Fest-Noz
(extrait)

de Xuan Vincent



« Le roi Marc a des oreilles d'âne ! ». Plongée dans la lecture de mon ouvrage, je ne vois pas se réduire les kilomètres qui me rapprochent de la capitale. Curieux conte que celui que j'ai commencé à parcourir distraitement ce matin sur le quai de la gare de Brest. Très vite, sans y prêter gare, je me suis sentie happée par la magie de l'univers étrange des contes celtes, désireuse de savoir si le terrible secret du roi Marc serait un jour révélé dans le royaume. Le secret fut finalement éventé. C'est le coiffeur du roi Marc, son fidèle serviteur qui, un jour, ne put s'empêcher de confier l'indicible aux entrailles de la terre. Taire un secret aussi lourd est bien difficile… Mon carnet de route est là pour me le rappeler. Saurais-je respecter la volonté d'une jeune fille de Bretagne ? Ou bien succomberais-je comme l'infortuné coiffeur du roi Marc à la tentation de rompre mon pacte de silence ?

1

J'écrivais tranquillement dans mon bureau, absorbée à peaufiner un long article pour le tout nouveau hebdomadaire « Positif ». Un journal qui prend le parti de publier un maximum d'informations positives, qui vous donne envie de démarrer la journée avec le sourire. Je suis chargée de la rubrique de la vie culturelle régionale. Cela me change de ma précédente chronique des « chiens écrasés » ! J'étais alors occupée à écrire un article sur un original au grand cœur qui avait consacré toute sa fortune, dans son havre de paix parisien, pour redonner le goût de vivre à tous les gamins des rues abandonnés qui avaient croisé sa route. Cet homme aux traits aristocratiques et aux cheveux blancs, d'une modestie étonnante, venait de recevoir la médaille du mérite pour l'ensemble de son action. Il ne me restait plus qu'à illustrer mon article par une photo du maire de notre arrondissement. Bientôt, j'aurai la joie de voir publier mon premier dossier conséquent dans le petit hebdomadaire où je travaille d'arrache-pied comme pigiste depuis bientôt un an.

Trois coups secs frappés à ma porte, avant même que le visiteur ne prononce un mot. Je réprimai un geste d'agacement. Cette manière de se présenter, je l'aurais reconnue entre mille. Elle traduit la nervosité d'un homme pressé, qui ne demande « Je peux entrer, mademoiselle ? » que par pure politesse. Avant même que j'aie le temps de répondre, invariablement je sais qu'il franchira le seuil et avancera à grands pas jusque mon bureau. Là, je peux m'attendre au pire comme au meilleur : une fois, c'est mon dernier article qui ne lui convient pas et qu'il faut « impérativement » réécrire le plus vite possible. Un autre jour, il arrive le sourire aux lèvres et me prie d'interrompre un moment mon travail pour l'écouter raconter sa dernière blague « le travail attendra plus tard, votre dernier article était pas mal, continuez en ce sens, Tiphaine ! ». Avec Martial, à l'agence, nous nous sommes habitués à ses sautes d'humeurs, à son caractère emporté comme à ses soudains élans de générosité. Ce midi heureusement, le patron affichait un sourire épanoui, de bon augure. Comme à son accoutumée, Martial m'avait expliqué de but en blanc la raison de sa visite.

- Tiphaine, je voudrais que tu reportes à plus tard la rédaction de ton article. Je reviens de Bretagne, c'est une région magnifique ! Je compte sur toi pour que jeudi prochain tu reviennes à l'agence avec un reportage sur les fest-noz.

