittaient plus des yeux ! Dix minutes passèrent ainsi, où ni lun ni lautre ne dirent un mot.
Myrina, au bout de ce laps de temps rit franchement en les voyant ne pas faire un geste comme étant paralysés. Seul le regard de lun vers lautre les rattachait à notre univers. Et cest en fait le rire cristallin de Myrina qui les ramena à la dure réalité !
Ramnès, plus gêné que ne semblait lêtre Louiza, lui demanda des précisions sur leur nouvelle mission :
" - Nous allons devoir nous rendre à Rouen, dans le Duché de Normandie, le 15 mai 1196, et y recueillir Isaac fils dAdoniram et sa fille Rébécca. Celle-ci eu un garçon des uvres du roi Richard Cur de Lion. Fils que ne connaîtra ou ne reconnaîtra pas lHistoire, puisquon nont trouve la trace nulle part.
- Je sais tout cela, puisque cest moi, qui en loccurrence ai le premier émis lidée que Richard Cur de Lion na pu mourir sans héritier, et que si Bérangère de Navarre na pas eu denfant, il fallait chercher une autre femme !
- Justement ! LInstitut à linverse du gouvernement de la CIG, a demandé une enquête sur votre théorie quils ont surnommé de " loufoque ".
- Cela leur ressemble bien dappeler " loufoque " ce quils nont pas eux même trouvé, une théorie que jai moi-même échafaudé.
- Mais Commandeur, cela nest pas forcément vrai ?
- Non, bien sûr. Mais si nous devons protéger cet homme et sa fille, il serait plus prudent de savoir pourquoi le 15 mai 1196 ?
- En fait, Commandeur...
- Appelez-moi Ramnès, sil vous plaît.
- Je noserai jamais.
- Mais si, il faut oser, avait dit Myrina. Vous verrez Louiza, Ramnès est un gentil garçon. "
Ces quelques paroles de Myrina furent interprété par Ramnès comme une ingérence dans sa vie privé. Il la foudroya du regard, et sans faire attention aux éventuelles réactions du commandant, il demanda à Louiza de le suivre.
Ils se rendirent dans la chambre de Ramnès, et Louiza fut surprise de la trouver à son goût.
" - Où en étions-nous ? demanda-t-il.
- Nous disions quil fallait trouver et protéger Rébécca et son père afin déviter lassassinat dans lequel ils allaient sûrement tomber, et de les conduire en Tunisie à Kairouan, car limminente mort de Richard va provoquer la dislocation de lempire des Plantagenêt. Mais il faut garder en mémoire, que nous ne devons, en aucune manière influer le cours de lHistoire.
- Oui, je sais déjà cela. Maintenant, parlons dautre chose : Vous êtes bien parmi nous ?
- Oui, parfaitement bien, pourquoi pas ?
- Oh, pour rien. En tout cas, si vous avez à vous plaindre nhésitez pas à men faire part directement, sans passer par les officiers subalternes, ni même la gentille Commandant Myrina. Elle...
- Vous voulez dire Commandeur...
- Ramnès.
- Oui Ramnès, vous voulez dire que jai droit à un régime de faveur ?
- Non, il ne sagit pas de faveur. Mais puisque vous êtes nouvelle, il faut vous habituer à notre mode de vie terrien du XX ème siècle, comme je lai déjà décidé il y a six mois, lors de notre dernière mission. Celle-ci fut un échec, dans le sens où Héliodora, dont vous êtes la remplaçante fut tué par accident, et quil ny eut plus rien à faire... pour elle, je veux dire. Sinon, nous avons pu sauvegarder les vies des princesses Maria et Anastasia Romanov. Elle furent très braves, il faut bien le dire.
(Il avait omis de dire quil avait faillit tomber amoureux de la princesse Anastasia !)
- Jai appris ce qui sest passé... et je doute que mes connaissances sur le plan technique atteignent jamais celles quavaient acquis Héliodora. Mais je suis Historienne de formation...
- Ah bon ?
- Oui, jai étudié à la faculté dHistoire dAresville, la capitale de Mars.
- Intéressant ! Et quelle est la période que vous avez étudié ou que vous préférez?
- Disons simplement, que je suis spécialiste de la Révolution Française !
