Ce que je vis...
de Simon Boutreux



Je hais les gens. Je hais ceux que je croisent dans la rue. Seuls quelques rares amis me comprennent vraiment et pensent comme moi. A moins que je ne sois le seul. Ni y a t'il pas quelqu'un en ce monde qui puisse être comme moi ? Quelqu'un qui me comprendrais, qui partagerait mes idées. Je ne pense pas être agoraphobe. Je n'ai pas peur en effet des grands espaces et de la foule. Mais ma haine envers les gens que je ne connais pas ne viendrait-elle pas d'une réaction de défense, parce qu'en fait j'ai peur. La seule pensée qui m'effleure quand je croise quelqu'un dans la rue et de m'imaginer le plaisir que j'aurais à le tuer, à le faire souffrir. Si certains tueurs éprouvaient une telle pensée, celà ne m'étonne pas qu'ils aient craqués. Celà ne m'étonne pas qu'ils aient tuer. Ne viendra-t'il pas un jour ou je ne pourrais résister ? Quand le moment ou je plongerais les mains dans le sang d'un inconnu innocent arrivera-t'il ? Chaque jour est un combat. Chaque jour est un jour de plus qui peut faire basculer ma raison. Peut-être que je tuerais demain ? Ou dans dix ans ? Peut-être même jamais. Ce combat incessant ne pourra sans doute pas durer longtemps. Je suis fatigué. Tenir encore jusqu'à la fin de ma vie me sera impossible. Je ne crois pas que mon éducation soit à remettre en cause. Je pense plutôt que j'étais né pour tuer. Parfois, je ne demande qu'une chose : Que quelqu'un que je n'ai jamais vu me provoque. Rien que pour avoir la conscience tranquille. Pour pouvoir dire : " C'est de sa faute, il a commencé". Comme ça je pourrais me défouler, le frapper jusqu'à sa mort. Le frapper encore et encore. Que ses cris de douleur soit mes cris de joie. Je ne sais pas si prendre une vie me calmera. Peut-être que oui, mais sinon, je suis sûr que je tuerais jusqu'à ce que quelqu'un me tue, et me délivre.
Je n'aime que la nuit, et la pluie. La nuit est calme, personne ne vient me déranger, personne ne me fait penser que j'ai envie de tuer. Les étoiles me guident de leur lumière. Et je marche pour oublier. Je marche sans but, juste pour pouvoir réfléchir. Mais la pluie est aussi mon alliée. Car des gens aiment la nuit. Trop de personnes à mon goût. Alors que peu aiment la pluie. Certains la trouvent démoralisante, d'autres pense que le soleil leur donnera une meilleure journée. Mais la pluie ne trompe jamais. S'il pleut, personne ne sort de chez lui. S'il pleut je suis seul. Le faît d'être seul ne me gène pas. Au contraire, je n'ai personne à détester. Une heure de pluie, c'est un heure à ne pas me battre contre moi-même.
Je suis sûr que ceux qui me liront, penseront que je me bat contre des fantômes spirituels. Mais je peux leur dire que tuer un fantôme est impossible. Je peut donc en arriver à la conclusion que mon combat est sans issue. Je peut dire que les dés sont truqués. Ma nature gagnera, et je tuerais. Les gens doivent me considérer comme un marginal. Je ne sais s'il faut que je m'en réjouisse ou non. J'essaye tout de même de me dissimuler derrière un masque affreux d'amabilité et de normalité. Sans doute ai-je honte de moi, ou bien ai-je honte pour les autres. Je ne considère pas les gens qui m'entourent et me croisent comme inférieur à moi. Je pense qu'ils sont tout juste bon à être détestés. Beaucoup seront choqués de ce que je dit. Car il vrai que je juge les gens sur leur apparence, en tout cas pour les badauds que je rencontre au coin des rues. Ce qu'il pense de moi m'importe peu. Leur avis ne compte pas : Ils ne sont pas capable de raisonner d'eux-même, ils sont donc encore moins capable de me juger. Je ne sais si ma tentative d'essayer de me fondre dans la masse populaire est réussit. Je pense plutôt que je revêtit une grossière caricature du jeune moyen, et qu'une personne avisé verra bien que je ne suis pas des leurs. Je ne fais pas que penser que les gens sont des imbéciles et qu'ils représentent tous la même chose : Une copie plus ou moins réussit de jeunes de magazines, ou bien des acteurs de cinéma ratés. Trop de gens croit que la vie est un film. Qu'il suffit d'être beau ou intelligent pour réussir. Mais l'existence ne se résume pas à une série B. La vie nous est donnée par un phénomène biologique, et nous est reprise peu de temps après. Pour ma part, je ne souhaite pas forcément mourir, mais vivre parmis des inconnus que je méprisent me désole. Le suicide ne me paraît pas être une solution adéquat. Je suis né pour subir et je subirait. C'est aussi pour celà que j'accepte ma condition. C'est pour ça que j'ai de plus en plus envie de tuer. Pour que les autres subissent à ma place. Les seuls moments de répit qui me sont donnés sont le sommeil, une balade sous la pluie, ou à la faveur de la nuit. Mais, parfois, dormir n'est pas la bonne solution : La foule oppressante et inculte me porsuit jusqu'en mes cauchemars. Parfois, il vaut mieux rester éveiller, parce que je peux alors contrôler le déroulement de mes pensées. Les rêves s'offrent à moi tout fait, et je ne peux les refuser, ou les changer à mon goût.
L'amitié est une chose affreuse. On se mélange et on se confond, jusqu'à ne former plus qu'un. La plupart des gens pensent que c'est un bien. Trop de gens pensent que quelqu'un qui évite les autres, et qui redoute les amitiés, est soit un fou, soit un perdu. Je suis un peu des deux. Quoique plus fou que perdu. L'amour est aussi une chose inutile. C'est un sentiment qui fait perdre la tête, qui rend l'homme insensé et irrefléchit. Cependant, les amis qui pensent comme moi ne sont pas des gens à classer dans ces catégories. Ils me permettent de tenir le coup, de me confesser. Et si un jour je rencontre une fille qui pense comme moi, il se peut que je m'abaisse au rang des lobotomisés, et que je sombre dans la folie douce. Parfois même, j'espère renconter l'âme soeur, car elle seule pourra vraiment me guérir. Elle seule me fera oublier ce que je suis, et ce que je représente. Car pour tous ces jeunes, et ces inconnus, je suis un danger. Je suis la voix de la vérité, celle qui détruira l'humanité si l'occasion se présente. Si un psychologue, ou un de ces gens qui pensent pouvoir dire comment je suis en mon âme, et pourquoi je le suis, me dit que je suis fou, je le tuerai, juste pour lui montrer que finalement, il aura enfin réussit à cerner une personnalité.
Enfin la nuit arrive et je peux sortir de chez moi. Je peux me montrer aux étoiles. Elles seules sont capable de m'apaiser. Et je sombre dans la folie, comme si j'avais été sensé un jour.
Fin

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