Les deux hommes traversent le champ à découvert. Ils courent aussi vite que leurs jambes courtes le permettent. Ils séloignent du halo bleu électrique laissé par le véhicule qui les a déposés en rase campagne par une nuit saturée détoiles. Haletants ils atteignent lorée dun petit bois. Pas le temps de faire une pause, Ils doivent sabriter des regards avant le lever du jour pour ne pas éveiller la suspicion des habitants de ce coin retiré de la campagne française. Personne ne désire se retrouver face à eux. Ils aperçoivent enfin les premières maisons du hameau endormi sous un ciel traversé de lueurs irréelles. La valse des faisceaux se calme quand ils atteignent les premières maisons. Ils se font encore plus discrets et respirent de soulagement. Mission accomplie ! Ils sont enfin arrivés à destination.
Le chemin serpente jusquà la ferme. Cest un chemin pierreux bordé de haies emplies de ronces. Un rideau de peupliers dissimule le corps de ferme aux automobilistes qui passent sur la route départementale. La boite à lettres au nom peint en rouge sur fond blanc regorge de publicités en tout genre. Rien au courrier ce matin si ce nest la gazette locale. Il déplie les larges feuilles avec impatience. Pas un mot sur le passage éclair dun engin inconnu dans le ciel de la région. Pas un mot sur le périple de deux individus suspects la nuit dernière. Tout est si tranquille. Une nouvelle journée commence...
Il a fait le déplacement jusquau centre ville du bourg le plus proche. Tout heureux, de lété qui sannonce et des filles qui se déshabillent. Il aime leurs robes légères et les bretelles qui se lâchent sur les épaules rondes. Il aime les filles à la peau dorée par le soleil, aussi appétissantes que des brioches
« Cest magnifique ». Ses yeux sarrondissent. Dans la cabine dessayage capitonnée de velours délavé, il a revêtu un costume à fines rayures en alpaga et sest contemplé dans la glace biseautée. « Pfuitttt
Le sifflement admiratif lui a échappé. Lhomme élégant qui le dévisage, cest bien lui ! Il tire sur les manches de sa veste, réajuste son col de chemise et sourit à son reflet. Tout serait parfait sans ces fichus mocassins neufs à talonnettes qui lui blessent les orteils. « Il faut laisser le pied prendre sa place. » lui a seriné le vendeur, un sourire hypocrite sur les lèvres. Dominique jette un dernier coup dil à son reflet et, pour la première fois de sa vie, il se trouve bel homme.
Quelques semaines auparavant, il était entré dans une échoppe nichée entre les pans de bois dune vieille demeure bourgeoise suite à un article paru dans le « chasseur français ». On y vantait le travail des artisans tailleurs et la tradition française. Un savoir faire devenu rare avec le temps. Dun naturel curieux, il avait suivi avec beaucoup dintérêt le travail du tailleur et versé des arrhes astronomiques pour le plus beau des costumes, celui en alpaga léger.
Le patron, un homme rondouillard, avachi sur une chaise derrière son comptoir sétait levé avec fracas puis avait exécuté de très jolis ronds de jambes devant ce client tombé du ciel.
« Enfin
Quel bonheur ! Un gogo » avait pensé ce jour là, le gros commerçant à lunettes décailles, ce garçon mal à laise a tout du pigeon à plumer. Ce sont des choses que lon sent avec lexpérience
Le grelot au dessus de la porte a carillonné dune voix étranglée, il a mis ses pas un à un, fidèlement dans les empreintes blanches qui sétalaient sur le parquet poussiéreux, une odeur fade de vieux tissu la fait éternuer. Un peu étonné par le désordre des lieux, désordre quil na pas remarqué les fois précédentes, il sest avancé vers le rayon des costumes cousu main. Alignés au garde à vous sur des portiques et protégés par des housses en plastique transparent, les complets neufs attendaient, bien raides, leurs futurs propriétaires.
Il fait une chaleur étouffante. Le cerveau émoustillé par la proximité des demoiselles court vêtues qui passent et repassent devant la vitrine du magasin, Dominique échafaude des plans sur la comète. Il aimerait bien en saisir une, pas la queue dune comète voyons, mais une de ces filles qui salanguit aux terrasses jambes dénudées et fait tourner la tête de tous les mâles à des kilomètres à la ronde.