- Ah oui ? Comment peut-on étudier la Révolution Française quand on habite si loin de la France ? Je veux dire que ce quon vous a appris ne peut être que de deuxième main. Il ny a aucun doute que lidéal serait de vivre les événements historiques pour les étudier plus sereinement.
- Vous pensez ?
- Je le crois sincèrement... dit Ramnès en regardant les merveilleux yeux de Louiza. Dailleurs, comment vous apprend-on la Révolution Française sur Mars ? Quels sont les personnages historiques pour lesquels vous avez le plus destime ?
- Oh moi, cest St Jus et Robespierre...
- Eh bien ! dit-il dun ton narquois.
- Vous êtes injuste.
- Peut-être, il est vrai...
- Commandeur, nous sommes prêts pour le départ, avait dit Myrina par linterphone.
- Nous arrivons ", répondit Ramnès.
Il prit Louiza par le bras et lentraînant à sa suite ils allèrent sur la passerelle en lui susurrant : " il faudra quon reprenne cette discussion ultérieurement ! "
" - Parez au décollage ? demanda Ramnès.
- Nous sommes prêts. Tous les instruments le sont aussi. Le Cronos est prêt.
- Louiza, veuillez regagner votre poste, sil vous plaît.
- Bien Commandeur.
- Cap sur la Terre. "
Les portes du hangar souvrirent en grand, et le Cronos prit son envol; et après avoir dépassé la couche atmosphérique de Vénus, Ramnès ordonna à Louiza de les transporter le 15 mai 1196, au dessus de la ville de Rouen.
" A vos ordres Commandeur ! " Et elle programma le Cronos, lordinateur du Temps, à la date du 15 mai 1196.
Aussitôt, latmosphère de Vénus disparut, car cétait la planète de lépoque médiéval, bien avant laccident de 1985, quils avaient au dessous deux.
" - Myrina, vitesse lumière sil vous plaît.
- Bien. Nous devons arriver dici une heure dix-sept minutes et quarante secondes à la verticale de Rouen.
- Parfait. Passez en mode " pilotage automatique ". Myrina, veuillez me suivre sil vous plaît.
- Jarrive ", dit-elle en se levant et le suivant.
Ils se retrouvèrent dans le vestibule de la grande salle de réunion. Puis Ramnès lui dit :
" - Notre mission aujourdhui est de sauvegarder, protéger et transférer une certaine fille, Rébécca fils dIsaac, de Rouen à Kairouan, en Tunisie, ainsi que toutes les personnes vivant sous son toit.
- Je peux savoir pourquoi ?
- Eh bien, lInstitut Militaire pour les Recherches Historiques, lIMRH qui nous emploi en partie, a fait de ma théorie, selon laquelle cette fille a été en danger à cette époque, car elle aurait eu un enfant de Richard Cur de Lion, le roi dAngleterre, une hypothèse à vérifier. Et cest ce que nous devons vérifier.
- Tiens. Je ne connais que peu de choses sur lHistoire, mais jai toujours cru que cet homme était mort sans descendance.
- En effet. Ca cest lhistoire officielle depuis plus de mille ans, parce que justement Rébécca est Juive. Ce qui ne pouvait pas concorder au fait que lhéritier du trône soit Juif, et les murs et coutumes de lépoque. Car selon la Loi Mosaïque, lenfant dune Juive, quil soit fille ou garçon est Juif. Mais un Juif ne pouvant monter sur le trône dAngleterre, Rébécca était protégée par Richard, sans quil puisse faire quoi que ce soit pour elle, afin que son fils ait des droits sur le trône. Ainsi était bâtie ma théorie sur le sujet...
- Mais si tu te trompais ?
- Je ne crois pas. Jai suffisamment dintuition pour ce genre de chose. Autre chose maintenant : quand je suis en conversation privée avec le Lieutenant Louiza, ne me dérange plus, sil te plaît. Sous aucun prétexte, compris ?
- Même en cas durgence ?
- Même. Dailleurs je te rappelle que tu es commandant et moi, un petit capitaine. Donc tu es tout à fait capable de gérer les urgences sans moi.
- Elle te plaît donc alors ?
- Oui, à toi je peux bien le dire, elle me plaît encore plus que tu ne peux limaginer !
