La chambre blanche
de François Dubé
Pourquoi se retrouvait-il dans cette pièce isolée. Cette pièce si étrange, aucun meubles, aucun objet. Les murs, le plafond, le plancher, ils étaient tous pareils. Tous dun blanc immaculé, trop blanc. Il se demandait dailleurs sil avait bien les pieds sur le plancher.
- Allons, quest ce qui ne va pas avec toi? Tu va leurs donner raison, et devenir fou!
Il se tourna alors vers son lit, si on pouvait appeler ça un lit. On aurait plutôt dit une table de tortures, flanquer de côtés métalliques, rappelant des lits dhôpitaux, mais en dix fois plus résistants, et contrairement à ces lits, il était vissé au sol. La seul autre forme qui brisait le néant de cette pièce lui rappelait quil avait été privé de sa liberté. En jetant un coup dil vers lépaisse porte muni dune toute petite fenêtre au milieu, il se rappela comme il était bien libre. Cest dans ces moments là quon aimerais ravoir se que lon appréciais pas à sa juste valeur, étant devenu quelques choses de naturel, dacquis pour nous. Il aurait donner cher pour voir le soleil et sentir la brise dans son cou, seulement quelques instant, se sentir libre à nouveau.
La porte souvris. Un employer tout de blanc vêtu déposa un cabaret, contenant son menu du dîner. Tout était en carton son bol à soupe, son assiette à sandwichs, tout quoi. Il ny avait même pas dustensiles, il devait boire sa soupe, et on lui servait toujours quelques choses quil pouvait manger avec ses mains. Pourquoi diable aurait-il envie de sen prendre à sa propre personne? Il ne comprenait pas encore pourquoi il était là. Il était sain desprit, nul doutes là- dessus, enfin, dans son esprit à lui, mais pas pour les hommes qui lui avait fait passer un tas de tests. Ils lavaient ensuite foutu dans cette pièce, quil connaissait maintenant trop bien, avec pour seule décoration de la peinture blanche. Il en rêvait maintenant la nuit aussi, elle le hantais 24 heures sur 24. Elle lui volait le seul moyen de senfuir de cette enfer blanc. Blanc.. tout était trop blanc! Il tournait maintenant dans sa pièce, se bouchant les oreilles, les murs lui criait sans cesse quil était ici pour toujours, il serait hanté à jamais par ce blanc, trop blanc.
Le policier tourna le coin de lhôpital psychiatrique en faisant crisser ses pneus. Il devait faire vite pour ne pas manquer le docteur Stevens. Il entra, montra sa plaque à la réceptionniste, et continus dans le corridor, sans dire un mot. Il détestait ces hôpitaux, toujours cette odeur, et les murs, toujours de couleurs terne, comme sil fallait rendre les malades plus malades encore. Il appuya sur le bouton de lascenseur, la petite flèche salluma sous la pression de son doigt.
- Allez, fais vite, grogna t il.
Quelques secondes plus tard, la porte souvrit enfin. Il se butta alors à lhomme qui en sortit.
- Doc, venez avec moi, cest de la plus haute importance.
Sans se faire prier, surtout mener par sa curiosité, le docteur Stevens suivit le policier. Il sarrêtèrent devant la salle des réunions. Les autres médecins concernés si trouvaient. Tout le monde était là, tout irait plus vite. Il pu enfin relaxer, plus besoin de se presser, il était arriver en temps. Il repris son souffle. Tous les yeux étaient tourner vers lui. Les regards le foudroyaient de questions. Cela lamusa un peu dailleurs, il se prit même à aimer faire languire ceux qui lentouraient, mais il se ressaisit, il devait régler ça au plus vite.
- Mesdames, messieurs, on a fait une énorme gourde. Lhomme arrêter la semaine dernière et que nous soupçonnions être lauteur de la série de meurtre sinistres contre les prêtres de la région de Montréal est innocent. On a retrouver le vrai meurtrier aujourdhui même, alors quil allait commettre un autre meurtre.
- Mais voyons donc, lança le docteur Stevens, nous avons fait quantité de tests sur cet homme, et il sest révéler être bel et bien lauteur de ses meurtres, en proie à un délire mystique! On ne peut sêtre trompé!
- Je vous lavait dit, cria, triomphant un autre médecin au bout de la salle. Jen était sûr, mais vous vouliez voir ce qui faisait votre affaire, vous vouliez absolument trouver un coupable, et bien, vous vous êtes trompé. Maintenant, vous devrez vous justifier devant la presse, et ne comptez pas sur moi pour le faire.
- Non, cest impossible, non
lâcha Stevens en se laissant choire sur la table.
- Bon, et bien je crois que cette nouvelle va au moins en réjouir un. Vous devriez aller libérer monsieur Chénier, et lui présenter vos excuses, en espérant quil ne vous poursuive pas, suggéra le policier.
Ils se dirigèrent tous vers laile psychiatrique, la tête basse, honteux de leur mauvais jugement, et se demandant comment annoncer cette nouvelle au principal intéresser. Un des médecins sortit de sa poche un immense trousseau de clés. Il déverrouilla la porte, et louvrit toute grande.
Lhomme regarda à nouveau le plafond, trop blanc. On dirait quil se rapprochait de lui. " Tu es prisonnier ici pour toujours " lui lançait les murs pour le narguer.
- NON! VOUS NE MAURAI PAS!
Les étendus infinis de blanc qui lentouraient semblait vouloir labsorber.
- NON, NON!
Le spectacle qui soffrit a eux en ouvrant la porte était triste, mais ils étaient maintenant habituer à ce scénario. Un homme, en jaquette, courait dans toute la pièce en hurlant, et en se cognant la tête sur les murs. Pourtant, il ny avait plus le moindre doute, lhomme qui avait été arrêter par la police, était sain desprit, mais celui qui se frappais devant eux, nétait pas le même, ou plutôt, nétait plus le même.
Fin