Note de l'éditeur :
La publication de ce texte écrit par Cho Seung-hui n'a pas été réalisée pour des soucis de sensationnalisme, mais pour nous permettre de réfléchir sur le rôle de l'esprit dans l'écrit, ainsi que pour porter hommage aux enseignants et élèves de Virginia Tech qui sont décédés ou ont été grièvement blessés le 17 avril 2007, ainsi que leurs familles et les élèves du campus.
Personnages
Richard McBeef..........Le beau-père, 40 ans
Sue................................La mère, 40 ans
John..............................Le fils, 13 ans
Cadre de la pièce
Salon, sous-sol, voiture
PREMIER ACTE
SCENE 1
C'est le matin. Le soleil rayonne à travers les fenêtres de la cuisine. John entre dans la cuisine, attrape une barre de céréales, l'ouvre. Richard McBeef est assis là, les jambes croisées en train de lire le journal.
Richard : Salut John.
Il se force à lui sourire.
John : Quoi de neuf, Dick !
Il fronce les sourcils.
Richard : Essaye papa.
John : Tu n'es pas mon père et tu le sais, tu es Dick.
John, en colère, mache la barre de céréales
Richard : Allez John. Assied toi. On doit avoir une discussion d'homme à homme.
Richard sort une chaise de sous la table et la positionne près de lui
John : Tu peux te le mettre au cul ton face-à-face, mon vieux !
John ricane en s'en allant vers le salon. Il allume la télévision. Richard le suit, s'asseoit et lui fait face.
Richard : Je ne suis peut-être pas ton père biologique, mais je suis ton nouveau père. On habite sous le même toit. Il va vraiment falloir qu'on finisse par s'entendre toi et moi. Allez, fils, donne moi une chance.
Richard pose doucement sa main sur un genou de John.
John : Putain, mais qu'est-ce que tu fais !
John chasse la main de Richard.
John (très énervé) : T'es quoi, un prêtre catholique ! Je ne vais pas me laisser abuser par un vieux chauve obèse et pédophile appelé Dick ! Tire tes sales pattes de là, espèce de malade ! Va te faire foutre, espèce de prêtre catholique. Arrête ça, Mickael Jackson. Laisse moi deviner, t'as un animal de compagnie dans ton ranch de Neverland qui s'appelle Dick et tu veux que je vienne avec toi pour le caresser, c'est ça ?
Richard (Il ignore le commentaire) : Qu'est ce que tu attends de moi, qu'est ce que tu veux que je fasse ? Pourquoi es-tu tellement en colère après moi
John : Pourquoi je suis en colère après toi ! Parce que tu as tué mon père pour pouvoir mettre tes sales pattes dans la petite culotte de ma mère !
Richard : Attends un minute jeune homme. C'était un accident de bateau. J'ai fait tout ce que je pouvais pour sauver ton père.
John : C'est des conneries ! T'as toujours été une merde, McBeef ? De toute façon, ça se voit rien qu'à toute la graisse que t'as accumulée. Tu as TUÉ mon père et maquillé ça en accident ! C'est une conspiration. Exactement comme le gouvernement l'a fait avec John Lennon et Marilyn Monroe.
Richard : QUOI ? QUOI ?
Désapprouvant, il aperçoit furtivement un vieux tabloïd titré « l'affaire Marilyn Monroe et John Lennon !! »
John : Tu as travaillé pour le gouvernement. Comme concierge en plus. Tu détestais le fait que ma mère soit avec mon père. Tu savais que ma mère était trop bien pour mon père. Alors tu l'as buté et tu as volé ma mère, fils de pute !
Richard : Arr
John : Non, Dick ! Tu fermes ta gueule et tu m'écoutes.
Richard : Tu
John : Je quoi ! Tu veux que je te mette cette télécommande dans le cul, mon pote ! Tu ne la mérites même pas mec. Cette télécommande vaut au moins cinq dollars. T'es qu'un
Richard : MAINTENANT CA SUFFIT.
Richard lève une main pour gifler son beau-fils, mais à ce moment là, la mère de John descend les escaliers.
Sue : Oh mon dieu ! Que se passe-t-il ? ?
Elle prend John dans ses bras et l'entraîne à l'autre bout du canapé.
Sue (Très en colère) : Qu'est que tu fais à mon fils ! Tu disais que tu discuterais avec lui pour vous réconcilier. Et voilà que je te surprends en train de le menacer. Quel genre de beau-père es-tu ? Tu prétendais que tu allais être gentil avec lui, avec ton sourire d'hypocrite ! Dis moi ce que tu essayais de lui faire. Tu allais le frapper ! Eh bien ça alors, Richard !
Richard : Il était
Sue Je ne veux plus entendre quoi que ce soit !
Sue dit à John de monter dans sa chambre. Mais il s'arrête à mi-chemin pour regarder la scène.
Richard : Il jurait Sue ! J'ai essayé de lui parler. Il m'a traité de fils de pu
Sue : Comment oses-tu ! John ne dirait jamais-JAMAIS une chose pareille, mon pauvre petit minou ! Il a perdu son père il y a un mois. Montre un peu de compassion ! Comporte toi comme un vrai beau-père bon sang !
John : Il a essayé de toucher mes parties intimes !
