Chapitre Un :
Richard Streng :
Il mit la main sur sa bouche et grimaça :
- Bon dieu ! Celà fait dix ans que je suis flic dans ce patelin, et j'ai jamais rien vu de plus dégeulasse !
Un homme en blouse blanche s'afferait sur le corps de celle qui avait été la veuve Lark. Autour de lui grouillait une horde de policiers venus de tout le comté. Certains faisaient des photos, d'autres armés de gants stérilisés, cherchaient le moindre indice. Et, au milieu de ce petit monde, le sheriff Richard Streng, sentait la terre se dérober sous ses pieds. Le médecin légiste lui prit le bras et le secoua doucement.
- Ecoute Dick, je sais bien que c'est vraiment horrible, mais rappelle toi tous ces accidents de la route, et aussi cette explosion de chaudière pendant que la vieille Winslaw réglait la température. Tu avais mis tout le monde d'accord par ton courage et ton sang froid, et crois moi, je sais que celà est très dur de se retenir de chialer comme une madeleine.
Richard, alias Dick pour les intimes, balança la tête de haut en bas, et reniflant, il soupira.
- Merci doc, mais je n'y peut rien. Les accidents domestiques, et les accidents de la route, pour moi, c'est naturel, l'homme ne fait que subir. Tandis que là, l'homme qui à fait celà, ne mérite pas d'être un homme.
Surmontant son dégout, il regarda ce qu'il restait de la jeune veuve. Un fou furieux l'avait ouvert du nombril au menton, comme un vulgaire porc. Puis tout en ayant soigneusement retiré la plupart des organes internes, probablement encore chaud à ce moment-là, il l'avait déshabillé et lui avait enfilé des vétements propres. Lorsque que le facteur avait trouvé la porte ouverte, il était rentré pour faire signer un reçut à Mme Lark. Tout d'abord, dans la pénombre de la pièce, il avait crut que la veuve avait eu un malaise. Puis, en se penchant, la grande flaque de sang coagulé l'avait alarmé, mais surtout il y avait cette odeur. Une odeur indéfinissable, une de ces odeurs qui vous retourne l'estomac et vous fais fuir à toutes jambes, sans vous retourner. Mais le vieux Joe avait gardé son sang froid. Saisissant le poignet blanc de la veuve, il avait constaté qu'elle était morte. Puis, vacillant, mais lucide, il s'était emparé du téléphone qui tronait sur une table proche et avait composé le numéro du bureau du sherrif. Celui-ci avait accourut aussitôt, et depuis il était là, comme détaché du monde réel contemplant cette femme allongée, comme si elle était seulement endormie. La flaque de sang le rappelait sans arrêt à la dur réalité, mais le plus horible était de voir le ventre creux de la veuve étendue au sol. N'y tenant plus, Streng sortit en courrant, il s'appuya sur la barrière blanche du jardin de la défunte Mme Lark, et respirant l'air frais à grandes goulées, il restitua son petit déjeuner sur ses chaussures.
- Merde !
Coassa t'il. Mais déjà, le fait d'avoir cédé à son envie de vomir lui faisait se sentir mieux. L'affreux goût de vomi lui tiraillait la gorge, mais il comtenplait avec une joie d'enfant le soleil déjà haut dans le ciel sans nuages, comme s'il réssucitait d'une affreuse mort. Il trouvait maintenant que son comportement était déplacé et inhabituel à lui. Il pensait que voir un mort n'était pas affreux, le plus affreux était le masque que la mort emprunte pour frapper. S'il avait vu la veuve morte d'une crise cardiaque dans son lit, il n'aurait pas bronché, mais là... Une pensée recroquevillée et noire telle une tumeur malsaine le hantait encore. Toute personne dite normal aurait chancelée en voyant ce corps mutilé. Alors celui qui avait eviscéré la veuve, était il fondamentalement humain ? Sentant sa nausée le reprendre, il respira à fond, tout en essayant de penser à autre chose. Lorsqu'il fut totalement remis, il monta les marches de la maison de la morte sur des jambes de cotons, et rassemblant ce qui lui restait de courage, il poussa la porte griallagée. Il fut alors repris dans le tourbillon des va-et-vient de ses collègues. Se pensant inutile, se voulant inutile surtout, il demanda à son adjoint :
- Eh, Tom, aura-tu besoin de moi, ou est-ce que je peux aller au bureau remplir la paperasse ?
Un petit rouquin, à qui on ne donnait pas vingt ans, répondit d'une voix lasse :
- Bien sûr patron, allez-y.
Soulagé, il tourna les talons, et devala les marches du perron en sautillant. La portière de sa vieille chevrolet de service grinça, comme elle avait coutume de le faire. Richard s'asseya sur un vieux siège poussièreux et tourna la clef de contact. Machinalement, il chercha une station de radio, et il tomba sur celle de la ville. Une bande de jeunes totalement irresponsables en avait la garde. Ils faisaient parait-il plus d'audience qu'un homme âgé et raisonné. Et en plus, ils étaient sacrément inventifs, il avait appelé la station de radio Manson's power. Si Dick avait eu une quelconque autorité, il aurait censuré ce nom. Ce nom si connu et adulé par les jeunes, ce nom maudit, ce tueur en série qui avait tué son père. Mais le maire ne l'avait pas écouté, et un de ces fanatiques avait sans doute décidé d'être le énième "enfant" de Manson. Il éteignit le poste radio, et s'engagea sur Brods avenue. Situé entre la mairie et la banque, le bureau du sheriff semblait être minuscule, il avait en effet été improvisé, lorsque le village avait dépassé deux milles habitants. Il y avait de celà quinze ans. Depuis le petit village de Fory town était devenu Fory city. La ville comptait vingt milles habitants, mais le bureau du sheriff se réduisait à trois pièces et un placard à balais. Garrant sa voiture marron de saleté, il songea à la tonne de papiers qu'il aurait à remplir. Il en aurait probablement jusqu'à dix heures du soir. Il s'exclama en son for intérieur : "Si je coince le fils de pute qui à fait çà... !"
