Jétais une de ces femmes qui semmerdent dans leur périnée.
Il parlerait.
Il naura pas vraiment le choix puisque cest ma tête qui commande, oui les commandes sont en haut, le contrôle cest en nous, cest localisé, après ça glisse dans le ventre, juste quand ils nous la mettent dedans, quand ils nous mettent dedans.
Et un jour on a cherché à me la mettre dedans sans que je le sache vraiment.
On a essayé.
Je suis donc allée chercher mon vagin.
Au début je ne savais pas bien en face de qui jallais parler, le vagin, lutérus, le clitoris, jai hésité.
Parce que mon sexe cest tout ça, cest un ensemble, cest presque un groupe, un lobby.
Mais il fallait que je lui parle, que jaccède à lui, que je ne le laisse plus tout faire tout seul ou presque, javais des pensées comme celles là depuis ce jour où je ne lai pas vraiment contrôlé, où il na pas pu se défaire.
Je pense quil doit être content ce sexe, de se trouver dans ce corps, de lui faire pression, dedans.
Je ne sais pas si les hommes voient ce que je veux dire, à cause du leur, qui pend, qui sagrippe.
Cest autre chose le leur, il se raccroche à eux comme un désespoir mou, raide oui parfois, mais ça cest en pleine conversation.
Je me suis souvenue très loin.
Je lavais dabord baladé dans la rue, je veux dire quand jai eu conscience den avoir un, quand on me la fait comprendre.
Ca cétait passé très vite je me souviens bien, je devais avoir dix ans sur le chemin de lécole, et une sorte de sale type en blouson de cuir marron ma choppée par le bras en me disant un truc qui se rapprochait de « je te la mets et je te paye un café après » tout de suite jai pensé au café, pas vraiment de mon âge, et puis je me suis souvenu de mon cousin qui en buvait déjà à onze ans, enfin, jai pensé au café.
Le lendemain je lai recroisé le type blond au blouson marron, il ne ma même pas regardée, cest idiot mais je crois que je mattendais à ce quil men dise un peu plus, comme ça avant lécole de mon âge.
Javais pensé à cette époque quil était nécessaire quon me dise tout ça vite fait dans la rue, apprendre le sexe dans la rue, le sexe de la rue comme les dames en blanc et rouge avec ces talons, je me disais quêtre grande ce serait maîtriser tout ça, marcher en cherchant du sexe, cest ce que mon trou béant, cette bouche encore hébétée avait à comprendre.
Hier soir elles étaient encore là, les dames, comme des pigeons dehors, par terre, les pattes plus longues que celles des pigeons oui, avec plus de couleurs, mais pigeons quand même, à roucouler entrouvertes, cette maison on ma dit quelles y habitaient à plusieurs , jai posé la question une fois en sortant de la ford capri mk one jaune canari, jaune comme des jupes, criard comme les couleurs des dames.
Jai posé la question parce que je suis intriguée par des femmes qui vivent ensemble, c est à dire tout ce qui est différent de ce que je vis moi, alors pourquoi on ne vit pas avec des dames nous aussi, jaurais bien poussé leur porte.
Jaurais bien vu la rose, la dame rose, me beurrer une belle tartine de pain, je les voyais maternelles avec un couteau à beurre et puis des doigts très longs, habiles oui.
Une, en rouge, me sourit quand je la croise, elle maime bien mais pas encore assez pour que jentre.
Toutes sont coiffées de cette façon, avec une mèche qui recouvre un il, alors elles penchent la tête, et lancent leur cou en disant bonjour, cest pour voir avec leurs deux yeux, je demanderai ce soir à ce que lon me coiffe comme ça, je dirai, coiffe moi comme les dames.
Aujourdhui jai tout fait pour que lon machète des chaussures noires vernies jai tout répété par cur à lécole, après je suis sortie dans la cour, jai regardé mes pieds sans leurs chaussures vernies, celles que je voulais, à mes pieds.
Je me suis dit quelles ne tarderaient plus, et que jallais peut être ressembler à celle dhier, les talons ce sera un rêve pour plus tard, quand je serais comme elles, grandes, comme un pigeon qui piétine dehors, la pluie, les murs, à manger.
Ensuite jai écrit dans mon carnet Et mes chaussures vernies avec un point dexclamation.
Ce soir ma tante vient me chercher, dormir chez elle ; sa coupe de cheveux, celle que jadmire avec ma bouche en rond ; je monte à larrière.
Je coince mon genou entre les deux sièges avants, les bras sur les dossiers, ma tête sur mes mains, on voit bien la route.
Elle met la radio, ne me parle pas, je regarde ses pieds, de grands talons blancs, sa cheville se cabre quand elle freine, cest très beau.
Je regarde mes pieds, je mime, le mouvement de son pied gauche, de mes pieds noirs et vernis.
*
Nous arrivons rue de labreuvoir, là où je dormirai, jai emmené deux poupées, de quoi les coiffer, je tiendrais des jours comme ça.
je dis bonjour à mon oncle du moment. Il est là de puis des siècles, des mois.
Je laime bien , il memmène pêcher , japprends à monter une gaule, choisir les hameçons, je sais bien faire ça maintenant , savoir comment attraper.
Demain on va partir très tôt, tous les deux, je me dis que je suis adulte parce quil memmène avec lui, ça doit être pour ça, et pêcher.
Jai mis des bottes vertes , loin de celles des dames, mais ce matin je vais pêcher, je suis habillée ainsi dans un but précis, on sait ce que je vais faire, on devine, comme elles.
Au bord de leau, je sors le matériel, fixe mes plombs, choisi lhameçon numéro quinze à tête triple, le bouchon fuselé, parce quil y a un peu de vent, ouvre la boîte à vers, ils grouillent, je choisis toujours celui qui se redresse en premier, et léventre, je lui passe à travers jusquau milieu de mon crochet, il se tortille encore.
Me donnera ce que je lui demande.
On ma promis un lancer pour Noël, et je pourrai pêcher comme mon oncle, en lançant la canne de côté, et dans un beau geste, me faire tous les poissons dici.
Mon oncle maverti , je ne dois pas trop mapprocher, il nira pas me chercher, les menaces pour que la môme ne remue pas trop, le danger il ne veut pas, mais pêcher avec quelquun qui aime, il veut bien, il ne connaît pas grand monde ici, moi le même sang que sa dulcinée, il apprécie bien, il me regarde, la voit avec lui, ici, au bord de leau, je me dis que je suis mariée avec lui et que nous pêchons.
Quand il me demande de lui passer un autre ver, il sait que je ne rechigne pas, mes doigts y vont, juste après la requête, je ne le fais pas attendre par ce que je laime, je suis venue ici avec lui pour lui, je me dis que ce doit être bien de faire tout ça, et que je le fais aujourdhui, comme les autres, en femme, en bottes, à côté dun homme, une différence ?
