21 Mars 2000, 11h30 :
- Et pour demain après-midi, les températures varieront de vingt à vingt-cinq degrès, et sachez que notre indice de confiance est de 4/5 !
-Temps de chiotte, assura-t'il. Ces foutus météorologues sont pas fichus de voir qu'ici, dans ce trou à rats, il y'a un microclimat, et que sans arrêt il pleut comme vache qui pisse.
Le grand poète devant l'éternel qui venait de proférer cette sentence, c'était John Seekle. Pas très grand ( pas petit non plus, vous dirait-il aussi sec), pas très beau (pas trés moche non plus), la trentaine.
En faît un type assez banal.
Il avait un petit boulot tranquille, sans ennuis. C'était un de ces petits secrétaires qui passent leur vie derrière leur bureau, à maudire le temps : S'il faisait beau, eh bien, ça faisait chier, parce que c'était un temps à être dehors. Et s'il faisait moche, eh bien, ça faisait chier aussi, parce que travailler quand il pleut c'est encore plus déprimant. Mais lui ne se plaignait pas. Il avait peur des responsabilités, et il les fuyaient comme la peste. Répondre au téléphone et remplir de la paperasse à la place du patron, c'était tout ce qu'il souhaitait. Il fuyait les responsabilités, mais attirait les ennuis. En vingt-neuf ans de vie peu ordinaire, sa mère et son père était mort, et il était célibataire, après avoir passé cinq ans avec une fille qui lui avait pompé tout son compte en banque avant de partir. De plus, c'était un beau pigeon bien dodu aux yeux des démarcheurs et vendeurs du porte à porte.
- on dirait qu'ils se sont passés le mot ces salops, proférait souvent le pauvre John.
Le pire, c'est qu'il avait raison. Tout les arnaqueurs le connaissait, son nom était sur la bouche de tout les vendeurs des rues, des prédicateurs et de toutes les autres sortes de gens qui soutiraient du fric aux pauvres gars comme lui. Ne se doutant pas un moment de sa célébrité, il se pencha à la fenêtre et cria à un ado qui s'arrêtait avec son Scooter :
- Hé ! Jeune con, t'as troué ton pot avec une perceuse, pour que ta brêle de merde fasse plus de bordel ?
On avait rien à répliquer à John. A côté de sa malchance, de sa naïveté, seul sa capacité à emmerder le monde était de taille.C'était presque son plus grand défaut, peut-être aussi sa seule qualité, en même temps. Il traversa le grand séjour de sa maison de célibataire (comme lui même se plaisait à l'appeler), éteignit la télé, qui, comme d'habitude, marchait à longueur de journée, et sortit un plat de lasagnes du congélateur. Ce n'est pas qu'il n'aimait pas faire la cuisine, il était même plutôt doué pour çà, mais le surgelé avait trois avantages à ses yeux, et il vous les aurez énoncés à haute voix, avec un plaisir non disimulé : Non seulement c'était bon (même si des couillons disaient qu'on y mettait n'importe quoi), mais en plus c'était rapide à cuisiner, et pas cher. Certains jours, qui étaient le théâtre de l'apparition de Super John, il vous aurez aussi dit qu'il avait trop la flemme pour faire la cuisine. Ces jours-là, il était juste bon à se commander une pizza et à mater la télé. Et si par malheur, ces jours-là tombait sur un jour de travail, il se faisait porter pâle. Ce dont il n'était pas avare, soit-dit en passant. Mais s'il avait sut que le patron avait une lettre de licenciement à portée de main dans son bureau, il se serait abstenut d'avoir sa crise de "Flemmengîte aigüe" ce jour-là. Lorque le douzes coups de midi sonnèrent, les lasagnes étaient sortis du four, encore fumantes. John sortit une cuiller à soupe et commença à manger dans le plat même.
- ça fera moins de vaiselle, dit-il à haute voix.