- Jen étais sûre !
- De quoi étais-tu sûre ?
- Eh bien de ce que tu viens de me dire : que Louiza te plaise autant. Jai bien ris, franchement, quand pendant plusieurs minutes tu las regardé sans bouger, sans rien dire... Tu avais lair dêtre tombé dun nuage, et tu ne savais plus où tu étais...
- Cest vrai, en effet. Mais ... cela se voyait tant que ça ?
- Oh oui, répondit-elle en pouffant de rire. Comme le nez au milieu du visage!
- Eh bien me voilà bien. Que va-t-elle en penser ?
- Rien ne dit quelle ait remarqué quoi que ce soit. Je crois même quelle était dans le même état que toi !
- Tu crois ?
- Oui... il suffisait de vous regarder pour voir quil y avait quelque chose de bizarre qui se passait entre vous.
- Tu crois vraiment quelle pourrait être attirée par quelquun comme moi ?
- Oui, je te dis. Tu peux avoir confiance en mon jugement.
- Tout de même. Cest vraiment étonnant ce qui marrive...
- Je sais, cher Ramnès. Et je suis contente pour toi. Du moins jespère que Louiza ne fera pas faux bond à ma " prédiction ". Je ne sais pas pourquoi, mais je pense que cest une histoire qui va aller de lavant, et je pense que tu pourras enfin être heureux. Surtout, fais attention à elle. Elle est gentille, et tu dois prendre soin delle, la dorloter, la choyer à chaque instant de la vie. Si tu veux savoir ce qui peut la rendre heureuse, demandes-le lui; sans aucune crainte. A moins bien sûr que tu ne préfère que je sonde ses sentiments pour toi.
- Non merci, je crois que je pourrais faire cela moi-même.
- Bon, et maintenant, si nous allions reprendre notre poste sur la passerelle. Je crois que cela nous permettra de mener à bien notre mission.
- Très bien. Tu as raison. Et puis cest vrai que Louiza y est aussi. Ce qui me donne encore plus envie dy être. "
Myrina rit avec Ramnès après cette petite phrase caractéristique, qui en disait long sur son désir de revoir la belle Louiza.
Ils pénétrèrent sur la passerelle et Ramnès demanda à être mis au courant de ce qui se passait.
" - Rien à signaler, avait répondue Louiza.
- Bien. Nous arrivons dans combien de temps ?
- Dans environ dix-sept minutes.
- Parfait. "
Les dernières minutes avant la fin du voyage furent monotones, et Ramnès, de même que Louise, ne se quittèrent pas des yeux. Ils néchangèrent aucun mot... mais leurs regards étaient plus éloquents que tous les discours.
" Nous voici au dessus de Rouen, en 1196 ! " avait dit Myrina, qui souriait de voir Ramnès dans cet état ! Elle savait quil était un homme généreux, même sil avait de drôles et désuète idées sur les relations que devaient entretenir un homme et une femme.
" Quon me donne mon épée, et que deux hommes et deux femmes maccompagnent : vous Myrina et vous Louiza, vous allez venir avec nous. Nous allons donc changer de vêtements. Avec un de nos vaisseaux EX-1, nous allons atterrir dans les bois, près de la ville, et immédiatement récupérer Rébécca et sa famille. "
On leur donna des vêtements adéquats tirés de la réserve, pendant ce temps, on avait fait apporter lépée de Ramnès. Ils prirent chacun leur pistolet à rayons multiple.
Une fois que les " espions " furent vêtus dhabits " à la mode " du XII ème siècle, ils montèrent dans un de ces petits vaisseaux EXPLORER ou EX-1. Ils prirent place dans lhabitacle. Puis Myrina, déguisée en bourgeoise, parla dans linterphone :
" - Myrina à passerelle, me recevez-vous ?
- Fort et clair. Nous vous recevons parfaitement.
- Ouvrez le sas de sortie. Nous allons dans la forêt de Rouen.
- Bien commandant. "
Et le sas de sortie fut ouvert, et le petit vaisseau EX-1 décolla directement, " sans prévenir ".
En quelques secondes ils étaient au dessus dun clairière dans laquelle ils atterrirent, puis camouflèrent un tant soit peu le vaisseau.