Au bord de leau, je regarde ce que nous avons pris, dun coup dil satisfait, recommence pour men assurer, le pied en avant, la pêche quoi, leau qui sen va vers la droite, leau qui glisse tendrement au bords de nos pieds, et mon sexe que je sens palpiter.
Onze ans et le sexe qui palpite oui, il sest donc réveillé, un jour de pêche, avec mon oncle.
Grâce à mon oncle puisque je métais vue mariée, enfermée dans lappartement le soir, ils doivent penser aux poissons toute la soirée, cest ce quon se dit avec mon sexe.
A midi nous sommes rentrés, avec les truites raidies, brillantes, et leurs couleurs sous la lumière.
Ma tante sait bien quoi faire avec les poissons mortifiés, elle les ouvre avec un bon couteau , vide leur ventre , nous dit lorsquil sagit dune femelle, oui les ufs qui coulent le long de ses doigts, elle nous dit quelle fera une bonne sauce avec , mais quelle ne sait pas encore laquelle, elle ne sait pas vraiment ce quelle nous réserve.
Ca nous amuse daller tuer pour nous nourrir, réjoui davoir besoin, ça nous rend nos places, maintenant je sais que cest ça, des prédateurs encore.
On les a fait griller avec des amandes, les truites scintillantes.
Je les ai mangées en face de mon oncle, comme le fait ma tante dhabitude, en face de lui, à le regarder manger son plat de mortes.
Il ma servi de leau trois fois, comme des attentions, et ma essuyé le coin de la bouche, comme un bébé, ça jai pas aimé, et puis je me suis dit, il ma touchée.
Alors mon sexe sest contracté de nouveau sous ce charme, le coin de serviette appuyé sur ma bouche luisante ,comme la sienne.
Le soir ma tante ma ramenée à ma tête mais les nouvelles images : le bord du fleuve, ne pas trop le découvrir, des bouches qui cherchent lair, une cigarette au bout de celle de mon oncle.
Une nouvelle sensation, dedans.
Dans la poitrine. ce soir là jai connu les palpitations.
Le sang qui circule, qui enfle sous la peau, beaucoup de sang, se mordre les lèvres, jai connu le goût de ma bouche.
Mes mains moites , jai mis du temps avant dy descendre, de savoir où cétait, jai connu ce trou, jai imaginé les mains de mon oncle, pour mettre un visage connu, et avoir moins peur, avec les gens quon connaît, on fait des choses, on pêche, on danse sur les genoux, on fouille son sexe.
Le lendemain, jai toisé, avec mon secret, celui de ces derniers jours et puis ceux du soir, ceux que je touche, je ne me suis pas demandé si les autres le faisaient aussi, je me suis dit que jétais la seule à savoir mon sexe, quand il est chaud, cest idiot, je me suis dit quils nen avaient peut-être pas , cest devenu ma grande interrogation, voir ce quil y avait ou pas dans leur pantalon, juste regarder.
Cest mon cousin quon faisait dormir dans le même lit que moi, à douze ans, parce quon est des enfants, ça craint rien, on peut nous mélanger dans un lit, ça prend moins de place , cest surtout ça , le problème de place, cest la promiscuité qui nous y a poussé, et puis la fois où jai collé mon petit poitrail un peu saillant vers son torse de douze ans, je veux dire surtout ce moment où mes seins ont pointé, ça , il la senti, et la première fois il navait pas bougé, comme je me suis dit quil navait rien senti, jai recommencé, bien fort, les tétons fous, jai bombé comme les dames, jai alpagué.
Et puis jai léché pour le réveiller, cest la promiscuité avec un homme de douze ans, cest tout frais, jai insisté sur le haut, jai insisté sur le flanc, je ne voulais pas lui faire lamour, jai juste sorti ma langue pour quil la prenne, je ne savais plus qui il était à ce moment là, un cousin ?
On dirait pas , on dirait plus ; je ne le sentais plus si cousin, et puis je le connaissais son corps, on nous douchait ensemble, dans le jardin, au jet pour nous amuser, tous nus, nous étions lun en face de lautre à rire sous leau.
Dans le lit, il ne sagissait pas de rire.
Cest après le dernier passage des parents, le bonne nuit, la porte quils ferment, pour faciliter notre sommeil, quon se touche enfin.
Bien caressée encore. Le sexe qui se prend pour un autre en secret.
Mardi soir mes parents ont fait lamour. Jai entendu. Et ces choses je les connais déjà bien, je lai déjà fait , tout ce quils font dans leur lit, jai fait leur amour aussi, lautre jour je lai fait, pas la peine de se cacher pour ça, jai touché lautre corps aussi , jai trouvé ça comme eux. Sous les draps, ils bougent un peu, jai fait ça aussi, et jai aimé.
Jai aimé lembrasser un peu, être contre lui, je suis une femme, je grandi dans ces choses là.
Je les entend, ils remuent, ils se disputent la journée mais là ils remuent ensemble, ils grouillent ensemble dans leur lit ; leur sexe na rien à voir avec leur tête, leur deux sexes ne se font pas la gueule, ou bien la haine est une posture.
Comme la mienne , la haine de mon viol. Ce nest pas lui que je déteste non cest ce viol, ce petit con de viol, comment il sest passé, comment il sest passé de mon avis, comment il ma retournée, ce viol précis, je le frapperais, si je pouvais.
Un matin je me suis réveillée, je me suis levée, et jai vu Paul.
Au point que je me suis dit jai bien fait de me réveiller ce matin.
Et je me lève chaque matin en me disant que c est moi qui voit Paul écrit en grand .
Je navais pas vu grand chose avant, cétait la sensation de lépoque, que je navais rien vécu du tout avant , que je ne savais pas à quoi penser avant, lesprit tout creux, des places vacantes pour le nimporte quoi davant, le temps qui passe davant ; et cétait tant mieux parce quà partir de ce vide jai rempli, entassé tout ce que je pouvais de Paul.
Jai tout noté , je lui ai tout volé, jai écrit sa façon de marcher, la couleur de ses chemises, de ses pulls, je lui ai piqué son prénom, sur les portes des toilettes du lycée, jai tout volé en marchant derrière lui, devant, en lattendant à la sortie des cours, en écrivant son emploi du temps, en déduisant son temps de marche dune salle à lautre pour le croiser, arriver à sa hauteur, quil me sente.
Courir dans les couloirs parce que les profs nous retiennent plus de temps que prévu, une vraie peur ; ne pas le croiser une dernière fois avant le week-end.