Connaissant l'intransigeance du boss, je me contentai de lui demander des précisions sur ce qu'il attendait de cet article. A vrai dire, il n'avait pas d'idée bien définie. Pour cette dernière semaine de juin, il voulait insérer dans le journal, un dossier sur la Bretagne. A cet effet, il souhaitait que j'intéresse le lecteur lambda sur cette fête venue du fond des temps qu'est le fest-noz breton. J'avais le champ libre pour traiter le sujet, à condition de ne pas dépasser la page. Cette annonce m'avait tiraillée entre deux attitudes contradictoires. D'un côté, j'en voulais à Martial de m'avoir demandé sans façon d'interrompre un travail qui m'intéressait et que j'avais presque terminé. En revanche, la perspective d'échapper l'espace d'un grand week-end au stress et à la grisaille de la capitale me motivait pour lâcher un moment mon reportage. En somme, c'était cette opportunité d'évasion, certes limitée dans l'espace et le temps, qui m'avait fait retenir sans rechigner une place pour le premier train pour Brest.

2

Me voilà donc en partance pour la Bretagne, plus précisément pour la ville de Saint-Brieuc, sur la côte Nord, à trois heures de Paris en TGV. Par souci de commencer à m'imprégner de la région où je me rendais, j'avais ouvert un guide touristique acheté à la Fnac de Montparnasse juste avant le départ. A Rennes, un voyageur s'était assis à côté de moi. Etudiant apparemment. Et amateur sans doute de la musique bretonne, puisque de son baladeur, je percevais nettement un air celtique très entraînant. Intéressée, je me glissai dans la peau de l'enquêtrice. Fort gentiment, le jeune homme me parla de la musique qu'il écoutait, « Stobinell », qu'il me présenta comme étant un groupe bien connu dans les Côtes d'Armor, du côté de Saint-Brieuc. Yann, comme il s'était rapidement prénommé, me demanda si j'étais bretonne. Il avait en effet noté mon nom, inscrit sur mon dossier de presse : Tiphaine Le Guen. Paradoxe de la situation, je dus lui expliquer que si mon nom trahissait mes origines bretonnes, je n'avais encore jamais mis les pieds en Bretagne ! Peut-être ma réponse le déçut-il un peu. Toujours est-il que nous continuâmes à discuter de musique celtique puis de l'identité bretonne des jeunes Bretons. Au fil de la conversation, il m'apprit qu'il était étudiant en licence de droit à Rennes et qu'il espérait trouver du travail dans la région. Je l'avais senti, sous une apparence réservée, très attaché à sa terre natale. Sa plus grande crainte était, comme son frère aîné, de devoir quitter sa région pour travailler à Paris. De mon côté, je lui avais parlé de mes débuts de pigiste dans mon agence de presse du cinquième arrondissement et de mon projet d'écrire ce week-end un article sur les fest-noz. A ces mots, mon interlocuteur m'évoqua spontanément ses derniers fest-noz, où, à chaque pas de danse, il retrouvait le bonheur simple de communier avec la ronde des danseurs et se laissait griser par l'envoûtante musique bretonne. Quand on aimait véritablement les danses bretonnes, il était difficile selon lui d'échapper à l'appel des « sonneurs », les musiciens bretons. Je regrettai de ne pas avoir mon magnétophone à portée de main, tant ce jeune homme était intarissable sur ce sujet ! Nous nous quittâmes en échangeant nos adresses, lui me promettant de me donner rapidement des renseignements sur les fest-noz, moi lui disant que je lui enverrais mon article dès sa publication.

- Saint-Brieuc, trois minutes d'arrêt. Correspondance pour Guingamp voie B.

Je suis arrivée à destination mais la partie n'était pas pour autant gagnée d'avance ! Je me trouvais en terre bretonne, celle qui avait vu grandir mes grands-parents. Pourtant trouverais-je rapidement un fest-noz sur place ? Mon premier réflexe fut de demander au kiosque à journaux de la gare la route la plus rapide pour me rendre au syndicat d'initiative. A pied, en descendant vers le centre ville, je n'en avais guère pour plus de dix minutes de marche. Mais le plus simple, me précisa la vendeuse de journaux, était de prendre le bus, situé juste derrière le parking de la gare. Je choisis de me déplacer à pied. Quand je suis dans une ville nouvelle, j'aime découvrir son pouls en marchant, quitte à m'égarer par moments, pour mieux m'imprégner des mille impressions fugaces qui surgissent sur mon chemin.

