Découverte
Ulysse Lojkine

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Je me promenai dans ma forêt natale, près du grand chêne. Je marchai déjà depuis une petite heure, dans un calme parfait.
Le bruit du vent qui bruisse dans les feuilles, les petits animaux qui se faufilent, ne nous laissant d'eux qu'une image floue, ou encore les ruisseaux qui décrivent des courbes gracieuses entre les arbres, tout cela me ravissait. J'aimais me sentir uni avec la nature, à l'aise dans mon milieu de vie. Je fis le tour d'un beau hêtre et arrivai dans une minuscule clairière. C'était ravissant.
C'est alors que je la vis : belle, grande, majestueuse, élégante, fine et de nombreuses autres choses que de simples mots, mes simples mots, ne sauraient décrire. C'était une biche. Elle dormait.
Je ne sais si vous avez jamais vu une biche dormir, mais je puis vous dire que c'est un spectacle ravissant. L'animal, que l'on aperçoit d'habitude furtivement en train de courir, était ici serein et immobile.
Son pelage brun-roux ondulait doucement sous la légère brise matinale et était lentement soulevé à chaque inspiration de l'animal. Cela ma faisait penser à un océan de feu lors d'une tempête. Les sabots semblaient être l'œuvre d'un ébéniste de génie. Leurs formes finement ciselées étaient magnifiques et leur couleur noir de jais formait un contraste parfait avec le vert de l'herbe. Quant au visage, il représentait la paix même : les yeux clos et la bouche finement ouverte étaient en parfaite harmonie avec la forêt.
Alors, je montai sur la biche. Je sais que cela est pour vous totalement insolite, anormal et indigne. Mais c'était pour moi tout naturel. Je me mis donc en devoir de me percher sur ce monticule animal. Ce n'est qu'une fois en haut que j'aperçus la blessure au flanc gauche. C'était un orifice d'un centimètre de diamètre environ sortait un flot de sang continu. Puis le ventre arrêta de se soulever.
Je compris que je venais d'assister à l'agonie d'un animal blessé, par un chasseur certainement. Je poussai un cri perçant qui déchira les airs mais que seuls mes amies pouvaient comprendre.
Ces dernières arrivèrent quelques secondes plus tard et nous entreprîmes de transporter, minuscule morceau par minuscule morceau, notre festin jusqu'à la fourmilière.


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