Ils se rendirent directement dans la maison que Richard avait attribué, en donation perpétuelle et héréditaire à Rébécca.
III
" - Rébécca, je vais ouvrir. On frappe à la porte.
- Bien père, merci. Je moccupe du petit Elazare.
- Qui cela peut-il être ? dit le vieil Isaac en ouvrant la porte devant Ramnès et ses compagnons.
- Bonjour, messire Isaac.
- Qui êtes-vous et que voulez-vous ?
- Nous sommes des voyageurs un peu spéciaux, et nous venons du royaume de " CéIGé ". Nous venons vous prévenir dun danger imminent, nous avons surpris une conversation, dans laquelle il était question de tuer Isaac et Rébécca. Nest-ce pas vous ?
- Certes ! Mais qui a dit cela ?
- Des hommes méchants, qui se disent les libérateurs du royaume ! A défaut de pouvoir tuer le roi, ils vont venir tout à lheure, et sen prendre à vous.
- Jai justement une lettre ici, de mon petit-cousin Haï fils de Yéhézkel, qui nous attends à Kairouan. Mais ma fille Rébécca a eu un fils du roi dAngleterre, et elle espère le faire monter sur le trône ! Folie tout cela.
- Oui-da, dit Ramnès. Je voudrai me présenter. Je suis Ramnès, soldat de " CéIGé ". Voici Myrina et Louiza. Elles sont, elles aussi, des soldats. Nous venons, vous êtes assis heureusement, du lointain futur pour sauver vos vies.
- Que voulez-vous dire, demanda Rébécca qui venait dentrer dans la salle, perplexe et portant le petit Elazare dans ses bras.
- Quel âge a le petit ? demanda Louiza, les yeux brillants.
- Trois mois et demi.
- Nous sommes là pour vous sauver. Richard nest pas là, nest-ce pas ?
- En effet. Il est en Aquitaine, où ses vassaux sont en révolte.
- Il ny a donc pas un instant à perdre. Préparez vos affaires. Vous allez venir avec nous, car vos ennemis, et les ennemis de ce petit enfant sont à laffût. Cest bientôt quils vont mettre leur plan à exécution. Ils vont venir et vous tuer sans autre forme de procès. Il ne sera fait quartier à aucun dentre vous. Il vous faut choisir, la vie en nous suivant, ou la mort en restant ici. Que choisissez-vous ?
- Que vouliez-vous dire en disant " nous venons du futur " ? demanda Isaac.
- Simplement ce quon a dit. Nous venons de lan 2202.
- Cest impossible. Quoique à priori, cest malgré tout faisable, puisque nous savons, nous et notre peuple, que le roi Salomon de mémoire bénie, avait pensé et dessiné des machines volantes. Alors, voyager comme vous le dites, ne paraît pas plus impossible.
- En effet. Vous dites que le roi Salomon avait fait des plans de machines volantes ? demanda Myrina incrédule.
- Oui, bien sûr. Il a été lhomme le plus sage et le plus intelligent de lHistoire de lHumanité. Nous savons nous autres, Juifs, ce quil a fait et ce quil na pas fait.
- Cest fort intéressant. Mais que sont devenus ces plans ? demanda Myrina.
- Ils ont été détruits par le roi lui-même, parce quil savait que les hommes nétaient pas prêts à son époque pour recevoir ce genre de " cadeaux ". Mais si vous venez vraiment du futur, peut-être que dans votre époque les hommes sont fins prêts...
- Oh, ils le sont depuis trois siècles ! En effet, des machines volantes ont été construites dans les années 1900. Et elles ont fonctionné... à tel point que maintenant, enfin dans notre siècle à nous, et depuis deux cents ans, on voyage sans peine dans le système solaire, et entre Vénus et Mars, tout appartient à la Confédération Inter-Galactique, que nous appelons CIG, et dont le gouvernement se trouve sur cette Terre.
- Vraiment intéressant.
- Vous nous croyez ? demanda Louiza incrédule.
- Oui, bien sûr. Pourquoi nous mentiriez-vous ? Dailleurs comment comptez-vous nous amener à Kairouan, chez mon petit cousin Haï ?