Paul. jen suais, tressaillais, son prénom à la pointe du compas, souffler sur les copeaux de bois, repasser dans les sillons avec un feutre, pour remplir dencre ; changer de place, et lécrire sur le plus dendroits possibles, ça me donnait du bien.
Paul. Il nétait pas vraiment humain, ceux quon aime ne sont pas des humains, ils ne peuvent plus puisquon les imagine même très près, même juste à côté, ceux quon aime , ceux quon a envie dimaginer pour toujours.
Je réinvente Paul, , je ne mange pas, je navale pas, je ne fais rien.
Je me suis vraiment intéressée à Paul, son adolescence, toute entière, en petits morceaux, par séquences, par pages, je lai voulu comme ça, cétait bon du Paul comme ça, je me suis dit quil aimait ça, quil ne rechignait pas, je me disais aussi que ce serait dur voire impossible daimer comme ça en allant dans les bars, ou au cinéma, ça nétait pas possible on ne peut pas conjuguer la convoitise et la malsaine proximité, sembrasser, le plat dans lassiette, devant soi, jai faim, on nen parle plus après, là je faisais durer.
Il nétait pas question de se toucher en pensant à Paul, il nétait pas question de tout ça, le sexe qui tournoie dans le pantalon non ça nétait pas ça, et comme je pensais que les contacts de muqueuses étaient un peu sales, ( oui depuis peu on me harcelait pour savoir si je prenais la pilule ou pas, parce que tu comprends on sait jamais) du coup se toucher ça devenait un trop plein daudace , jaurais pu conduire une voiture toute nue sans papiers, là non c est pas pareil, cest la jeunesse aux commandes mais coucher ça non, et puis cest pas si bon tu verras, on court tous après ça et puis on en revient déçus ( oui cest la lettre type adressées aux filles pour quelles fassent leurs devoirs, quelles se passionnent pour lhistoire, les vies des autres, des équations, arriver à lheure, parce que sa propre vie, la sienne, bien à soi, on aura bien le temps pour la découvrir, la savoir) non cétait en ce moment.
Elles flippaient pour rien nos mères, le cul cest bon.
Mais à cette époque, cétait la guerre entre mon sexe et la plénitude de le savoir encore fermé.
Paul donc.
Paul évidemment nétait jamais seul.
Des filles autour, bien faites, souriantes, des gestes , leurs seins, après les cours ils iraient, samedi ils aimeraient bien.
Il acceptait, je voyais sa tête accepter.
Seize ans, lâge maigre de vécu, danecdotes à raconter plus tard ; seize ans lâge sombre, celui où lon veut mourir de tout, plate sous un bus enfin ; seize ans, lâge simple, le café, les menthols au bord des bouches, à seize ans on ne vieilli pas , on a seize ans pour toujours, et coucher, on pense à ça, à tout ce qui serait bon pour notre sexe, à seize ans on se voit dans un lit, à seize ans on est trop femme, on aime les hommes qui nous le demandent, nous sommes nos mères encore libres, elles, avant nous, à seize ans on se met à lenvers au dessus des toilettes du Gardels, avec un homme derrière, on ne sait pas mais ça fait bien, ça sonne plus vieille, parce qu on pense que plus vieille on est capable daccepter tout et que cest ça être grande.
Et je navais plus lair de grand chose en disant ça devant mon sexe maintenant.
Il fallait bien vivre même pendant Paul, lui on le garde propre, cest ça lidée.
Et puis je lai bien vécu louverture de mon sexe.
Ca sest passé un vendredi soir, toutes les filles ont ressenti ce besoin de se faire ouvrir un vendredi, juste avant le vrai week-end , parce que souvent les samedis en boite, les mecs sont plus vieux, ils savent, alors cest mieux pour nous darriver en sachant aussi.
Jai donc su, un vendredi aux dessus dune cuvette.
Bien sur avant il y avait eu prise de contact dans une allée de la boîte puis les préliminaires contre la porte des toilettes, celles des hommes, il y a toujours moins de monde, les filles ce servent souvent de cet endroit pour aller discuter, faire la distribution tacite des morceaux, tu prends cette moitié moi lautre, comme un seul animal pour nous toutes, cest un peu ça.
Donc je suis à lenvers sur les toilettes comme pour vomir, les mains sur le mur den face, la police derrière moi.
Fouille.
Comme jai des collants, il mest impossible décarter les jambes, le monsieur me demande de relever le derrière au maximum, jai cambré au maximum, je me suis dit queffectivement ça lui faciliterait laccès , je me souviens men être voulue, jaurais pu y penser seule, à cet instant je me suis sentie bête.
Oui jai saigné, comme après un coup de couteau, ça pissait tant que jai du mettre une serviette comme pour les règles, ça pissait.
Et puis jai ressenti de la curiosité pour mon corps, cest à dire que jai touché , et il en restait encore de cette saloperie de membrane, jen avais un bout qui pendait, jai tout arracher, ça dépassait, il fallait égaliser, jai arraché, enfin propre.
A seize ans je navais encore jamais eu dhomme sur moi parce que finalement debout le contact est limité, je ne me plains pas dautant plus que tous les hommes de derrière que jai dégoté ont tous eu sans exception la délicatesse de replacer ma jupe. Après.
Pas de visage, et même plus de fesses sous leurs yeux.
A lépoque je parlais de ces petites attentions dans les toilettes ; et les fois où lon me disait de sortir : Le pipi daprès lamour. tiens tu sors ste plait ?
A seize ans le plaisir ne se prend pas dans le sexe, cest lesprit qui se fait tapisser de blanc.
La jouissance cest le lendemain, quand on repense à tout ça.
Ce qui me faisait jouir cétait de récupérer un numéro de téléphone dhomme, un vieux , ceux qui peuvent être votre papa mais qui dans un moment dexcitation vous persuade que non, ce qui humidifiait mes parois, cétaient leurs petits cris quand ils essayaient den tirer du plaisir , cest à dire du jus hors deux, et ce quils peinaient pour faire ça ! mon hypophyse me faisait savoir que tout allait bien dans ces moments là et il libérait son bonheur; mon corps tendu en bonne voie pour leur montrer ce que jétais capable de faire ; oui parce quà cet âge là, les défis ne manquent pas, et ne pas crier quand un homme rentre et sors de vos fesses, à cet âge là le sexe de grande cest montrer quon sen fout, quil a lair bien con à limer comme ça, quon préfèrerait être ailleurs, avec un mec plus beau, et que sa gueule on sen fout de pas la voir, quon cherche même pas à savoir ce quelle est, quon sait que cest mieux comme ça, parce que des hommes comme lui on sen souvient jamais, le respect ça sattrape comme ça et il fallait dégager tout ça de dos.