Arrivée sans trop de problème au syndicat d'initiative, situé à proximité de la poste sous un élégant porche en granit. Deux jeunes gens arrivés avant moi venaient de partir avec quelques brochures mais sans rien demander. Une jeune fille avenante m'accueillit avec un large sourire.
- Bonjour mademoiselle, pouvez-vous me renseigner ? Je cherche des fest-noz qui se produiraient ces jours-ci dans la région. En connaissez-vous ?
- Je crains qu'il n'y ait pas encore beaucoup de fest-noz dans les environs. Vous venez un peu tôt… Si vous revenez en juillet, il y en aura par contre un peu partout en Bretagne.
- Mais je rentre mercredi sur Paris. Je suis journaliste et je dois écrire un article sur les fest-noz en Bretagne…
- Attendez, je vais voir avec ma collègue.

Une jeune femme au visage rond et aux cheveux tirés en arrière s'adressa alors à moi.
- Vous avez de la chance, je connais un fest-noz qui se passe ce week-end. C'est dans la petite ville du Faou, près de Châteaulin. De vieux gréements arriveront cet après-midi et la fête se finira par un fest-noz. J'y suis déjà allée l'année dernière, il y avait une sacrée ambiance !
- Où se situe Châteaulin, c'est loin de Saint-Brieuc ?
- Vous avez une voiture ?
- Non, je suis venue en train.
- Ah, dans ce cas, c'est assez compliqué pour aller au fest-noz… Si vous voulez, vous pourrez vous y rendre avec ma cousine. Elle danse depuis qu'elle est toute gamine et ne manque pas un fest-noz.
- C'est vraiment sympathique de votre part, mais je ne voudrais pas la déranger…
- Au contraire, elle sera certainement enchantée de vous y emmener. Je vais l'appeler sur son portable.

Nous fixâmes le rendez-vous à dix-huit heures, à l'entrée de la Poste. J'avais donc encore près de six heures devant moi. Durant tout l'après-midi, je parcourus cette très jolie ville, m'arrêtant devant ses maisons à colombage dans le vieux quartier et m'étonnant du site, étendu sur plusieurs vallées et tout proche de la mer. Peu après l'heure dite, une Renault Cinq vert pomme s'arrêta à ma hauteur. Une jeune femme de taille moyenne aux cheveux châtains très courts vint à ma rencontre.
- Vous êtes Tiphaine ?
- Oui, c'est bien moi !
- Bonjour, je m'appelle Sandrine. Montez, nous sommes déjà quatre dans la voiture, mais en se serrant un peu, ça ira !

Sandrine, la cousine de la jeune fille de l'office de tourisme, était une jeune femme à l'allure décontractée et qui ne manquait pas de bagout. Elle conduisait au fest-noz trois de ses amies, lycéennes en année de terminale comme elle au lycée Renan, à Saint-Brieuc. Dans la voiture, les conversations allaient bon train. Rapidement, je me mis à plaisanter avec le petit groupe.
- Vous êtes étudiante vous aussi ? me demanda Nathalie, une jeune femme brune d'allure réservée.
- Non, je suis journaliste pour un hebdomadaire à Paris, « Positif ».
- Vous faites pourtant très jeune ! Vous êtes déjà allée à un fest-noz ?
- Merci pour le compliment, je vais quand même bientôt sur mes vingt-six ans. C'est la première fois que je m'y rends, je suis très curieuse de voir à quoi ressemble un fest-noz !
- Vous verrez, ajouta Sophie, la plus exubérante des quatre, on va s'amuser ! Il ne faut pas croire que parce que se sont des danses traditionnelles qu'on s'ennuie !