- Effectivement, cest dans notre vaisseau spacio-temporel que vous allez venir. Vous y verrez des merveilles. Mais avant votre sortie, nous serons obligé de vous faire oublier ce que vous aurez vu. Dailleurs, ceci afin de garantir votre propre sécurité, car si par hasard, vous racontiez à qui que ce soit votre aventure, on vous brûlerait sans aucun doute pour sorcellerie !
- En effet, ce que vous dites là est sensé.
- Quand devons nous partir ? demanda Rébécca.
- Dès que vous serez prêts. Plus vous tarderez, et plus le danger est grand pour nous tous ", avait dit Myrina.
Elle venait de finir ces quelques mots, lorsquon frappa à grands coups sur la porte. Ce qui réveilla le petit Elazare que Rébécca venait à peine dendormir, et qui se mit à crier.
Ramnès, mut par un réflexe dappréhension, dégaina son pistolet à rayons, et le brancha sur celui qui endort. " Armez vos pistolets ! " demanda-t-il à ses compagnons.
Louiza, Myrina et les deux hommes qui les accompagnaient sortirent leur pistolet, et attendirent.
Alors, Ramnès savança vers la porte, tandis que Louiza et Myrina, dinstinct, se placèrent devant Isaac et Rébécca, qui tenait toujours son enfant dans ses bras.
Ramnès ouvrit la porte, et il fut immédiatement bousculé par un homme grand, fort et trapu, et qui criait à tue-tête : " Tuez les tous ! Pas de quartier ! " Ramnès se releva aussitôt et ordonna le feu. Tous les hommes sécroulèrent. Ils arboraient les armes du roi dAngleterre sur leurs côtes de mailles, mais ni Isaac, ni Rébécca forts étonnés de cette aventure, ne reconnurent un seul de ces hommes.
" - Ils sont morts ? demanda Isaac.
- Non, juste endormis. Ils se réveilleront dans six heures. Ce qui nous laisse le temps de partir. Vite ! Préparez vos affaires.
- Que doit-on emporter ?
- Tout ce que vous pourrez. Nous pouvons prendre beaucoup de choses. Mais ne prenez que lessentiel, et seulement si cest important pour vous. "
Rébécca mit quelques robes et bijoux dans un grand sac de cuir.
Isaac, lui, remplit sa bourse de pièces dorés, et ensuite, il récupéra ses précieux manuscrits, qui en même temps dêtre des livres détude et de prière, étaient aussi de véritables trésors artistiques. Il prit aussi deux parchemins écrits, signés et scellés de la main de Richard Cur de Lion.
Myrina et Louiza, toutes deux admiratives devant la beauté du petit garçon de trois mois, réunirent ses petites affaires, dans un autre sac de cuir, et elles furent les premières à entamer la marche vers lEX-1. Elles étaient suivit dIsaac, de Rébécca qui portait Elazare dans ses bras, et de Ramnès et de leurs compagnons qui fermaient la marche.
Ils pénétrèrent dans lappareil, et devant les cadrans pleins de petites lumières et de touches de toutes les couleurs, Isaac et Rébécca restèrent bouche bée. Devant leur étonnement, Ramnès sourit, et les invita à prendre place dans lhabitacle.
" - Ainsi, cest votre machine à voyager dans le ciel ? avait dit Isaac.
- En effet. Et vous navez pas tout vus, répondit Ramnès. Myrina sil vous plaît, cap sur le Cronos; et en avant toute.
- A tes ordres ! " dit-elle avec le sourire.
Et les voilà repartis vers le grand vaisseau quest le Cronos.
Ils décollèrent à la verticale, et en une poussée fantastique, ils leur suffit de quelques secondes pour quitter latmosphère terrestre, et se retrouvèrent devant le Cronos.
" - EX-1 à Cronos. Vous mentendez ?
- Fort et clair EX-1. Parlez.
- Veuillez ouvrir le sas dentrée. Nous avons fini cette partie de la mission. Nous rentrons. " avait dit Ramnès.
En effet, les deux portes coulissantes de métal souvrirent, et ils pénétrèrent dans lénorme vaisseau.
Ils attribuèrent une chambre à Isaac et une autre à Rébécca et son enfant, le prince Elazare.