Mon sexe ne sest jamais plaint, il se laissait le temps dy penser.
Son répit, cétait écrasé contre une assise de chaise, à lécole ,dans le bus, un canapé, une voiture.
Mais au moins cétait fait et il ne restait presque rien pour avoir plus de seize ans.
La pipe.
On gagne facilement trois ans avec ça.
Mais là cest plus son sexe mais celui de lautre, ce quon sen fout à seize ans, suce moi, oui.
Les genoux à terre et puis lautre qui vous regarde.
Ils ont le sperme absurde.
Tout leur corps est absurde, et ils ne savent pas quoi faire de leurs mains, ou alors ils vous appuient la tête dessus pour que ça aille plus vite, il faut que ça aille vite, comme chez le médecin quand le petit bâton de bois va trop loin dans la gorge, les toilettes toutes proches, ses gémissements comme quand on a mal, les genoux sur les dalles fraîches, leur sexe se dépêche, il na pas détat dâme, il se dégonfle ; on entend les autres pisser, tout le monde fait ce quil a à faire , on va jeter ce quon a en trop dans le corps.
Avaler.
la première fois jai tout recraché dans les toilettes.
Tes pucelle ma t-il demandé, pucelle de la bouche, du jamais entendu.
Non, mademoiselle est difficile, elle naime pas le goût de tout.
Et puis celui-ci avait une odeur de thon à loignon, jai imaginé tout ça dans une assiette, et puis je me suis demandé aussi comment ça avait atterri ici, non pas dans ma bouche mais là-dedans, son plat de ce midi là dedans, jai compris quil sagissait de déjection, le sperme est une déjection et ils nous le mettent pleine pomme, je me suis sentie cuvette de toilette, mais par souci de cohérence, je me suis dit la prochaine fois, il faudra avaler parce quécarter lautre pour aller cracher, cest pas très joli.
Avaler.
La semaine daprès un autre, celui-ci avait un vif goût de métal , et je lai fait, tout, dun seul coup et ça a fait du bruit comme quand on a très soif et quon boit GOULUEMENT.
Quand cest trop pour une seule petite gorge.
Tout ceci navait rien à voir avec mon sexe, jai fait ça dans son dos.
Je ne répandais pas damour, je nen avais pas, il aurait fallu men donner pour ça, pas de cet amour du même sang, celui là on ne sen sert pas tout de suite, je parle de lamour, quand on aime embrasser quel quun et quon cherche à le faire où quon soit .
Celui là je nen avais pas.
Et je nai jamais touché à Paul, je ne voulais pas savoir sil avait voulu de moi à un moment, et puis on se désintéresse , on en trouve un autre, mais cest sur on se détache ou bien on ne sattache jamais.
Paul je ne le savais plus, ça nest pas que je le voulais plus, je lui aurais dit oui je crois, jaurais dit oui daccord on y va, non on ne sattache pas.
Je voulais quelquun qui vole, qui va très haut, je voyais quelquun comme ça, qui regardait lamour den haut , qui redescendait, prenait un peu damour et lemmenait en haut, il me fallait celui-là.
Je couche avec des hommes, parfois deux dans la même soirée, ça nest pas beaucoup, cest seulement deux bites imaginez vous à faire lamour deux fois de suite et voilà, alors deux hommes , la belle affaire !
Cest étrange comme on se retrouve dans un lit, le lit de quelquun, vous ne savez pas et vous y êtes, cest comme ça, à cet âge-là cest ça, on ne sait pas, on essaie, et puis on est là sans y être vraiment, on ne veut pas savoir, et personne ne nous demande de savoir, cest lâge large, avec des fuyantes un peu partout, de belles perspectives bonnes à manger, tous les fruits sont murs à dix huit ans, la peau avec, tout est bon.
Et puis cest un âge qui a faim.
Hier soir jétais dans le lit dun couple, pendant que la femme était partie, jétais dans leur lit, il ne changerait pas les draps après cest certain, alors mon odeur, mon parfum au citron vert elle le sentirait, je nai rien dit ce ne sont pas mes attributions je nai pas à faire attention, juste à ne pas trop détester ça, cest tout ce quil faudra semployer à faire, il faudra que lui aussi aime ça, et il était confiant, dans ses draps.
Une fois seulement on ma proposé de regarder les photos, on me disait qui était sur chacune delle, peut être pour que je me sente mieux, ou que je ne demande rien, je ne sais plus trop.
Là cest ma fille aînée, là cest lannée où jai changé de boulot, un peu de confusion.
Il ne faut jamais se revoir, il ne faut rien entamer.
Ils se sentent obligés.
Mais cest un âge qui a faim, un âge qui mange, un âge qui a un vide immense et qui ressent tout ce quil ne sait pas tout ce quil doit apprendre , tout ce quon lui impose de savoir, cest un âge qui simpose à lui même ce quil doit regarder où pas, par où il devra passer ou non.
Mon sexe se voyait bien en plein travail, quand il y a quelque chose dedans et quon se demande ce que lon ressent, parce quon a un peu mal parfois, mais on ne dit rien, cest le seuil de douleur , le seuil de tolérance, et puis ça va de plus en plus vite et puis on nous fait des choses nouvelles ; on oublie quon a eu mal, quand il y a du nouveau dans son sexe sur son sexe à propos de son sexe.
Comme ce viol qui était une sensation nouvelle, une effraction , un meurtre, on a tué mon sexe, on lui a tiré dessus.
Depuis je lui parle à ce sexe et je lui pose des questions il était temps parce quil devient vieux, on vieilli plus vite dans le malheur, les gens heureux nont pas dâge ; je lui pose des questions , je fais ce que je peux pour le rassurer, je le caresse pour quil retarde sa mort, quil accepte un contact, quil veuille encore quelque chose.
Jai connu un homme, jai fait la connaissance dun homme vieux, célibataire et très gentil, il a été tendre, généreux avec son temps, il en avait plein pour moi, et austère comme les gens gentils savent lêtre, non pas que je recherchais une sorte de méchanceté, juste un peu moins sentir le temps qui passe, être un peu moins bien, avoir un âge.
Trente ans je ne me souviens plus, lui sur moi bien sur cétaient des heures pleines ou creuses, ça je me le demande, je lui demande ; ça nest pas la peine de leur demander quoi que ce soit à eux, ils sont heureux, les gens heureux nont pas de réponses.
Il est resté plein dannées je ne recule devant rien, je lai gardé avec moi comme un bon gâteau qui naurait jamais de dernière bouchée, un homme qui dure longtemps pour essayer, voir ce que ça fait de dormir avec un homme ; au début on a peur, on est recroquevillée, chétive, un sexe menu dans le noir, et puis il y a cette peau qui nest pas très ferme, qui est plus vieille, et puis on a faim encore un peu, et puis de moins en moins et puis les yeux ouverts dans le noir à écouter la respiration.