A ma grande surprise, le fest-noz du Faou se déroulait en plein air, sur le petit port situé à l'embouchure de l'Aulne. La fête était déjà commencée depuis le début de l'après-midi, m'avait expliqué Catherine, une jeune fille d'allure distinguée qui faisait très « étudiante modèle ». De vieux gréements aux voiles colorées étaient arrivés dans le port et avaient attiré en grand nombre les gens du coin. La chaleur de cette journée estivale n'était pas encore tombée et j'appréciais la soudaine fraîcheur de ce petit port breton. De bonnes odeurs de crêpes et de galettes saucisses, préparées sur d'impressionnantes biligs par de vieilles Bretonnes et des jeunes filles, venaient chatouiller mes narines. On faisait la queue pour commander, qui sa crêpe froment, qui sa galette saucisse. Les biligs étaient toujours fumantes et les crêpières travaillaient sans relâche. Spectacle surprenant pour ce bourg d'ordinaire très tranquille, la place était aujourd'hui noire de monde. Il devait y avoir certainement plus de cinq cents personnes. C'était comme si le village tout entier s'était trouvé réuni là ! Les uns encore attablés près du bar autour d'un plat breton consistant (et bien appétissant !) et d'une bonne bolée de cidre ou d'une bière. Les autres debout, en train d'attendre que l'orchestre donne le signal d'ouverture du fest-noz. Sur un podium improvisé, un quatuor de musiciens, les « sonneurs » plus précisément m'avait expliqué Catherine, commençaient à accorder leurs instruments.
- Génial, les filles, c'est Strobinel qui anime le fest-noz ce soir, on va s'éclater ! s'exclama Sandrine.
- Strobinel, enchaînai-je, je crois que c'est un groupe de la région de Saint-Brieuc… Un jeune homme m'a dit beaucoup de bien de ces musiciens dans le train ce matin.
- C'est une chance de les voir là car ils sont de la région de Saint-Brieuc ! J'adore leur musique. Elle est planante et donne envie de danser toute la nuit… Je ne m'en lasse pas ! ajouta Sandrine.
Intriguée par la composition de l'orchestre, je reconnus bientôt une cornemuse et, à ma grande surprise, une guitare et aussi semble-t-il, une flûte traversière. Un quatrième instrument m'était inconnu. Il s'agissait d'une bombarde, me précisa Catherine.
- Voilà, ça commence ! s'exclama Sophie. Tu entends cette petite musique, Tiphaine ? Ce sont les sonneurs qui appellent les danseurs à venir ! C'est une gavotte, la danse du coin. Tu viens ?!
- Mais je ne sais pas danser !
- Ca ne fait rien, tu apprendras ! Tu n'es pas la seule à ne pas savoir danser. Tu verras on va s'amuser !

Les premiers danseurs, la bande de Sandrine en tête, suivie de quelques jeunes et d'un couple d'âge mûr, se frayèrent un chemin parmi les rangs serrés du public. Nous finîmes par accéder à la piste, un parquet improvisé pour le fest-noz. Bientôt, dès les premières notes de musique, de nouvelles personnes vinrent agrandir le cercle. Dès la deuxième danse - un andro me précisa Catherine - la piste était déjà presque entièrement pleine de danseurs de tous âges. Très vite, j'ai fut frappée par le son syncopé des centaines de pieds qui martelaient sans cesse la piste en bois, au rythme donné par les sonneurs et composaient une musique étrange. Autant de bras se donnaient la main ou le petit doigt, tantôt étroitement serrés bras dessus dessous, ou se balançant au rythme de la musique et accompagnant le mouvement des pieds. Bizarrement, autour de moi, je ne voyais personne habillé en costume breton.
- C'est curieux, fis-je remarquer à la fin de l'andro, on dirait qu'ici personne n'est costumé pour le fest-noz…
- Hé oui, me répondit avec amusement Sandrine, en fest-noz on n'a pas besoin d'être sapé spécialement ! Tu peux très bien venir en jean et en baskets !
- Je trouve quand même dommage, précisa Catherine - la seule fille de la bande venue en robe - que les femmes ne dansent pas en robe…. Pour certaines danses, surtout les danses en couple, c'est beaucoup plus élégant de danser en robe ou en jupe !
- On connaît la chanson, Catherine ! Moi, je dis qu'on s'éclate aussi bien en pantalon !