Il visitèrent ensuite le vaisseau spatial, et partirent en direction de la Tunisie, au sud de Kairouan.
Après être passé à la passerelle Isaac et sa fille, fatigués de tant de nouveautés, allèrent se coucher.
Ramnès ordonna la vitesse minimum, afin de faire durer le plaisir de la croisière. En fait, il voulait simplement, et peut-être amoureusement, reprendre sa conversation interrompue quelques heures plus tôt avec Louiza.
Cest pour ça quil lavait de nouveau convoqué dans sa chambre, où ils prirent cette petite boisson noire et chaude, très en vogue aux XIXème et XXème siècles, ainsi quau début du XXIème siècle, et quon appelait " café ". Ils se mirent ensuite à bavarder.
" - Alors ? Cette mission terminée, vous allez nous quitter ? Vous allez demander votre mutation ailleurs, ou vous allez rester avec nous ?
- Si jai été nommée sur cette mission, et muté dans ce vaisseau, cest parce que jétais volontaire. Quatre personnes ont été sélectionnées, en plus dun an de recherches. Et je suis la seule qui ai été retenue pour ce poste. "
Et devant le regard incrédule de Ramnès, elle continua :
" - Effectivement, le Haut Commandement cherchait à remplacer Héliodora dès le début de la " Mission Cronos ". En effet, elle était la fille dun des généraux de lÉtats-majors.
- Et après ?
- Eh bien, lorsque celui-ci apprit ce que faisait sa fille, il a eu peur pour elle. Car nul ne connaissait les dangers inhérents à de tels voyages dans lespace-temps.
- Les dangers ont toujours été minimisé, et vous le savez Louiza.
En prononçant le nom si doux et si redoutable à la fois de Louiza, Ramnès tressaillit... il avait devant lui lobjet de son amour.
- Je sais. Mais le père dHéliodora que le décès de sa fille a bouleversé, a voulu lannulation de cette " mission Cronos ".
- Ce serait dommage. Elle avait travaillé dur, pour réaliser ce rêve. Elle en était linstigatrice et cest elle, qui par une intelligence supérieure a réussi à inventer, fabriquer et faire fonctionner lordinateur qui nous permet aujourdhui encore de voyager dans le temps. Alors son père non plus na pas le droit de changer les volontés de sa chère et défunte fille.
- Je suis daccord. Mais malgré tout, cest vrai quil est dangereux, pour chacun dentre nous, de voyager dans le temps, et nous changeons à chaque fois le cours de lHistoire.
- Cest vrai quon peut changer lHistoire, comme lors de notre première mission, lorsque nous avons sauver du massacre les trois derniers enfants du dernier Tsar de Russie, Nicolas II. Mais nous lavons fait " en douceur ", et même les descendants de ces princesses et du petit Alexis, nont jamais revendiqué le trône de Russie après la chute du communisme... Mais revenons au fait que la Révolution Française nest pas une belle période de lhistoire de lhumanité.
- Je continue de ne pas être daccord.
- Mais on peut faire des erreurs de jugement. Vous ne croyez pas ?
- Oui, bien sûr. Mais nul nest à labris... Vous non plus dailleurs !
- Cest vrai, répondit Ramnès. Mais moi, jai le droit de faire des erreurs ! Cest comme si je vous disais, quà linstant où je vous ai vu, mon cur a bien failli sarrêter, et mes lèvres ont eu envie dembrasser les vôtres. "
Louiza le regarda ahurie ! " Mais quest-ce quil dit ? " se demanda-t-elle.
Ramnès, à la vue de ce regard, ahurie certes, mais tellement brillant, avança vers elle, et posa ses lèvres sur celles, douces comme le miel de Louiza. Mais comme elle-même partageait les sentiments de Ramnès, elle lui rendit son baiser langoureux, dans lequel leur souffle de vie passait de lun à lautre, durant de longues minutes... jusquau moment où ils furent appelés par linterphone, coupant, comme une lame de rasoir, la magie et la symbiose qui naissaient entre eux.
" Myrina appelle le Commandeur ! " avait crié le maudit interphone. Ramnès cru en mourir. Louiza reprenait son souffle.
" - Il faudrait peut-être y aller. Non ?