Thomas Marett :
Tout en essuyant soigneusement un couteau de chasse gigantesque pour la énième fois, il songeait à ce qu'il avait fait. Depuis le temps qu'il en rêvait. Il avait adulé Charles Manson pendant deux ans, puis il avait décidé que l'élève devait surpasser le maître. Il ne ressentait aucun regret, juste une euphorie morbide. Il admira la lame de son couteau, et voyant son visage se refléter dedans, il sourit et déposa l'arme dans un tirroir à serrure. Il ferma celui-ci à clef, et il enfila celle-ci à la chaine d'argent qu'il portait autour du cou. Il s'allongea alors sur son lit, et saisit la télécommande de sa radio. Il choisissa 98.7, la fréquence de la radio de la ville. Puis il ferma les yeux, et revoyant la veuve se débattre lorsqu'il l'avait ouverte en deux avec son couteau, il ria aux éclats. Une voix stridente le tira de son sommeil : La voix de sa belle-mère. Il se dit alors qu'elle serait la prochaine sur sa longue liste de victimes. Il soupira et descendit voir ce que cette vieille peau voulait. L'acceuil qu'elle lui reservait fut chaleureux :
- Et alors, petit con, il est plus de dix-neuf heures ! Tu n'as encore rien foutu de l'après-midi !
Va mettre la table, rends-toi utile, pour une fois.
Tom n'en pouvait plus, il fallait qu'elle meure, pour qu'il puisse vivre sans contraintes.
- D'accord, M'man, escuse-moi. Est-ce que je peux aller me laver les mains avant ?
Surprise d'une réponse si polie, Mme Marett ne put qu'approuver du chef. Tom monta les marches quatres à quatres, et rouvrit le tirroir où il avait enfermé son couteau. Il saisit alors un petit pistolet 9 mm, avec un silencieux, qu'il avait déniché dans une brocante. Vérifiant si il était bien chargé, il pensa à ce qu'il allait faire, et se dit qu'il aurait dut le faire plus tôt. Il arma son pistolet et enleva le cran de sécurité, puis il appela sa belle-mère :
- Eh vieille pétasse ! Viens voir par ici !
Aucune réponse. Manifestement, elle n'avait pas entendue, ou alors, elle était clouée sur place.
- Qu'à tu dit ? J'ai mal entendue ?
Visiblement elle n'en croyait pas ses oreilles. Tom cria donc :
- T'as très bien entendue sale pute, viens ici que je te baise !
Cette fois, le message était passé, il entendait déjà sa belle-mère montait les marches bruyament.
- Petit imbécile, mais qu'est ce qui t'as passé par la tête ? Tu vas recevoir ta raclée ! Attends que je
...
Elle venait de pousser la porte. Ebloui quelques instants par les lumières de la chambre de Tom, elle s'arrêta de parler. Elle avait crut voir une arme entre les mains du fils de son défunt mari. Mais, non, elle ne rêvait pas ! Elle se retourna, avec en tête l'idée de prendre les jambes à son coup, mais elle eut à peine le temps de toucher la poignet de la porte, que tom était sur elle. Il la frappa de toutes ses forces dans le dos, avec la crosse de son revolver. Mais la vieille résistait. Mme Garett tenta de courrir, mais une détonation étouffé se fit entendre. Elle tomba à terre, haletante, attendant le coup de grâce. Soudain elle ressentit une douleur intenable au niveau du genou. Sans se retourner, elle rampa le plus vite qu'elle le pouvait, chaque frottement sur son genou ensanglanté la faisait gémir de douleur. Derrière elle, Tom bondissait et glapissait :
- T'aimes ça, salope ! Hein, avoue ?
Il appuya à nouveau sur la gachette et mis deux balles dans les jambes de sa belle-mère. Il sauta alors par dessus-elle, et ferma la porte de sa chambre. Puis il se baissa et pris la tête de Mme garett dans ses mains. Elle pleurait à chaudes-larmes, sans un bruit, poussant des soupirs profonds de temps en temps, car elle avait compris qu'elle ne mourrait pas tout de suite. Tome appliqua le canon de son arme sur la joue gauche de sa marâtre et tira. Une gerbe de sang éclaboussa le mur. La balle avait traversée la tête de Maggie de part en part. Celle-ci gémit et un filet de sang mélé à des petits morceaux blancs qui avait été des dents, coula de sa bouche déformait par la douleur. Tom s'assit alors sur son dos et attrapa un magazine. Pendant vingt longues minutes, il demeure absorbé par sa lecture. Maggie frissonait et gémissait doucement. Plus par devoir que par pitié, Il enfonça durement le canon de son parabellum dans l'oreille de la chose sur laquelle il était assit, et il tira une balle. La détonation, encore plus étouffée par la tête de la défunte Mme garett, fut à peine entendut par Tom. Mais les résidus de cerveau encore palpitants qui s'étalèrent sur la moquette noire, lui firent comprendre que c'était déjà finit. Attristé de ne pas avoir attendu plus longtemps, il soupira lui aussi, et descendit pour voir ce que sa pute de belle-mère avait fait à manger.