Sa solitude était comblée par la télé qui marchait à longueur de journée, et par sa voix, qui elle aussi marchait pendant pas mal de temps. Il avait pris cette habitude, depuis que Sabrina l'avait jeté comme une feuille de papier toilette usagé. C'est lui même qui avait trouvé cette expression, et il l'aimait assez. En tout cas elle définissait assez bien leur histoire d'amour. Il amena sa chaise face à la fenêtre de sa petite maison. Tout en engloutissant des cuillerrés de lasagnes, qui n'avaient pas eu le temps de refoidir, il pensait à ses collègues qui travallaient, à moins de deux kilomètres de là. Puis son regard suivit la rue de la petite ville de black miner, qui tenait son nom des mineurs de fonds, qui ressortaient tout noirs des nombreuses mines à charbons des collines de la ville. Mais comme à God Gold (qui cependant était nettement plus grande que ce patelin) les activités minières n'étant plus rentables, on avait condamné les mines. Depuis, la rue ou habitait John était l'artère principale de la ville. Ses trois bars et ses commerces lui assurait ce statut. John secoua la tête en pensant au bar. Il n'avait plus touché à l'alcool depuis un an, il n'allait pas recommencé. Pourtant, il ne pouvait cesser de s'imaginer buvant un bon demi, tout frais tiré. Il sentait presque les bulles fraîches lui chatouiller le palais, lorsqu'on sonna à la porte. Faché qu'on le dérange à cette heure-là (surtout à ce moment-là), il grommela :
- J'arrive, j'arrive, vous en prennez pas à cette sonnette !
21 Mars 2000, 12h15 :
Il tourna le verrou, s'attendant à rembarrer un démarcheur, quand il tomba nez à nez avec son patron. Enfin, son ancien patron.
- Charmant acceuil, monsieur Seekle ! Je vois que vous êtes souffrant.
John blanchit, lui donnant presque le teint d'un vrai malade. Il balbutia :
- Mais... Je... J'étais couché, c'est pour ça que je vous est un peu crié dessus. Excusez moi.
Mr Bires le regardait de haut, et un sourire lui étira les coins de la bouche. Mais ce sourrire n'était pas des plus rassurant.
- Mais bien sûr, je l'avais deviné ! Trêve de plaisanteries. Vos petites vacances non méritées, et non justifiées se terminent là ! Enfin, non, ells vont plus tôt être rallongées ! Vous êtes viré.
Il avait dit ça comme celà. Sans joie ni tristesse. Pour lui c'était normal, apparamment. Si John ouvrait la bouche, toutes chances de pouvoir réessayer de reprendre son boulot étaient vaines. Il le savait. Mais, il le fit quand même. Sa haine était incontrôlable.
- Ecoutez-moi, pauvre petit con prétentieux ! Si votre Q.I était proportionnel à la largeur de votre cul, vous seriez probablement un génie ! Malheuresement, il est proportionnel à la taille de votre queue, alors... En plus d'être orgeuilleux, vous êtes imbut de votre personne, et je suis sûr que vous n'hésitez pas à vous branler en face d'une glace, pour être en forme tous les jours!Mr Bires était lui aussi pâle. Pourtant il n'était pas homme à se laisser insulter de la sorte, et par un simple secrétaitre, en plus. Mais personne n'avait rien à répliquer à John. Pour ne pas à avoir à parler plus longtemps avec un homme comme John, Mr Bires tourna les talons et partis d'un pas qui voulait dire : Je n'ai pas peur de vous, et je n'ai pas peur de vous tourner le dos.
Mais il fallait pourtant savoir que quand John est enervé on ne lui tourne pas le dos. John regarda ses mains, et vit qu'il tenait encor se cuiller à soupe. Il la prit à pleine main et la lança en plein sur la nuque de son patron. John s'attendant à le voir pousser une petit cri de fillette et à s'enfuir à toute vitesse, fut assez surpris de le voir s'écrouler de tout son poids, sur le beau linoléum jaune du couloir. Il laissa s'éclater un rire gras et bon enfant, qui se transforma en un inquiètant petit cri aigü, celui-là même qu'il aurait voulut que son patron ait.
- Bordel de merde ! Mais qu'est-ce que j'ai fait ! Je l'ai tué !
Il se rassura intérieurement, se disant qu'une cuiller ne pouvait pas tuer quelqu'un, que c'était absolument impossible. Avant tout, il fallait qu'il rentre son patron chez lui, car si un de ses charmants voisins de palier le voyait là... Même s'il n'était pas mort, il en entendrais des vertes et des pas mures, comme disait son père. Et si par malheur il était mort, et bien ... Il ne savait vraiment plus quoi faire. Tout d'abord, essayé de ranimer son patron. Il le traîna comme il le put jusqu'au milieu de son salon et alla ferma la porte qui donnait sur le couloir.
- De l'eau de cologne, s'écria-t'il, mais oui, que je suis bête, dans ces cas-là, on tapote un peu d'eau de colonne sur son nez, et hop ! Il est ranimé. Il se précipita vers le placard de la salle de bain, où se battait l'aspirine et l'eau de cologne (pas besoin d'autres choses, le reste, c'est bon pour les bonnes femmes, aurait assuré John Seekle). Il trébucha sur la main de son ancien employeur, et jurant, il lui asséna un violent coup de pied dans les côtes.