- Oui, malheureusement, avait répondu Ramnès dun ton fataliste, comme sil allait à la mort. Non, cela ne lui plaisait pas. Une dernière chose, Lieutenant Louiza. Promettez-moi de répondre franchement à ma question.
- Oui, bien sûr. Pourquoi ? Croyez-vous que je mentais en vous disant tout ce que je vous ai dit ?
- Non, non, bien sûr. Il ne sagit pas de cela. Votre réponse, pour moi, est vitale. Si vous y répondez négativement, ma vie est finie !
- Quelle est donc cette question mystérieuse ?
- Maintenant que jai votre promesse solennelle, on peut se rendre sur la passerelle. Nous reprendrons cette conversation à la fin de la mission.
- Je suis daccord. "
Ils se rendirent ensemble sur la passerelle, où seule Myrina remarqua le changement dans les yeux de Louiza, et le rouge à lèvre sur la bouche de Ramnès ! Elle remarqua que leurs yeux étaient plus brillants.
" - Ramnès, nous sommes arrivés à la verticale de loasis, au sud-est de Kairouan. Nous devons maintenant faire en sorte dy déposer vivants et en bonne santé Isaac, Rébécca et son fils Elazare.
- Tu as raison. Cette mission traîne en longueur. Nous y allons. Bouclier dinvisibilité, sil te plaît !
- Bouclier activé, répondit Myrina, après avoir appuyé sur les deux boutons concernés.
- Lieutenant Louiza, à quelle date sommes nous ?
- 16 mai 1196. Il est 16h38, heure locale. Il fait 23°C, Commandeur.
- Bien... Très bien. Atterrissons donc, et allons chercher Isaac et sa famille. Nous devons les accompagner chez son cousin dont il a parlé, Haï, je crois. Prenons des habits sarrasins, et rendons nous chez Haï. Je prendrai trois hommes avec moi. Myrina et Louiza, je vous confie le vaisseau. "
Et, ils atterrirent près de loasis, au sud-est de la cité. Tandis quils étaient partis accompagnés dIsaac, de Rébécca et du petit prince Elazare, Myrina demanda à Louiza ce que Ramnès lui voulait, à chaque fois quil la convoquait en privé.
Louiza, qui avait trouvé en Myrina une amie et une confidente, lui raconta tout sans rien omettre.
" - Voilà qui est étrange !
- Quest-ce qui est étrange ? demanda Louiza intriguée.
- Eh bien, jamais Ramnès, qui est malgré tout un garçon timide naurait embrassé une femme, avant quelle ne le lui permette ! Voilà que tu arrives dans le vaisseau, et Ramnès change dun coup. Cest assez extraordinaire, tu ne trouves pas ?
- Peut-être ! Mais même si je ne le connais pas vraiment, il est vrai que comme lui, jai eu le coup de foudre dès que je lai vu. Mais ça, il ne le sait pas encore.
- Inutile de le lui dire. Si vous vous aimez cest suffisant.
- Il ma dit aussi quil attendait de moi une réponse, à la fin de cette mission.
- Je devine déjà ce quil va te demander. Mais je ne ten dis pas plus. Quoiquil va vite en besogne !
- Sil te plaît... dis-moi ce quil veut.
- Non, je ne peut pas te le dire. Mais attends, car ce sera une surprise. Et tu seras étonnée de la noblesse de ses sentiments... "
Quelques minutes passèrent encore...
Ramnès et les hommes quil avait prit avec lui rentraient déjà de la ville.
" - Alors ? demanda instinctivement Myrina.
- Ca y est ! Mission accomplie. Nous les avons laissé, comme prévu, chez Haï, le petit cousin dIsaac. Ils vont y rester jusquà la fin de leurs jours. Haï va épouser Rébécca, puisquils ont à peu près le même âge; et il va adopter Elazare. Nul ne saura quil est, en fait, le fils de Richard Cur de Lion, jusquà ce quau début du XXI ème siècle, un certain Richard Tuil, un archiviste, historien et généalogiste réputé découvre dans des vieux papiers de famille, un lot de vieux parchemins, et parmi lesquels, la Charte faisant delle la Duchesse de Cergy, et on pouvait y lire aussi lhistoire tragique de Rébécca, son ancêtre, et quil découvre, ainsi, quil était le descendant, par son père, de Richard Plantagenêt, et quil revendique pour lui, le trône dAngleterre et tous les fiefs qui sy rapportaient à la fin du XII ème siècle, en 2004.