Jane Geggles :
Jane prenait le soleil sur son gazon fraichement tondu. En ce moment précis, elle pensait à son voisin. Tom, quel doux prénom, se disait t'elle. Tom avait le même âge qu'elle et depuis leur tendre enfance, ils allaient à l'école, puis au collège, et enfin au lycé ensembles. Elle gardait au plus profond de son coeur ses sentiments envers Tom. Bien qu'elle fut courtisée par tous les garçons de son lycée, elle ne voulait pas sortir avec quelqu'un d'autres que Tom. Mais celui-ci n'avait pas l'air de se rendre compte de ce subtile subterfuge. Si elle passait tant de temps à se faire bronzer, en deux pièces, sur le gazon de son jardin qui était visible depuis la chambre de Tom, c'était justement pour attirer son attention. Pour qu'enfin il comprenne, que tous ces sourires, toutes ces paroles et tous ces gestes n'étaient pas que les fruits de l'amitié. Mais elle commençait vraiment à se demander, si Tom n'avait pas une petite copine quelque part, ou si, et celà aurait été encore pire, il n'était pas homosexuel. Mais Tom n'appartenait à aucune de ces catégories. Si on lui avait dit qu'une des filles les plus canons de son lycée, voulait sortir avec lui, il aurait rit de la blague pendant des jours et des nuits. Il suffisait d'une question, pour que ses fantasmes deviennent réalité, mais cette question était si dure à poser. Si la réponse était non, il perdait une grande amitié, mais il gagnait surtout une réputation de perdant. Et si la réponse était oui, eh bien, il aurait de quoi occuper ses nuits ! Mais la question lui restait en travers de la gorge. Et Jane non plus n'osait pas, ce qui faisait que la situation resterait telle jusqu'à ce que Jane sorte avec un autre mec ou jusqu'à ce qu'un des deux se décide ( ce qui était peu probable.) La situation était donc celle-ci, et jane s'assoupissait en pensant à Tom, lorsqu'un gémissement la dérangea. Mieux réveillée, elle parvint à entendre deux bruits sourds, comme si on frappait un mur avec un maillet entouré d'un oreiller. Un silence, à peine ponctué par les voitures qui passait dans la rue, demeura pendant dix minutes, et Jane s'assoupit à nouveau. Puis après environ cinq minutes de nouveaux gémissements lui parvenir. Ecartant une mèche blonde qui lui passait devant les yeux, elle se retourna et regarda en direction de le maison de Tom. Oui, ces gémissements venaient bien de là. Tendant mieux l'oreille, elle crut tout d'abord que c'était des gémissements de plaisir. Puis en entendant des pleurs, elle crut que c'était des larmes de joie. Jane était une de ces enfants naïve qui croit que le mal n'éxiste qu'à la télé. Choquée, donc, que l'on puisse s'envoyer en l'air si près d'elle, alors qu'elle ne rêvait que de çà avec Tom, elle enfila un débardeur qui se trouvait à côté d'elle, et partant pieds nus, elle sauta par dessus la haie qui séparait son jardin de celui de Tom. Prudemment, elle se plaqua le long de la maison. Elle ferma les yeux quelques instants, pour mieux localiser le bruit. En entendant qu'il venait du deuxième étage, elle sursauta. Le deuxième étage était tout en longueur et ne comportait que la chambre de Tom. Il pratiquait donc une partie de jambes en l'air avec une quelconque pétasse ! Furieuse, elle frappa à la porte. Personne, même pas un pas trainant qui annoncait qu'on lui ouvrirait. Bien entendu, il s'était barricadé avec sa salope. Si il le fallait, elle enfoncerait la porte ! Elle tourna la poignée, et à son grand soulagement, la porte s'ouvrit. Elle ne c'était pas trompée, le bruit venait de la chambre de Tom. Ah, la petite garce ! elle le payerait. Elle aurait dut être la première à aller dans le lit de Tom, et non pas une parfaite inconnue. Jane gravit les escaliers sans faire un bruit. Mais, soudain, un bruit sourd, encore moins audible que la dernière fois la fit s'arrêter. Les gémissements avaient cessés. Mais que se passait t'il donc ici ? Plus intriguée à présent, que jalouse et furieuse, elle monta le reste des marches sur le qui-vive. Elle espérait presque entendre à nouveau ces petits cris bestiaux. Car ce silence ne présageait rien de bon. Elle se mit à envisager des scénarios tous plus farfelus les uns que les autres. Sentant qu'elle se torturait plus qu'autre chose, elle se força à stoper ses contreverses internes, et se concentra mieux à écouter. Marchant à pas feutrés par la moquette noire, elle sursauta brusquement et laissa échapper, malgrè elle, un petit cri, lorsque Tom sortit de sa chambre.
Tom :
Tom, les yeux injectés de sang, son flingue pendant entre ses mains, passa devant Jane, sans même la voir. Celle-ci, dissimulé un petit peu par la pénombre, c'était plaquée contre le mur blanc et froid de la chambre de Tom. Trop appeurée par le regard absent de Tom, elle n'avait pas vu qu'il tenait un revolver dans les mains. Maintenant qu'elle avait vu ce regard, elle se disait que ses scénario si farfelus qu'ils soient, c'étaient peut-être réalisés. Elle voulait s'enfuir, loin, et ne pas avoir vu ce regard, si peu humain, un de ces regards que seul le sang peut faire s'embraser. Mais elle ne pouvait pas. Elle se glissa dans une armoire proche d'elle, en prenant bien garde à ne pas faire trop de bruit. Tom, fouillait le frigo. Tuer, celà donne faim, pensait-il. Et comme il avait un appetit boulimique de meurtres sanglants, il finirait par devenir obèse, comme la plupart de ses compatriotes. Il dénicha enfin quelque chose qu'il savait faire cuir, car sa défunte belle-mère n'avait préparé que son plat le plus détesté. Au moins, dans l'état où elle était, elle ne risquait