
Tu ne devineras jamais ce quil nest arrivé aujourdhui. Jai eu la peur de ma vie, je croyais mourir.
Il y avait ce film au cinéma, Richard Gere comme acteur principal, que je mourais denvie daller voir. Mais bien sûr, lopinion de mes parents est quà dix ans je suis trop jeune pour y aller seul.
Mais javais un plan. Vers neuf heures, quand tout le monde allait dormir, je sortirais par la fenêtre et me rendrait au cinéma. Moi, le cinéma jadore alors pour rien au monde je naurais manqué cette représentation.
À neuf heures, le silence de la maison mindiquait que tout le monde était endormi. Alors, jai ouvert la fenêtre et je suis sorti, Je navais quà prendre la rue Carter et tourner dans la ruelle, au bout de celle-ci il y aurait le cinéma voilà, cela aurait dû être facile. Mais elle était noire cette ruelle, pas une once de lumière ne léclairait. La ruelle était obscure, oui obscure est le mot juste. Tel le petit garçon que je suis, jai eu un petit peu la frousse mais alors juste un peu quand même.
Javanças à pas lents, sans faire de bruit, doucement. Soudain, jai entendu un bruit de pas qui sapprochait. Mon cur battait la chamade. Jai arrêté de marcher pour mieux entendre, mais il ny avait plus aucun bruit. De toute façon, jétais presque arrivé, je voyais les néons du cinéma au bout de cette interminable ruelle. Les pas ont repris et jai aperçu une ombre qui sapprochait de moi. Lombre dune personne dau moins sept pieds et aussi large que la porte du garage de papa. Jai dû me prendre le pied dans une poubelle ou quelque chose comme ça car je me suis retrouvé par terre.
Quand jai ouvert les yeux, lombre était au-dessus de moi. Pour lui faire peur (bien sûre) je me suis mis à crier. Jai pris mes jambes à mon cou et je sui reparti comme une flèche vers la maison.
Lombre sest mise à me courir après en criant quil ne voulait pas me faire de mal, je dis " IL " car cétait la voix dun homme. Il criait autre chose aussi mais mon cur battait trop fort, je narrivais pas à comprendre. Des images denfants kidnappés me venaient à lesprit ainsi que des enfants battus et laissés dans le bois. Ma vie était en danger, je devais courir plus vite.
La maison est là, ma belle maison. Plus que quelques mètres et jarrivais. Je me disais que si je men sortais, jamais plus je ne me sauverais. La fenêtre de ma chambre est apparue devant moi, je lai ouverte puis jai sauté à lintérieur.
Et là, je me suis aperçu que la lumière était allumée, pourtant jétais convaincu de lavoir éteinte. Je me suis retourné et cest alors que jai vu ma mère que me regardant avec les yeux dun chien à qui on vient denlever un os, je crois quelle était fâchée.
Plus tard, jai appris que lhomme était un voisin parti à ma recherche. Je naurai pas dargent de poche pendant un mois mais rien ne mempêchera de tenter ma chance à nouveau demain.
À la prochaine !

Jacky Raymond
avril 2001