« Je ressemble à une gravure de mode ». Une chiquenaude sur le revers de la veste plus un regard effaré à létiquette. Malgré les arrhes versées, le prix du complet est vertigineux. Il hésite et plie lalpaga prohibitif sur son bras. Le façonnier ne le quitte pas dune semelle et guette ses réactions dun il avide par-dessus ses lunettes. Lhomme tend une main empressée puis se mouillant lindex, compte et recompte les gros billets.
Il sort vite du magasin pour ne rien regretter. La Citroën couleur citron acide attend fidèlement le long du trottoir, Il y engouffre son emplette sur la banquette arrière. Il est temps de rentrer, des éclairs colorés zèbrent un ciel soudain obscurci. Des ronds rouges clignotent par intermittence. Il faut un oeil exercé pour sen apercevoir. Dominique a une très bonne vue et une bonne intuition. Il sait bien que le mystère peut surgir des situations les plus anodines en apparence. Les nids de poules sur la route du retour font tressauter lantique machine. Lui saccroche au volant, la housse glisse lentement du siège arrière. Dominique sans se retourner, la remet à plat. Cest pour elles
Les femmes, les filles, quil sest ruiné de la sorte. Elles ont intérêt à se montrer à la hauteur de sa générosité. Un vent rageur accompagné de larges gouttes se lève quand il ferme la porte du garage pour entrer chez lui.
Le coq à la voix étranglée le précipite à bas du lit, ce dimanche matin. Il dépose sur le lit, la chemise blanche à jabot, la cravate et sort de larmoire le beau costume de gala sans oublier le petit gilet de satin. Un parfum dantimite lui chatouille les narines. Lodeur entêtante du produit lui rappelle quon ne se méfie jamais assez des mites : papillon très agressif, amateur de laine fraîche (surtout dalpaga, une denrée exotique). La veille il a vaporisé consciencieusement chaque recoin du tissu, chaque couture pour éviter les trous du désastre qui déchaînent les sarcasmes des filles. Elles ! Elles nont quà bien se tenir car il arrive main sur le cur et serments fleuris au bord des lèvres pour chambouler leurs petites cervelles
et plus, si elles le veulent.
Aujourdhui, Dominique veut séduire toutes les femmes. Cette journée est essentielle. Il veut plaire. Plaire à tout prix, vivre des instants inoubliables avec des filles aussi légères que fleurs qui ségrainent au premier souffle du vent. En capter, non pardon, en captiver une, le rêve !
Après une douche bien chaude et un massage cuisant au gant de crin. Il senduit le corps dune lotion parfumée. Depuis quelque temps, il est scotché au petit écran car il veut tout savoir des bons réflexes pour garder un corps jeune et ferme. Musculation, crèmes exfoliantes, pastilles miracles, la panoplie complète du minet des villes. Minet des villes ! Lui a la peau hâlée par le grand air et les travaux des champs. Il remarque dans la glace de la salle de bains, les marques disgracieuses laissées par son tricot de corps. Jean son meilleur copain, venu laider à déparasiter le maïs a bien ri de son bronzage champêtre. Il a réussi à semer un doute dans lesprit du pauvre garçon qui se demande si lélue de son cur sen apercevra.
- « Non ! Évidemment, pas dès le premier soir
Elle nosera pas me déshabiller dès le premier soir. » La surprise le fait hoqueter.
- « Si, cest possible, elles nont pas froid aux yeux, les ogresses » lui a affirmé Jean en fin connaisseur. Dominique en avale sa salive. Lévolution des murs le dépasse un peu. Rencontrer des filles, à notre époque, savère difficile quand on vit à la campagne et quon est du genre timide.
Le disque solaire continue sa course vertigineuse dans le ciel. Il est temps de partir.
Foin de la morosité. Lappréhension nest pas de mise. Aujourdhui cest jour de fête !