plus de crier : "Mange ton plat, je sais que t'es plus un gosse, mais si tu bouffe pas çà, tu vas trinquer !" Tom balança la casserole et ce qu'elle contenait dans la poubelle, et mit des pates à bouillir. Il savait très bien qu'il ne pourrait pas rester longtemps ici. Dans quelques jours, un proche, un voisin, ou le patron de sa tante s'inquièterait de sa disparition. Et quand les flics s'en méleraient, il faudrait mieux être loin. Thomas Streng, dix-sept ans, venait de tuer en quelques heures, deux personnes, plus ou moins innocentes. La police du comté était déjà sur l'affaire, puisque la veuve avait été découverte il y avait à peine deux heures. Evidemment, il avait bien pris soin de ne laisser aucune trace. Il n'avait rien volé, pour la bonne raison qu'il n'avait pas besoin d'argent. Il n'avait pas violé Mme lark, parce qu'elle était vieille et plutôt moche. Et il l'avait tué, parce qu'il le devait. Il ne pouvait pas réfreiner ses pulsions. "Chassez votre nature, elle reviendra au galop" dit un vieil adage. Pendant dix-sept longues années, il avait réussit à se contrôler, à ne pas tuer quelqu'un parce qu'il le voulait, à ne pas faire le mal, parce qu'il fallait bien que quelqu'un le fasse. Mais à force de se contraindre à agir en personne dite normale, il avait explosé. Comme un pot d'échappement explose lorsqu'on le bouche. Sous la pression, sa chaudière interne c'était déréglée, et il avait dut céder à ses envies de voir le sang couler, et de sentir qu'il avait le pouvoir de donner la mort, ou de laisser la vie. Il fut ramené à la réalité de la vie par le bruit de l'eau bouillante qui débordait de la casserole. Il se leva de sa chaise sans se presser et étegnit le gaz. Il sortit une passoire, et sans prendre la peine de voir si ses pâtes étaient bien cuites, il vida la casserole dans le petit récipient percé de trous. Il sortit un fourchette d'un tiroir, et parsema les pâtes de gruyère. Il mangea dans la casserole, pour ne pas avoir trop de vaisselle, puis se sentant ridicule, il finit par sortir une assiette d'un placard. C'est drôle la vie, se dit-il. Je viens de prendre deux vies, sans regrets, avec joie, même, et je me dit qu'il ne faut mieux pas salir trop de plats ! Il planta sa fourchette dans un amas de pâtes collées avec du gruyère, et les porta à sa bouche. Il trouva ce repas bien plus délicieux que d'habitude. Ce n'était pourtant que des pâtes, après tout. Il se sentait puissant, désormais, les gens lui accorderaient plus d'importance que dans le passé. Peut-être même qu'ils se retourneraient sur son passage. Et ce bon vieux Charly Manson serait relégué au rang des voleurs de sacs à mains de grands-mères. Ayant finit son repas, il jeta à nouveau sa casserole et sa fourchette à la poubelle, et un BONG ! sonore se fit entendre dans le silence mortel de la maison. Fourbu par sa journée, il monta d'un pas lent vers sa chambre, et se promit de ne pas se lever tard le lendemain, car il lui fallait fouiller la maison en quête de fric, pour s'enfuir assez loin de ce patelin, afin qu'il puisse à nouveau tuer.
Jane :
Tétanisé par la peur, une simple peur terrible, imposée par un regard seulement. Il n'y avait pas de doute possible, soit Tom était drogué, soit il était fou. Elle ne savait pas trop pourquoi, mais elle préférait qu'il soit drogué. Comme celà, elle sortirait de sa cachette, elle dirait "bonjour Tom", d'un ton jovial, puis elle s'en irait en courant, et avec un peu de chance, Tom aurait crut rêver. Mais elle savait qu'elle se racontait des histoires. Et d'abord, où était Mme Marett ? Et si Tom l'avait tué, et s'il avait pété les plombs ? Avec des si, tu mettrais Paris en bouteille, ma fille, se dit-elle. En tout cas, dès que Tom irait se coucher, elle sortirait de son armoire et fuirait jusqu'à ce qu'elle soit enfermée à double tour dans sa chambre. Que faisait-il ? Jane commençait sérieusement à avoir mal aux jambes, et froid. L'armoire était assez grande pour tenir debout, mais pas assez large pour s'allonger, sans faire de bruit. De plus, elle avait même faim, et ses parents devait s'inquiéter de ne pas la voir rentrer, alors qu'elle aurait dut être au fond du jardin. Elle esseya tant bien que mal de se mettre dans une position un peu plus confortable, sans grand résultat. Elle croisa les bras sur sa poitrine, dans l'espoir de se réchauffer un peu, et tendit l'oreille, pour saisir un quelconque bruit. Elle entendit à ce moment un bruit de métal que l'on cogne. Tom devait faire la vaisselle. Avec un peu de chance, il ne tarderait pas à monter se coucher et Jane pourrait rentrer manger et se mettre au chaud sous sa couette. Elle retenait son souffle de temps à autres, pour pouvoir mieux écouter, et elle faillit en oublier de respirer, quand elle entendit enfin Tom qui montait les marches. Croisant les doigts, elle pria intérieurement pour que Tom n'ait rien à prendre dans son armoire. Elle repoussa les cintres devant elle, au cas où, et essaya de sa faire toute petite. La lumière s'alluma, elle le vit par la fente de la porte, et lorsqu'une ombre masqua pendant quelques instants la lumière, Jane crut qu'on allait ouvrir son armoire. Elle imaginait déjà le visage grimaçant de Tom, qui sans mot dire, la violerait et la tuerait. Remarque, elle n'était pas contre l'idée de faire l'amour avec Tom, mais de se faire tuer...
Frissonant, elle entendit un bruit de frottement, et des pas qui se rapprochaient de l'armoire. Tom haletait, et Jane entendit :
- Putain, qu'est ce qu'elle est lourde ! J'aurait dut m'en coccuper directement dans l'armoire !