- Tu vas te réveiller sac à merde !
John reprenais du poil de la bête. Il ouvrit son armoire à pharmacie et eut beau fouiller derrière les vieux tubes de crèmes de son ex-femme, il ne trouva pas d'eau de cologne. Il prit tout de même de l'après-rasage, en se disant que celà sentait quasiment pareil. Et même si Mr Bires n'était pas homme à mettre de l'après-rasage à dix sous, évanouit il ne verrait pas la différence. Il retraversa la pièce en courrant et s'agenouilla près de son ex-patron. Mr Bires n'avait jamais du voir un licenciement si mal tourner. John déboucha son flacon et versa une généreuse rasade dans sa main. Il l'étala soigneusement sur le visage de Mr Bires, en insistant bien sur les narines et le nez. Rien. Pas de changement. Un éclair le traversa : Il n'avait même pas pris son poul. Il faut dire qu'il ne savait pas bien comment si prendre. Il essaya pourtant, et n'obtenant aucun résultat, ne s'en formalisa pas pour autant. Mr Bires ne pouvait pas être mort comme çà ! Impossible. Il voyait presque les gros titres des journaux, et il pouffa bien malgrè lui face à cette vision. Il vit un quotidien qui proclamait en première page : " Un ex-employé tue son patron à coups de petites cuiller parce que celui-ci l'avait licencié. " Lire la suite en page 2.
C'était drôle sur le coup, mais en y réflechissant, ce n'était pas drôle du tout. John cessa de sourire (intérieurement et extérieurement) et tenta de réfléchir. Tenta seulement. Il ne savait pas quoi faire. Il avait tout essayé. Enfin, le peu qu'il savait. Un instant, il pensa à mettre Mr Bires dans la rue, se disant qu'on le rammasserait peut-être, pour le conduire à l'hopital. Où à la morgue. Un projet fou lui traversa alors l'esprit : Il avait pensé pendant un instant jeter son employeur du haut de l'immeuble, et maquiller l'incident en suicide. Il avait même sut ce qu'il fallait écrire sur sa lettre de suicide. Il c'était vut répondre au policier :
- De toutes façons, Mr Bires me détestais, il aurait tout fait pour me mettre dans un endroit où je ne le croiserait plus jamais. Même se jeter du haut de mon immeuble.
Oui, ça pourrait peut-être prendre. Il se remit alors à sourire.
21 Mars 2000, 12h30 :
Il avait suffit que John agresse son patron avec une cuiller à soupe pour qu'il en perde la raison. Il n'avait jamais été un génie, ni un imbécile. Il se contentait de quelques coups de gueules et de péter un peu les plombs de temps à temps, mais là, il s'enfoncait de plus en plus dans la folie pure. Son sourire sadique sur les lèvres, il se dirigea à nouveau vers la salle de bain. Il prit son rasoir sur l'étagère au dessus du lavabo. C'était un de ces rasoirs qui se déplie, il se rasait toujours au blaireau, bien que ce n'était pas de sa génération. Son père l'avait un jour amené devant un miroir et lui avait dit avec sa voix éreinté par les cigarettes brunes:
- Ecoute Johnny, bientôt tu vas devoir te raser, alors je préfère t'apprendre, plutôt que tu te tranches la gorge.
Son père avait rit sincérement à cette blague, mais John l'avait pris au sérieux et appréhendait déjà le moment ou l'acier froid se poserait sur sa peau. Le défunt Mark Seekle avait déplié le rasoir, et appris à John à préparer sa mousse à raser, avec du savon et un blaireau. John l'avait écouté avec sérieux et c'était rasé selon les conseils de son père. Depuis, il ne s'était pas encore coupé la gorge. Souriant encore, en pensant à ce délicieux flash-back, il déplia la lame du rasoir, et la passa sous l'eau chaude un instant. Il l'essuya doucement, comme s'il caressait un femme. Puis il revint à grands pas vers son patron, un sourire toujours plus grand sur ses lèvres. Il approcha la lame de la grosse gorge rouge de Mr Bires. Sans appuyer, il la passa très doucement, lentement, sur cette gorge offerte à lui, et un filet de sang presque noir courrut sur la lame de son vieux rasoir. Il poussa un petit cri bestial de contentement, et recula la main qui portait son rasoir. Il l'empoigna mieux et d'un geste aussi sec qu'imprévut (même pour lui) il trancha la gorge de son patron. Le sang gicla jusque sur les dents que le sourire de John découvrait. Il se passa alors la langue sur les lèvres, et le goût du sang l'enivra. C'est alors que mourrut vraiment Mr Bires, qui jusque là n'était qu'assomé. Si John avait eut quelques notions de secourisme, il aurait sut comment déceler une respiration, aussi faible soit elle. Même un gosse aurait put le faire. Tout le monde connaissait le "truc", qui consistait à mettre une mirroir devant le visage du soit disant mort. Et si une légère buée se formait, eh bien, c'est que le fameux mort ne l'était pas. Mais John n'était pas un gosse.