Les yeux dans le noir cétait un peu après le viol, peu après ce mot hautain qui semble bien vous remettre à votre place.
Le viol sest passé pendant cet homme, il na rien fait, il ne pouvait pas il nétait pas là pendant. On en veut aux absents, parce quils ont tort de ne pas être là, cest plus fort que soit cest plus fort quun sexe, ça a plus de pogne quun violeur ; mon sexe a connu la force, on ma forée dedans, pendant deux heures ça na pas été rapide, comme ça aurait été sur un trottoir ou devant chez moi, jaurais senti vaguement un sexe entrer, je ne men souviendrais plus, on maurait bousculée parce que je prenais trop de place, jaurais compris les choses comme ça , cest ce que je me serais dit.
Jaurais peut être encore son visage en tête parce que là rien du tout, je ne me souviens de rien ni de son nez ni de ses cheveux, ni de la taille de tout ce quil a entré en moi, rien du tout je ne peux même pas haïr.
Et même ces deux heures je ne peux pas les vomir parce quelles ont été trop longues pour un crime, cétait trop réfléchi, il sest dit jaime ça je reste tant quelle ne criera pas je serais là, je ne criais pas je nétais pas vraiment là, jattendais quil parte ; il pourrait être encore sur moi aujourdhui peut-être.
Deux heures sur moi, je nai pas parlé, jai respiré un peu fort sous le poids du type, javais du mal à respirer bien, et puis il était sur moi, il était par derrière, il a du entrouvrir la bouche de dégoût en me voyant de dos il a du se dire que je moffrais, que jaurais pu me méfier, me retourner, et peut être aussi que jétais une honte pour le désir.
Je n ai pas été une vraie victime, je nai pas été une bonne victime.
Jai peut-être été son pire « coup ».
Il a du souffrir à besogner une morte pendant ces deux heures, cest pour ça quil est resté, il attendait que je sois digne de sa prise, que je lui fasse honneur.
Et puis il sest essuyé sur mon chemisier, on me lavait déjà fait avant, javais déjà connu le viol sans doute, si ce nen était pas , jen ai tiré le même plaisir, et la même façon de sessuyer comme ça en allers retours avec le tissus, mes vêtements, ils avaient déjà fait ça les autres, mais je nétais pas mariée, ça nétait pas dans ma maison, nous avions déjà fait lamour ici sur ce tapis avec mon mari, plusieurs fois , pas pendant deux heures, mais un peu moins, cest déjà arrivé.
Dautres se sont essuyés comme lui, et puis sont repartis sans me regarder comme lui, javais vu déjà ces images, je nétais pas surprise de ce viol, jai vécu avec pendant des années sans me dire que je métait faite violée, non cest aujourdhui que jai trouvé un bon moyen de le détester ce viol, jen ai parlé.
Ce sont les autres qui nous disent de ne pas aimer le viol, je lai aimé dans le sens où je nen suis pas morte, moi, aujourdhui je sais quil a flingué mon sexe, il ma fait sauter le sexe, ça aurait pu être pire cest que je me disais avant quon me dise tu te rends compte cest très grave, avant quon me mette en tête que cétait le pire, que même me tuer ça naurait pas été pire, parce quil a visé le sexe et que dès quon en parle
Tuer quelquun nest pas sulfureux, le viol cest indécent, cest déshabillé cest presque nu il reste de la peau recouverte, cest un effort, un violeur a de la force, il sait ce quil veut, un tueur lui na pas de mérite ni lui ni la morte, ils sont secs à lintérieur, ils nont rien à dire le violeur lui on lui demandera mais quest ce qui vous a poussé à faire tout ça, ils demanderont tous ses détails tous ses détails à lui, et puis ce courage de ne pas me tuer, comment a t il fait pour ne pas avoir envie de me tuer, cest quil ne voulait pas ce petit plus qui nen est pas un pour lui, il ne voulait pas être vulgaire.
Je me suis tout de même un peu doutée quil y avait eu agression, juste après quil ait fermé la porte et quil soit reparti tout vide, et puis ces deux boules qui se remplissent de toutes façons, à linfini ; elles se vident, se remplissent en boucle, les couilles nont rien dintéressant.
Jai eu cette envie de me laver, partout sans oublier un seul endroit recouvert de peau je crois même que jai cherché à laver lintérieur en y mettant les doigts, je voulais savoir si cétait différent, je me suis aperçue que non ; jai bien touché, jai utilisé le majeur jai vérifié les parois, jai fait mon propre examen, je savais quoi chercher moi seule savait ce qui venait dentrer, même en leur expliquant ils nauraient rien compris ; peut-être un peu sil y avait eu des ecchymoses.
Je ne me débats pas lorsque cest grave, je navais rien contre le fait quil viole, jaurais en revanche eu peur quil tape.
On connaît bien les sensations dun sexe qui va et qui vient, je ne connaissais pas les coups, javais peur quil me batte ou quil me découpe avec une lame.
je nappréhendais pas son sexe, mais plutôt sa détermination à vouloir autre chose, à vouloir plus ; je lai laissé violeur, jai tout fait pour quil me viole un point cest tout.
Quelquun a voulu faire lamour avec moi sans que je lui demande, et on le chercherait et on le condamnerait ; je nai rien dit, je lai laissé partir.
On en est resté au viol.
je me suis rhabillée très vite et je me suis lavée et je nai rien oublié, jai nettoyé mon corps comme celui dun nourrisson après la sortie du ventre je voulais quil soit bien propre, présentable.
Si jai parlé avec mon sexe après tout ça oui je lai fait. Parce qu un esprit est infiniment doué pour ignorer quil souffre, un corps lui na aucun mal à le crier.
Je sais quil men a voulu de ne pas avoir ouvert ma gueule, il maccuse de ne pas lavoir secouru, et cest la vraie culpabilité, quand elle se dirige envers soi-même quelle nest plus laffaire dune autre personne.
Ca nétait plus le devoir du violeur de sexcuser, javais des devoirs envers mon sexe et lui des droits, je nai rien fait pour quil ne souffre pas je ne lai même pas considéré comme un membre de mon propre corps je lai désolidarisé, il était jusquà présent un étranger, un voisin de palier.
Il ménervait presque à vouloir des choses, et puis ce sang, ces maux de ventre, je ne laimais pas trop jusquà présent.
Je navais pas vu quil faisait partie de mon corps, je ne le regardais jamais, je ne connaissais pas sa tête, il a fallu que quelquun my pousse et cette personne je pourrais presque lui dire merci, merci de mavoir violée, merci de mavoir découverte, foutue à poil là où il fallait ; je pouvais presque faire ça.