Jane sursauta. Elle ne pouvait avoir plus aucun doute sur la nature des gémissement qu'elle avait entendue. Tom avait tué sa belle-mère, et en plus il s'apprétait à la cacher dans l'armoir où elle se trouvait. Cependant, elle se refusait à croire que Tom allait la tuer à son tour, elle se refusait à mourir sans combattre. Quand elle vit la lumière filtrer à travers les vétements derrière lesquels elle était dissimulé, elle rentra instinctivement la tête dans les épaules, s'attendant à reçevoir un coup violent et brutal. Pour l'instant, Tom ne semblait pas avoir vu les jambes bronzées (et très sexy, selon les lycéens de Fory town) de Jane. Il semblait occuper à autre chose. Jane sentit qu'on la frolait, et quelque chose avait été posé sur ses pieds nus. Puis la porte se referma. Mais un objet semblait bloquer l'intersestice entre les deux battants. Et Tom, fou de rage, pour cette pacotille, donna de furieux coups de pieds dans les portes, jusqu'à ce qu'il s'aperçoive, que les trois doigts de sa belle-mère qui auparavant bloquaient la porte, étaient tombés sur la moquette. Il se baissa et les ramassa, puis les balanca dans le fond de l'armoire. Jane sentit deux ou trois morceau de bois, ou de plastique lui tombait dans les cheveux. Elle en saisit un qui c'était glissé dans son débardeur, et gisait là, au milieu de ses seins. Tout d'abord, elle ne put dire cette chose était, elle la pinça, entre deux doigts, et elle sentit qu'elle se s'enfonçait, légérement. Puis elle le porta à son nez, et elle sentit que celà sentait le parfum. Interloquée, elle ne songeait même plus à fuire. Elle garda sa trouvaille dans la main, et attendit que la lumière s'éteigne. Lorsque Tom deigna enfin se coucher, elle ouvrit doucement la porte de sa cachette de fortune. Machinalement, elle glissa le bout de plastique dans l'élastique de son bas de maillot de bain, pour qu'elle puisse avoir les mains libres. Elle passa un pied, puis deux pieds, butant et piétinant sur la feu Mme Marett, et étouffant des cris de dégout. Une fois en dehors de l'armoire, elle prit ses jambes à son coup. Heureusement qu'elle connaissait la maison par coeur, sinon, elle se serait romput le coup plusieurs fois. Le temps s'écoula indéfiniment, et quand enfin, elle resauta par dessus la haie-frontière de son jardin, elle poussa un long soupir de soulagement. Elle grimpa à l'aide d'une échelle ,disposée là pour rendre ce service, par la fenêtre de sa chambre. Elle se laissa tomber sur son lit. Elle n'avait même pas songée à appeler la police. Mais après tout qu'elles preuve avait-elle ? Et que dirait-elle à ses parents au sujet de sa visite à Tom, à peine habillée ? Non, elle ne pouvait alerter la police pour quelque chose dont elle n'était pas sur. Elle se tourna et allait s'endormir, quand, elle se rappela qu'elle avait conservée ce qu'elle avait rouvée dans l'armoire. Elle ralluma la lumière, et voyant qu'elle tenait un doigt humain dans sa main, elle hurla et le jeta par la fenêtre ouverte. Elle sortit de sa chambre en hurlant comme une harpie, puis elle descendit dire à ses parents qu'il fallait appeler la police d'urgence, pour signaler un meutre.
Dick Streng :
Penché sur ses papiers, il ne pensait pas vraiment à ce qu'il faisait. Sa main courait sur le papier mais il ne voyait pas la feuille sur laquelle il écrivait, et il pensait à autre chose. Il était près de vingt heures trente, et il ne voyait pas le bout de cette putain de pile de feuille. Des rapports en doubles, en triple, des lettres au sheriff des comtés voisins, pour les prévenir qu'un cinglé courait les rues... Il n'en pouvait plus ! Il repoussa sa chaise et sortit une clope de son paquet. Dans un tiroir de son bureau, il trouva un hideux briquet que sa femme Sarah lui avait offert. Bien sûr, comme d'habitude, il avait sourit, et avait complimenté Sarah sur son bon goût. Mais tout bas, il s'était dit : " Est-il possible d'avoir des goûts de merde aussi poussés ? "
Il ne pensait pas. Toujours est-il que ce briquet marchait, et c'est tout ce qu'il lui demandait. Il tira sur sa cigarette, en appréciant chaque bouffée. Il savait très bien que c'était une sale habitude, et il savait aussi qu'il serait toujours accro. Son boulot ne lui permettait pas de s'arrêter, comme ces gens payés pour témoigner à la télévision, dans des pubs truquées. Demandez à un aveugle s'il veut retrouver la vue, et demandez à Dick s'il veut arrêter de fumer ! Les deux auront une réponse différente, mais catégorique. Perdu dans ses pensées les plus profondément enfouies au fond de son âme, Dick sursauta quand le téléphone sonna.
- Bon dieu s'exclama t'il ! On ne peut pas être tranquille, ici !
Puis, il décrocha, et demanda poliment :
- Ici le bureau du sheriff Streng, que voulez-vous ?
Une voix grave, mais douce, répondit en parlant d'une façon à essayer de garder son calme :
- C'est Jack Geggles à l'appareil, et ...
Dick, qui prenait Jack pour un imbécile finit, à peine capable de tenir son entrprise légué par son père, voulut tout de même paraître aimable : Jack était en effet au conseil municipal, et Dick ne voulait pas d'une voix de plus contre lui, aux prochaines élections pour être maire.
- Comment allez-vous, Jack ?
Jack, qui commencait à perdre déjà son calme, qu'il avait rassemblé difficilement, coupa séchement Dick :
- Ecoutez, gardez vos lécheries de culs pour une autre fois, une meurtre vient d'être commis chez nos voisins, Mme garett, et son imbécile de fils. Ma fille est certaine de ce qu'elle avance. Vous pouvez lui faire confiance, selon elle, le corps de Mme Garett est dans une armoire, au deuxième étage. Faites vite, et excusez moi tout de même pour mon comportement, mais après ce que je viens de vivre...
Dick, sous le coup de cette annonce, demeurait abasourdit. Pourvut que ce soit un canular, ou une erreur. Il avait envie de pleurer. Il était fatigué. Mais laissez-moi tranquille, je ne vous ai rien demandé, pensa t'il, en sentant deux grosses larmes lui monter aux yeux. La voix de Jack le fit revenir à la dure réalité.
- Il y'à quelqu'un ? Faites vite, nom de dieu !
Dick secoua la tête, et répondit, en tentant d'écarter les tremblements de sa voix.
- Oui, je suis là, j'arrive de suite.