Mr Bires n'eut pas le temps de crier, ou de gémir lorsqu'on lui trancha la gorge. Mais de toutes façons, celà n'aurait fait qu'exciter encore plus John. Ledit John s'occupait maintenant de taillader le visage de Mr Bires. Il jeta un nez, puis une oreille par dessus son épaule. Poussant toujours des petits grognements animaux, il s'afférait sur ce qui restait du visage de son ancien patron. Lorsqu'il se releva, en sueur, et en sang (de son patron), il ne restait plus rien qui aurait put indentifier le cadavre sanglant de l'homme qui un jour avait été un riche chef d'entreprise.
John se releva, et son regard n'avait plus une etincelle d'humanité. Il aurait trés bien put être un loup qui se serait transformé en homme, tout en gardant ses instincts de tueur.
21 Mars 2000, 13h10 :
Il avait déjà mangé des lasagnes, et il y avait de celà à peine une heure, et.... deux millions d'années, mais il avait encore faim. De chair fraîche... Il n'avait plus qu'une conscience trés réduite de ce qu'il faisait, mais, apparemment son esprit dirigeait son corps à merveille. Comme si, tout au fond de lui, il avait toujours été un tueur sadique. Il marcha d'un pas décontracté, comme s'il draguait sur une plage, et saisit un couteau de boucher sur son aimant à couteau. Il regarda la lame de son couteau, et fut immédiatement séduit par les petits éclats lumineux qu'elle renvoyait sur les murs carrelés de la cuisine. Il revint vers la masse sanglante qu'était son ancien patron. Il s'agenouilla à nouveau, dans une flague de sang presque coagulée. Il souleva la chemise rouge (qui à l'origine était blanche, mais qui en rouge allait trés bien à son patron) et découvrit un gros ventre, blanc comme le ventre d'un poisson. Trés proprement, soigneusement, comme un boucher qui découpe ses steaks avec amour, il découpa une large tranche de Mr Bires. Inutile de la faire cuire. Il reprit sa place devant la fenêtre, et dégusta sa tranche de Mr Bires au naturel.
21 Mars 2000, 13h20 :
C'est alors qu'un de ses voisins voyeur, qui cherchait à voir Mme Fake sous sa douche, tomba sous le choc. Son voisin, John seekle, charmant (bien que guelard de temps à autre), était là, face à sa fenètre, son visage hirsute, couvert de peinture rouge (Non, ça ne peut être du sang !). Et il mangeait ce qui semblait être (à vue de jumelle..) une tranche de viande (un steak peut-être) crue. Du sang maculait son menton, et dégoulinait sur son tee-shirt violet. Le tee-shirt de John n'était pas violet, mais bleu. Il mangeait avec appétit un morceau de son patron, mort sur un tapis Turc. C'est alors qu'il vit ce vieux pervers de Mr Boops, avec ses jumelles. Il leva son majeur, et l'agita dans sa direction. Mr Boops reconnaissant là le signe qui traversait les frontières rentra chez lui. Mais il n'était pas partit chialer parce qu'il s'était fait insulté par son voisin, mais pour aller lui dire deux mots sur son incorrection. John avait finit de manger sa tranche de Mr Bires, 1er choix, et s'attelait à en découper d'autres, pour les mettre au frigidaire, histoire d'avoir à manger pour une semaine, lorsque Mr boops frappa fortement à la porte. Dérangé au plus au point, John grogna, et couteau en main derrière le dos, il s'avança vers la porte. Il défit le loquet et se dissimula derrière la porte, en rentrant le ventre. Il poussa alors un grognement, qui voulait signifier : Entrez ! Il avait perdu la raison, et la parole, par la même occasion. Toute intelligence l'avait aussi quittée, et c'est avec une ruse animale qu'il pièga Mr Boops. Mr Boops, moins assuré que lorsque il avait claqué la porte de son appartement, poussa la porte doucement. Il avait entendut un rugissement animal qui venait de derrière la porte. Il se promit de jeter un coup d'oeil, et d'appeler les flics, si ça allait mal. Il se pencha, et John en profita pour fermer la porte brutalement sur son cou. Le cri de Mr boops fut etouffé dans sa gorge. John était fou de rage, il balançait des coups de pieds et de poing dans la porte, qui était toujours refermée sur le cou de ce voisin pervers. Mr Boops gémissait, mais seul un râle sortait de sa gorge meurtrie. Enfin John se calma. Il ouvrit la porte et laissa tomber Mr boops, qui cherchait l'air dans sa pauvre gorge enflée. John le traîna par les bras, et revint fermer la porte. Pendant que Mr Boops essayait de survivre, John courrait autour de lui en le frappant dans les côtes, au visage, mais ce qu'il préférait c'était les parties intimes du pauvre Mr Boops. Celui-ci, le visage violacé, tentait de crier sa douleur, mais ne pouvait que gémir si bas, qu'il ne s'entendait pas lui-même. Il n'eut pas le loisir d'appeler la police. Il mourrut étouffé, tant John lui avait écrasé la gorge.