C'est ainsi que je fis mes premiers pas de gavotte, d'andro, de laridés et d'autres danses aussi curieuses à mes yeux de parisienne. Habituée au rythme syncopé des boîtes techno, je fus d'abord déconcertée par l'étrangeté et la richesse des danses bretonnes. Ici, il s'agissait le plus souvent de danser à tout petits pas, pour tenir jusqu'à une heure avancée de la nuit. Ce qui n'empêchait pas les danseurs, du petit enfant jusqu'aux grands-parents, de s'en donner manifestement à cœur joie. Que vous soyez danseur confirmé ou bien débutant, vous êtes le bienvenu. Il suffisait d'entrer dans le cercle pour devenir un élément de la communauté dansante de la fête. Les danses se succédaient sans trêve et, fermement tenue par mes voisins, je n'avais d'autre issue que de m'attacher à exécuter de mon mieux les pas. Plus j'observais les danseurs confirmés, plus je devins sensible à l'élégance des pas, lorsque ceux-ci étaient réalisés avec brio surprenant. Plusieurs fois, les filles de la bande de Sandrine comme des inconnus s'étaient fait un plaisir de me montrer les pas. Rapidement envoûtée par la musique des sonneurs, entrée dans la ronde qui semblait former un être étrange aux mille pieds et yeux, j'avais oublié ma crainte de ne pas réussir à suivre le groupe. J'étais entrée dans le cercle, pour ne plus en ressortir… J'avais dansé des polkas, m'étais étourdie dans une scottish endiablée au bras d'un jeune danseur élancé aux cheveux clairs et aux traits fins. Il faisait partie des quelques personnes qui avaient retenu mon attention. A plusieurs reprises, j'avais noté le plaisir qu'il avait à prendre la tête d'une file de danseurs et, au moment le plus inattendu, à se lancer, suivi par quelques bons danseurs, dans des pas d'une complexité et d'une rapidité qui me stupéfiait. Peu à peu, j'oubliais la grisaille de la capitale et je me surprenais à prendre goût à ces danses venues de très loin. J'avais le sentiment déconcertant de renouer avec une partie oubliée de moi-même, de renouer avec mes racines bretonnes.

3

- Voulez-vous danser cette scottish avec moi ?
La soirée était déjà bien avancée et je cherchais un cavalier pour la deuxième scottish de ce fest-noz. Au lieu d'un cavalier, ce fut une frêle jeune fille qui s'avança vers moi et qui m'invita. Vêtue d'un jean délavé et d'un gros pull-over vert pâle, son visage aigu dégageait une expression de sévérité étonnante pour une personne de son âge. Plus étonnant, seule au milieu de cette foule bretonne, elle était d'origine asiatique. Je l'avais déjà remarquée depuis le début du fest-noz, mais vite prise dans le tourbillon de la danse, je ne lui avais plus prêté une grande attention.
- D'accord, j'apprends à danser seulement depuis ce soir mais j'aime bien cette danse !
Contrastant avec son apparence fragile, la jeune fille m'entraîna dans une danse endiablée, au point d'en avoir par instants le tournis.
- Je vous remercie pour cette danse, me déclara avec un large sourire la jeune fille à la fin de la danse. Vous avez bien dansé !
- Merci du compliment ! C'est étonnant de voir une Asiatique en fest-noz… Cela fait longtemps que vous y allez ?
(…)

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Si vous souhaitez connaître la suite de cette histoire (9 p.), n'hésitez pas à m'écrire (envoi par mail)
Xuan Vincent
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