Je me devais de lui relever la tête.
Une nuit plus tard, jécoutais la respiration du sommeil profond ;jai dit fais moi un enfant, jai eu envie de connaître ça.
Il fallait que ce soit lui qui le fasse javais besoin de lui, jai ressenti cette nécessité, jai compris pourquoi il était ici, toutes ces choses que je comprenais dun seul coup !
Jai revu mon oncle me caresser les cheveux pendant la pêche, je sentais cette attente délicieuse et inévitable, je ressentais le besoin dattendre pour avoir quelque chose de bien ; il ma caressé les cheveux, jai trouvé un peu de désir pour quil men mette suffisamment, il fallait quil trouve la force comme lautre lavait fait ; nous faisons lamour, je ne dis pas baiser parce que faire lamour ça dure une vie, faire lamour ça nest pas baiser, faire lamour cest construire lamour, cette nuit là nous navons pas baisé.
Il ma fallu trois semaines pour savoir.
Si ça avait marché, si nous avions fait lamour.
Pendant trois semaines je lai détesté lui le mari je lai regardé comme un violeur, je me suis dit quil ny avait peut être rien, quil mavait baisée pour rien, comme un viol, comme ça pour rien.
je lai accusé de ne pas en avoir eu envie, de mavoir fait mal pour rien, il na pas compris , bien sur il ne savait rien.
Personne ne simagine disant on ma violée, personne ne peut dire ça sans rire, on ne peut pas ; cest arrivé, mais on ne peut pas.
On ne veut pas être vue dans cet état là.
Personne nest prêt à trahir son sexe de cette façon-là, tout dire aux autres, quils sachent tout ce qui sest passé à lintérieur.
Il a fallu attendre trois semaines pour supposer que nous lavions fait cet amour, celui qui pousse dans le ventre, dans le mien, pas dans le sien.
jétais avec un ventre creux, jai senti ce vide pendant trois semaines, jattendais la même chose que mon sexe ; nous nous étions compris lui et moi, il allait me pardonner.
Il attendait avec une grosse bulle vide, pleine de ce que nous attendions, au dessus de lui. jaurais mis nimporte quoi dedans , le bébé de quelquun dautre, un gros coussin.
Il y avait bien quelque chose à lintérieur, je le sentais bien, cest un sentiment un peu confus, quelque chose saccroche, un petit morceau , on imagine un petit bout de viande très rouge, pas cuit, suspendu.
Il y avait un petit morceau de viande rouge en moi.
Je lui ai quand même donné un nom à ce qui nétait encore rien il y a un jour, il nest plus rien il nest pas grand chose, et je lui ai donné un nom.
Le mari na rien vu, il a dit que cétait fabuleux, il était content que nous ayons fait lamour, il ne voyait rien encore ,il pensait encore au plaisir quil avait eu, il était encore essoufflé, il faudrait quil plonge sa main à lintérieur, quil cherche un peu, quil gratte les parois, pour le sentir sous ses doigts et savoir quil y a quelquun là-dedans.
Ils ne comprennent pas trop comment on peut dire « quelquun » en parlant de viande.
La viande se plaisait bien à lintérieur de mon sexe, et ce sexe ne se posait pas de question, je lui devait bien ça, de le rendre heureux, quil soit utile.
javais vraiment tenu à ce quil connaisse ça surtout après quun inconnu soit entré, javais tenu à coucher avec mon mari très vite, je me suis dit que son sperme allait annuler lautre, il ne le sait pas mais il a sûrement effacé les traces.
Et puis on se sent complètement ronde, parfaitement ronde, je pense à toutes sortes de choses, je ne sais pas si jy pense bien mais ces pensées me secouent la tête, je me persuade quil y a dautres façons de se faire violer, jimagine quil y a du avoir plus rapide comme viol, il y a des femmes qui ont eu mal moins longtemps, et puis je me dis que dans quelques jours jaurai mal encore ; je le revois sur moi, je le sens par derrière, je me demande sil me violerait comme ça aujourdhui, je me demande si je risque quelque chose ; je nai plus la forme dune victime.
Cest un gros morceau de viande, cest mon morceau de viande, mon poids à moi, il sera à nous lorsquil voudra bien sortir.
Il me frappe de lintérieur, je le rassure en posant ma main sur la paroi mouvante, nos mains se suivent, en fait je ne sais pas vraiment ce que je touche, un coude, un genou, un pied ;jimagine quil est fait comme nous, je le prend pour un petit animal, il remue comme quelquun qui est mal , comme quand on cherche une bonne position dans le lit, il cherche sa place.
Quand il ne bouge plus je me dis quil est peut-être mort alors je lui tapote là où je crois quil y a la tête , ensuite il remue.
La nuit sétale sur moi comme une grosse baleine ; je ne vois plus que ça, de gros volume se mettre sur moi, sur mon dos, sur mon ventre, ils viennent tous danser sur moi. Je sais que ce sera un fils, dans quelques jours je serai hors de lui, je pourrai men échapper.
De cette masse qui me prend par devant.
Il accouche de moi dans quelques jours, il va se débarrasser de mon poids, il va se désolidariser, nous ne serons plus étrangers, nous serons vraiment deux ; je ne sais pas ce quest un accouchement, je me demande si on est sale, recouvert de quelque chose, toujours quelque chose par dessus.
Il est sorti, il sen est sorti de ce sexe, mon sexe la libéré, et il est tombé en dessous, tombé du ventre, je lai lâché.
Il doit se demander pourquoi je le regarde fixement, pourquoi je sais que cest lui mon fils, nous le regardons comme si nous étions surpris par sa présence, il pleure, ça ne doit pas le rassurer, nous ne le regardons pas comme une évidence, nous savons que cest ce que nous devrions exactement faire, le regarder parce que cest lui ; à cet instant, il est une surprise, nous ne le connaissons pas, nous ne lavons jamais vu, il est comme un inconnu qui se serait introduit chez nous, et nous aurait pris par surprise, par derrière.
Cest que je me demande par où il est sorti.
On ma ouvert le ventre, en bas, une ligne à peu près droite, ils ont fait comme ils ont pu ; il a préféré me défoncer le ventre, je pense quil a voulu séchapper sans quon le remarque, il a voulu éviter le sexe.
Mon sexe na pas vu mon enfant, je lui ai fait un enfant dans le dos, cest ce quil doit se dire ou bien cest lui qui nen a pas voulu, peut-être ne veut il plus que quoi que ce soit ne passe par lui, pas même un autre sexe.
Je sais que cest ça, je sais que mon sexe ne veut plus rien, jinterdirai tout accès, il va falloir que je le protège de tout ça, tout ce qui voudrait entrer sans quon le lui demande. Plus rien par derrière, ni par devant, plus rien dedans.