Sue (Le souffle coupé) : Putain de merde ! Oh, désolé John. Dick, t'es vraiment un fils de p
Elle jette un coup d'il à John, puis s'approche de Richard et le gifle plusieurs fois. Elle enlève ses chaussures et le frappe avec.
Richard (Il la repousse avec son bras massif) : Sue Sue Sue. Écoute moi !
Sue (Elle est effrayée par ce geste) : Oh mon dieu ! Qu'est ce que tu essayes de faire ! Est-ce que tu vas me frapper moi aussi !
Elle se recroqueville et court dans la cuisine. Elle attrape la première chose qui lui passe sous la main : une assiette.
Reste là ! Reste là ! Ou je vais...
Elle jette l'assiette qui éclate en plein milieu du front de Richard. Mais il reste immobile.
T'es qu'un gros porc ! John ! Va dans ta chambre et ferme la porte à clef !
Elle descend au sous-sol en courant.
T'es un tureur psychopathe violeur bisexuel ! S'il te plait arrête de me suivre. Ne me tue pas !
Elle lui jette des outils (clefs anglaises et clefs à pipe) qui se trouvent au sol, mais il les évite.
Richard : Je n'ai rien fait. Ok. J'arrête de te suivre.
Il s'arrête les mains en l'air. Il se met à genoux. Elle continue à lui jeter des objets encore plus lourds.
Laisse moi t'expliquer ! John est un garçon un peu perdu en pleine puberté !
Sue : Oh mon dieu ! Tu es un pédophile !
Richard : Mais non ! Non... Ma chérie.
Sue : Ma chérie ?
Richard : Ma chérie. Tu ne me crois pas ? John est juste un gamin déboussolé par la mort de son père. Il surmontra ça. Il a juste besoin d'un peu de temps.
Sue : Vraiment ?
Richard : Bien-sûr. Maintenant pourquoi on irait pas dans la chambre pour que je te prenne en levrette, comme tu aimes ma chérie.
John : (Dans sa chambre, il sourit en jettant des fléchettes sur une photo de Richard.) : Je le déteste. Je dois tuer Dick. Je dois le tuer. Dick doit mourir. Je dois tuer Dick... Richard McBeef. C'est quoi ce nom ? Quel nom de trou du cul. Je déteste ce nom. Et regarde sa gueule. Quelle tête de con. J'aime pas du tout sa gueule. Tu crois pas que je peux te tuer, hein Dick ? Tu crois pas que je peux te tuer ? Je te tiens. J'ai eu un oeil... Et le deuxième.
Il court au sous-sol pour rejoindre sa mère.
Ce gros porc a tué papa. Il me l'a dit quand tu dormais maman. Et il m'a frappé.
Sue : Quoi ! Ahhh !
(Elle attrape une tronçonneuse et la brandit en direction de Richard. Celui-ci s'échappe de la maison et monte dans sa voiture. Une demi-heure plus tard, John sort, va à la rencontre de Richard. Il s'asseoit sur le siège passager, en mangeant une barre de céréales.)
Je me demande pourquoi cette journée est si ensoleillée ! Aujourd'hui est un jour délicieux !
John fixe Richard droit dans les yeux avec un air méprisant. Le visage de Richard se décompose.
John : Devine quoi, Dick. Tu veux savoir quelque chose. Tu veux savoir pourquoi je ne t'aime pas ? Parce que tu peux pas subvenir aux besoins de ma mère. T'as à peine le Smic, mec. Tout ce que tu fais pour ma mère, c'est l'appeller ma chérie, merde. Ma chérie ! Ma chérie ! T'es qu'une merde ! T'as été concierge. T'as été routier. T'as enseigné en maternelle pendant deux mois. Et maintenant t'es,ce que t'aimes appeler un « chef », même si le reste du monde appelle çà un putain de vendeur de hamburger. Regarde un peu en arrière. Le sommet de ta carrière, c'est quand t'étais footballeur professionnel. Combien de temps ça a duré ? Trois semaines ! Ah ouais t'as soulevé des montagnes, mon pote. Regarde toi, t'es qu'une grosse feignasse. Si seulement t'avais été assez bon pour rester dans la ligue de foot, t'en serais jamais arrivé là. Mais non, faut pas rêver, ton nom c'est McPorc- enfin je veux dire McBeef . Alors que les anciens footballeurs sont des paquets de muscles, toi t'es qu'un paquet de graisse McDonald, qui s'enfile trois Big Mac en trois minutes. Et tu veux que je t'appelle papa ? D'accord. Eh, papa t'es qu'un trou du cul. Trou du'c de chez trou du'c, PAPA ! Et la dernière fois que tu as baisé ma mère, ça a été aussi rapide que ta carrière, éjaculateur précoce de merde. Va te faire foutre espèce d'enculé de McBeef.
Richard : COMMENT OSES-TU PARLER DE LA SORTE À TON BEAU-PERE !
John : Enfile-toi ça, espèce de vieux tas de merde.
John enfonce la moitié restante de sa barre de céréales à la banane dans la bouche de son beau- père et essaye de l'enfoncer au plus profond de sa gorge.
Richard : AHHHHHHH !
Il repousse John et ressort la barre de céréales.
John : Va t'faire enculer, PAPA !
Hors de lui, Richard lève son gros bras et envoie un coup mortel au garçon de treize ans.