21 Mars 2000, 13h30 :
John n'avait plus faim, mais il avait encore une furieuse envie de tuer. Il aurait put appeler une pizzéria, histoire de se faire livrer une pizza (surtout son livreur), mais il ne connaissait qu'un numéro par coeur. Et d'instinct il composa le numéro de la police. Il grogna au combiné, et parvint à articuler "meutre". Le policier de service à ce moment-là, était tout jeune. Il s'appelait Arthur Mc Ardle, mais était surnommé Junior par son équipe. Ce qui l'emmerdait au plus au point. Il avait hâte d'être affecté à une affaire sérieuse, et de la résoudre avec bravoure, pour que ce sobriquet le quitte. Il ne s'attendait pas à une affaire telle l'affaire John Seekle, dont on parlerait des années plus tard. Il ne pensa pas non plus que l'appel de John était un canular. Il monta dans sa voiture de service, girophare allumé et il mit le cap vers Main street. Jubilant derrière son volant, il pensait à la tête des gens qui le voyaient rouler à plus de cent km/h, en plein centre ville. Il arriva chez John un quart d'heure après que celui-ci ait lancé son appel farfelu.
21 Mars 2000, 13h45 :
John tournait en rond derrière sa porte, attendant sa prochaine proie. Il piquait des crises, et tapait le cadavre violacé de Mr Boops. Lorsqu'il entendit des pas précipités sur le lino du couloir, il trépigna de joie, comme un gosse qui à enfin réussit à obtenir le jouet, pour lequel il tannait ses parents depuis des mois. Oubliant toute prudence, il sortit couteau en main, et se jeta en hurlant sur Arthur. Celui-ci esquiva, et bien que surpris par l'apparence de John, dégaina instantanément son arme de service. John ne ferait pas d'autres crimes. Arthur se remmémora en un éclair, ses leçons. C'était un cas de légitime défense. Il pressa la détente deux fois. John, une moitié de visage en moins, et un trou dans la poitrine, tomba sur Arthur tel un pantin sans vie. Il réussit néammoins à planter son couteau dans la cuissa d'Arthur. Arthur n'avait jamais été blessé, et n'avait rien eut de plus grave que l'appendicite. Il poussa un cri, et déchirant sa chemise, se fit un garrot. Il regarda John. Même mort, il semblait transpirer la folie. L'oeil qui lui restait était exhorbité, injecté de sang. Il semblait s'étonner de voir un plafond si immaculé. Arthur, une main sur la bouche, poussa la porte de celui qu'on appelerait le tueur de Black miner. Ce qu'il vit alors lui souleva à nouveau l'estomac. Il se pencha et vomit sur ses chaussures cirés.
-Quel carnage ! Bon dieu, quel homme peut faire çà !
Il s'exclama dans le silence mortuaire de la maison, qui ne lui renvoya pas d'écho. Il prit le combiné que John avait posé quelques minutes plus tôt, et composa le même numéro. Ayant expliqué la situation à ses confrères, qui désormais l'appeleraient sergent Mc Ardle, il s'assit devant la fenêtre ou John avait pris son dernier repas, et se dit que sa journée était foutue. Il avait salopé ses chaussures neuves, et en plus il avait déchiré sa chemise. Mais il se dit aussi que sa promotion le rembourserait aisément. Tandis que John était devenu tueur, antropophage et cadavre dans la même journée. Et ,lui, n'avait pas eut le temps de se lamenter.
Fin
Simon Boutreux, le 12/09/2000.