(extrait)
Je venais de décrocher un travail d’assistante à Paris. Venue d’une petite ville du Morbihan, je brûlais de vivre ma vie à pleines dents, de ne plus me contenter de vagues petits boulots. La capitale s’offrait enfin à moi, devant moi s’ouvrait tout un horizon de possibilités à vivre ! Ne connaissant personne à Paris, il convenait de me constituer rapidement un réseau d’amitiés. Par chance, je travaillais avec une équipe sympa, composée essentiellement de jeunes femmes proches de mon âge. Laurence la première, une jeune femme très sportive, me proposa de l’accompagner à son club de fitness. Rapidement, je pris l’habitude de m’y rendre avec elle et deux de ses amies après le travail tous les mercredis.
- Tiphaine, es-tu libre le 15 novembre ? Je fais une grande fête, pour mes trente-cinq ans.
- Oui, il n’y a pas de problème, tu peux compter sur moi !
On m’invitait pour ma première soirée parisienne, en plein quartier latin ! Le premier mois dans la capitale avait passé à une vitesse folle. Déjà, je commençais à courir comme les Parisiens mais en dehors du fitness avec Laurence, je ne sortais encore avec personne. Pour cette fête, je tenais à faire bonne impression ! J’avais encore presque un mois devant moi, ce qui me laissait le temps de me préparer.
Le grand jour est enfin arrivé. Je suis arrivée chez Laurence, vêtue de mon plus bel ensemble, en velours noir. La salle de séjour, une belle pièce aux hautes fenêtres, était déjà remplie de monde. Ma première impression fut un léger sentiment de malaise. A part Laurence, je ne reconnaissais personne parmi la foule des invités. Pourtant, je ne voulais pas manquer mon entrée dans le cercle de Laurence. Aussi, je me hasardais à saluer une jeune femme près de moi :
- Salut, je suis Tiphaine, une amie de Laurence.
- Moi, c’est Sandra, je suis aussi une amie de Laurence.
- Fabien, je suis l’ami de Stéphanie.
- Et moi, c’est Stéphanie, j’ai connu Laurence à une soirée il y a cinq ans.
Les présentations faites, j’entrais dans la discussion. Je compris vite que les trois autres personnes, tout comme moi, étaient des amies de Laurence et ne connaissaient personne d’autre ici. Cela me rassura.
- Tu sais, Tiphaine, dans ces soirées parisiennes, c’est souvent un peu la même chose. On invite beaucoup de monde mais les gens ne se connaissent pas pour la plupart.
- Cela me change de mes soirées avec mes camarades de la fac, à Lorient. On sortait toujours ensemble et tous les invités se connaissaient. Quand un nouveau entrait dans le groupe, c’était un événement, et il fallait qu’il montre patte blanche, surtout si c’était un mec, pour être accepté par notre groupe de nanas !
D’autres invités sont arrivés. La musique, mise à fond, faisait qu’il était difficile de suivre les discussions. Je devais donc tendre l’oreille pour comprendre ce qui se disait autour de moi et m’époumoner pour me faire entendre. On parlait voyage, boulot, faisait par moments des commentaires sur des personnes qui attiraient notre attention.
- C’est qui cette nana ? Interrogea Sandra, avisant une très belle femme à la chevelure de jais, en tailleur noir et au maquillage recherché. Vous avez vu comment elle marche, on dirait qu’elle se rend à un casting !
- Cette nana-là, c’est un cas ! répondit Stéphanie.
- Qu’est-ce qu’elle a de spécial ? interrogeais-je, curieuse d’entendre de nouveaux potins.
- Ce serait une longue histoire à vous raconter. Allons dans la cuisine, on s’entendra mieux !
C’est ainsi que je fis la connaissance de Fiamma, la plus ancienne et la plus étrange des amies de Laurence.
(…)
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Xuan Vincent
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