Il se rase avec une lame drôlement aiguisée et sasperge deau de toilette. Une bonne et classique eau de toilette a lodeur dherbe coupée : Vetiver. Un peu sauvage. Elles vont toutes craquer
Il sent déjà leurs ongles lui griffer la peau du dos. Brrr
Il enfile la chemise, le pantalon, le petit gilet de satin et la veste, chausse ses mocassins à talonnettes. Ce nest pas très pratique mais nécessaire pour aborder ces demoiselles, frivoles et insaisissables qui naiment pas les nains et Dominique a les membres brévilignes.
Il ferme la porte, sort la Citroën soigneusement lustrée du garage et se met en route à travers la campagne. Cest un dimanche matin radieux, les prairies regorgent de couleurs, les oiseaux ivres de soleil, gazouillent à sen rendre malade dans les arbres. Dominique veut sarrêter pour épingler un coquelicot à sa boutonnière mais il a lu quelque part que la fleur se fane vite, et puis que cest ringard. Ringard quand on veut plaire aux filles ! Il se ravise, allume la radio et
Fait une embardée, ébahi par une nouvelle diffusée aux infos de dix heures. « Fitchtre, ce nest pas possible ! » Le juron lui a échappé. Le journaliste au micro de France-inter parle de phénomènes étranges, aperçus dans le ciel périgourdin, la nuit dernière. Des Objets Volants Non Identifiés. Plusieurs témoins racontent avoir vu, de leurs yeux vu des soucoupes toutes rondes et lumineuses. Elle sont apparues brusquement dans le ciel étoilé, sont restées de longues minutes au dessus de la route puis ont disparu en tournoyant. La nouvelle sest répandue comme une traînée de poudre. Certains habitants ont craint pour leurs bêtes. Les vaches de la ferme du vieil Augustin en sont devenues folles. « Mais oui, il a sûrement abusé du schnaps de ses barriques » racontent les mauvaises langues. Dominique lui, sait que cest possible. Il a lu beaucoup de choses sur le sujet. On jase, on jacasse, on revit la scène, on panique. Ceux qui naiment pas les étrangers sortent et graissent les carabines pour se protéger des petits hommes verts.
Une vague inquiétude fait place à lexcitation de ce jour extraordinaire. Les mains de Dominique, étrangement fuselées pour un homme de la terre, tremblent sur le volant de sa vieille 2 CV
Il arrive enfin à destination. Lémoi provoqué par la proximité des demoiselles le rassure un peu. Un organisateur aux gestes directifs lui indique en agitant son drapeau, le chemin à suivre pour garer la Citroën en plein soleil évidemment. Le parking est au trois quart plein, ce qui est de bon augure pour la suite des évènements.
Dans un champ, planté de tentes blanches, les poivrots du coin sagglutinent autour des buvettes. Le vin et la bière coulent généreusement dans les gosiers accueillants. Les visages rougissent et enflent comme piqués par des essaims de guêpes, les plaisanteries égrillardes chatouillent désagréablement les oreilles. Des hauts parleurs crachotent la dernière trouvaille à la mode. Et les femmes tourbillonnent en jupes froufroutantes autour des stands publicitaires. La tête de Dominique elle, tournicote dans tous les sens. Les drôlesses sont au rendez vous ! Des femmes ! Aussi variées que les douceurs dune pochette surprise. Des belles, des moches, des vieilles, des jeunes posées comme des corolles sur le pré. Il aperçoit son copain Jean qui lui fait de grands signes, tout endimanché lui aussi. « Lair dun premier communiant » sourit Dominique. Il le rejoint. A eux deux, ils seront plus fort pour les aborder les filles. Et dailleurs, les voilà qui sannoncent bras dessus, bras dessous les copines. Lune delles ferme la marche, lair ailleurs ou plutôt les yeux rivés vers le ciel qui reste bleu et vide.
« Puis-je vous offrir un verre, Mademoiselle » Dominique et Jean se plient en deux devant la blondinette aux mèches babylissées, aux prunelles aussi vides que le ciel. Une fille maigrichonne dans sa robe moulante, maigrichonne mais pas si vilaine.
La mademoiselle en question les toise de toute sa hauteur et leur tourne le dos les laissant un peu éberlués.
« Eh bien mon vieux, ce nest pas gagné ». Dominique a la voix mal assurée. Jean linvective. La pimbêche ne répond pas. Elle discute avec ses copines en les ignorant.