Mais Michaël Guéret, le roi de la CIG, à lépoque, demanda à Richard Tuil sil voulait faire voue dallégeance et prêter serment de fidélité à la CIG. Richard Tuil, dans sa folie, refusa, et revendiqua son indépendance, pour lui et tous les fiefs de son ancêtre Richard Ier dAngleterre, et il a crié : " Un Plantagenêt ! Un Tuil ! ne prête pas serment de fidélité à un gouvernement ou un roi félon. Je suis le souverain dAngleterre, et je revendique tous les fiefs sy rapportant, y compris ceux volés par les rois de France depuis la bataille de Bouvine ! "
Michaël Guéret la donc fait enfermer dans une cellule, sentourant dune nouvelle aristocratie. Dailleurs, au bout de douze ans demprisonnement, Richard Tuil a été libéré, et mis sous haute surveillance, en 2016. Il est mort en 2050, à lâge de 85 ans, à Taganrog, au bord de la mer dAzov, dans la province de Russie. Il y épousa en 1999, une jeune femme aux yeux bleus : Louise. Et il est enterré sur Terre, dans la province dIsraël. Ainsi, je peux vous dire que par ma mère, je descend de ce Richard Tuil, puisquil est son grand-père...
- Quelle histoire ... fit Louiza étonnée.
- Dis-moi Ramnès, demanda Myrina. Est-ce la raison de ton attachement au concept de la royauté des temps anciens ?
- Peut-être. Mais je ne crois pas que ce soit la seule et unique raison. Jaime létude du passé, et je ne crois pas que mes ancêtres ont eu une quelconque influence sur cet état de fait. Jai dailleurs découvert, en poussant très loin mes recherches, que mon arrière grand-père avait des ancêtres prestigieux, des gens qui ont laissé quelques traces dans lHistoire...
- As-tu réussi à dresser un arbre généalogique ? demanda Louiza, pour qui le tutoiement était devenu naturel.
- Oui, il va jusquen 370 av. J.-C. Mais je nai pas essayé daller plus loin.
- Fort intéressant.
- Bien. Et si maintenant... Mais jy pense, cria presque Myrina, stupéfaite, dans ce cas Isaac et Rébécca que nous avons transporté, sont tes ancêtres ?
- En effet ! Mais vous pourrez remarquer que je ne men suis jamais vanté !
- Effectivement, et cest tout à ton honneur... répondit Louiza, en riant franchement.
- Maintenant décollage, et retour chez nous, en 2202.
- A tes ordres Commandeur ! " avait dit ironiquement Myrina, et Louiza se mit en place, programmant la date de leur départ, en arrivée cette fois.
Dès quils furent au dessus de latmosphère terrestre, en quelques fractions de secondes, Ramnès invita Louiza à le suivre.
Ils se rendirent dans la chambre de celui-ci, et poussée par la curiosité, bien féminine, Myrina se déchaussa dans la passerelle, et les suivit jusque dans la chambre, où elle entrouvrit la porte, à lécoute de ce qui sy passait :
" ... Voilà Louiza la question que je voulais te poser... "
" Jarrive juste à temps " se dit Myrina, dont lil droit était plaqué sur louverture de la porte, et ce quelle vit la stupéfiât !
Ramnès, le plat de son épée médiévale sur le nez, et à genoux parlait :
" - Chère Louiza, tu sais à quel point je taime. Je te fais le serment ici, aujourdhui, de taimer toujours et partout. Veux-tu mépouser ?
- Non ! Je te boudes ! Je ne veux pas épouser un descendant des rois ! " répondit-elle en faisant la grimace et croisant les bras.
Mais devant le visage défait de Ramnès, elle se reprit, et en riant, elle dit : " Oui, cher Ramnès, je veux tépouser ! "
Et devant Myrina qui les " espionnait " en souriant, Ramnès se jeta dans les bras de Louiza, qui le reçue en riant. Et ils sembrassèrent, longtemps, longtemps, longtemps...
Richard 'Haï Tuil de Cergy