Il raccrocha, sans attendre de réponse. Puis il se mit à courir, saisissant au passage les clefs de sa voiture, accrochées à la porte par un petit clou. Il faisait déjà nuit, et les néons et lampadaires de la petite ville empéchaient de voir les étoiles. Dick appuya sur la pédale d'accelérateur, et passa devant la statue du centre ville, à plus de cents kilomêtres heures. Tout en appelant du renfort avec sa radio, il se gara devant la maison Garett, toutes sirènes hurlantes. Si quelqu'un est encore là, il ne le sera pas longtemps ! Se dit-il intérieurement. Mais la procédure est la procédure, ajouta t'il.
- Mon dieu, faites que ce ne soit qu'une blague, promis, j'en rirais !
Dick se résigna et poussa la portière avec efforts, comme si elle pesait plus d'une tonne, et que ses bras n'étaient que deux baguettes de bois. Lentement, doucement, il défaisa la sangle qui retenait son pistolet dans l'étui en cuir. Puis il respira, une fois, deux fois. Enfin, il regarda les étoiles, comme si c'était sa dernière occasion de les voir.
Tom :
Il dormait à points fermés. Il dormait d'un lourd sommeil sans rêves. Puis, soudain, il se redressa sur son lit, d'un seul bond. La voix encore pleine de sommeil, il s'exclama :
- Et merde, les flics ! Pourquoi viennent-ils ici ? Heureusement que ces caves ont allumés leurs sirènes et leur girophare.
Rapidement, il saisit un sac qu'il avait préparé avant de s'endormir. Il n'aurait pas le temps de chercher de l'argent. Pourtant il en aurait bien besoin. S'il tuait ce flic trop encombrant ? Non, non, impossible. Les gens qui avaient donnés l'alarme se rendrait compte très tôt de sa disparition. De plus, on savait que c'était lui qui était le meutrier. Si Tom fuyait, il serait prit tôt ou tard, par cause de manque d'argent. Et s'il tuait ce flic fouille-merde, il pourrait prendre son portefeuille et sa voiture. Ce qui lui permetterait de fuir assez loin, pour pouvoir battre Manson. Parce que s'il se faisait prendre, il serait considéré comme un petit meurtrier banal de l'histoire des Etats-Unis, et çà, ce serait pire que tout. Il courut vers l'armoire où tronait sa belle-mère, et se mit dedans à son tour. Il se couvrit tant bien que mal d'affaires, pour être à peu près caché. La doigt sur la gachette, il respirait doucement. Des bruits de pas se firent entendre. Tom retint son souffle. Il entendait le flic ouvrir les portes avec bruits, pour s'assurer que Tom n'était pas là avant de chercher le cadavre de Mme Garett. Enfin, après une minute qui en paraissait une dizaine, Tom entendit qu'on ouvrait la porte avec précaution. Il essaya de glisser un oeil en dehors de son tas d'habits, et pointa son arme en direction de la porte. Lorsqu'il pensa que la porte était presque ouverte en grand, il vida son chargeur dans la direction qu'il jugeait la plus indiquée. Un grand bruit sourd lui communiqua que si le flic n'était pas mort, il était au moins blessé gravement. Tout en essaya de ne pas faire trop de bruit, il se glissa jusqu'à ce que sa tête dépasse de l'armoire. Le flic gisait là. C'était même le sheriff. Ce bon vieux Streng ! Il avait décroché le gros lot. Il sourit, mais se retint de rire, tant qu'il ne serait pas en sécurité. Il s'agenouilla près du cadavre sanglant de Streng. Il semblait qu'il avait pris quasiment toutes les balles dans le buffet. Joli tir à l'aveugle ! Se dit Tom euphorique. Il glissa la main dans les poches du blouson du cadavre et en retira une bille, une carte de bus, et enfin, le portefeuille. Curieux, il l'ouvrit et compta les billets. Deux de cents, un de cinquante et quatres ou cinq de un dollar, plus un peu de monnaie. En tout, il ne devrait compter que deux cents soixante dollars, environ. C'était plutôt mince, pour voyayer loin. Mais il avait aussi ses économies, de toutes façons, il faudrait que celà suffise. Tom vola également l'arme du sheriff. Un très bon Colt python special police. Dans la voiture, il devait y avoir un fusil à pompe et des munitions. Il fouilla de nouveau Dick Streng, et trouva enfin les clefs de sa voiture. Il retourna alors dans sa chambre et empoigna son sac à dos bourré d'armes et de billets d'un dollar. Il descendit en courant ses escaliers. Puis il monta dans la voiture de Dick Streng et posa son sac sur le siège du passager. Il posa le colt python sur le tableau de bord de la voiture, et mit la clef de contact dans la serrure de la vieille buick noire. Elle ronronna doucement, mais semblait avoir des ratés, par moments. Tom passa la première vitesse, et prit la direction du petit bois près de Long street. Il conduisait, la tête ailleurs, sifflotant un air de musique connu et fermant les yeux par instants. Il s'engagea dans une allée bordées d'arbres. C'était les sous-bois du morceau de forêt qui bordait Long street. Il alla le plus en avant possible dans l'épaisseur des bois, puis effectua un demi-tour. Il ne fallait surtout pas qu'on le trouve maintenant. Tom avait établi son plan suicidaire pendant qu'il conduisait la voiture : Il savait pertinement bien qu'il ne pouvait fuir très loin avec le peu d'argent qu'il avait. S'il voulait figurer comme un des plus grands tueurs en série américains, il ne devait pas fuir. Il avait décidé de dormir dans la voiture jusqu'à demain. Puisque la date du lendemain n'était autre que le 4 juillet 2000. Une grande parade aurait lieu, des milliers de gens seraient massés sur des barrières de sécurité. Tom en salivait presque. Il ne lui resterait plus qu'à appuyer sur le champignon de la buick du flic, il foncerait sur les spectateurs étonnés et en faucherait des dizaines. Puis, s'il n'était toujours pas mort, il ouvrirait la fenêtre et viderait toutes ses armes sur les flics et sur les badauds restant. Si avec celà, il ne battait pas Manson ! Bien que très excité par ses projets, Tom bascula petit à petit dans un sommeil sans rêve.