«Ten fais pas, ce nest pas grave ! Il y en a plein le rassure Jean en voyant la mine dépitée de son ami. Elles poussent comme des champignons. On va les effeuiller, mon vieux.» Joignant le geste à la parole il cueille une marguerite, Un peu, beaucoup, passionnément
« Pas du tout. Cest ce que nous allons voir.» Jean ouvre les bras devant des poulettes qui avancent vers eux en se pavanant. Elles rient de toute leur gorge pigeonnante. Pas en reste, Dominique soudain disert, les entoure de prévenances, propose dun geste généreux les charcuteries au buffet étalé sur une grande planche à tréteaux mais les poulettes les évitent. Lune delle lui écrase les orteils et passe son chemin en pépiant.
- «Quest-ce qui se passe ?» demande-t-il inquiet à Jean. Pourquoi ne nous remarquent-elles pas ? Cest la deuxième fois quelles nous offensent, car il sagit bien dune offense ! Nous ne sommes pourtant pas si mal physiquement !»
- « Tu en fais trop, il faut les aborder plus directement, laisse moi faire, tu vas voir, elles vont nous tomber toutes rôties dans le bec. »
Il fait le joli cur devant une bécasse aux gros yeux stupides. La bécasse roule des billes puis chasse lopportun, dun revers de main comme sil était un vulgaire insecte. Jean en devient vert de rage contenue.
Dominique dévisage son camarade avec surprise. Jean, le beau gosse, le fanfaron aux cheveux plaqués ne rencontre pas plus de succès que lui. Quelque chose ne tourne pas rond ! Les filles sont devenues folles ou quoi ? Ils jettent un il circonspect aux alentours. Le décor na pas changé : tentes blanches plantées dans la verdure, grand chapiteau doù séchappent les flonflons, stands publicitaires et hauts parleurs. Ce sont les mêmes vieilles filles en uniforme à rayures et canotiers en équilibre sur le chignon qui contrôlent les entrées. Pas de doute ! Ils sont bien au rendez-vous de la plus gigantesque des foires aux célibataires de la région.
Deux rougeaudes boudinées dans des robes à volants rient trop fort en venant vers eux. Cette fois, elles ne nous échapperont pas ! Ils se placent en travers de leur trajectoire. Peine perdue, les deux grosses les contournent en devisant et sesclaffant.
Jean ne se retient pas de les insulter et Dominique outré sent monter lénervement.
- « Mais, elles sont venues pour nous rencontrer, ces idiotes ! Cest bien aujourdhui leur fête. » La fête des filles solitaires. Toutes les laissées pour compte de lamour.
Quelques couples étroitement enlacés les bousculent sans sexcuser. Dominique narrive pas à comprendre ces marques évidentes de mépris. Il ravale sa colère et se tourne vers Jean.
- « Peut-être quon aura plus de chance au bal ». Le bal, cest lendroit où tout se joue. Cétait écrit noir sur blanc dans toutes les études scientifiques produites sur le sujet. Les agences matrimoniales en fines mouches lont bien compris. Le bal de papa sur parquet ciré reste un incontournable de leurs sorties festives, sans compter les soirées et les balades touristiques. Le tout soigneusement emballé pour attirer le maximum de dadhérents.
Ils entrent sous le chapiteau doù séchappent les premières mesures invitant à la danse des canards et autre chenille ébouriffante. Lodeur âcre de la fumée de cigarette les saisit à la gorge. La chenille se rompt. Lorchestre entonne une chanson de Michel Sardou. Un bruissement de désir séchappe des poitrines, les épaules frémissent sous la caresse des premières notes. Les couples senlacent sur lincrevable Sardou qui distille des mots damour mielleux comme des friandises. Ce chanteur là, il est fait pour durer. Les filles de la campagne adorent ses roucoulades aussi collantes que des marshmallows.
Dominique et Jean ont du mal à respirer. Ils mettent cela sur le compte de la rengaine lancinante mais aussi du parfum un peu suranné des femmes esseulées. Un échange de regards puis ils sélancent à lassaut de celles qui font tapisserie. Pas les plus jolies ! Celles à la peau boutonneuse et aux nez démesurés, celles aux lunettes à double foyer ou celles aux indéfrisables fixés béton au dessus de longs visages ingrats.