Je lai annoncé , au lit, quelques soirs après la sortie de lhôpital, jai dit je crois que je ne veux plus de ton sexe, ça suffit, je ne peux plus.
Il a ri tout comme jaurais ri en entendant on ma violée, jaurais ri très fort comme il la fait, il pense que je suis sous une sorte de choc, et quil me laissera tranquille tant que je le désirerai ; me laisser tranquille, le sexe ne laisse pas tranquille, il le dit lui même, je serais paisible sans ça. Je voulais lêtre jusquau bout de ma vie, jusquà la fin de mon sexe.
Je me disais quil avait une fin. Quun jour il nallait plus vivre, perdre son désir dêtre là, ou se déplacer , un jour il ne servirait plus à rien, un jour il ne voudrait plus obéir.
la révolte dun sexe, il sest dressé un soir et jai dit que je ne voulais plus rien dedans, jai décidé pour lui, avec lui, je lai écouté.
Il y avait maintenant deux corps dans ce lit, deux corps qui ne se lisaient plus, deux corps qui ne se disaient plus rien, des jours, des semaines des mois à ne plus se parler, à ne plus vouloir sallonger à côté, non allongés on y pense, il pourrait avoir envie, on ne se couche plus et puis il faut partir.
Jy pense.
Il y a lhomme en colère, lhomme qui veut qui a besoin, son âge qui a faim, il ne désire pas, il veut sa bouffe, ça nest pas du désir, cest une conversation quil naura jamais, il ne veut pas savoir, il veut juste avoir besoin, se sentir lourd et gêné , il ny a pas damour dans ce lit, il y a la contrainte dêtre sous un homme qui a demandé avant, qui a mimé le désir, qui sest approché, et il y a lhomme en colère, lhomme qui a besoin que des choses sortent de lui peu importe quoi, il le faudra, et sa colère sort, lhomme plein enrage ; je suis une victime qui consent concède et reste en dessous pour ne pas voir la colère, je suis une victime qui dit non et qui attend la colère, selon les jours, un viol.
Je suis un viol, je me vois en viol, impudique à ne pas rechigner, le soir je capitule ou je me défends tout dépend de la manière dont jaime être violée.
Je ne referai plus jamais lamour on ne me fera plus denfant, je nai plus lâge, mon sexe est vieux, il est sec et ne sait plus faire, il na plus envie, il dit que cest trop tard, que je ne dois plus.
Vendredi soir je suis sortie avec deux amies
je voulais voir si javais encore des
choses à dire, si javais encore de la conversation.
Parce que depuis le viol plus rien nest grave, plus rien
je vais parler avec deux femmes de mon âge qui ne comprennent pas leur sexe, qui ne se demandent pas si elles doivent le laisser partir, elles ne savent pas ce quelles veulent, resteront là pour toujours ; leur sexe sera resté en rade, je ne dois rien leur dire, chacun peut parler à son sexe dès quil le désire, jai attendu quon le manipule dune drôle de façon pour le faire ; il leur faudrait peut-être un viol pour comprendre, il faudrait que je les viole ce soir devant nos verres, je les défroquerais à table.
Jai bu au viol et à tout ce quil ma fait, quand il a enlevé mon pantalon, quand il a passé sa main derrière ma culotte, jai bu à tout ça, même au moment où il ma retournée, jai tout bu.
Ce soir nous sommes généreuses de nos cuisses, nous les montrons nous cherchons à plaire aux yeux, nous ne voulons pas vieillir nous ne voulons pas nous exclure dune potentielle agression, nous voulons faire envie, à cet âge là encore avoir peur dans la rue, avoir peur dans le noir, dire on ne sait jamais, se dépêcher de rentrer.
le viol on ne le déteste pas, cest quelquun qui a eu envie de nous, de façon soudaine, juste baiser.
Ce soir nous serions prêtes à le faire, à baiser avec nimporte qui je ne sais pas ce qui nous prend, on en parle, cest naturel, on a envie ; finalement elles lont peut-être eu cette fameuse conversation, et ce soir elles ont peur de plus jamais pouvoir y toucher ; ce soir cest peut être la fin de leur sexe.
Nous marchons ensemble dans la rue, nous rions fort, cest lalcool qui nous aide, on ne se refuse rien, nous marchons en bottes, en jupe et nous nous plaisons, nous sommes belles, nous rions, nous sommes heureuses.
Une adolescente nous demande du feu, lune de nous lui tend un briquet, je crois quelle nous regarde avec envie, elle nous admire dêtre vieilles et belles, et nos jambes elle les regarde aussi, elle les voudrait, elle nous viole du regard, elle sait ce que nous cachons, elles se dit que nous sommes trois belles salopes et que nous voulons du sexe, elle se trompe nous voulons notre sexe, rien de plus.
Nous allons dans un bar, celui ci ferme assez tard, nos maris doivent dormir maintenant, cette idée nous rend encore plus libres, quils soient inconscients, presque morts.
On en parle comme sils étaient morts, comme sils nexistaient plus du tout.
Nous voulons quils aient disparus ce soir à lheure où nous buvons, ça nest pas tant lalcool qui nous saoule mais lidée de pouvoir accéder au pire ce soir.
Nous voulons nous permettre le mensonge, jai tout fait pour que nous en arrivions là, ensemble à parler dautres hommes jusquà la taille de leur sexe, que nous présumons, nous savons notre chance de pouvoir le faire et de nous apercevoir quand un homme bande, nous aimons le dire nous aimons savoir que nous y pensons encore.
Nos jupes sont courtes et nous le savons bien, nous attendons quelles attirent, ça nest pas nous mais nos jupes, ce sont nos vêtements qui parleront pour nous, qui leur diront de nous pousser contre la porte des toilettes, nous cherchons ce sexe rapide, gratuit, avec ce type que lon ne connaît pas, que lon ne reverra pas, il partira quand il aura fini, il baissera ma jupe, je ne sais plus trop si jen ai envie mais il est trop tard, il faut bien faire son âge ; à une table je repère un groupe de jeunes hommes ils rient se racontent des choses le nez dans un verre, ils en commandent pour nous ; ils ont senti ce que nous faisions ici, et nos vêtements aussi.
On ne se demande plus ce que nous faisons ici, il est tard, nous sommes là et cest tout, nous ne sommes plus mariées, elles ignorent le viol, je le sens très proche, je sais quil va arriver, je le connais et je nen ai pas peur ; je décroise les cuisses, jai plusieurs décennies de savoir-faire, je me sens bien dans cette peau de femme qui cherche, mon sexe palpite, il attend quelque chose, je connais lattente, les proies, mon sexe qui palpite encore, je le croyais désireux de mourir, je le découvre à nouveau, peut-être parce que ces jeunes hommes sont des sensations nouvelles, à lintérieur.