Chapitre Deux :
Jane :
Elle se demandait s'il fallait pleurer ou se lamenter. Richard Streng était rentré depuis cinq minutes environ, et il ne ressortait toujours pas avec Tom. Assise devant sa fenêtre, elle regardait fixement la maison de Tom et la rue où la voiture du sheriff était garée. Jane ne pensait à rien de précis, presque réduite à l'état de légume, par le traumatisme qu'elle avait reçut. Avant celà, elle n'avait rien vu de plus horrible qu'un chat écrasé sur la route. Le pire de tout, c'est qu'elle savait que c'était Tom qui avait tué sa belle-mère. Elle le connaissait depuis si longtemps ! Si on lui avait dit que Tom deviendrait un meurtrier ! Elle se sentait coupable. Elle ne savait pas de quoi exactement, mais ce sentiment de culpabilité la hantait. Peut-être aurait-elle dut dire à Tom ce qu'elle ressentait pour lui. Peut-être qu'un peu d'amour dans la vie de Tom aurait tout changé. Mais elle savait bien qu'il y avait peu de chance que seulement celà puisse changer toute l'histoire. Elle cessa de se torturer mentalement, et fixa avec insistance la maison voisine, comme pour forcer le destin de lui envoyer un signe. En guise de réponse, elle entendit plusieurs claquements secs. Elle ne se leurra pas cette fois-ci, et comprit qu'un des deux hommes de la maison voisine était mort. Un pressentiment affreux qui se concrétisa quelques minutes plus tard. Tom sortit en courant de sa maison, et sans un regard vers la maison de Jane, il rentra dans la voiture du sheriff. Au fond, elle était plutôt heureuse que Tom soit sortit vivant. Et c'est pour cette raison qu'elle n'alerta pas la police. Elle regarda la voiture, tous phares éteints, s'éloigner, et tourner vers Long street. Soulagée, elle ferma la fenêtre de sa chambre, et se coucha sur son lit. Cinq minutes plus tard, elle dormait à points fermés, rêvant qu'elle tuait le sheriff à la place de Tom. Elle ne rêvait pas de celà avec dégout. Elle sourit même dans son sommeil, comme pour se prouver qu'elle n'était pas si sensible à la vue du sang et à la mort.
Tom :
Il s'éveilla au petit matin, avec les chants des oiseaux, et le soleil qui l'éclarait à travers la pare-brise de sa voiture volée.
- Putain de piafs ! Dit-il, encore à demi endormi.
Il bailla à s'en décrocher la machoire, puis s'étira comme un chat paresseux. Il regarda sa montre, puis voyant qu'il n'était que huit heures, il alluma la radio, pour savoir si le meurtre du sheriff avait été découvert. Il changea la fréquence jusqu'à ce qu'il saisisse des informations. Une voix nasillarde lisait les grands titres de l'actualité du comté.
- Aujourd'hui, nous sommes le quatre Juillet, bon anniveraire les etats-Unis ! Nous parlerons aussi de la crise des entreprises Bops, fabriquants de meubles exotiques. Avec nous un expert économique, Stephen Chain. En dernière partie, et en direct de la petit ville de Fory, Mickäel Twon, nous racontera une histoire terrifiante : Les corps de trois personnes ont été retrouvés, le sheriff fait parti des victimes, et le meurtrier court toujours. Si vous apercevez une buick noire de la police de fory town, conduite par un adolescent boutonneux, mais dangereux, appelez nous. Appelez quand même la police d'abord, bien entendu !
Tom sentait son coeur battre dans sa poitrine. Il ne fallait pas qu'on le trouve avant le défilé. Il éteignit la radio. Pouvut que les habitants de Fory ne fassent pas le deuil de mes victimes, se dit-il. Ce serait le bouquet, ils bouderaient la fête du quatre Juillet, déserteraient les routes, et je serais cuit ! Tom n'était pas croyant, mais il joignit tout de même les mains, et pria pour un dieu inconnu, pourvu que celui-ci l'aide dans son affreuse tâche. Il consulta à nouveau sa montre et consata que le temps n'avançait pas vite : il n'était que huit heures dix. Impatient de prouver sa valeur de tueur, bien que peu de gens l'apprécierait. Mais il savait que quelques personnes en marge de la société, ou tout simplement fou, le suivrait et on les appeleraient peut-être les enfants de Garett. Il repassait sans cesse son plan en tête, parlant à voix haute parfois, et partant même sur un rire dément qui le troublait quand il s'en rendait compte. Il régla l'alarme de sa montre sur onze heure trente, puis il appuya sa tête plus confortablement sur le siège de la voiture. Contre son grès, il sombra rapidement dans un sommeil proche du coma. Un petit bruit strident le tira douleuresement de son repos. Il décrocha sa montre et la frappa sur le volant crasseux, jusqu'à ce que l'alarme cesse de sonner. Puis, satisfait, il tourna clef de contact. Il imaginait les gens manger un sandiwch aux buvettes qui entouraient la plus grande place de la ville. La plupart obèse, paressant marcher sur les genoux, souffant et suant comme s'ils avaient couru le cent mêtre en moins de neuf secondes. Du ketchup ou de la moutarde leur coulait sur le menton, et un sourire carnassier se montrait quand ils voyaient un encas alléchant. Tom grimaça de dégout en pensant à ces gens. Puis il sourit quand il pensa à ce qu'il en resterait quand il s'en serait occupé. S'arrachant à grand peine à cette pensée réconfortante, il s'engagea sur Long street, en roulant déjà à quatre vingts km/h. Les rues désertes pouvaient être bon signe ou mauvais, selon l'interprétation qu'on en donnait : Soit les gens avait renoncés à la fête annuel, pour éviter de se faire tuer, ce qui était la mauvaise nouvelle. Soit les gens étaient déjà Liberty place dégustant leur sandwich graisseux, et riant des blagues niaises