Aucune de ces beautés ne réagit, aucune ne leur sourit. Cest étrange puisque cest le moment tant attendu des slows. Les vilaines se resserrent frileusement sur leurs bancs. Ils ne vont pas les entraîner de force sur la piste tout de même, bien quils soient tentés de leur faire violence.
Ils se regardent interloqués puis éclatent de rire, un rire grinçant en dents de scie, un rire incongru qui fait trembler verres et carafes sur une table à disposition des musiciens. La situation devient ubuesque. Au diable, les femmes, leur pudibonderie, leur bêtise ! Plus besoin de leur sortir le grand jeu. Après les slows ils vont pouvoir se déchaîner sur de la musique disco !
Des Bee Gees dopérette, aux voix de chats écorchés miaulent à fendre lâme. Les couples se cherchent, se tâtonnent et sélancent sur la piste.
Ils dansent aussi harmonieux et souples que des robots. Jean et Dominique les imitent mais personne ne veut leur céder un pouce de place. Les gens les bousculent, ne les voient pas et leur marchent sur les pieds. Minuscules et perdus au milieu dune forêt de bras et de jambes, ils ne peuvent plus respirer et sentent monter la panique. Dun geste furtif, ils appuient sur la télécommande de survie, bien cachée sous la veste. Lappareil ne répond pas aux sollicitations de leurs doigts fuselés. De plus en plus inquiets. Le patron navait pas prévu que la chaleur dérègle les mécanismes sensibles. Leur espace vital samenuise. Bientôt, ils nauront plus assez de réserve dazote.
- Ca devient dangereux ! Cest comme si nous étions transparents,
Il faut partir avant quon nous aplatisse ou pire quon nous désintègre ».
Ils décrochent discrètement leurs micros miniatures, invisibles sous les cravates, les glissent dans leurs talonnettes et sortent des poches de leurs vestes de curieux flacons quils hument frénétiquement. De lazote pur et concentré pour calmer les picotements dans les mollets et la curieuse sensation de ne pas appartenir à ce monde de pantins désarticulés. Décidemment, Dominique et Jean napprécient pas les bals populaires, ni les moeurs de la campagne française.
Ils se dégagent en rampant de la cohue. Dehors cest toujours la même ambiance festive, sauf que les poivrots sont allongés à lombre. Ils courent à toutes jambes vers labri dun bosquet darbres. Là, garé sous les branches feuillues dun vieux chêne, leur véhicule, le vrai les attend.
Une magnifique soucoupe volante, ronde et dodue, tous feux éteints. Si perfectionnée quelle est indétectable à tout radar terrestre.
Enfin rassurés, ils envoient valser par les hublots, lattirail du bon pèquenot : Costume à rayures au pantalon à pattes déléphant (Quelle mode étrange !), cravate bariolée, petit gilet de satin et chemise à jabot. Ouf ! Ils ont vraiment eu chaud, accoutrés de la sorte. Ils revêtent leurs combinaisons subastrales en pur vortex et se sentent exister, habillés en Septentrionaux.
Jean et Dominique rassurés davoir échappé aux terriennes plus coriaces que les chênes centenaires de leur campagne, se concertent. Oui, il faut garder ces prénoms exotiques, cela plaira aux filles pas farouches qui les attendent là-haut.
Le boss ne va pas être content, toute la technologie mise en oeuvre pour cette occasion unique naura servi à rien. Les deux espions de Septentrionus rentrent bredouilles. Ils avaient pour mission de percer le mystère de lattraction terrestre des individus de sexes opposés, dans leur biosphère ! Mais
rien à faire, le milieu rural de cette chiure de mouche dans lunivers, ils parlent de la France, bien entendu, est bien trop fermé, bien trop étriqué pour une étude sérieuse de son mode de vie
Dans un coin retiré de la campagne française, un vieux paysan se frotte les tempes. Il a trop goûté au vin jeune du tonneau. Il ne sait pas depuis combien de temps il a dormi dans la cave. Les membres engourdis, il remonte à lair libre pour sapercevoir que tout est propre et en ordre. De jolies fleurs couleur bleue électrique sont écloses dans les jardinières placées aux fenêtres. Bah ! Se dit lhomme « Jai du faire une toute petite sieste. »