Jai de lappétit, elles en ont aussi, nous nen parlons pas, nous allons sûrement nous partager le butin, savoir qui prendra qui, comme des harpies, ou les sexes que nous sommes.
Ils nous invitent enfin à leur table, nous allons boire ensemble, nous allons mentir, sur notre âge, nos situations familiales, plus personne nexistera, nous nous présenterons seules, déployées, acquises.
Lun deux nous demande combien nous prenons, nous nétions pas préparées à ça, lune de nous a senti son sexe se contracter à la pensée dun prix, à combien nous nous évaluions, ça mintéressait bien de le savoir , nous hésitons nous sommes des professionnelles, nous annonçons le prix après, on ne nous ramasse pas dans la rue, nous ne nous présentons à personne à la vitre baissée dune voiture, nous sommes ici et on nous demande combien ce serait pour nous passer dessus tous en même temps dans une chambre.
Aucune de nous na eu la maladresse de dire que ça ne nous amusait pas, aucune de nous ne la mal pris, nous ne mettons pas de barrières et nous savons bien que largent rendrait les rapports plus faciles plus sains sans amour, sans suite possible, nous les voulions sans contraintes de jouer à celles que nous étions, des femmes capables daimer.
A quoi nous ressemblons, nous ne nous y attendions pas, nous nous sommes habillées chacune dans nos maisons sans concertation, nous sommes sorties pour nous amuser, nous ne savions pas.
Nous navons pas dâge, nos sexes non plus, nous le comprenons bien ce soir à nous demander combien nous valons toutes les trois.
Ce soir nous voulons nous amuser de cet amour qui fait peur.
Lun deux semble particulièrement jeune , je pense à lui demander son âge, il me montre sa carte didentité et cache son nom de famille, il sappelle Benoît , je décide de le prendre en sympathie, je me dis que si jeune il ne me fera pas mal, jai ce genre de préjugés, il men restera toujours parce quon ne peut pas tout vivre, ce soir jai un peu de temps pour goûter à eux, nous sommes à laise, vautrées sur cette jeunesse ; nous avons trouvé nos marques, chacune de nous a le sien, son sexe à faire.
Nous prétendons avoir un hôtel attitré , je me demande si nous allons vraiment tous y aller, je pense en termes déchange, lequel après « le mien ».
Elles semblent folles, et le fait dêtre éberluée par leur comportement les drogue, les galvanise ; elles se fichent bien de ce qui peut leur arriver, elles ne se méfient pas, ils sont plus jeunes, plus beaux, ils ne pensent pas à tuer.
Le jour où on ma flingué le sexe, le jour où on ma empêché de continuer à être tranquille, mest revenu en tête, au moment même où nous avons quitté ce bar, où nous avions une adresse, et ces quelques heures à leur donner ; elles riaient encore à ce moment là de la nuit.
Le plus jeune a dit non on nest pas sérieux en fait, vous êtes sympas les filles mais non ; les autres ont soufflé ils navaient pas eu ce courage ; cette nuit là on nous avait appelé les filles et cela nous a suffit .
Nous ne voulions pas autre chose quêtre prise pour des filles, ces trois jeunes hommes nous avaient bien rendues heureuses jusque dans la rue ; nous les avons presque aimé de sêtre dégonflé, nous les aimions dêtre si jeunes.
Jai tout de même gardé le numéro de téléphone de Benoît, je fais mine dêtre la grande gagnante de cette nuit et jai rangé ce petit pactole dans mon sac.
je naime pas me demander jusquoù jaurais pu aller, je naime pas savoir que je naurais jamais pu le faire ; en rentrant nous en avons vu une prostituée, arc-boutée, les deux mains sur une portière de voiture, nous lavons regardée comme si nous ne nous ressemblions pas ; et ça nétait pas le cas, ce soir nous avions la décence de la trouver courageuse, ce soir là nous lavons regardé, je ne sais pas vraiment pourquoi, elle avait lair brave daller au devant du viol, de calmer la colère de quelques hommes.
Je regarde toutes celles qui attendent, sur le trottoir, au bord, et les voitures qui glissent tendrement à leurs pieds.
Je suis revenue chez moi, je me suis couchée auprès de cet homme, jai cherché à ce quil me touche cette nuit-là, je voulais quil menlève ma soirée de la tête ; jai posé cette tête sur son oreiller, jai touché ses reins, je lai un peu griffé, je voulais vraiment ne plus voir ces étudiants, ni mes ongles caressant leurs avant-bras.
Jai attendu le désir cest une affaire de vas et viens, cest le seul mouvement plausible entre un homme et moi.
Je me suis poussée à désirer il le fallait là tout de suite. Je pense que son sexe en moi me rendra partiellement amnésique, il ny aura plus ce qui sest passé ce soir, ça marchera je suis une oublieuse ; jaurais pu exécuter les trois étudiants, les prendre en main, me les faire, je me suis amusée à les vouloir, mais cet homme là dans ce lit me rend coupable, je devrais lui dire viol, je devrais lui livrer ça maintenant, lui en mettre partout mais je ne le ferais pas, je ne suis pas capable. Je ne leur ai pas dit à elles non plus, je le ferais pas, nous ne nous serions pas amusées et nous aurions pris les trois étudiants sur un ton grave, on ne les aurait pas admis.
Je nai pas les bras, ni les jambes, cette histoire de viol nest pas solide, cétait il y a longtemps, je ne trouve plus les mots qui indiquent lamour depuis ce temps là, je fais semblant, je baise faux.
Jai écarquillé les yeux pour retrouver la silhouette de mon sac dans le noir, je voulais le sentir tout près avec le numéro de téléphone dedans.
Jai désiré cette porte de sortie, jai aimé lidée de quelquun dautre en moi. Quelquun qui nest pas méchant, qui a renoncé à moi.
Ce sexe, ce nest pas que je le détestais, cest que je ne mentendais plus avec, il ne retenait plus mon attention, il ne savait plus, tout comme ce qui pouvait entrer dedans : coton, sperme, doigts.
Après un viol, tout ce qui va dans le sexe nest que message de soutien.
Je cherche cet inconnu indispensable, impitoyable, qui nautorise pas de « baise passable », jai senti mon sexe lappeler, il la gueulé en même temps que moi, enfin.
Je lai eu ce discours , deux voix simultanées ; on sest dit que ce ne serait que des rencontres de sexes, que le mien ne sopposerait à rien, quil serait encore sous viol, je lui pardonnerai comme ça, en lui disant chaque jour, que ça continue.