que leur soufflait le voisin, ce qui était une excellente nouvelle. Tom s'impatientait, nerveux et pressé dans finir, il accélera encore, et la voiture roulant à plus de cent km/h semblait grogner comme un féroce animal. Il déboucha sur la grande avenue, et un gosse qui marchait sur le trottoir se retourna en entendant les pneus grinçer sur l'asphalte. Croyant taquiner un flic, il lança des confettis sur la voiture. Tom, qui n'était pas flic pour deux sous, grogna de rage, envers ces êtres dépourvu de bon sens que sont les enfants, fit peser son pied sur l'accelérateur et obliqua directement en direction de cet imbécile de gamin. Celui-ci, naïf, croyait voir là une taquinerie du policier. Voulant montrer sa bravoure, il ne bougea pas d'un centimètre et il ne se rendit même pas compte qu'il était déjà mort. Tom freina brusquement et descendit de la voiture. Le cadavre de l'enfant gisait là, quelques dizaines de mètres plus loin. Tom ne ressentait aucun regret, juste une joie qui lui donnait envie de crier. Fou de joie et de rage en même temps, il balança des coups de pieds dans la tas sanglant qu'était ce pauvre gosse. Satisfait, il retourna vers sa voiture. Il conduisit doucement, pour ne pas rater de passer sur le cadavre du sale mioche qui l'avait à la fois énervé et enchanté. Une fois qu'il eut entendu des petits craquements et des bruits mouillés, il repartit de plus belle vers la place où devait se dérouler la fête. Cette fête qui serait la dernière pour beaucoup de gens. Des personnes qui n'auraient pas forcément le privilège de mourir vite et bien comme le petit George. Enfin, il voyait déjà les premiers groupes de fêtards. Poussant la voiture à son maximum, il tourna dans un crissement de pneus, et il vit la foule se retourner, interrogative. Dans quelques secondes, ils comprendraient, mais pour la plupart, ce serait bien trop tard. Il fonça à pleine vitesse sur un stand de vente de gateaux. Certaines personnes se jetèrent à terre, d'autres coururent, pour échapper à un destin certain. Tom entendit des chocs sourds, la voiture roula sur des dos d'âne mous comme des ballons pleins d'eau. Un corp roula sur le pare-brise, l'étoilant au passage. Celà ne plaisait qu'à moitié à Tom. Déjà lassé, il ralentit, et roulant au pas, il ouvrit le fenêtre du côtè passager. Les gens indemmes se redressaient dèjà. Une quinzaine de corps ,tout au plus, jonchaient le sol. Quand la foule vit Tom avec un fusil à pompe spécial police qui avait appartenu à Richard Streng, elle réagit d'un seul bloc, comme un animal blessé, et s'éparpilla en courant. Tom, peu touché par ce mouvement de ses victimes ouvrit le feu. Ceux qui avait été les plus lents à partir tombèrent vite, touchés de plein fouet dans le dos. Les autres courait s'en réfléchir vers leurs demeures respectives. Tom véxé de si peu de coopération de la part de ses concitoyens, se mit à les poursuivre avec sa voiture. Certains plongés dans des haies d'épines pour lui échapper, d'autres, concentrés sur leur envie de se réfugier n'entendait pas la voiture. Une fois son arme vide, Tom se rendit compte de son imbécilité. Il était à découvert, sans munitions, avec une vingtaine de témoins ,au moins, qui l'avait vu tuer ces gens. Il était partagé entre l'idée de fuir loin de cette ville de moutons, et celle de s'enfoncer son couteau dans le coeur. Il était fatigué, lassé. Il savait bien qu'il n'avait pas battu cet imbécile de Manson. Il s'abandonna à ses turbulences intérieures, si bien qu'il n'entendit pas la voiture de police de l'adjoint du défunt Streng arriver.
Loyd Porud :
Quand Loyd avait su que le sheriff Streng, son ami, avait été tué, il était comme un automate. Il agissait sans bien savoir pourquoi, il répondait aux questions qu'on lui posait, d'un ton lointain. Lorsquil reçut un appel d'un homme qui habitait près de Liberty place, il se réveilla brusquement. Après les événements de la veille, plus rien ne pouvait l'étonner. Quand on lui disait qu'un fou écrasait et tirait sur des gens, il accourait sans douter de celui qui le prévenait. Puis il aperçut la voiture de Dick, et pendant un cours instant, il se dit que toute cette histoire était peut-être un cauchemar. Il se serait presque attendu à voir Dick sortirent de la voiture, la main sur son revolver. Mais son reagrd se porta vers la place où avait lieu la fête du quatre Juillet. Des corps sanglants, parfois estropiés jonchaient le pavage gris. Loyd secoua alors la tête, et descendit de sa voiture. Il dégaina son arme, et ota le cran de sécurité. D'une démarche d'épouvantail, il marcha jusqu'à la voiture immobilisé en travers de la route. Prudemment, il marcha accroupit, puis se redressa tel un diable sort de sa boite, lorsqu'il se trouva sous la fenêtre du côté conducteur. A l'intérieur, un adolescent semblait dormir. Sur son visage se lisait une grande sérénité. Mais malgrè tout, Loyd sentit que cet enfant à l'air innocent était un meurtrier sans pitié. Calmement, il appuya son revolver sur la tempe de Thomas Garett, et s'en lui lire ses droits, il lui tira deux balles dans la tête. Loyd s'accroupit alors, et pleura. Il ne pluera pas pour ce petit enculé dont la cervelle éclatée maculait le volant. Non, il pleura pour tous ses gens mort pour rien, tout ça parce qu'un petit con avait voulu que l'on parle de lui au journal de vingt heures. Il pleura pendant un quart d'heure, et quand ses larmes se furent taries, il se moucha et retourna à sa voiture, pour signaler au central radio du bureau du sheriff, que c'était fini.
Fin